Gli Scritti di Maria Valtorta

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51. Du 12 au 15 mars

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51. Capitolo 51

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1944-03-12_1944-03-15

Le 12, il n’y a pas eu de dictée. Le 13, je n’ai pas voulu écrire. Vous savez pourquoi.

Le 14, alors que je boudais encore, je cède… parce qu’à le laisser parler sans arrêter ses pensées, je sens partir l’air et la vie. Je boude encore, cependant. C’est certain. Et si ce n’était pas mon anniversaire aujourd’hui[1], alors que ses paroles sont le plus beau des cadeaux pour la pauvre Maria, je tiendrais bon pour voir s’il m’accorde, par ce moyen, la grâce que je demande pour tous.

C’est depuis hier soir – je le disais déjà quand vous êtes venu – que Jésus répète:

«N’as-tu donc pas compris que j’ai permis que tu connaisses les tourments de Marie pour te servir de guide et de réconfort en cette heure?[2]

J’avais entouré d’un voile la passion de ma Mère, car c’est une chose si sainte qu’elle ne peut être jetée aux pourceaux. J’ai accordé la connaissance des paroles de ma Mère en cette heure terrible au Père[3] seulement, afin qu’il sache comment se conduire pour juger et absoudre les âmes que la douleur fait délirer. [Une autre exception a été faite] pour toi, afin que, dans ta souffrance, tu saches que la Mère te comprend puisqu’elle a souffert, et afin que tu apprennes comment on prie quand le cœur est plongé dans un brasier de douleur, et comment on maîtrise le sentiment qui s’insurge contre une volonté dont vous ne connaissez pas le but: en le prosternant sous la conviction qu’a l’esprit de la bonté de Dieu – conviction que l’esprit inculque à la raison et au sentiment, et impose à ces deux rebelles pour leur bien –. [Une dernière exception a été faite] pour quelques rares autres âmes chères et bénies de mon “petit troupeau”.

Or tu n’as pas compris! Si je ne te connaissais pas comme tu ne te connais pas toi-même, je devrais me montrer sévère envers toi. Je te caresse au contraire et je ne te laisse pas partir, ma pauvre petite brebis tout entourée d’épines. Vois: je les retire une à une, je les démêle de tes cheveux; c’est moi qui me pique pour t’éviter de l’être.

Je reste ici même si tu ne veux pas me regarder. On verra bien qui sera le vainqueur!»

Puis, ce matin, après une nuit d’agonie qui me donne une figure pas bien différente de celle de la fille de Jaïre[4], il dit:

«Tu vois que tu ne peux pas rester sans moi? Sans ta messe dont l’évangile est chanté et commenté par ton Jésus, et dont la bénédiction t’est donnée par ton Jésus?

Oh! Pauvre, pauvre Maria qui vas si mal sur la terre! Il faut vraiment que je te prenne avec moi. Tu n’es pas faite pour les chocs brutaux du monde. Mais j’ai encore besoin de toi. Pense à la Mère: elle a dû rester encore quelque temps pour servir Dieu. Ne veux-tu pas rester pour servir Dieu? Allons, allons! Tes reproches ne sont encore qu’amour et foi, car tu penses que Jésus peut tout et que ton amour et ta foi absolus doivent opérer le miracle.

A Béthanie, Marthe et Marie, elles aussi, m’ont reproché de ne pas avoir hâté mon retour, de m’être éloigné alors que Lazare mourait. Or je les ai aimées même pour cette raison, parce que ce reproche contenait amour et foi: “Si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort”, dirent les deux sœurs. Ce reproche mettait en évidence leur conviction que je pouvais accomplir le miracle, tout comme leur grand amour se manifestait par la confiance qui les a fait oser me réprimander, moi.

Paix, paix, mon âme! Paix entre toi et moi. Et dis en mon Nom à ceux qui pourraient commenter irrévérencieusement les paroles de ma Mère[5] qu’en cette heure-là elle était, elle, la Femme. La Femme qui rassemblait en elle toutes les souffrances de la femme – elles leur ont été apportées par la faute de la première d’entre elles – et qui devait les expier tout comme j’avais, moi, rassemblé toutes les souffrances de l’homme pour pouvoir les expier.

