Gli Scritti di Maria Valtorta

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6. Le 17 octobre [1944]

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6. Capitolo 6

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1944-10-17

Jésus dit :

« Bien que je déteste m’abaisser à aborder des sujets qui sentent la corruption, je vais m’expliquer, pour répondre à un désir. Je le fais parce que je suis le Sauveur et que je veux sauver, en éliminant tout nuage. Vraiment, le soleil a tellement brillé pour toi, Giuseppe, que tu ne devrais plus avoir le cœur embrumé. Comme une personne se tient au sommet d’une montagne, en une paisible journée, les yeux bien ouverts et attentifs, tu devrais percevoir jusqu’aux plus fins détails de la vérité et les distinguer des simples jeux de lumière ou des lointaines nuées errantes.

Or je ne suis pas seulement “Salut” mais également “Charité”. C’est pour cela que je te dis que, même si ma parole est un désaveu d’une personne que tu connais — et par ma vraie parole je t’en montrerai les raisons —, toi non plus, tu ne dois pas ressentir pour lui du mépris mais de la pitié. Car ton pauvre frère n’est pas volontairement mauvais, c’est un faible qui n’a pas la force de repousser celui qui le tire vers le bas et le domine, en se servant de sa particularité physico-psychique pour l’induire en erreur et en entraîner d’autres. Un autre esprit priera pour lui. Il y en a déjà un qui prie car, à la lumière qui pénètre en lui, il sait faire preuve de pitié, à mon instar. Quant à toi, tu dois seulement avoir pitié de lui. Je t’ai amené ici pour te montrer la Lumière et pour que tu puisses dire, comme autrefois ceux qui parlaient avec assurance de moi : “C’est vraiment la Parole de Dieu qui se trouve ici, et ici seulement.”

Il nous a été douloureux, à toi comme à moi, de devoir venir ici pour te mettre en contact avec la Vérité, car cela s’est accompagné de malheurs qui ont atteint les affections et les biens. Et je souffre de vous voir souffrir, pauvres hommes que mord la haine de Satan. Néanmoins, homme, pense que s’il doit en provenir pour toi le Bien véritable, aucune joie de la vie ne sera meilleure que celle-là, même si, humainement parlant, elle ne paraît pas être heureuse.

C’est pour cette raison que je t’ai amené ici et que j’ai forcé les temps. Mon “porte-parole” aurait pu parler en des temps plus paisibles et plus propices à sa mission. Mais pour te mettre en contact avec la Vérité dans le déroulement de sa mission, j’ai accéléré les temps.

Tu as vu, tu as lu, tu as constaté. Tu es intelligent et honnête. Compare et juge tout seul. Il y a ici l’Œil de Dieu : Jésus, ton Sauveur, te regarde. C’est l’Œil de la Vérité. Sois sincère, toi aussi.

Je sais pourquoi vous, qui êtes incultes en sagesse céleste, vous pouvez être si souvent enveloppés et convaincus par l’obscurité, qui vous empêche de voir Celui qui vous donne de voir. C’est pourquoi je viens, moi la Lumière du monde, et je vous dis, comme à l’aveugle dont tu as lu l’histoire : “Je veux que tu voies.”

Viens. Je pose ma main transpercée sur les paroles que l’on m’attribue mais qui ne sont pas miennes. Le sang goutte, étincelle et révèle leur vraie lumière, si différente de la mienne.

Regarde sans te lasser. C’est un travail de longue haleine, mais pense à celle qui se fatigue tant à écrire parce que, moi, je le “veux”.

Il est marqué, à la date de mars 1937 : “… Moi qui ai pardonné à celui qui m’a trahi, et qui l’emmènerai avec moi puisqu’il a favorisé mon ascension vers Dieu. Il s’élèvera comme il y est destiné.”

Non. Pour le Seigneur un et trine qui s’est séparé, en souffrant, dans une de ses parties pour devenir Sauveur, et qui, dans les deux autres, a souffert de se voir trahi par un homme, il n’en est pas ainsi.

Le Christ n’a pas besoin, Dieu n’a pas besoin, qu’on favorise son ascension. Je suis descendu de moi-même, et je suis remonté de moi-même une fois ma mission accomplie.

