1945-04-15
Ez 37, 1-14.
Jésus dit: «Je te demande ce que le Seigneur a demandé à Ezéchiel: “penses-tu que ces ossements revivront?”»
Comme Ezéchiel, je réponds: «C’est toi qui le sais, Seigneur Dieu.» Je comprends en effet quel est le sens du mot “ossements” employé pour “hommes”. Je comprends, en d’autres termes, que Jésus ne me demande pas si les morts revivront au dernier Jour. Cela appartient à la foi, et il n’y a aucun doute à ce sujet. Mais il donne le nom de “ossements” à cette pauvre humanité actuelle, toute matérielle et pas du tout spirituelle. Je le comprends parce que, comme je vous l’ai déjà expliqué bien des fois, quand Dieu me prend pour que je sois son porte-parole, mon intelligence est amplifiée et élevée à une puissance bien supérieure à celle accordée aux hommes. Et je “vois”, “j’entends”, je “comprends” selon l’esprit.
Comme il voit que j’ai bien compris sa question, Jésus sourit et explique:
«Voici ce qu’il en est. Actuellement, l’humanité n’est qu’ossements, que ruines calcinées, pesantes, mortes, embourbées dans les ornières fétides des vices et des hérésies. Il n’y a plus d’esprit, cet esprit qui est vie dans la chair et vie dans l’éternité. L’esprit est ce qui différencie l’homme de l’animal. L’homme a tué la meilleure part de lui-même. Est-il une machine? une bête? Un cadavre? Oui, il est tout cela.
C’est une machine, parce qu’il passe sa journée avec l’automatisme d’un instrument qui agit parce qu’il sait devoir agir en vertu de ce qui, en lui, est mis en mouvement. Mais il le fait sans comprendre la beauté de ce qu’il accomplit. De même, l’homme se lève, se couche, après avoir mangé, travaillé, s’être promené, après avoir parlé, mais sans jamais comprendre ce qu’il fait de beau ou de laid. Tout simplement parce que, privé de vie spirituelle comme il l’est, il ne sait plus distinguer le beau du laid, le bien du mal.
C’est une bête parce qu’il lui suffit, pour être satisfait, de dormir, de manger, de s’engraisser et d’accumuler des réserves pour sa tanière, ni plus ni moins qu’une bête qui fait de ces actes le but de sa vie et la joie de son existence, et justifie tout, ses égoïsmes comme sa férocité, par cette loi vile et brutale de la nécessité de piller pour être rassasié.
C’est un cadavre, car ce qui permet d’affirmer qu’un homme est vivant, c’est la présence d’une âme dans sa chair. Lorsqu’il rend l’âme, l’homme devient cadavre. En vérité, l’homme d’aujourd’hui est un cadavre qui se tient debout et reste en mouvement par quelque sortilège de la mécanique ou du démon. Mais c’est bien un cadavre.
Or je le dis: “Voici que je vais faire entrer l’esprit en vous, ossements desséchés, et vous vivrez. Je mettrai sur vous des nerfs, je ferai pousser sur vous de la chair, je tendrai sur vous de la peau, je vous donnerai un esprit et vous vivrez, et vous saurez que je suis Yahvé.” Oui, je le ferai. Un temps viendra où j’aurai de nouveau un peuple de “vivants”, et non de cadavres.
En attendant, je donne aux meilleurs d’entre vous – ceux qui ne sont pas morts mais rendus à l’état de squelettes par manque de nourriture spirituelle – la nourriture de ma parole. Je ne veux pas votre mort par consomption. C’est la manne substantielle qui, avec douceur, vous rend des forces. Oh! Nourrissez-en-vous, vous les enfants de mon amour et de mon sacrifice! Pourquoi dois-je en voir tellement avoir faim, alors que le Seigneur a préparé pour eux de la nourriture en quantité qui n’est pas puisée pour ceux qui ont faim? Nourrissez-en-vous, remettez-vous debout, sortez de vos tombeaux. Sortez de l’inertie, sortez des vices du siècle, venez à la connaissance, venez “reconnaître” le Seigneur votre Dieu.
Je vous l’ai dit au début de cet ouvrage et au milieu de cette guerre tragique16, et je vous le répète: “Cette guerre est l’une de celles qui préparent les temps de l’Antéchrist.” Ensuite viendra l’ère de l’esprit vivant. Bienheureux ceux qui se préparent à l’accueillir.
Ne dites pas: “Nous ne serons pas là.” Pas vous, pas chacun de vous. Mais il est stupide et contraire à la charité de ne penser qu’à soi. De pères athées naissent des fils athées. De pères sans vie naissent des fils sans vie. Or eux, vos fils et les fils de vos fils auront un tel besoin de force spirituelle pour cette heure! Au fond, c’est une loi de l’amour humain que de pourvoir au bien de ses enfants et de ses petits-enfants. Ne soyez pas inférieurs en matière spirituelle à ce que vous êtes envers ce qui appartient à ce monde: tout comme vous donnez quelque richesse à vos enfants – ou du moins vous vous y efforcez – afin qu’ils aient des jours plus heureux que les vôtres, faites tout pour leur transmettre un héritage de force spirituelle qu’ils puissent développer et multiplier pour en avoir en abondance quand la grêle des dernières batailles du monde et de Lucifer fouettera l’humanité d’une manière telle que l’on se demandera si l’enfer ne vaut pas mieux.
L’enfer! Elle en fera l’expérience. Pour ceux [qui resteront] fidèles à l’esprit, le paradis viendra ensuite, ainsi que la Terre qui n’est pas terre: le royaume des cieux.»