Gli Scritti di Maria Valtorta

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41. Le 27 février

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41. Capitolo 41

IT Traduzione in arrivo

1944-02-27

Jésus dit:

«Je t’ai fait voir et entendre depuis le début ma douleur, mes souffrances, atroces, mon cri au Père.[1]

Vous dites: “Pourquoi le Père éternel ne nous écoute-t-il pas?” Avant de ne pas vous écouter, vous, il ne m’a pas écouté, moi, à l’heure de l’expiation. Or j’étais innocent, même de ces compromis avec les fautes d’autrui que vous aimez tant.

Comme toutes les personnes honnêtes, je n’avais pas désavoué dans mon cœur puis approuvé extérieurement, ni critiqué en public mais applaudi intérieurement. Non: j’ai gardé une seule attitude, un seul jugement, une seule parole, à l’intérieur comme à l’extérieur. C’est une méthode que j’avais enseignée à mes disciples et, par leur intermédiaire, à vous: “Que votre langage soit: ‘Oui, oui; non, non.’ Car, savez-vous, le compromis avec sa propre conscience et avec celle d’autrui est lui-même fautif. Je n’avais pas même cette faute et c’est pour cette raison également que j’ai été tué. Ma justice m’a poussé à parler contre les fautes des plus puissants (humainement parlant) et cela m’avait attiré leur colère. Déjà, Jean-Baptiste avait payé sa rectitude de vie. C’était maintenant à mon tour de la perdre pour le même motif, toujours humainement parlant.

Ceux qui m’ont tué ne croyaient pas que j’étais le Fils de Dieu; ils me tenaient tout au plus pour un prophète. Ils ne pensaient pas que j’étais le Messie. Seuls les simples de cœur, les purs, les humbles voyaient la vérité sous l’apparence. Pas les grands. Ils étaient gonflés d’orgueil, et c’est là la fumée qui cache la vérité, qui corrompt le cœur.

Néanmoins, s’ils ne voient pas et ne pouvaient pas croire que le Messie attendu était un pauvre Galiléen – ils se l’imaginaient né dans un palais royal –, un doux qui prêche le renoncement – ils voyaient en lui celui qui allait conquérir des peuples et restaurer la puissance de Judas –, ils me jugèrent comme dénonciateur dangereux de leurs mauvaises actions et me tuèrent pour cette raison. Ils accomplissaient le Sacrifice attendu et décrété depuis des siècles, mais sans le savoir. Ils croyaient seulement faire œuvre utile pour eux-mêmes, pour leurs intérêts. D’ailleurs, ce rusé renard qu’était Caïphe dit, en guise de justification du crime qu’il préparait pour se débarrasser de celui qu’il craignait pour ses paroles sincères et dont il redoutait que, une fois roi, il purifie aussi le Temple de ses abus: “Il est de votre intérêt qu’un seul homme meure pour le peuple.”

C’était bien. Un bien tout autre que celui que Caïphe pensait. Un bien plus grand. Mais, pour vous le donner, j’ai connu la rigueur du Père, son abandon. Tu m’as entendu pousser mon cri désolé: “Eloï, Eloï, pourquoi m’as-tu abandonné?” Mais le Père n’est pas intervenu. Pourtant, je n’ai pas perdu foi en lui, je n’ai pas perdu ma résignation dans la douleur. Je suis resté attaché au ciel même si, à ce moment-là, le ciel me repoussait.

Avant moi, mon Précurseur était demeuré fidèle à Dieu et à la Vérité, fidèle et fort.

Il fut arrêté une première fois par ce maître du compromis qu’é­tait Hérode, qui se dépêtrait entre son admiration pour le prophète qu’il tenait en grande estime, consultait et écoutait, car il le savait juste; la hargne de sa femme qui haïssait le Baptiste car il en fustigeait la luxure; enfin sa crainte du peuple qui vénérait son prophète. Il avait été ensuite relâché, entre autres sous la pression de juifs influents, disciples du Baptiste, avec l’injonction de s’éloigner et de se taire. Voilà pourquoi on lit que Jean-Baptiste abandonna le lieu sur le gué du Jourdain où j’avais été baptisé, presque au début de la mer Morte et donc plus proche de la demeure d’Hérode, pour se rendre à Aenon, près de la frontière de la Samarie. Il y resta jusqu’à ce qu’il soit arrêté pour la seconde fois, car il ne voulait pas se taire sur les vices qui régnaient au palais royal, et on le garda en prison jusqu’à sa mort.

Lui et moi avons été les héros de la vérité, de la droiture. Hérode était un champion de la fraude et du compromis. Il avait d’abord volé sa femme à son frère et fait un compromis avec sa conscience pour satisfaire son désir charnel. Sur les fondations de cette pourriture, il avait ensuite élevé les châteaux de divers crimes, dont l’un est passé à l’histoire: la décapitation de Jean-Baptiste.

Réfléchissez-y attentivement: la faute sert de racine à la faute. L’une naît de l’autre. C’est ainsi que la marée du mal s’accroît. Or Dieu ne peut céder là où il voit un attachement au péché. Même s’il lui est pénible que des innocents souffrent pour une expiation générale, il est juste que ceux qui ne savent pas extirper la faute de leur cœur fassent l’expérience de l’abandon de Dieu, avec tout son poison qui dévore les entrailles et fait hurler au moment de l’agonie, comme je l’ai fait, moi qui n’ai pas crié sous la torture des fouets, des épines et des clous.

Et je vous dis encore et toujours[2]: “Restez unis à moi. J’étais seul à prier le Père. Mais vous, vous n’êtes pas seuls. Vous avez avec vous le Sauveur, le Fils du Très-Haut. Priez le Père avec moi, en mon Nom.”

Quant à toi, petit Jean, je te dis que tu me vois tel parce que je crie réellement pour vous: je fais miennes vos tortures présentes pour vaincre la Justice du Père, qui est tellement offensé qu’il ne veut pas céder à la miséricorde. L’amour que j’ai pour vous et la pitié que j’éprouve pour vous me causent une douleur de crucifixion mystique et je crie, je crie en votre nom, pour persuader le Père de ne pas vous laisser plus longtemps dans l’abandon.

C’est l’heure de Satan. Mais vous qui formez ma cour terrestre, vous, les âmes victimes, portez votre sacrifice à son comble, amenez-le aux affres de la neuvième heure; demeurez fidèles, même au sein de l’océan de désolation qu’est cette heure, et dites avec moi: “Mon Dieu, mon Dieu.” Remplissons le ciel de notre prière, ô âmes qui m’i­mitez en faisant de vous des sauveurs de vos frères par votre sacrifice. Que le Père sente fondre son indignation en compassion, et que sa Justice s’apaise. Une nouvelle fois.»

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Notes

  1. Le 18 février. Mais il semble faire ici référence à une vision renouvelée, peut-être non retranscrite par l’écrivain. ↩
  2. Voir par exemple le 17 janvier. ↩