Gli Scritti di Maria Valtorta

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40. Le 29 juillet 1948

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40. Capitolo 40

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1948-07-29

Les âmes qui aiment et les cygnes.

Jésus me console par ces mots :

« As-tu déjà vu des cygnes évoluer sur un clair miroir d’eau ? Ils vont et viennent, et on dirait que leur sillage ne perturbe pas la surface, tant leur déplacement est paisible. Ils ne veulent toutefois que des eaux claires, afin que leur beau plumage ne se salisse pas. Ils semblent rechercher les endroits baignés de soleil de préférence à tout autre. Arrivés là, ils s’arrêtent. Ils restent aussi immobiles que des sculptures posées sur un miroir bleu vert. Ils paraissent contempler la beauté du firmament qui se reflète dans l’eau, ou s’imprégner le plumage de soleil pour le rendre plus immaculé et plus fort.

Mais ces cygnes blancs comme neige ne connaissent pas seulement la contemplation et l’amour du ciel et du soleil. La faim les tenaille aussi, et les pousse à trouver de quoi manger, car il appartient à la créature de se nourrir pour vivre. Ils plongent alors le bec et leur long cou dans l’eau, fouillent dans la vase, attrapent leur proie, et partent pour fuir l’eau que leur quête de nourriture a troublée. Ils vont à la recherche de nouveaux endroits limpides et ensoleillés où contempler le firmament et le soleil mais, avant de se mettre en route, ils se rincent le bec et la tête pour qu’aucune trace de boue ne leur voile les yeux ou ne leur laisse un goût de vase dans le bec.

Plus tard, quand le mystérieux appel de l’instinct les enverra vers d’autres pays, ils ouvriront grand leurs ailes, s’envoleront et se dirigeront tout droit vers leur but. Il arrive parfois qu’un piège les atteigne en chemin, mais si la violence ne les abat pas, ils atteindront leur destination.

Les âmes qui aiment ressemblent aux cygnes.

Elles naviguent sur les eaux pures et calmes de l’amour, et sont paisibles, car qui est avec Dieu est en paix. Elles sont toujours à la recherche d’un lieu où se placer directement sous le rayon de leur Soleil qui les fortifie. Elles ne contemplent que le Ciel, et elles en discernent le reflet sur les réalités d’ici-bas, car leur amour leur fait reconnaître leur Dieu en toute chose et en toute créature.

Elles ne veulent pas d’eaux vaseuses, elles fuient les enchevêtrements de lianes où nichent des animaux lubriques (sensualité). Mais elles sont encore des créatures, et il leur faut encore fouiller dans la boue (la chair) ; il peut même leur arriver de mordre à des aliments trop vaseux ou de trop se nourrir. Mais si l’humanité les contraint à plonger la tête dans les bas-fonds (contacts avec le prochain, oppositions, affections, inimitiés) quitte à perdre de vue le Ciel un instant, si la boue leur trouble la vue et semble leur cacher le Soleil, si le goût âcre de la vase leur reste dans la bouche et excite d’étranges appétits inattendus, ou des réactions de nausée, elles ne perdent pas confiance. Elles imitent le cygne. Elles se rincent de toute boue, elles se purifient, elles se mettent en quête de nouvelles eaux claires, et cherchent de nouveau leur Soleil. Elles supportent leur propre humanité et celle des autres, avec ses inévitables embûches et aveuglements. Et ensuite ? Eh bien ! Redevenues paisibles et pures, elles demeurent à contempler le Ciel sous les rayons de leur beau Soleil.

Et quand le mystérieux appel des Cieux appelle leur esprit à la paix parfaite, elles se détachent de tout ce qui n’est pas Dieu, ouvrent leurs ailes, et s’élèvent dans les hauteurs. Il peut arriver que leur existence soit ressentie comme un rappel et un reproche — puissants bien que muets — par des personnes qui sont chair, sang, ventre, fange, ténèbre et surdité, et qui s’en prennent à elles par des filets ou par des armes pour ralentir leur envol. Dans ce cas, elles sont bien plus heureuses que les cygnes ! Car c’est moi qui les recueille, et je les soigne, je les libère afin qu’elles me servent, qu’elles fassent ma joie et m’aiment encore…

Ah ! Comme je les aime, comme je les bénis, ces cygnes blancs, ces pures âmes pleines d’amour qui, partout, me rendent agréable ce monde où fermente une humanité trop fangeuse, trop venimeuse, trop puante, bref l’animalité.

Elles ne doivent pas se décourager si leur humanité les force encore à rechercher la boue pour la boue, à retrouver le goût de la vase sur leurs lèvres qui se rappellent la saveur de mon baiser. Qu’elles le supportent, et qu’elles se supportent elles-mêmes. Qu’elles se souviennent de mes paroles : [Mt 15, 16-20] ce n’est pas ce qui entre dans la bouche de l’homme qui le rend impur, mais ce qui est dans son cœur. Or leur cœur ne peut être contaminé par l’impureté, parce que je l’occupe entièrement. Il y aura un vomissement, une nausée, une toux… la terre abonde en souffrances, en exils, en poisons. Mais les eaux de l’amour recouvrent les bas-fonds fangeux et les purifient.

Ô doux cygnes de l’amour, buvez mes eaux, et ne craignez rien.

Si la haine vous tue, vous ne mourez pas sur le sol comme les cygnes abattus par les chasseurs. Au contraire, vous allez plus vite là où le mystérieux appel du Christ vous réclame. Votre vol est plus rapide et plus absolu. Alors, des eaux calmes et pures de l’amour qui reflètent le Ciel, du baiser des rayons divins, vous arrivez aux eaux des fleuves éternels, à l’étreinte du Soleil éternel, où plus aucune violence humaine ne vous empêchera de contempler et de venir, et où plus aucune humanité ne troublera votre vue et ne vous donnera la nausée.

Supporte. Cette boue-là te fera paraître plus douce la saveur de ce banquet éternel où celui qui a aimé s’unit à l’amour et siège avec l’Epoux, et où ni le temps ni la haine ne le séparent de lui.

Supporte, supporte ! »

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