Gli Scritti di Maria Valtorta

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137. Le 14 décembre 1946

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137. Capitolo 137

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1946-12-14

Je m’éveille. Je trouve mon affliction à mon chevet et je la prends sur mes épaules comme une croix. Mais voici, en même temps, la chère voix de Dieu: «Jésus vient donner son baiser (l’eucharistie) à sa petite épouse.» Je réponds: «Oh, mon Seigneur, apporte-moi une lumière. Dis-moi si c’est vraiment toi. Tout ce que me font endurer les pères servites de Marie en général, et le Père Migliorini en particulier, m’incite à penser que je me fais des illusions, que je suis une malade mentale et une obsédée. Est-ce bien toi qui parles, ou est-ce ma tête qui est devenue malade et qui délire? Est-ce toi, ou est-ce Satan? C’est là ma plus grande souffrance, tu le sais: la crainte de prêter l’oreille à des voix qui ne soient pas les tiennes ou celles de tes saints, la peur de me tromper en prenant pour ta parole ce qui n’est qu’une pensée personnelle.»

Jésus me répond:

«Et quand bien même? Ne t’ai-je pas dit que c’est du cœur que proviennent les pensées des hommes et que c’est à ses fruits qu’on reconnaît l’arbre? N’est-il pas dit dans l’Ecriture et dans la sagesse que celui qui me fait connaître obtiendra la vie éternelle et que celui qui œuvre pour moi ne pèchera pas? Combien de fois n’ai-je pas dit ouvertement ou de façon voilée que celui qui est habité par la sagesse est habité par moi, que celui qui profère des paroles surnaturelles est une voix de l’Esprit de Dieu qui habite en son cœur? Car, mon âme bien aimée, c’est l’Esprit de Dieu qui accomplit ces actions dans le cœur des hommes chez qui il fait sa demeure, pour les avoir trouvés méritants d’être habités par lui. Or l’Esprit Paraclet est l’Amour du Père et du Fils. Si donc tu entends ces paroles résonner dans ton cœur, c’est signe que tu écoutes les divins colloques de la sainte trinité. Et si tu m’entends parler, c’est signe que je suis en toi, avec mon amour. Et quand bien même ce serait ton cœur qui te suggérait ces pensées que tu mets ensuite par écrit, c’est signe que ton cœur est rempli de Dieu, car “c’est du cœur de l’homme que provient ce qui sort par sa bouche”. par conséquent, si ton cœur suscite sur tes lèvres et à ton esprit des pensées, des visions ou des paroles divines ou surnaturelles, c’est signe que ton cœur est saint, et qu’il est seulement occupé par l’amour, la justice et les réalités célestes; c’est signe que ta conversation se tient au ciel et que tu y habites avec ton âme, puisque tu renfermes le ciel en toi. Bienheureux ceux qui te ressemblent! De quoi t’affliges-tu donc, mon bel arbre, mon doux pommier, mon suave olivier, si tu produits des fruits célestes qui ont la douceur de la sagesse que nous sommes, et sont lumineux comme de l’huile pure, enflammée par la Lumière que nous sommes?

Sois donc en paix! Sois en paix, ma bien-aimée, ma fidèle, mon amoureuse et ma petite épouse aimée. Sois en paix. Avance sereinement. Tu fais ce que je veux. Ceux qui s’opposent à toi ne te blessent pas toi, mais moi, car c’est moi qu’ils attaquent et moi seul; c’est moi en effet, et personne d’autre que moi, qui possède et manifeste ma grandeur, qui resplendis et enseigne, et qui vis en toi. Avances. Tu fais aimer le Seigneur, Marie et le céleste peuple des saints. Cela te suffirait pour obtenir la vie éternelle! Il y a en outre ton long amour, toujours croissant. Il y a ta souffrance. Il y a ton immolation. Il y a toi tout entière. Ah, ne crains rien! Tu ne peux te tromper parce que tu es plongée dans l’amour héroïque. Ne crains rien. Ce qui est déjà rempli ne peut rien recevoir de plus, ce qui est immergé ne peut être submergé par autre chose que ce qui s’y trouve déjà. N’aie pas peur. Avance et pardonne.

