Gli Scritti di Maria Valtorta

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53. Le 23 décembre 1948

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53. Capitolo 53

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1948-12-23

Le 23 décembre 1948, à 11 h

Pour Sa Sainteté[1].

Le Père éternel dit :

« Invoque mon Esprit et lis. Lis ce qui peut t’éclairer. Lis les paroles de ceux qui ont vu un temps, un autre temps, et un autre encore : le temps qui leur est proche, le temps de la présence de mon Verbe parmi les hommes, et votre temps, l’actuel. Lis et vois.

L’enfer progresse. Et on ne trouve plus, dans l’Eglise de mon Christ (par “Eglise” il entend la société de tous les chrétiens catholiques), cette sainteté qui inciterait le Dieu des Victoires à envoyer ses anges abattre les démons.

L’Eglise de mon Christ a mal interprété la parole de son divin Fondateur, de sorte qu’elle s’est cru si forte, si invulnérable, que la majorité de ses membres, et même les meilleurs, n’ont plus veillé à pratiquer ces actions qui la mettraient dans l’amitié de Dieu. C’est ce qu’elle imagine. Elle se surestime. Elle se croit supérieure à tout et à tous. Elle dit : “Je suis bien établie. Rien ne prévaudra sur moi.”

Non. Apprenez à comprendre les paroles de Dieu. Ne retombez pas dans les erreurs voulues par les scribes d’autrefois : ils ont eu la prétention d’interpréter les prophéties et les promesses de Dieu de la manière qui allait dans le sens de leur stupide orgueil de Peuple élu, qui se croyait bien établi dans cette élection jusqu’à la fin des temps, quelle que soit sa manière de vivre. Cette erreur a causé sa déchéance et l’a conduit à l’extermination, à la dispersion, à la persécution. Et voici vingt siècles qu’il expie l’erreur qu’il a lui-même voulu faire.

L’enfer ne prévaudra pas, à condition que l’Eglise soit sainte, comme son Pontife éternel le lui impose.

Regardez les siècles passés : aux temps de décadence spirituelle, en particulier chez ses membres enseignants, correspondent des séparations de partis, ou la mort de membres enseignés.

L’enfer prévaut plus ou moins, selon que l’Eglise perd de sa sainteté, ce qui diminue les secours de Dieu. C’est toujours prévaloir, même si ce n’est pas détruire. Or, de toute sa vie séculaire, jamais l’Eglise n’a connu un tel moment d’affaiblissement — quand encore ce n’est pas de corruption, de triple corruption —, et jamais un semblable assaut de l’enfer.

Relis l’Apocalypse de Jean. Quelles sont les étoiles dont Satan réussit à précipiter le tiers du haut de leur Ciel, [Ap 12, 4] du Ciel de l’Eglise ?

De qui s’agit-il, sinon des personnes qui, pour m’avoir fidèlement rendu témoignage, sont tuées par la Bête sortie de l’abîme ? Et de celles qui, élevées au rang de luminaires dans l’Eglise, sont devenues des lumières éteintes ? Ou encore de ces pasteurs changés en idoles par leur surestimation d’eux-mêmes ? De quoi s’agit-il, si ce n’est du sel devenu venin pour les petits, qui s’en rendent bien compte et s’éloignent avec dégoût, s’affaiblissent ou périssent ?

Trop de pasteurs sont des idoles telles que Baruch les décrit dans son chapitre 6 [Bar 6]. Bon nombre d’étoiles de l’Eglise sont renversées.

Certaines, les premières — et ce sont les meilleures — le sont par la rage des antéchrists ; ce sont de glorieux martyrs dans mon Royaume. Les flatteries de Satan en ont fait tomber un encore plus grand nombre. Et la nouvelle Jérusalem devient Babylone, de sorte qu’elle aura le sort de Babylone.

