Gli Scritti di Maria Valtorta

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33. Leçon n° 33 — Rm 8, 20-21.

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33. Capitolo 33

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33

3 mars 1950.

Rm 8, 20-21.

«“La création a été assujettie à la vanité” dit Paul.

Je vous ai expliqué[1] comment la vanité sans bornes de vouloir être comme Dieu a causée le péché, et ses conséquences. La conséquence de cet acte insensé de vanité de la part de l’homme, chef-d’œuvre de la création, est que toute la création a fait l’expérience de la laideur du péché contre Dieu et contre le prochain. Et puisque l’homme était la créature la plus élevée, il a fait l’expérience de cette laideur plus que toute autre créature inférieure. Il était la seule créature douée d’une nature rationnelle et libre, capable de se développer elle-même soit sur le plan physique que sur le plan intellectuel, pour le dire avec des mots humains. Mais par dessus tout, l’homme était capable de se développer de façon spirituelle. D’après les affirmations très justes du grand théologien, l’homme est un infini en puissance, une capacité que Dieu seul est en mesure de combler.

Vraiment il en est ainsi. Et cela reste depuis que l’homme existe. Si le péché originel a fortement affaibli cette puissance de l’homme, il n’a pas réussi à priver l’homme de ces deux facultés, dont Dieu l’avait doté au moment de sa création.

Après avoir été durement touchées par la blessure du péché et par celle de la punition, ces deux puissantes facultés, comme évanouies, se sont réveillées chez Adam et Eve au moment de la mort d’Abel. La douleur causée par la mort de leurfils Abel eut pour effet de dissiper la fumée d’orgueil insensé qui jusque-là les avait maintenus asservis aux suggestions du Rebelle éternel. L’homme leva à nouveau ses yeux vers le Ciel qu’il avait perdu, à la recherche de Celui qui avec justice l’en avait expulsé. L’homme réalisa que Dieu seul pouvait consoler sa peine, combler sa soif d’amour, soutenir sa force morale avec l’espoir de l’éternité, et avec l’espoir aussi que son séducteur serait battu selon la promesse que Dieu lui avait faite au moment même de sa condamnation. Cette promesse entretenait l’espérance que la libération de l’oppression infamante, c’est-à-dire la restauration de l’état de Grâce et de l’héritage du Royaume du Ciel, serait accomplie par l’intermédiaire de la Femme qui, tout en étant Vierge, donneraitnaissance à l’Emmanuel, le Sauveur, le Rédempteur.

A ce moment la création s’est remise en marche. Jusqu’à ce moment elle avait été soumise à la vanité et empêchée d’avancer vers sa perfection définitive, celle de l’esprit toujours plus triomphateur de la matière. Mais maintenant elle reprend son voyage vers la lumière, vers le sommet, vers son accomplissement, son Dieu, le même Dieu à qui elle avait tourné le dos avant de commencer à dévaler la pente qui descend du Paradis terrestre à la Terre, et de la Terre au royaume du péché et de l’obscurité.

La Grâce, bien sûr, n’y était pas; et la Grâce, c’est le soleil de l’âme, car c’est par elle que l’âme voit distinctement, engendre la vertu et la fait grandir jusqu’à sa perfection. La voix de la conscience, cependant, persistait: invitation paternelle de Dieu à retourner vers lui, le but ultime. Dans l’homme demeurait vivant, soudé à l’âme spirituelle, uni à elle, un minimum suffisant à lui permettre de progresser lentement vers son objectif final. Un terrain qui, en attendant la restauration de la Grâce, demeure apte à accueillir les semences que Dieu donne généreusement à tous les hommes, même aux plus coupables. Ce minimum a suffi à garder en vie la connaissance de Dieu et son amour, connaissance et amour que l’homme avait reçus du Créateur le premier jour de son existence, et qui, bien que cachés, étaient restés présents quelque part au fond de son âme.

Paul écrit: “La Création a été assujettie à la vanité, non par sa propre décision, mais par la volonté de Celui qui l’a assujettie, en espérant qu’elle serait libérée de son esclavage à la corruption, pour devenir capable de partager la liberté glorieuse des enfants de Dieu”.

