Gli Scritti di Maria Valtorta

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88. Le 11 février 1946

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88. Capitolo 88

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1946-02-11

Aux jeunes filles de Narni, ainsi qu’à Emma et Pia.83

Jésus dit:

«“Celui qui met la main à la charrue puis se retourne sur le passé et les possibilités du passé, ou qui regarde de côté et s’attarde à méditer sur ce qu’il a d’attrayant, n’est pas adapté au Royaume de Dieu.” Il est dit également: “Quiconque veut cons­- truire une tour mais ne commence pas par calculer les dépenses et les difficultés qu’il rencontrera pour l’achever, devra laisser les travaux en plan, et on se moquera de lui.” Il est encore dit: “Le sel est bon, mais s’il perd sa saveur, à quoi sert-il? A rien.

On le jette, et on le piétine.” Je pourrais continuer [à citer] mes paroles d’autrefois pour vous rappeler que ce n’est pas de cette façon que l’on répond à l’amour de Dieu.

Je vous rappelle le splendide éloge que j’ai fait de saint Jean-Baptiste: “Qu’êtes-vous donc allés voir au désert? Un roseau agité par les vents?” Il est sous-entendu qu’ils ne sont pas allés voir un roseau inutile et irréfléchi, mais plus qu’un homme, plus qu’un prophète. Un “ange”. Par sa fermeté à servir le Seigneur de sa naissance à sa mort, cet “ange” mérita de préparer les voies du Seigneur. En vérité, en vérité vous paraissez avoir construit votre maison sur du sable et non sur le roc. Vous ne m’avez pas aimé pour moi, en moi. Vous ne m’avez pas dit “oui” par amour, mais par légèreté et calcul. Et le vent contraire, qui avive les âmes qui sont de vraies flammes, vous refroidit, vous.

Voulez-vous mériter de vous entendre dire: “Je ne vous connais pas” quand vous paraîtrez devant ma face? Voulez-vous que vous soient appliquées ces paroles de l’Apocalypse: “Je connais tes œuvres et je sais que tu as renom de vivre, mais tu es mort. Sois vigilant et affermis le reste, qui est près de mourir… Souviens-toi donc de ce que tu as reçu – mon élection, et le nom d’épouse du Christ, qui efface toute ignominie –, et entendu – la flamme de mon amour qui te disait: ‘Viens’ –. Garde-le et repens-toi”? Ou encore: “Parce que tu es tiède, et non froid ou bouillant, je vais te vomir de ma bouche”?

Oh, en vérité je me tiens à la porte de vos cœurs, et je frappe en disant: “Ouvre-moi, ma sœur, mon épouse!” Mais la petite porte, qui ouvre sur la voie difficile par laquelle arrive l’Amant pour vous faire marcher sur “sa” voie à lui et vous mener au ciel, vous la fermez; à l’opposé, vous ouvrez largement la grande porte qui donne sur la route commode et alléchante du monde, sur laquelle des apparences de joie masquent une réalité faite d’inquiétudes, de peines, de mépris, de condamnations – dont la dernière sera la mienne lorsque je vous dirai: “Je ne vous connais pas!” –. Il se pourrait même que je le dise par charité, car si je n’en faisais pas preuve je devrais vous dire: “Loin de moi, vous qui m’avez trahi et dédaigné!”

Réveillez-vous, agissez, soyez saintes. Votre conduite me déplaît. Vous ne témoignez aucune charité ni à Jésus ni à votre mère. Vous l’avez crucifiée et, maintenant, vous la rivez de nouveau à la croix sans pitié, sans vous ouvrir à elle, vous oubliez ce que vous lui coûtez, en ingrates pour ce qu’elle souffre et souffrira pour vous. Mais tout saint a ses ennemis, et ses pires ennemis sont toujours ses proches les plus aimés. Eh bien! Soyez du moins sincères, agissez avec résolution. Je vous répète, à vous, ce que j’ai dit à Judas Iscariote: “Ce que tu dois faire, fais-le vite.” Je vous le dis.

Quant à toi, toi qui souffres, je te serre sur mon Cœur. Je ne te ferai jamais défaut même si tout le monde te délaisse. Je ne te condamnerai pas, mon épouse couronnée de ma couronne d’épines. Si tu as pu te tromper comme créature, ta souffrance actuelle t’absout de tout. Sois-en sûre. Ma paix sera le fleuve de joie qui t’enivrera quand tes douleurs s’achèveront.

A toi aussi, Pia, qui expies, qui trembles peut-être d’avoir mérité mon blâme, je te dis: “Je suis le bon Berger.” La souffrance est expiation. Mais Dieu l’offre à ceux qu’il aime, et il désire te pardonner à l’heure de ta mort.

Restez toutes les deux dans ma paix. Dans ma paix…»

Le 11 février 1946. Notre-Dame de Lourdes.

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Notes