A ceux qui nient que Marie ait pu souffrir en raison de sa sainteté, dis qu’elle a tout enduré, comme aucune de ses sœurs du même sexe, tout hormis les souffrances de l’enfantement, puisque la faute et la malédiction d’Eve n’étaient pas en elle, et celles de l’agonie physique pour la même raison. Elle a donné le jour à son Fils de son sein immaculé, et elle a donné à Dieu son esprit sans tache, comme il avait été décrété par le Créateur que tous les fils d’Adam les lui donnent, si la faute ne les avait pas liés à la Douleur.

Dis-leur que, puisque j’étais, moi, l’Expiateur principal, il m’a bien fallu subir même la souffrance de la mort, et de cette mort-là, alors que j’étais le Saint des saints.

Dis ceci à ceux qui nient que Marie ait pu souffrir dans son âme, dans son esprit et dans sa chair aux heures expiatoires de la Passion: je peux faire participer à mes souffrances et marquer de mes plaies l’un de mes serviteurs ou l’une de mes servantes (créatures qui m’aiment mais dont l’amour est toujours très relatif); par conséquent, comment n’aurais-je pas pu associer à ces souffrances et y faire participer – pour que la valeur de la souffrance du Fils de Dieu s’augmente de la valeur de celle qui est pleine de grâce – ma Mère, Marie la Sainte, Marie la Charité, elle qui est inférieure seulement à Dieu, elle qui m’aimait à la perfection en tant que Maman, puisque, étant immaculée, elle possédait la perfection de sentiment, et en tant que croyante puisque, dans sa sainteté, elle m’a aimé comme per­sonne?

Elle était Mère, ô hommes! Elle m’avait porté, engendré, enfanté, élevé. Elle n’était pas d’une nature insensible, mais dotée de nerfs et d’un cœur. Elle était chair, et non pas esprit seulement. Sa chair était pure, certes, mais encore de la chair. Si, moi, j’ai pleuré et sué du sang, aurait-elle pu ne pas pleurer, et pleurer des larmes de sang?

J’étais son Fils, ô hommes! Je n’étais pas un fantôme. J’étais chair, j’étais sa chair. C’est en sa propre chair qu’elle voyait, avec une parfaite prescience, les fouets frapper la mienne, les épines la pénétrer, les coups tomber, les pierres l’atteindre, les clous y entrer et, de par sa sainteté, elle les recevait en elle.

Réfléchissez, ô hommes! Vous prétendez croire à la communion des saints, qui est l’union des prières et des souffrances aux mérites infinis du Christ pour les besoins des âmes, et vous ne pouvez pas admettre que la première à y participer fut Marie, ma Sainte et la vôtre?

Mon petit Jean boudeur, dis cela aux hommes dont la foi et les idées sont déformées par le rationalisme; ils ne savent même pas qu’ils y sont soumis mais, comme du chiendent, il a envahi sournoisement même les esprits les plus sincèrement désireux d’être dans le vrai. Rappelle-toi cependant que Jean n’a jamais boudé, pas même lorsque je le reprenais ou le négligeais et que les autres se disputaient avec lui.

Va en paix. Je te bénis, bien que tu sois une bourrique aujour­d’hui. Sois bonne! Sois bonne! Pense que je t’ai aimée au point de faire de toi mon porte-parole. Va en paix. Je te bénis encore.»

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Notes

  1. L’écrivain avait 47 ans, puisqu’elle est née le 14 mars 1897. ↩
  2. Vision du 19 février. ↩
  3. Le P. Migliorini, à qui elle s’adresse fréquemment. ↩
  4. Dans l’épisode écrit le 11 mars et qui appartient à “L’Evangile tel qu’il m’a été révélé”. ↩
  5. A propos de sa propre agonie, comme dans la note 104. ↩