Cette phrase est mal comprise, soit parce qu’on ne la comprend pas, soit parce qu’on n’a pas le désir de la comprendre. Le résultat est une erreur qui peut abattre l’homme qui marche vers le Bien pour gagner le Ciel. L’erreur consiste à dire que pour l’homme il n’y a pas de salut possible puisqu’il tend au péché. C’est une théorie hérétique, née des branches qui se sont séparées du tronc de la Vigne mystique, membres rebelles qui se sont détachées du Corps mystique; une profession de foi contraire à l’Amour divin, créateur de l’homme qui l’a prédestiné à la Grâce et à la Gloire, pas à la damnation. C’est une théorie qui, à juste titre, est condamnée par le magistère de l’Eglise.

A présent beaucoup de blasphémateurs, négateurs et sacrilèges prennent cette phrase comme fondement de leur pseudo-religion, et disent: “Regardez, celui qui veut votre chute, votre faiblesse, votre ruine! C’est celui que vous appelez Père!”. Ils sont hérétiques, car ils nient l’attribut principal de Dieu. Ce sont des satans car ils haïssent l’amour et la vérité.

Et maintenant, à ce blasphème horrible, à cette insinuation de la plus subtile et diabolique finesse, je réponds. Et je réponds ainsi:Dieu a mis l’homme à l’épreuve pour le confirmer en Grâce. Cette confirmation profitera à ceux qui auront su vivre selon justice, même après une ou plusieurs chutes temporaires, purifiés par leur repentir sincère et leur amour ardent. Pour les anges rebelles (dont la nature angélique était supérieure à celle des humains, comme il est dit à propos du Christ: “Tul’as fait seulement un peu inférieur aux anges”), il n’y a eu nipromesse de pardon de la part de Dieu, ni présence permanente en eux de ce qui aurait pu les faire revenir à leur première condition de bonheur, c’est-à-dire d’une contrition parfaite et d’un amour parfait. L’homme, au contraire, a pu bénéficier non seulement de tout cela, mais aussi des voix des Patriarches et des Prophètes qui ont confirmé à plusieurs reprises la promesse d’un Rédempteur, telle que rapporté dans le Proto-évangile. Il a pu compter aussi sur les révélations etles manifestations à travers lesquelles Dieu lui-même s’est manifesté aux Patriarches, à Moïse – libérateur et législateur du peuple hébreux, – à Josué, aux prophètes. Tout cela a été couronné par le prodige du don du Fils de Dieu, de son enseignement et de son immolation.

La prédestination à la Grâce n’a jamais été supprimée par Dieu. Jamais. Dieu ne dévie pas de sa volonté. Dieu n’est pas inconstant dans ses volontés. Ce qu’il a voulu, il le veut pour toujours quant à lui. Toujours. Par conséquent, Dieu n’a pas agi “en espérant”, comme on écrit incorrectement, mais “en sachant”. Rien n’est inconnu à Dieu. Donc, le mot “espérer” ne peut lui être appliqué. L’espoir est pour ceux qui ne connaissent pas le futur de tout et de tous. Pas pour Dieu. Il n’y a rien que Dieu ne connaisse depuis l’Eternité. Dieu connaît tout, y compris le destin des individus et celui des collectivités.

Vous devez donc dire et croire que Dieu a voulu soumettre sa création à l’épreuve, et pour ce faire il a pris la créature la plus parfaite, sachant fort bien que cette créature commettrait un péché d’orgueil et de rébellion à cause de sa vanité de vouloir être comme Dieu. Mais Dieu a agi de cette façon pour lui donner l’incommensurable mesure de son amour pour les humains.

Avant la création de l’homme, et donc avant l’épreuve, Dieu avait déjà établi le Moyen par lequel l’homme serait d’abord libéré de l’esclavage de la corruption, et ensuite réjoui de la liberté glorieuse des enfants de Dieu, pour enfin toucher sa part d’héritage dans le Royaume céleste. Par conséquent, Dieu n’a pas voulu votre chute, ni votre faiblesse, ni votre ruine. Il vous a créés pour se donner un peuple de fils. Et sachant que vous n’aurez pas persisté dans la Grâce, il a prédisposé, avant même de vous créer, le Moyen le plus saint et puissant qui soit pour que vous soyez sauvés et que vous receviez votre part dans son Royaume.

Ici aussi on peut dire que la Charité infinie et insatiable que Dieu a pour les hommes, ses fils d’adoption, resplendit en toute sa vérité».

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Notes

  1. Cf. la leçon n. 24, et celles qui parlent du péché originel. ↩