Gli Scritti di Maria Valtorta

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240. Le 11 septembre 1949

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240. Capitolo 240

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1949-09-11

«Pour pouvoir aimer totalement ton prochain, reconnais-moi en chacun.

– C’est bien difficile de te reconnaître en certains, toi qui est charité véritable, fidèle, constante, toi qui es vérité, toi qui es justice, miséricorde, patience, tempérance, toutes les vertus, absolument toutes!

– C’est vrai. Trop de personnes, même apparemment chrétiennes, sont à l’opposé, en tout ou partiellement, de ce que je suis. Mais toi, efforce-toi de me reconnaître en chacun. Cela demande un acte de foi qui puisse susciter en toi un acte d’amour pour ceux qui, vraiment, ne le méritent pas. Aime-moi dans leur âme. L’âme vient de Dieu, par conséquent de moi. L’âme fut, un moment du moins, le temple de l’Esprit Saint, et par conséquent le mien. La mauvaise volonté de la personne, le mépris du premier commandement et, par suite, des autres du Décalogue, le vice préféré à la vertu, le péché – ou plutôt: les péchés – ont usé le signe divin chez ces esprits humains, l’ont même effacé, sali et terni toujours, si ce n’est anéanti. Mais ce signe peut réapparaître à tout moment, car seule l’impénitence finale le supprime complètement et définitivement. Alors, Jésus ne se trouve plus dans cette âme, et ce pour l’éternité.

– Mais comment faire croire que tu te trouves dans ces personnes, dans certaines personnes, quand on les voit commettre des actes que tu condamnes et que toi, qui es sainteté parfaite en tant que Jésus, sainteté infinie en tant que Verbe, tu n’aurais jamais faits lorsque tu étais le Verbe incarné et que tu habitais parmi nous?»

Il me répond:

«Tu es pourtant capable de croire que je suis sous les apparences d’un peu de farine réduite à une fine hostie, avec tout mon corps, mon sang, mon âme et ma divinité! Par conséquent, crois pareillement que je me cache sous la matière imparfaite d’un grand nombre.

En certains, je suis comme dans un tombeau… Je suis mort en eux, en attendant de ressusciter au moindre mouvement de repentance et d’amour de leur part.

En d’autres, je suis caché comme le saint-sacrement qui se trouve dans les temples mais qu’on ne voit pas, dissimulé comme il l’est derrière le voile, l’or et la pierre du tabernacle dans le métal du ciboire, lui-même voilé. Mais je suis là, prêt à apparaître et à me donner si la personne, fidèle et prêtre tout à la fois, commence le rite de la communion avec son Jésus, par un amour qui repousse tous les obstacles matériels qui me cachent et me sé­parent de l’homme, m’empêchant de m’unir à lui et de vivre en lui, à sa place, afin que sa vie à lui soit sainte.

En d’autres encore, je me tiens comme un soleil pendant une saison instable. Leurs nuages, les nuages de leur inconstance font en sorte que parfois je brille en eux, mais parfois le soleil semble avoir disparu. Ces inconstants sont généralement les personnes qui ne sont ni mystiques, ni contemplatifs, ni des adorateurs qui le seraient devenus par des années et des années de volonté fidèle et d’ascèse permanente; or celle-ci est toujours d’autant plus rapide qu’ils ont été oppressés par la souffrance, toute cette souffrance qui est l’héritage de ceux qui m’aiment vraiment et m’imitent…

Ce sont là les paradoxes de la vie mystique: plus la souf­france accable, plus l’âme s’élève, vole, monte, s’unit à moi qui lui tends les bras de l’immensité rayonnante du paradis!

ceux-là… ce sont les “sentimentaux” de la religion, ceux qui, après une homélie, une cérémonie religieuse, une retraite, une lecture, voudraient rivaliser avec Paul dans l’évangélisation des païens, avec Jean le vierge dans le domaine de la chasteté, avec Laurent pour ce qui est du martyre, avec Jérôme dans la pénitence; mais une fois l’émotion passée, ils retombent dans la “jouissance de la vie”. Ils désirent transformer en incendie la petite flamme qui brûle en eux… mais détruisent jusqu’à cette petite flamme dans une flambée passagère, forcée…

Ils veulent être des athlètes, les premiers dans toutes les manifestations religieuses, ils veulent agir, entraîner, être un étendard, un phare, une voix; ils font tellement pression sur les autres, ils les forcent tellement qu’ils deviennent pour les autres un écran effrayant qui donne une fausse image de moi, une lumière trompeuse qui donne sur la religion et sur moi un éclairage irréel qui épouvante les pauvres âmes, les plus nombreuses, si craintives, une chaîne qui étrangle la religion amie – ce soutien des âmes – et font d’elle une Némésis armée de fouets et de châtiments.

