Gli Scritti di Maria Valtorta

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211. Le 25 novembre

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211. Capitolo 211

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1944-11-25

Il y aurait vraiment de quoi écrire! Hier, de 6 h du matin à 19 h, je n’ai pas eu une seule, je dis bien une seule, minute de liberté. Marta devant aller à Lucques, madame Lucarini est venue. Une fois partie, à 9 h, elle a été remplacée par Alba Sorbi, puis par Enzo Lucarini. Marta est revenue à 15 h, et Enzo est parti. Marta préparait encore le potage, puisque j’étais encore à jeun, quand madame Pellini est arrivée. S’y adjoignirent ensuite monsieur Lucarini, puis son fils et sa femme; ensuite, en groupe, le docteur Winspaere, sa femme, leur fille Rosanna et leur nièce Alba: il y avait donc dix personnes dans la pièce!

A 19 h, tout le monde est enfin parti et j’ai pu me laver. Je n’a­jouterai rien. Mais je vous dis cela pour vous montrer comme je pouvais écrire! Et pour que l’on comprenne dans quel état je me trouve le soir après un tel manège…

Ah! J’oubliais! Après 19 h, j’avais à peine fini de me laver quand la sœur de la propriétaire de la maison est venue avec sa nièce; elles se sont cru le devoir de me tenir compagnie pendant que marta préparait son propre repas. Qu’en dites-vous…?

Après ces quatorze heures d’esclavage et de fatigue je suis restée sans souffle, sans pouls, et je suis tombée comme une pierre dans un sommeil dont je suis sortie vers 3 h du matin dans d’atroces douleurs. Y a-t-il encore quelqu’un qui juge que je dois montrer plus de patience? Ce n’est sûrement pas le cas de Jésus! Il regrette que notre travail ait dû attendre si longtemps. Mais il dit (comme il l’avait fait il y a peu de temps): «Cela servira à beaucoup.» J’ignore quel sens il donne à cela.

J’ai obtenu une promesse de sa part. je lui disais: «Jésus, comme il me plairait de voir la cérémonie de ta majorité!» Alors lui: «Ce sera la première chose que je te donnerai dès que nous pourrons être “nous” sans que le mystère ne soit troublé.[1] Tu la placeras après la scène de ma Mère décrite comme celle qui m’enseignait et enseignait à Jude et à Jacques, que je t’ai donnée récemment (le 29 octobre). Tu la placeras entre celle-ci et le débat au Temple.»

Il s’est tu un instant, en souriant et en me caressant, puis est devenu sérieux, sévère, et ajouta:

«Je te le donnerai… si je vois que l’on ne traite pas mal mon don et mon instrument. De la part de ceux qui te sont tout proches. Il n’est pas possible d’exiger de tous le respect pour les dictées et mon porte-parole. Respect et charité. Mais on le peut au moins de ceux qui, étant à ton contact, doivent, s’ils sont droits, comprendre ce qu’il s’y trouve de surnaturel et, partant, d’agir conformément à cela.

Tu n’es rien. Mais je t’ai appelée à cette mission. Je t’y ai préparée en veillant même sur ta formation mentale. Je t’ai donné une faculté peu commune de composition, car j’en avais besoin pour faire de toi l’illustratrice des scènes évangéliques ou mystiques dans lesquelles j’allais te parler ou agir, personnellement ou par l’intermédiaire de mes serviteurs. C’est dans ce but que je t’ai crucifiée, dans les affections de ton cœur comme dans ta chair. Afin que tu sois libre de tout lien affectif et que tu disposes de davantage de temps que n’en peut avoir n’importe quelle personne en bonne santé. J’ai même supprimé en toi les besoins physiques de la nourriture, du sommeil, du repos, en les réduisant au strict minimum, dans ce but. Dans ton corps tourmenté et usé par cinq maladies majeures graves et pénibles, et par une dizaine d’autres mineures, j’ai augmenté ton énergie pour te permettre de faire ce qu’une personne en bonne santé et bien nourrie ne pourrait faire. Et ceci, toujours dans le même but.