Les myopes et ceux qui, à cause de leur triple sensualité – ou seulement à cause de leur orgueil –, vivent au ras du sol, ont de la cataracte sur les pupilles de leur intelligence: c’est pourquoi ils ne peuvent percevoir le soleil qui resplendit sur les sommets des montagnes qui touchent le ciel parce qu’elles aiment le ciel, l’altitude, la pureté, et ils ne voient pas davantage les plantes que le soleil fait pousser sur les cimes. Pareillement, ils ne voient pas les divins contacts du Soleil-Dieu avec le sommet de ton âme ni les plantes que ta volonté de m’aimer a fait naître au plus haut point de ton âme, alors que le Soleil-Dieu les fait croître avec toujours plus de luxuriance, et aucune tempête ne saurait les arracher.

On peut appliquer à toute âme qui se donne entièrement à la sagesse ces mots du livre sapientiel: “J’y ai grandi comme le cèdre du Liban, comme le cyprès sur le mont Hermon. J’ai grandi comme le palmier d’Engaddi, comme les plants de roses de Jéricho, comme un olivier magnifique dans la plaine, j’ai grandi comme un platane sur la place près de la fontaine. Comme le cinnamome et l’acanthe j’ai donné du parfum.” Car qui se donne à la Sagesse embaume la Sagesse. Et la Sagesse est féconde. C’est une belle et utile forêt de plantes de toutes sortes, comprenant des fleurs, des fruits, des parfums suaves, nourrie des sources éternelles de sa nature même: la divinité. Cet éloge ne vaut pas seulement pour Marie. Certes, en elle la Sagesse fut plénière, et elle a atteint toute la perfection d’une créature. Mais, c’est moi qui te le dis, elle appartient également à toutes les âmes qui se donnent à la sagesse, et la liturgie l’applique à bon nombre de celles qui ont su posséder la Sagesse.

Qui es-tu? Ils te le demandent et tu te le demande toi-même. Je reprends les mots d’Isaïe pour te dire quel est ton nom: “Je leur donnerai… un nom meilleur que des fils et des filles: je leur donnerai un nom éternel qui jamais ne sera effacé.”

Je reprends encore les mots de Jean, le bien-aimé: “Au vainqueur je donnerai de la manne cachée et je lui donnerai aussi un caillou blanc, un caillou portant gravé un nom nouveau que nul ne connaît, hormis celui qui le reçoit.” Je te l’ai déjà donné, et je ne te l’enlèverai pas si tu me restes fidèle. Je ne te l’enlèverai pas, et tu le porteras avec beaucoup d’autres, avec tous “ceux qui viennent de la grande épreuve” vers le lieu où il n’existe plus de souffrance, car “Dieu essuiera toute larme de leurs yeux.”

Es-tu en paix, ma petite épouse? Suis-je bien venu t’embrasser comme je te l’ai promis au début? Mon miel eucharistique est-il en toi? Sens-tu combien il est doux? Nos deux cœurs ne battent-ils pas à l’unisson? Mon Sang t’enivre-t-il? Est-ce que mon Soleil brille en toi? Il te réchauffe, te console? Ah, ma Maria! Mais viens donc! Abandonne-toi! Il est si beau de s’aimer et d’oublier les chars d’amminadîb, féroces, durs, sombres, glacés, matériels. Viens à l’amour! Donne-moi ton amour! J’ai si peu d’âmes qui m’aiment sans réserve comme tu le fais. Pourquoi voudrais-tu te retirer par peur de la voix d’hommes qui se tiennent entre l’herbe et la boue tels des grenouilles qui voudraient bien faire taire le rossignol et voler vers le soleil comme la colombe mais sont irritées de ne pouvoir le faire? Viens, c’est vraiment moi. Viens. Tu ne peux douter, tu ne doutes plus lorsque je me tiens ainsi. Certes, l’extase n’est pas de tous les instants. Tu dois donc savoir rester heureuse et assurée comme tu l’es en ce moment, même après l’extase quand l’incompréhension et la méfiance voulues par les hommes te cernent. Tout passera, mon âme. Mais moi, je resterai toujours, et pour toujours. Après le Calvaire vient la Résurrection, après la Passion, l’Ascension, pour le Christ comme pour les épouses du Christ.

Que ma paix, que mon amour soient en toi, à toi, avec toi, toujours.»

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