Gli Scritti di Maria Valtorta

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105. Le 19 mars 1946

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105. Capitolo 105

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1946-03-19

Nouvelle agonie nocturne! D’accord. Comme Dieu veut. Mais je ne puis m’empêcher de penser qu’on pourrait me laisser mourir en paix, puisque je suis bien proche de la mort, par pitié… Vous savez ce qu’a signifié pour moi votre présence pendant mon agonie… Je vous ai exposé en toute sincérité ma pensée sur le P. Mariano. Je vous rappelle ici de pourvoir, autant que possible, à la présence d’un prêtre ici qui soit, en maturité spirituelle comme en âge, plus formé et en mesure de m’inspirer confiance sur ses capacités à agir à mon égard avec sainteté, sérieux et correction. Vous resterez toujours mon directeur spirituel et l’aide du porte-parole, parce que cela est juste et voulu par Dieu.108 Mais le “porte-parole” malade est ici, et il doit être secouru, et secouru par une personne qui puisse me donner de bonnes garanties. Souvenez-vous-en.

Je suis également tourmentée à la pensée de Giuseppe, à qui je dois écrire: je voudrais être sincère, mais de façon à ne pas blesser cette âme récemment née à la grâce comme à l’estime de l’Eglise et du clergé. Que mon Azarias me vienne en aide! Vous avez entendu ce que je lui ai écrit: le Père Migliorini a été appelé à Rome au Généralat en raison de sa compétence missionnaire… C’est la vérité… amputée de ce qui pouvait nuire à un nouveau catholique, mais capable de lui faire vénérer plus que jamais les supérieurs hiérarchiques. Puisque la bonté du Père général m’a fourni l’occasion de présenter cette mesure sous un angle favorable, servons-nous de ce qu’on nous donne et bénissons-en le Seigneur, qui nous permet de dire la vérité sans blesser ceux qui viennent de naître au Seigneur.

Je pense à une chose: en octobre, lorsque j’écrivais le départ de Jean d’Endor et de Syntique,109 je me disais: «En quoi cela concerne-t-il l’Evangile?» J’avais alors l’impression qu’il s’agissait d’un épisode tristounet, capable d’éclairer la vie chrétienne d’Antioche, et de montrer la bonté de Jésus et la force de Syntique. Mais maintenant, je comprends. C’est à nous que cela s’adressait. A moi, et à vous que la méchanceté humaine séparait, ce dont nous souffrions sans l’avoir mérité. Par conséquent, si vous subissez ce qu’a enduré le disciple Jean – c’est-à-dire en ayant une bonne santé –, moi, comme malade, je dois nécessairement être Syntique et dire “fiat” le sourire aux lèvres, en laissant mon cœur répandre ses dernières gouttes de sang dans la douleur. Il me faut agir ainsi pour qu’il parte rassuré sur la pauvre Maria, si malade. Agir ainsi pour soutenir Marta qui n’arrive vraiment pas à reprendre courage; si je n’y veillais, elle sortirait du droit chemin avec ceux que l’on ne doit pas suivre, confondant les hommes obtus qui font le mal et à qui il faut pardonner par amour pour Jésus, avec Dieu qui ne fait jamais de mal à ses enfants. Agir ainsi pour que rien ne transpire par notre faute, et qu’on ne puisse jaser ou faire des commentaires inutiles ou malveillants. Eh bien… Je serai aussi Syntique! Dans l’espoir que Dieu fera en sorte que se vérifie la promesse qu’il a faite à Jean d’Endor avant de se séparer de lui: “de l’assister au moment de l’agonie et de la mort, qui sera paisible, et de lui être présent pendant les mois de séparation pour le soutenir”, je m’im­pose cette nouvelle souffrance avec un baiser et je bois ce nouveau calice… Et en avant!

En janvier, Jésus m’a fait remettre aux carmélites les intentions spirituelles pour les quatre premiers mois de 1946.

Janvier: être les agnelles de Jésus avec sainte Agnès.

Février: contempler Notre-Dame de Lourdes avec Bernadette.

Mars: être dans l’atelier de saint Joseph pour apprendre comment construire la croix.

Avril: être sur le Calvaire au pied de la croix avec saint Jean.

Eh bien, je suis occupée à construire ma croix comme saint Joseph me l’enseigne…

Je pense aussi que Jésus a voulu que je note mes offrandes et mes oraisons,110 ce que je n’avais jamais dit auparavant. Cela me semblait si inutile pour les autres et si pénible pour moi! Je me disais: «De toutes manières, quand je serai morte, le Père enlèvera tout pour l’examiner…» Mais Jésus savait, et il a voulu que vous partiez avec ces pages tellement intimes, sans attendre ma mort pour les connaître.

Je réfléchis à tant de choses! Je veux dire: que de choses me font voir mes Protecteurs du ciel! C’est comme si je regardais à travers un microscope très net, ou un télescope, que sais-je! Je vois ce qui échappe à l’œil humain, dans une lumière qui illumine tout.

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Notes