Gli Scritti di Maria Valtorta

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111. Le 7 avril 1946

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111. Capitolo 111

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1946-04-07

Je m’éveille d’un sommeil paisible pendant lequel je rêvais que je me trouvais sur un pré d’herbe rase et tendre, émeraude, bordé par un mur assez haut; je disais cependant, je ne sais pour quelle raison: «Il devrait être rehaussé», et je précisai: «En guise de défense». Effectivement, ce mur avait au moins cinq mètres de haut. Si lisse, si haut, il était absolument infranchissable… Je ne voyais que cette grande prairie, vierge de tout pas humain, et au-dessus un ciel parsemé de petites étoiles que l’aube naissante rendait toujours plus petites et pâles. Or c’est le Seigneur qui m’a réveillée, en m’appelant et en me touchant la tête. J’ouvre les yeux et je lui dis: «Me voici, Seigneur. Je dormais…»; je suis un peu confuse à l’idée que j’ai imité Pierre, jacques et Jean qui ont dormi un peu trop souvent aux heures les plus solennelles de leur Maître: au Thabor et à Gethsémani.

Mais Jésus sourit et dit:

«Et je te veillais, ma douce victime qui te consume pour l’amour de moi. Je suis venu te dire que je me trouve là où une créature subit sa passion et je lui parle, par la bouche de tous les esprits célestes, par les figures de la liturgie tout entière, ainsi que par mon amour, qui est toujours plus fort et plus présent. Je sais en effet ce qu’est la Passion, ce qui la précède et son terme. Je ressens donc une infinie compassion pour ceux qui l’endurent par amour pour moi et pour les âmes. Vous, les âmes victimes du monde et de l’amour, j’ai éprouvé toutes vos angoisses. Plus je te dévoile, jour après jour, ma Passion – qui a duré trois ans – de Maître incompris, de Voix tournée en dérision, de Sauveur persécuté, plus tu te reconnais, à la mesure de ton état de créature, et avec toi tous ceux que j’ai élus à ce service extraordinaire. Je fixais mon regard sur le “but”, le but lumineux, serein et glorieux de ma longue et multiple souffrance, et je disais: “Je dois passer par cette souffrance ici-bas pour parvenir à la gloire là-haut”. Vous de même, si vous voulez avancer au milieu des ronces cruelles de votre chemin semé de serpents, d’épines, d’embûches, en portant votre fardeau sur vos épaules, pour arriver au but – l’immolation qui est aussi le but à atteindre, autrement dit la corédemption –, il vous faut garder constamment les yeux fixés sur ce “but”, sur la charité parfaite pour les âmes, ce qui s’accomplit par le sacrifice total de soi-même. Il n’est pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses frères et ses amis. Je l’ai dit, et je l’ai fait.

Maria, ma chère et bien-aimée Maria, ma violette qui te con­sumes pour moi – qui suis ton Amour –, comme pour tes frères, alors que je suis le seul à vraiment te rendre ton amour, viens, ma Consumée, avance… Marchons ensemble. Le monde et Satan pourront te haïr mais pas au-delà des limites que j’ai fixées, des limites aussi hautes et insurmontables que le mur que tu as vu dans ton rêve. Ils sont de l’autre côté, dans leur monde bruyant et chaotique, sali par toutes sortes de concupiscences, semé des hérésies les plus empoisonnées… et toi de ce côté, dans le désert de cette prairie qui est toute sérénité et simple pauvreté, fleurie d’herbes vierges de toute corruption. Cette prairie, nous l’avons faite ensemble, toi et moi: moi par mes paroles, toi par ton obéissance. Tu vois comme elle est grande? Quelle paix en émane… Au-dessus s’étend la sérénité du ciel avec les innombrables étoiles qui te regardent et t’attendent. Ce sont tes amis du ciel, ô mon épouse bien-aimée. Ma lumière les fait paraître plus petites et moins vives. Mais quand je te quitte, elles me succèdent dans une lumière paradisiaque et elles te réconfortent. Avance dans la solitude, mais sans jamais être seule, jusqu’au bout. Ensuite, tu seras élevée dans un rayon d’étoile, de ton Etoile du matin, ô âme consacrée par la souffrance, Maria qui t’es consumée pour ton Dieu et pour les âmes. C’est là ce qu’il faudra écrire sur ta niche tombale, ô petit martyr, cela et rien de plus sur tout ce qui te rappellera aux hommes. Tu seras élevée au lieu de la Paix éternelle et, de là-haut, tu rayonneras de la lumière sur les hommes; les pages que tu as écrites avec obéissance pour fixer mes paroles sur le papier seront lumière d’amour et lumière de vérité, et les hommes bons feront mémoire de toi comme d’une lumière. Les hommes bons… En cela aussi tu me ressembles car, à mon époque, rares furent les hommes qui aimèrent et accueillirent mon infinie lumière. Les autres, les ténèbres, refusèrent de m’accueillir et restèrent ténèbres.

Je te bénis de tout mon amour de prédilection pour te réconforter, te réconforter, te réconforter!»

Je suis restée ainsi, émue et tout heureuse… jusqu’à ce que mon Azarias commence son explication.124

Mes peines proviennent toutes de la constatation quotidienne de ce que les paroles que Dieu m’a dites sont dans les mains de tout un chacun, propagées, altérées, utilisées sans aucune approbation… Quelle douleur cette désobéissance aux ordres très clairs de Jésus cela me cause! Dieu seul mesure en largeur et en profondeur le tourment que les désobéissances d’autrui pro­voquent en moi. Mais c’est le temps de la Passion…

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Notes