Comme la guerre actuelle, la rédemption était une lutte de Dieu contre Satan. Les antagonistes étaient Dieu et Satan. C’est pourquoi elle aurait eu lieu même sans Judas, car l’heure de Dieu était venue, et Satan n’en voulait pas. Mais malheur à celui qui s’est fait l’instrument de Satan alors qu’il était au Christ ! J’ai déjà abordé ce sujet. Relis mes dictées. J’aurais pardonné si, par quelque hasard impossible, Judas avait éprouvé du remords et avait demandé pardon. Mais une personne qui est tombée aussi bas ne peut plus avoir envie de s’en sortir, elle n’a même plus le souvenir que c’est possible. Elle est asphyxiée par son péché.

Non. Judas ne montera pas au Ciel. Vous n’avez qu’une seule vie. Il sortira de l’enfer au côté de Satan, et sera le second Satan dans l’attente du troisième : l’Antéchrist, qui viendra pour que s’accomplisse dans les Ténèbres la Trinité obscène opposée à notre Trinité sainte, parfaite et divine, qui fut, est et sera éternelle, lumineuse, immuable. L’Antéchrist apparaîtra pour une heure : le dernier Jour !

C’est là une des erreurs que tu as entendues, mais il y en a d’autres.

Je n’ai jamais dit à Lazare : “Lève-toi et marche”, mais “Lazare, sors !” [Jn 11, 43] Des siècles sont passés, mais je sais ce que j’ai dit. Pour moi, tout est éternité, souviens-t’en. Le Menteur sait m’imiter, mais il n’est pas parfait.

Les pauvres qu’il secoue comme des arbres pour les tourmenter et en faire tomber les fruits, sont analphabètes en matière de connaissance évangélique. S’ils ont quelque souvenir de mes paroles, ils les utilisent mal, selon le désir de Satan. S’ils ne les connaissent pas, ils disent ce que lui veut, et sont bien malheureux car ils sont possédés sans le savoir. Leurs propos laissent entendre de vagues souvenirs de ce que j’ai dit, et cela peut être accepté par ceux qui ne sont guère versés en théologie mais qui sont de bonne foi, comme on le dit communément.

Une autre erreur de cette dictée — elle dénonce clairement son auteur caché — est l’interprétation de mon expression : “pauvres d’esprit”.

Lis les dictées et les visions du “porte-parole” qui con­cernent Zachée (17-7 et suivants) : tu verras qu’être “pauvre d’esprit”, selon ma Parole, ne signifie pas être bigot mais fils de la Lumière qui vit dans l’obéissance aux lois de Dieu et de l’Eglise, ces lois qui viennent de moi et que j’ai confirmées. Mes pauvres d’esprit ne sont pas des personnes sottes, borgnes spirituellement ou handicapées intellectuellement. Ce sont des anges incarnés qui savent voir, comprendre, courir sur les voies du Christ.

Dans la dictée (non datée) qui suit, il est insinué que, après ma résurrection, donc une fois la rédemption accomplie, l’homme n’aurait plus besoin de me vénérer en tant que Martyr crucifié, mais en tant que Dieu resplendissant.

Voilà bien un signe qui accuse ! Lucifer, Satan, le Mal, l’Ennemi ne supporte pas la croix où pend mon corps sanguinolent. Quelle victoire ce serait pour lui, s’il pouvait abolir cette croix précieuse sur laquelle mon effigie redit : “C’est pour vous et sur ce bois que je suis mort et que j’ai vaincu Satan !”

Giuseppe, regarde : la terre a eu l’un des précurseurs du fils de Satan. Vous souffrez tous pour lui. Or qu’a-t-il fait ? Il a haï et hait toujours la croix, cette croix que d’autres, bien qu’hérétiques, respectent. Calvin, Luther, Zwingli, Pierre Valdo comme les anglicans respectent la croix. Ils ne sont pas dans le vrai, mais sont croyants et s’inclinent devant Jésus mort sur la croix. Et celle-ci resplendit même dans les pays non catholiques.

Mais ce précurseur est un instrument de Satan en cette cruelle veille des derniers temps : il ne supporte pas la croix. Il l’a abolie. Il ne la supporte pas. Il l’a remplacée par un signe démoniaque de Babylone. Et il est devenu un “satan” parce que le Démon n’a plus rien redouté chez lui. Réfléchis.

L’esprit humain n’évolue pas dans la vérité. Celle-ci est une et elle le reste. Les saints sont ceux qui, comme les premiers chrétiens, me révèrent comme Martyr sur la croix, qui fut le moment le plus solennel, le plus beau, le plus saint de mon existence de Jésus.