Oh ! Esprit de mon Christ, Esprit parfait du très-parfait Pasteur, Vie véritable de son Eglise, comme il a été mis de côté et étouffé par la volonté des hommes, en qui la loi de la chair est plus forte que celle de l’Esprit, vainement infusé par Dieu avec la plénitude de ses dons !

Prends et lis, en invoquant mon Esprit. Relis les prophètes. Relis les chapitres 8, 9 et 16 d’Ezéchiel, ainsi qu’Isaïe 19 [Ez 8;9;16] [Is 19; 22]. Qui ne sait plus être Jérusalem, Eglise, sainteté, devient Egypte. Et lis, lis, relis, médite le chapitre 22 d’Isaïe.

Trop de Shebna sont d’indignes préfets du Temple (par Temple il faut comprendre le clergé actif dans les églises). Cela empêche Dieu d’y demeurer avec son Esprit en y mettant par sa Présence le bouclier indestructible, la cuirasse intouchable, la défense qui ne s’écroule pas. Au contraire, Dieu laissera le Mal avancer et purifier, par ses flèches cruelles, ceux qui se croient des dieux et adorent leur propre puissance, leur intelligence, leur jugement.

Oh, les malheureux ! Que sont-ils sans moi ? Comment me jugent-ils, comment jugent-ils mes volontés, s’ils ne savent se juger eux-mêmes, se repentir et renaître dans l’esprit de Dieu ?

[Is 22, 15-19] Lis, lis, relis, médite, crains, pleure. Le temps de Shebna menace. Une grande partie de l’Eglise y est déjà engagée, lancée comme une balle au milieu des foules déchaînées.

Voici des années que j’ai déjà dit cela au porte-parole, afin que ce te soit rapporté. Mais cette fois, c’est à toi directement que je m’adresse, toi le Vicaire de mon Christ et mon serviteur. Oui, parce que je suis Dieu, et nul n’est plus grand que moi. Par rapport à moi, le Seigneur, tous sont de simples serviteurs, un rien devant le Tout divin que je suis.

Toi au moins, évite d’être comme beaucoup, comme trop de personnes. Garde ta volonté à l’écart de la leur, pour ne pas devenir leur complice. Tu es, toi, mon serviteur, mais eux sont les tiens, et tu es leur Chef suprême. Ta parole lie et délie, elle n’est inférieure qu’à la mienne. Comme tu me sers en toute sainteté et amour, ma parole s’unit à la tienne, afin que ce soit Dieu qui s’exprime par ta bouche de Souverain Pontife.

Tu as entre les mains les verges[2] et dans ton esprit la sagesse. Je te les ai moi-même données lorsque je t’ai élu. Sers-toi du pouvoir et de la connaissance comme cela te convient, et ne déplais pas à ton Seigneur, qui a voulu marquer ton pontificat par un don extraordinaire : une nouvelle annonce de l’Evangile qui vient confirmer l’ancienne, pour t’aider, ô Père de la chrétienté, et pour aider toute la chrétienté, vers laquelle le Dragon maudit s’avance.

Ne secoue pas la tête. N’allègue pas : “Il n’y a aucune proportion entre le don et la menace”, comme certains le prétendent et essaient de te le faire dire. Ne m’offense pas, moi qui ai engendré le Verbe. Car je suis le Tout-Puissant, et je peux tout, si je le veux. Je suis Père, et si l’un de mes enfants m’obéit, je viens à son secours, quelle que soit la mesure de la menace qui l’assaille.

Ne prends pas en considération l’intermédiaire[3] par lequel t’est fait le don de la Parole qui vient au secours de ceux qui croient, qui doutent ou même ne croient pas. Cet intermédiaire a obéi en servant la Parole et en obéissant aux ordres reçus de Dieu. C’est la raison pour laquelle il s’adresse à toi, afin que tu agisses comme Dieu le veut. Mais si tu le repousses, ce n’est pas tellement lui que tu atteins et ce n’est pas contre lui, qui est innocent, que tu pèches : c’est moi que tu atteins, et même l’admirable Trinité, où nous ne faisons qu’un seul Dieu ; donc tu pèches contre l’Amour.