Ils font pression et forcent jusqu’à l’épuisement et se re­trouvent, exténués, incapables de lutter contre Satan qui attend cet affaiblissement pour porter l’assaut et l’estocade finale. Il se peut même que, par réaction humaine – comparable à ce qui arrive à certaines machines qu’on a trop poussées –, ils se dé­truisent ou se précipitent dans une forme de luxure bestiale pour avoir voulu devenir trop vite des anges sans y avoir été appelés, et surtout pour avoir voulu le devenir de leur propre chef, en accumulant franges et phylactères, mais en oubliant que le chemin qui permet de monter là où l’on devient ange, c’est l’Evangile vécu.

Or ce chemin est long! Et l’Evangile enseigne: charité et renoncement, charité et sacrifice. Je dis bien: “charité”. Pas “aumône”, ni pour Dieu ni pour le prochain.

Sais-tu quand l’homme fait l’aumône à Dieu? Quand il lui offre des pratiques extérieures pendant les heures de pratique seulement, mais est du monde aux autres moments. Sais-tu, en revanche, quand l’homme agit avec charité envers Dieu? Quand il réduit au strict minimum ses pratiques et prières vocales mais agit et prie de tout son être, sans interruption, comme je l’ai fait moi-même. Et de même envers son prochain: il l’aime vraiment lorsque, au lieu de donner son obole, il lui offre son cœur et son aide.

Sais-tu encore quand l’homme va vraiment jusqu’au renoncement et au sacrifice? Pas seulement lorsqu’il renonce à la viande un jour d’abstinence, mais surtout lorsqu’il renonce aux appétits de sa propre chair. Et il se sacrifie lorsqu’il renonce à son égo­ïsme pour servir la charité et la justice envers Dieu et son prochain.

Mais toi, reconnais-moi en toute personne, pour être en me­sure d’approcher les démons-hommes, les lépreux-hommes, les délinquants-hommes. Je t’en récompenserai en venant à toi pour me consoler de leur vie répugnante, plus repoussante qu’un tombeau rempli de pourriture, plus triste qu’une église abandonnée, plus effrayante qu’une tanière de voleurs.

Et là où je gis comme dans un tombeau, appelle-moi à la résurrection par ton amour séraphique.

Là où je suis caché dans un ciboire oublié, rappelle au négligent d’honorer l’Hôte qui s’y cache, et fais-le avec un amour intrépide.

Là où, bien que divin Soleil, je ne peux rayonner parce que les nuages de l’humanité sont tels qu’ils me cachent souvent, que ton amour de force disperse ces nuages ennemis.

De l’amour, Maria! De l’amour! Tu en as tellement: tout celui que je t’ai donné et auquel, au lieu de le dissiper, tu as joint le tien – déjà si fort – comme le sarment s’accroche au cep de la vigne. Offre-le à ton prochain. Plus tu donneras, plus tu obtiendras. Mais que ton amour soit fort, pur de toute faiblesse, et même rude à l’instar de ces cisailles qui taillent les vrilles d’un vain sentimentalisme, purificateur comme un incendie. La flamme transforme la matière en lumière. En s’élevant, la flamme élève ce qui est en bas vers le haut. Elle donne voix et chaleur jusqu’aux choses sans voix et sans chaleur.

Parmi les hommes, beaucoup sont vraiment plus muets que des pierres et plus glacés qu’un métal exposé au givre de la nuit. Aime-les pour qu’ils aiment. Aime-les parce qu’ils ne m’aiment pas. Fais en sorte que je trouve en toi seule l’amour qui devrait être en ceux qui n’aiment pas, ou mal et occasionnellement. Sois un abîme de feu et une mer d’amour où s’enfoncent les personnes qui me font souffrir; que ce soit toi que je voie à leur place et eux à travers toi; ils me deviendront alors supportables parce qu’enveloppés de ton feu, recouverts par les eaux de ton amour.

Ce qu’on jette au feu y est purifié, ce qu’on jette à la mer y est lavé et salé. Par ton amour pour ton prochain et en pensant que je suis en eux (tout est dans le Christ), purifie-les, lave-les, sale-les afin qu’ils ne soient plus crasseux et inutiles comme des choses sans saveur.»

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