La dictée du 2 mai 1941 fait état d’une série d’erreurs basées sur les théories de l’évolution et de la réincarnation.

Comme tu l’as lu dans ce qui a été dicté au “porte-parole”, les âmes sont créées d’instant en instant par le Père pour être un joyau dans la chair de l’homme qui se forme dans le sein maternel.

Il n’y a pas de différence entre celles à qui, aux origines, il fallut joindre la matière, et celles à qui il fallut joindre l’esprit et qui retournèrent à moi.

Il n’y a pour les âmes ni préexistence ni différences. Elles ont une “fin” : la vie éternelle, et un début : quand le Père les crée pour les unir à un corps. Mais vous n’avez pas de préexistence.

Elles n’ont pas à choisir si elles veulent rester ou non dans un corps. Leur seul choix est celui d’une vie éternelle heureuse — en moi —, ou maudite — en Satan.

Lorsque le Père crée une âme, il n’y a pas d’échec. Dieu ne crée rien qui ne soit réussi. Il l’a crée parfaite. Vous, vous pouvez mutiler l’âme ou la rendre monstrueuse. Mais Dieu vous la donne intacte, et mon sang la purifie du signe qui n’en mutile pas la beauté, mais la souille. Après le baptême, votre âme ne diffère plus de celle, alors parfaite, que Dieu a insufflée dans la chair d’Adam.

Il n’y rien de flou qui soit devenu un ange. Les anges ont été créés de manière parfaite et immédiate par celui qui n’est pas créé, mais crée tout : Dieu. Je n’ai nul besoin d’eux pour me donner la possibilité d’avoir diverses espèces d’âmes.

Si Lucifer est dans le monde, ce n’est pas pour accomplir une mission que je lui aurais donnée. Il y est de par sa volonté mauvaise. Et s’il triomphe aussi facilement, c’est grâce à votre volonté mauvaise. Vous désirez avoir trop d’affinités avec lui en orgueil et en concupiscence, et pour devenir comme lui vous rejetez la Lumière, qui est pour tous et sur tous.

Il est tout simplement sacrilège de prétendre que c’est par ma volonté que Lucifer est l’expression d’une volonté et d’une force qui s’opposent à moi. Puis-je me contredire et me combattre moi-même ? Ç’aurait pourtant été le cas si, après avoir voulu Lucifer pour vous tenter, je le combattais maintenant. Plus : si après l’avoir voulu, je le combattais maintenant.

Quant à Judas, j’ai déjà parlé de lui. Il est dans l’esprit qui porte le nom de Démon et il n’en sortira jamais.

Le royaume du Mal n’aura pas de fin. Il cessera d’engloutir de nouveaux monstres parce qu’il sera complet. Mais il ne se terminera pas. Pareillement, ma lumière et le bien dureront toujours. Ah, mon fils ! La lumière ne s’éteint pas : elle devient sublime dans la paix du “Tout est accompli !” glorieux, quand le nombre des élus sera atteint. Mais elle ne s’éteint pas.

En haut seront le bien et la lumière, en bas le mal et les ténèbres. Le troisième royaume, transitoire, qui s’appelle “monde” ou “terre” finira. Les autres resteront des éternels antagonistes.

Je ne commente pas la dictée, mensongère et courtisane, de Noël 1941. Les faits l’ont démentie.

Celle de Pâques 1942 dit : “En cette année où le destin de presque tous les peuples du monde sera signé…” Signé, le destin ? Non : ce qui semblait alors devoir advenir ne s’est pas réalisé. Je n’aurais pas pu mentir. Médite là-dessus.

J’en viens au message de Noël 1942. Je ne faisais pas d’ombre ? N’avais-je donc pas de corps ? Dans ce cas, où était le mérite de la mort en croix ?

En vérité, en vérité j’étais chair et divinité, j’avais une âme, un corps et du sang. Je vous ai donné ce corps et ce sang à deux reprises : au Cénacle et sur le Golgotha. Mon corps glorieux est ressuscité le troisième jour et il s’est réuni à mon âme. Je suis ensuite resté — corps et âme — quarante jours sur terre, avant de remonter au Ciel — toujours corps et âme. C’est encore avec mon corps composé d’une vraie chair, opaque et sensible, unie à l’âme et à l’esprit du Christ que je vous jugerai au Dernier Jour.