Je voudrais que cela soit compris comme un signe certain. Mais cette génération aride et perverse ne comprend rien. Attention à ce que le Seigneur ne vous donne pas un signe de punition! Je le peux, si je le veux. Et je te rendrais heureuse, petit Jean, mon petit amour. Je peux te prendre avec moi et laisser ces hommes sans respect ni foi – ou bien peu – trimer sur les miettes de ce que j’avais l’intention de leur donner, des miettes en comparaison de la somme de travail que je pourrais leur fournir.

Tu n’es rien. Mais je suis entré dans ton “rien”, et j’ai dit: “Vois, parle, écris.” Ce rien est devenu mon instrument. Or ce qui est à moi est toujours consacré et doit être traité comme tel.

Ecoute cette parabole.

Chez un orfèvre, il y a divers calices en argent, les uns travaillés en bosselage, avec art et ornés d’or et même de pierres précieuses, les autres tirant leur beauté uniquement du métal et de leur forme simple et évasée, tels des calices de lys sur une fine tige.

Des acheteurs entrent et regardent. Un grand nombre d’entre eux, de riches seigneurs, achètent des coupes pour leur somptueuse demeure. Ils prennent les plus belles, tout incrustées, bosselées et ornées de pierres précieuses. Puis ils s’en vont. En dernier lieu, un humble prêtre acquiert, avec les oboles de ses paroissiens, un simple calice d’argent. C’est le plus simple, le plus humble, à l’instar de ce prêtre et de l’église qu’il dessert. Aussi humble que le permet la maigre somme des offrandes, accumulées pièce par pièce.

Le pauvre prêtre emporte son trésor. Il est tout heureux à la pensée que Jésus descendra avec son Sang et son Corps, son Ame et sa Divinité, dans ce nouveau calice, plus digne de lui – le Très-Saint – que ne l’était l’autre, en mauvais état à la suite de dizaines d’années d’usage. Il ne peut attendre le dimanche matin pour l’utiliser, le poser sur la pierre sacrée, prononcer sur lui les saintes paroles: “Ceci est le calice de mon Sang…” Oh! Comme ce calice est saint à ses yeux et à ceux des fidèles, puisque leur foi y reconnaît le Sang de Jésus Christ, le Sauveur, le Verbe de Dieu, le Fils du Père éternel! Il resplendit, non pas de son argent étincelant et tout neuf, mais de la Lumière qu’il renferme!

Maintenant, dis-moi: si un voleur pénétrait, de nuit, aussi bien dans les riches demeures où l’on a apporté les magnifiques coupes que dans cette église où une pauvre armoire renferme ce simple calice en attendant qu’il puisse être utilisé à l’aube pour la messe quotidienne, quel serait le plus grand vol? Celui des riches coupes? Non, mais ce dernier. Car il ne s’agit plus de vol, mais d’un sacri­lège. En descendant dans ce calice, je l’anoblis d’une noblesse qui surpasse toute autre noblesse de prix, de travail, de matière ou de beauté. Il est sacré parce que, moi, je l’ai choisi, et c’est ainsi qu’il doit être considéré; il faut donc l’utiliser comme tel, avec respect.

Celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende.

Mais en voilà assez. Le petit Jean est exténué. Il est plus content d’avoir obtenu quelque chose… Tu es une grande mendiante! Mais encore plus exténué. Allez! En paix.

Apprends à saluer comme je te l’ai enseigné (le 3 novembre). Tu ne le fais que rarement et tu oublies toujours de l’écrire en en-tête de tes lettres. Souviens-t-en.

Que ma paix soit avec toi.»

Il a raison. Je l’oublie, bien que cela me plaise tant! Je suis étourdie!

Il me déplaît beaucoup de voir Jésus mécontent. Il est mécontent de quelque chose qui se passe dans notre cercle le plus restreint. J’en suis certaine.

Que j’ai hâte de “voir” cette nouvelle scène de sa vie d’enfant! Mon Jésus! Pour me faire écrire ceci, il m’a fait bouger avant le jour parce que, ensuite, il ne reste plus de temps libre. Il est maintenant 8 h et les allées et venues commencent…

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Notes

  1. Cette vision sera donnée le 21 décembre et insérée dans “L’Evangile tel qu’il m’a été révélé”. ↩