Gli Scritti di Maria Valtorta

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71. Le 31 décembre 1945

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71. Capitolo 71

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1945-12-31

Notre Seigneur veut que j’ajoute ce feuillet au cahier que j’ai terminé: il dit qu’il est bon de compléter l’épisode d’hier matin par ce qui a suivi – et dure encore –. J’obéis donc.

Tout d’abord hier, après que notre Seigneur a… mis en fuite Satan, je ne l’ai plus vu pendant quelques heures. Puis cette femme est venue… et j’ai alors compris le sens de la dictée du matin. Cette femme est venue soit par curiosité, soit par néces­sité, mais je ne pense pas que ce soit par méchanceté.

Après son départ – sa venue avait fait naître en moi un conflit et j’avais pris la décision de ne plus la revoir – j’ai revu le visage de Satan comme le matin. Non plus ironique ni triomphant, mais penaud, comme apeuré. Il me regardait, il me regardait exactement comme quelqu’un de stupéfait et qui a perdu toute assurance. J’avais l’impression qu’il se demandait: «Comme cela se fait-il? Qui est-elle donc?»… Et il s’en alla… Mais j’étais se­reine, parce que je me sentais encore pleinement défendue par la puissance de Jésus. Ce sentiment de sécurité augmentait même à mesure que les heures passaient.

Arrivent les Raffaelli. Je parle de tout et de rien, mais sans cesser de penser à la visite de cette femme inconnue et en éprouvant un sentiment de malaise continuel puisque j’ai été trompée, et je repense au visage humilié de Satan. Tous partent enfin et je me couche, exténuée, en écoutant un concert de musique classique à la radio.

J’aperçois tout à coup à une distance infinie, aussi infinie que lorsque je vois le paradis – sauf qu’il s’agit là de l’abîme, des bas-fonds, alors que le Paradis est hauteur –, j’aperçois un lieu que je pourrais même pas qualifier d’horrible, mais qui est infiniment triste. Une lumière rare, de plomb, une sorte d’air brumeux et ténébreux entre des parois rocheuses et escarpées; elles se trouvent à côté d’une espèce de banquise polaire, non pas blanche de neige et de glace, mais noire comme de la poix, jonchée de plateformes de roche sombre. A plat ventre sur l’une d’elle, Satan est étendu, le visage posé sur une main, le coude appuyé sur la roche. J’ai essayé de faire un bond, mais j’en étais incapable. Il ne regarde ni moi ni les autres. Il est tout près de l’eau épaisse et sombre, il pense et semble affligé, si l’on peut parler ainsi de Satan. C’est certain, il est tout penaud. A quoi pense-t-il, seul et pensif comme il l’est?… Est-il resté proprement abasourdi de la violence de Jésus, ou bien est-il absorbé par la pensée d’autres méfaits pour se venger de son échec de ce matin? Pourquoi, d’ailleurs, riait-il ainsi ce matin? Et qu’est-ce que Jésus a démasqué par sa violente intervention? Autant de questions sans réponse.

Ce matin, notre Seigneur me fait comprendre qu’il faut plaindre la femme venue hier, parce qu’elle connaît de grandes souffrances, elle est droite, et il faut faire preuve de charité à son égard.

D’accord. Mais qui m’en donne la force? Je suis là à chercher mon souffle. Je suis épuisée! Je voudrais simplement demeurer en silence, détendue, dans le noir, pour rassembler mes forces restantes. Mais je n’ai jamais la possibilité de le faire! Et personne ne comprend que je n’en peux plus! Je ne suis pas tranquille. Satan agit. Il agit. Je sens qu’il concocte des desseins pour nuire à l’œuvre et à l’instrument.

Jésus, aie pitié de moi!…

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