Est-ce-qu’il fallait deux mille ans pour atteindre la spiritualité ? Quelle erreur ! En vérité, elle était présente chez les bons qui me suivaient, bien plus parfaitement qu’aujourd’hui. Il n’y a pas d’évolution en matière de spiritualité, parce que chaque esprit ne vit qu’une seule fois sur la terre. Il est donc responsable de ce qu’il fait à tel moment précis. Il ne peut revenir des années ou des siècles plus tard, avec une spiritualité plus lucide.

Comme tu le vois, les messages de ton pauvre ami sont un ramassis de mots qui, comme des détritus, émergent d’une eau stagnante au fond de laquelle s’agite celui qui ne cherche qu’à nuire.

Venons-en au prétendu 5ème évangile.

Il n’y a que quatre évangiles. Je les illustre aujourd’hui pour amener d’autres personnes à la lumière qu’ils ont perdue ou qui s’est affaiblie en eux. Mais je ne crée pas un évangile supplémentaire. Les évangiles restent ce qu’ils sont. Qu’ils soient connus de manière détaillée ou dans leurs grandes lignes, il n’y en a pas d’autres.

La page du 1er février 1938 revient sur l’idée de la sanctification de Judas. Non. Je l’ai déjà dit : non.

Je reviendrai parmi vous. Je l’ai expliqué dans le commentaire de l’Apocalypse que tu t’apprêtes à copier. Mais cela ne se passera pas comme le décrit cette page truffée d’erreurs.

J’ai déjà illustré auparavant la page sur le message de la foi.

Esprit menteur et astucieux, l’Ennemi susurre des paroles teintées de spiritualité pour endormir les moins vigilants et les entraîner loin de moi. Soyez donc attentifs à ce que vous entendez. Pour toucher et savourer certains aliments, il faut un regard et un goût exercés. Certains ont l’air inoffensifs, mais ne le sont pas. Sachez discerner et, si vous êtes dans l’incertitude, fiez-vous à ceux qui savent.

Au sujet du message sur la volonté : suis-je donc celui qui agit à votre place ? N’est-ce pas à vous d’agir ? Ne vous rendez-vous pas compte que, en disant cela, vous faites du Christ l’auteur de vos mauvaises actions ? Non, c’est vous qui devez agir. Moi, je suis miséricordieux et fort à votre égard : miséricordieux pour compatir à vos chutes, fort pour venir au secours de vos faiblesses. Mais vous avez été créés libres et intelligents, donc c’est à vous qu’il revient d’agir.

Et quel est ce discours qui prétend que la volonté est le seul principe car, si elle était la fin, ce serait de la foi ? Mais faisons un feu d’artifice de mots, et annonçons des vérités de lumière.

Compare, Giuseppe, ces paroles nébuleuses — car elles le sont vraiment ! — avec celles, claires, cristallines, linéaires, que je donne au “porte-parole”, et par son intermédiaire à vous tous. Voyez la simplicité et la majesté avec lesquelles j’expose ma doctrine sans artifices d’équilibriste qui stupéfient mais dont, si on y réfléchit, il ne reste rien, comme ces méduses, belles dans l’eau mais qui ne sont plus que des bulles remplies d’air sale sur le rivage.

Quant au message sur la chrétienté : “Vingt siècles d’apathie et d’obscurité sont passés avant que paraisse la flamme de la foi…” Mais que dites-vous donc ? Actuellement, vous vous enfoncez dans les ténèbres de cette hérésie qui se répand en usurpant un nom qu’on ne devrait pas lui attribuer, un nom auquel vous donnez un sens qu’il n’a pas.

Vous confondez spiritualité et spiritualisme. Savez-vous-vous ce qui les distingue ? Un fleuve au cours rapide comme un lac stagnant, un océan comme un cloaque pestilentiel et étroit, tout cela est de l’eau. Mais quelle différence entre eux ! Or elle est bien plus grande entre la spiritualité et le spiritualisme. La première vit et s’enracine dans le sein incandescent de la Trinité éternelle. Le second pullule, tels des champignons malsains, à l’ombre des hérésies des derniers siècles et sur le corps d’une foi morte.

