Gli Scritti di Maria Valtorta

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218. Le 10 décembre

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218. Capitolo 218

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1944-12-10

Je suis tombée hier soir dans un sommeil souffrant après vous avoir écrit la lettre qui, je l’espère, vous sera remise aujourd’hui – et je prie Dieu de vous éclairer pour que vous puissiez l’interpréter convenablement, en vous remettant dans nos conditions ici, qui sommes reclus, avons besoin de clarifications que vous seul pouvez apporter et sommes extrêmement déçus par votre réponse sibylline du 6 décembre: elle nous a réellement ébahis et découragés. Que je souffre, maintenant, quand on vient, notamment si je dois lutter contre la torpeur parce qu’il y a du monde, etc.! J’en suis sortie aux premières lueurs de l’aube. Je me mets aussitôt à prier et Jésus vient.

Jésus s’est servi de ce temps de pause publique, pour ainsi dire, pour donner une instruction privée à sa pauvre Maria. J’en indique la partie que Jésus veut. Le reste est mon secret et demeure en moi pour toujours.

Ce matin, il répond à mes réflexions mêlées de découragement sur l’incompréhension que je subis:

«Les meilleurs eux-mêmes commettent des fautes. Seul Dieu est parfait. Les hommes ont néanmoins voulu trouver des imperfections même en moi et, pourrais-je dire, systématiquement, ils ont donné à chacun de mes actes des sens différents du véritable. C’est pourquoi je leur ai enseigné: “Ne jugez pas.” Observe, mon âme, que les hommes sont si pécheurs et si pétris d’orgueil – même sans le vouloir, en y répugnant au contraire – qu’ils s’arrogent le droit d’attribuer à Dieu des actions qui, en réalité, sont voulues par eux seuls et non par Dieu; si c’était vraiment moi qui les voulais, leur nature injuste et leurs conséquences funestes donneraient aux hommes raison de critiquer Dieu. Quand finiront-ils par compren­dre et croire fermement que Dieu est Bonté, Patience, Justice, Amour, jusque dans les moin­dres choses?»

Je reste pensive après cette leçon. Ensuite, j’ose réitérer une question, moi qui déteste demander quoi que ce soit à Jésus. J’aime le laisser libre de m’instruire comme il le veut et sur les sujets qu’il souhaite. Mais le Père Pennoni[1] a insisté, la dernière fois encore, à ce propos. S’il s’agissait de quelqu’un d’autre, je laisserais tomber. Mais lui…

Jésus a un bon sourire (quoique sérieux), et dit:

«Si ces personnes sont véritablement religieuses, elles doivent trouver dans la certitude que leurs quatre défunts ont trouvé une mort tragique dans la grâce de Dieu un soulagement à leur douleur la plus élevée. Je dis bien: la plus élevée. (Ecris très clairement). La douleur humaine s’exprime de façon plus bestiale. Elle arrache des gémissements aux saints eux-mêmes. Ceci (écris lentement mais clairement) devrait toujours être pris en considération par ceux qui écoutent les survivants s’épancher et jouent le rôle de consolateurs.

La souffrance la plus élevée est spirituelle. Elle est très vive chez ceux qui ne sont pas morts à l’esprit parce qu’ils s’en sont nourris des années durant. Ce dernier unit à la peine humaine d’avoir perdu une aide et une personne aimée celle de l’incertitude sur le sort éternel du défunt. Non: il n’en va pas ainsi pour le cas [dont nous parlons]. Qu’il apaise sa douleur par la certitude de retrouvailles éternelles.

Mais dis à celui qui a demandé cette réponse de ne pas être un pilote incapable, un capitaine de navire (va lentement, mais écris clairement) oublieux des normes de navigation les plus élémentaires. Une âme bouleversée par un choc tragique est comparable à un navire pris dans une violente tempête. Elle a besoin d’être secou- rue et allégée, sans pester à cause de son incapacité à sortir de la tour­- mente pour entrer dans des eaux plus calmes. Or quel pilote, quel capitaine de navire serait l’homme qui saurait uniquement blo­quer encore plus ce pauvre bateau par des manœuvres théoriques, pas toujours exactes et parfois néfastes, surtout dans certains cas? Si, au lieu d’amener les voiles, il les ouvrait toutes grandes, ne rendrait-il pas son navire davantage la proie des vents? Si, au lieu de l’alléger pour lui permettre de fuir au plus vite, il l’alourdissait en disant: “Ainsi, il restera plus facilement immobile”, n’en décrèterait-il pas le naufrage? Il en va de même des âmes en tempête. On doit les alléger, comprendre leurs réactions et leurs besoins, ne pas en augmenter le désarroi par d’injustes condamnations.

Oh, comme l’on condamne facilement et rapidement! N’ai-je pas été moi-même condamné à plusieurs reprises comme démon? Il est facile de déclarer: “Tu es possédé.” Mais n’est-ce pas plutôt le cas de l’accusateur, qui manque à la charité et à la justice?

Prenez-moi comme exemple une fois de plus, moi qui suis votre Maître. Marthe et Marie, bouleversées par la douleur, reprochaient à Jésus de n’être pas venu aussi rapidement qu’elles le désiraient pour empêcher la mort de Lazare. Est-ce que, à mon tour, je leur en fais le reproche? Non. Je les caresse et je les réconforte.[2] Je sais comprendre les âmes bouleversées, et compatir. Apprenez à en faire autant.

Il est possible que celui qui t’envoie obtenir cette réponse veuille encore savoir comment soulager cette pauvre âme en tempête. Cela est bien facile! En demandant de souffrir pour adoucir sa souf­france et lui rendre paix et lumière. Se charger des fardeaux des autres, se placer soi-même sur les croix des autres pour les décharger de leurs fardeaux et les descendre de leurs croix. C’est ce que j’ai fait. Agissez de même.

Mais cela suffit, maintenant. Prends du repos dans ma paix et calme la souffrance de Jésus, due à tant de fautes et de manquements des hommes, en chantant comme un oiseau, joyeux sous le soleil, la berceuse de ma Mère.[3] Tu possèdes le soleil: moi. Je te bénis.»

Note personnelle: le Père Pennoni m’avait soumis ce cas le 8 novembre, jour de mauvaise augure. Trente jours durant, Jésus a gardé le silence à ce sujet. Il a attendu ce matin pour en parler.

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Notes

  1. Voir la note 383. ↩
  2. Jean 11, 20-34. Mais le réconfort apporté aux deux sœurs sera plus évident dans l’épisode de la résurrection de Lazare de “L’Evangile tel qu’il m’a été révélé”. ↩
  3. Donnée le 28 novembre et reportée dans “L’Evangile tel qu’il m’a été révélé”. ↩