Car l’Amour, notre Amour trine, a voulu confier à ton pontificat la Parole de Dieu. Et si tu résistes à ma volonté d’amour, tu réitères le geste des princes des grands-prêtres, des membres du sanhédrin, des pharisiens, des sadducéens et des scribes, qui ne se pliaient pas à l’Amour évangélisateur, qui l’ont persécuté et condamné encore avant l’heure prescrite pour son martyre.

[Jn 11, 54] Moi, je te dis : relis Jean 11. Il y est écrit que, lorsque le Sanhédrin décida de condamner Jésus, celui-ci se retira en Ephraïm. Lorsque l’humanité le repousse, Dieu s’éloigne. Mais c’est à partir de ce moment que fut scellé le sort du Temple et de la ville, leur destruction et la persécution de ceux qui avaient persécuté la Parole. A un acte de justice et d’amour répondent l’amour et la justice.

Alors moi, le Seigneur, je te dis : “Toi, et même vous tous, vous avez besoin de ma défense plus encore que vos prédécesseurs vingt siècles plus tôt, et plus que les agneaux du troupeau. Car les pasteurs seront les premiers frappés, puis le troupeau sera dispersé.”

Agis en sorte que Dieu te soit favorable. Tu le peux. Tu es le Saint-Père, tu n’as pas d’excuse pour ne pas le faire.

N’imite pas Pilate, sinon tu auras le même sort que lui : s’être lavé les mains ne l’a pas justifié. [Mt 27,24] Il a manqué à la justice comme s’il avait condamné sans demander que d’autres s’en chargent, et même davantage. Mieux, étant donné qu’il avait le pouvoir, il aurait dû savoir faire taire les langues pécheresses.

Ne méconnais pas celui qui te parle dans l’Œuvre. Tu serais jugé pour cela. Et puisque tu le connais, sers-le en le faisant connaître. Tu seras glorifié pour cela.

Ne méprise pas cet avertissement, même s’il te provient par l’entremise d’une créature. Certains de tes prédécesseurs ont écouté mes intermédiaires. Et si l’Eglise est encore romaine, c’est parce qu’un pape a cédé à Catherine.[4]

Sois juste, pour que le Seigneur soit ton allié contre l’Antéchrist qui s’avance. »

Puis, à moi :

« L’Esprit parle là où il le faut : à l’esprit. Mais l’homme n’est pas qu’esprit. Son esprit est alourdi par de multiples éléments. Tu confieras donc ces paroles à son conseiller, et si cela ne suffisait toujours pas, c’est le Ciel tout entier qui pleurerait. »

Je demande : « Comment le lui donnerai-je ? J’ai peur et je suis dans l’impossibilité de le faire. »

Il répond : « Quelqu’un viendra prendre ces paroles ; il les portera sans attendre, de par ma volonté, au confesseur et conseiller du Pape Pie XII. »

Je pense (je pleure ?) : « Et moi, je vais avoir à subir des souffrances. »

L’Eternel dit : « Tu me serviras, et je t’aimerai en proportion de la souffrance que tu éprouves pour exécuter ma volonté. Sois Daniel parmi les lions. [Dn 6, 17-24] Dieu en a retiré Daniel indemne, et le Seigneur a été exalté, même par ceux qui s’opposaient jusqu’alors à lui, car il a été reconnu comme le vrai Dieu. Ne crains rien. Tout passe, mais mon amour est éternel pour ceux qui m’aiment et me servent. »

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Notes

  1. A l’époque le pape Pie XII. ↩
  2. Dans la Rome antique, le faisceau de verges était l’instrument de correction et l’emblème du pouvoir. ↩
  3. Maria Valtorta, le porte-parole. ↩
  4. Selon toute vraisemblance, il s’agit ici de Catherine de Sienne. ↩