Trop nombreux sont les hommes chez qui la foi est morte. Avec plus d’arrogance que des buffles sauvages, vous ne voulez pas plier la tête sous les préceptes de la Rome catholique. Vous traitez de bigoterie les formes rituelles que j’ai moi-même inspirées pour donner une homogénéité au culte et dans lesquelles insérer mes paroles. Vous vous brisez le cou en vous heurtant à des obstacles, plus forts que vous, à ces “pourquoi” qui, considérés sans la lumière de la foi, n’ont pas de réponse, ou vous vous penchez jusqu’à terre sous le joug d’un poids de science humaine qui ne sait rien vous donner qui puisse vous éclairer et vous aider à contempler le surnaturel.

Non, la personne qui sait, conformément à la volonté de Dieu, ne se taira pas. Comment le porte-parole pourrait-il se taire ? Je ne le veux pas, et il doit répéter ce qu’il sait contre toute volonté personnelle. Je répands la lumière pour qu’elle soit transmise.

Ne répétez pas votre fausse idée du pauvre d’esprit. Je vous ai dit comment, moi, je l’appelle, et c’est à l’opposé de ce que vous prétendez. [Mt 5,3] Inclinez-vous devant les “pauvres d’esprit”. Le Royaume des Cieux est à eux, parce qu’ils ont compris la vérité, l’ont aimée et suivie. Loin d’être “de la matière animée par une volonté fausse”, comme dit le Menteur par la bouche de Michele, ce sont des esprits qui ont su maîtriser la chair et vivent en moi tout en étant encore dans le monde.

Encore une fois, Satan insinue que l’expression pauvre d’esprit signifie que la partie la plus élevée de son être est diminuée. Non, absolument pas ! Lis les dictées de Zachée, et tu verras comment parle Jésus, ton véritable Maître : c’est bien différent.

Venons-en au message sur l’Amour : bien que je sois lumière, je ne parviens pas à déchiffrer le passage cahotique qui distingue le vouloir de Dieu de la volonté divine. On reconnaît bien ici l’influence de celui qui veut mettre de la confusion en vous.

Assez, assez, cela me dégoûte.

Quant au message sur le pardon : j’ai déjà déclaré qu’il n’y a pas de réincarnation. Il n’y a pas deux Christ, dont l’un parlerait en Calabre et l’autre en Toscane, en tenant des discours opposés. La réincarnation n’existe pas.

Il n’y a plus de péché originel après le baptême. Mon sang agit. Certes, le mal est à l’œuvre en vous, mais vous disposez du contre-poison de mon sang. Dans mon cœur, on ne meurt pas. Vous mourrez avec votre cœur, mais si vous retournez à moi, je vous ressuscite.

Ne dites pas d’hérésies, ne répétez pas celles que vous entendez mille fois. Ne les croyez pas. Ayez pitié de vous.

La mort est bien le commencement de la vie, oui, de la vie éternelle, sans retour vers ce qui sera caduc.

Quel est donc l’infâme qui a permis que cette hérésie pénètre en vous, les catholiques, en premier lieu ? Qui blasphème au point de répéter que les pauvres d’esprit préfèrent l’échelle de l’aisance et du confort à celle du sacrifice ? Ne comprenez-vous pas que cela devrait suffire pour que vous vous disiez : “Ici, ce n’est pas Dieu qui parle” ?

Giuseppe, écoute : le “porte-parole” est épuisé. Mais je le pousse à continuer à écrire pour toi.

Comment avez-vous pu déclarer à cette personne, qui est devenue ce qu’elle est par fidélité à l’Eglise, qu’elle “devait se libérer des lois des religions non adaptées à des esprits forts” ?

Tu allègues : “Il y a du vrai dans ces écrits.” Crois-tu donc que le Malin l’ignore ? Il sait tout. Mais il emmêle tout et confond pour confondre. Pour conclure, je t’affirme que la garantie d’authenticité d’une “voix” est sa vie et la clarté de ses propos, qui doivent être conformes à ma doctrine immuable.

Je maudis ceux qui, en pratiquant la magie, troublent et dérangent les royaumes qui sont hors du monde.

Je suis peiné pour ceux qui, sans faute de leur part, sont des pantins entre les mains de celui qui a pour nom “Erreur”.

Ignores-tu donc que, si c’était moi qui parlais, ton ami aurait dû devenir saint dans toutes les vertus de la vie ?

Ignores-tu que celle qui te transmet mes paroles s’est profondément transformée depuis qu’elle m’entend ? Il lui reste d’ailleurs beaucoup à faire.

Ignores-tu que, pour m’entendre, elle avait déjà dû se crucifier elle-même ainsi que ses élans pendant des années ?

Ignores-tu ce que, dans le message sur la mediumnité, ce que la voix fausse et cruelle emploie comme preuve de vérité, n’est que mensonge et preuve de mensonge ?

Que le Maître Jésus puisse s’exprimer par la bouche d’un simple d’esprit, oui, cela peut arriver. Mais il ne sera jamais possible qu’il parle par la bouche de la personne qui porte le nom de Valbonesi[1] : elle se donne en spectacle et, grâce à des aides infernales, ébahit les simples ou ceux qui s’exaltent facilement. Et il ne permettra pas davantage qu’écrire avec les deux mains soient une preuve de vie future.

Ne vous adonnez pas au satanisme.

Ton autre ami, coupable de commerce avec Satan, perd à la fois son corps et son esprit en des manœuvres dont vous voyez le fruit.

Giuseppe, écoute : s’il était vrai que c’est moi qui parle, ou quelqu’un pour moi, pourquoi ne t’aurais-je jamais dit : “Giuseppe, fais ceci ou cela pour ton bien ou celui de ta famille ?” Ne te rappelles-tu pas avoir été abusé par de vains espoirs et des illusions mensongères ? Ne te souviens-tu pas que celle qui écrit pour moi t’a prévenu, quand elle ne savait pas encore que c’était moi qui parlais dans son cœur, que l’heure était tragique et imminente ?

Je te le répète : il y a dans le monde des malheureux malades spirituellement. Mais si le monde avait une vraie foi, et donc de la pitié — et non de la vénération — pour certaines maladies qu’on appelait autrefois “possessions” et maintenant “médiumnités”, ils guériraient, car Satan les abandonnerait à eux-mêmes. Il se sert d’eux et il les tourmente pour que les autres les adorent comme s’il s’agissait d’astres. Or ils sont ténèbres. Ayez pitié de vous-mêmes et d’eux.

J’ai parlé à bien des reprises. Je ne voulais rien dire de plus. Mais sans apporter de nouvelles lumières dans les dictées, je t’ai écrit à toi, pour toi.

Ce n’est pas de cette manière que le Christ parle. Compare ce à quoi tu as assisté pendant ces quinze mois, avec ce que tu as déjà vu pendant des années. Il n’y a rien à ajouter.

Le surnaturel jaillit spontanément, dans un élan sincère. Il correspond à la vérité, et il est conforme à ma doctrine, linéaire depuis vingt siècles. Quand il n’en est pas ainsi, c’est signe qu’il ne s’agit pas de surnaturel mais de “sous-naturel”, donc démoniaque, faux et cause de mal.

Voilà la vérité.

Dieu est auprès de vous, mais les morts ne sont pas très loin. Je parle de ceux qui sont morts en Dieu. Mais dans leurs manifestations, ils s’expriment de manière spontanée, toujours conforme à la vérité.

Tout ce qui est provoqué ou déforme ma parole — à la fois ancienne et toujours nouvelle — ne porte ni mon signe ni ma bénédiction.

Je crois qu’il ne reste plus aucun doute.

Aime la Lumière et la Vérité, et tu seras aimé d’elles.

Le Sauveur a parlé. »

A la fin de cette dictée, Jésus reprend :

« Tu te souviens que je t’ai dit : “Ce sont des âmes abyssales. Nous devons les tirer des ténèbres” ? A cette époque, tu n’as pas compris, n’est-ce pas ? Moi, je savais. Réjouis-toi. Entre le chirurgien qui rend la vue à un aveugle, et la personne qui sert d’instrument à Jésus pour lui permettre de dire à l’aveugle spirituel : “Je veux que tu voies”, le second est de loin le plus grand et le plus utile. Réjouis-toi donc. »

Cette dictée pour Giuseppe précède de 48 heures la lettre qui annonce le “désastre des biens” mentionné par Jésus à la première page.

Lorsque j’ai reçu ces phrases, moi qui avais toujours gardé quelque espoir à propos de leurs biens matériels, je l’ai complètement perdu. Et en effet…

Jésus reprend :

« J’ai employé des expressions simples, je pourrais même dire humaines. Ce n’est pas mon habitude, mais je voulais qu’elles soient compréhensibles par “mon” Giuseppe. [Lc 15, 32] Je veux qu’il entende que je lui dis : “Je fais une grande fête, parce que tu étais mort et que tu es ressuscité, tu étais perdu et tu as été retrouvé, tu avais oublié la maison de ton père mais elle est redevenue la tienne.” Je suis le bon Berger et le Maître parfait. Je sais adapter ma sagesse aux capacités des autres. Et lorsque je juge, je tiens compte des motifs qui ont conduit une personne à tomber dans l’erreur. Lorsqu’il n’y a ni malice ni persistance dans l’erreur, j’absous. »

Il ajoute :

« Comprends-tu, petit Jean, pourquoi je t’ai accordé certaines visions dans un ordre non chronologique ? Toi et moi, nous nous demandions réciproquement une âme qui nous était chère. Mon but était de nous réjouir, toi et moi, d’avoir donné la lumière. Elle servira à d’autres. Elle t’a servi à toi aussi. En particulier, mes visions et mes paroles de ces derniers mois cherchaient à atteindre ce but, qui est tout amour. Je n’ai pas employé cette manière de faire avec Marie-Madeleine seulement. Je suis et poursuis les brebis égarées aujourd’hui encore, de la même façon. Je suis patient et persévérant, inlassable. Je suis le Sauveur. »

Et il achève :

« Voilà pourquoi je ne t’ai pas laissée détruire certains écrits. Il était utile de les joindre ici. »

J’ai souvent fait une remarque à ce sujet : les pages qui auraient pu constituer un grand avertissement pour Giuseppe à propos de la vérité de certains phénomènes et de certaines interventions semblaient s’effacer quand il lisait les manuscrits. Il le faisait pourtant avec une attention et un respect dont peu de gens font preuve ! Mais c’est moi qui devais revenir sur ce passage et le lui montrer. Je ne fais pas de commentaire. La première fois que j’ai observé ce phénomène, ce fut lorsqu’il a lu le cahier de juillet : il n’a pas vu la page du 4 juillet. J’ai dû la lui faire lire moi-même. Et ce ne fut pas la seule fois.

[Un écrit autographe de Giuseppe Belfanti suit :

Le 23 octobre 1944

Je lis le “message” que, dans sa grande bonté, le “Maître” a voulu m’envoyer ! Je suis à la fois ému et heureux d’un tel bienfait, qui vient apaiser la souffrance que j’ai ressentie ces derniers jours, à la nouvelle que mon entreprise a été complètement détruite et mes possessions terrestres volées. Je me trouve dans la misère après tant d’années de dur labeur pour parvenir à quelque bien-être. Mais à ces biens terrestres perdus s’oppose un bien plus grand : celui d’être pardonné par le “Maître” !

Quant à ce que le “Maître” révèle dans son “message”, c’est la pure vérité. J’étais entré en contact avec un ami qui s’imaginait, en toute bonne foi, être un “porte-parole du Maître”. Un autre de mes amis — et dans son cas, je l’avais compris moi aussi — était complètement possédé par la Bête, car il soutenait et croyait fermement pouvoir devenir, un jour très proche, “un agent de Jésus sur la terre”.

J’avais exprimé à plusieurs reprises à Maria mon grand désir de connaître la vérité sur ce présumé “porte-parole” de Reggio Calabria, mais je n’espérais pas recevoir tant de bonté du “Maître”, qui m’a éclairé sur ma bonne foi et m’a clairement indiqué que je marchais sur une mauvaise voie.

Gloire à lui, que grâces lui soient rendues et que son nom soit béni à jamais.

Belfanti Giuseppe

Ces feuillets, arrachés au cahier sur lequel sont notés la “dictée” du 17 octobre et le texte de Giuseppe Belfanti du 23 octobre 1944, se terminent par la note suivante de Maria Valtorta, écrite verticalement sur la page, qui fait mention de “deux feuilles” qui ne sont pas jointes : ]

Ces deux feuilles sont celles qui auraient dû me gagner à “leur” idée…

Le reste de ce qui se trouve dans le paquet est constitué de ce que j’ai reçu de la part de ces pauvres pervertis et ce qui a été réfuté par Jésus dans la dictée pour Giuseppe, dictée qui constitue ce cahier.

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Notes

  1. Bice Valbonesi était une femme médium célèbre. ↩