Os Escritos de Maria Valtorta

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109. Le 28 mai

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109. Capítulo 109

PT Tradução a caminho

1944-05-28

Je vois[1] la pièce où la Cène a eu lieu.[2]

Le mobilier est toujours le même, quoique disposé différemment. Les deux coffres – c’est-à-dire le vrai coffre du côté gauche, par rapport à moi qui regarde vers la porte, et la crédence basse du côté opposé – ont été sortis de l’embrasure des fenêtres où ils étaient, et mis l’un à côté de l’autre au fond de la pièce (du côté sans fenêtre).

De l’autre côté, – autrement dit celui où s’ouvre la petite porte, dans l’angle nord-ouest, à laquelle on accède par le petit escalier de six marches – on a poussé la grande table qui se trouvait au centre de la pièce, le soir du jeudi saint. Les sièges sont disposés entre le mur et cette table, autant qu’il peut en tenir. Les autres sont des deux côtés de la table. De cette façon:

[image: dis.%203/a%20(28%20maggio%201944)]

En résumé, il y en a douze contre le mur et deux de côté. Ces deux derniers sont vides. Ils semblent placés là pour les mettre quelque part. L’un d’eux est le tabouret dont Jésus s’est servi pour le lavement des pieds.

La table est nue. Il n’y a ni nappe ni vaisselle. La crédence et le coffre n’en ont pas non plus, mais il s’y trouve les manteaux, pliés, des apôtres.

Les fenêtres sont fermées. La barre de fer les traverse et les maintient bien serrées comme si c’était la nuit. Pour cette raison, la lumière est allumée au centre de la pièce. Mais il doit faire jour, car un rayon de soleil filtre par une fente ou un trou d’un volet; on y voit danser de fines poussières. La lumière est faible, car un seul bec de lampe est allumé. Cela suffit cependant à tout voir distinctement. Je vois les grandes briques carrées du sol, de couleur rose pâle.

La Mère est assise au centre de la table. A sa droite se trouve Pierre, à sa gauche Jean. La Mère a devant elle un coffre large et bas, de style oriental, et qui est fermé. Des rouleaux y sont appuyés. Il sert ainsi de pupitre.

Marie est vêtue de bleu foncé. Dessous, elle porte son voile blanc. Mais elle a aussi son manteau sur la tête. Elle est la seule à avoir la tête couverte. Elle me rappelle beaucoup la Vierge de l’Eucharistie qui m’est apparue le mois de juin dernier (1943)[3]. (Je pense que c’était en juin, sinon dans les derniers jours de mai. Je n’ai pas le moyen de comparer avec les dictées passées).

Marie lit à haute voix. Les autres suivent sa lecture en silence et ils répondent quand il le faut. J’entends donc de nouveau l’expression “Maran ata” que j’ai déjà entendue une autre fois, je ne me rappelle plus quand ni qui l’a dite.[4] Ce doit être une sorte d’“ainsi soit-il” ou de “loué soit le Seigneur”, car elle est dite comme nous disons, nous, un répons jaculatoire final.

Marie sourit tout en lisant. C’est, pour ainsi dire, un sourire intérieur. Elle sourit à une pensée. Elle ne regarde personne et, par conséquent, ne sourit à personne. C’est bien à une pensée d’amour qu’elle sourit, à je ne sais quelle vision intérieure bienheureuse. Elle sourit. Les apôtres l’écoutent et la regardent sourire ainsi, tandis que sa voix douce prend des allures de chant à la lecture des psau­mes (je suppose qu’il s’agit de psaumes) dans la langue d’Israël.

Pierre est tout ému de l’entendre, et deux grosses larmes coulent le long des rides qui longent son nez et se perdent dans sa moustache grisonnante.

Jean la regarde, et répond à son sourire par un sourire. On dirait un petit lac qui s’ensoleille sous le reflet du soleil qu’il regarde. Sans s’appuyer contre Marie avec la confiance qu’il témoignait à Jésus, il se serre pourtant contre elle autant qu’il le peut et tend le cou pour suivre les lignes qu’elle lit. Lors des pauses, lorsqu’on change de rouleau ou que l’on répond “Maran ata”, il la regarde et sourit.

On n’entend pas d’autre bruit que la voix de Marie et le froissement des parchemins. Ensuite, même cela s’arrête, car Marie se tait et se penche en avant en appuyant la tête contre le coffre. Elle con­tinue intérieurement son oraison. Les autres l’imitent, chacun prenant une pose qui lui est propre.

Un grondement très puissant qui rappelle un accord d’orgues gigantesques, mais qui est aussi voix d’un vent céleste et harmonieux, écho de tous les chœurs du paradis, et qui prend appui sur toutes les voix des vents et des chants de la terre, remplit le silence de cette paisible matinée. Il se fait de plus en plus proche, devient toujours plus puissant, à tel enseigne que l’air en vibre; la flamme de la lampe vacille, et les chaînettes qui la soutiennent et retombent en pendants ornés tintent exactement comme cela se produit quand une onde d’un bruit assourdissant remplit une pièce fermée. S’il y avait des vitres, qui sait comment elles vibreraient?! Mais il n’y en a pas et l’on n’entend pas ce bruit très particulier que fait le verre frappé par une vibration sonore.

Les apôtres, effrayés, lèvent la tête. Comme ce son ne cesse de se renforcer de seconde en seconde, certains, poussés par la peur, se lèvent et tentent de s’enfuir, d’autres se blottissent en se frappant la poitrine, d’autres encore se serrent contre Marie pour chercher protection auprès d’elle. Jean est le plus calme: il regarde seulement Marie et il reprend aussitôt courage en la voyant sourire avec encore plus de bonheur qu’avant.

Marie lève la tête, sourit à ce que son âme voit certainement, puis tombe à genoux, les bras ouverts. Son manteau s’ouvre et elle ressemble à un ange bleu dont les deux ailes s’étendent sur la tête de Pierre et de Jean, qui l’ont imitée et se sont agenouillés.

J’ai mis plus de temps à décrire tout ceci que l’événement à se produire. Cela s’est passé en quelques secondes.

Je vois alors la Lumière, le Feu, l’Esprit Saint entrer en faisant entendre une dernière puissante clameur; il emplit la pièce d’un éclat insoutenable, d’une chaleur des plus ardentes et plane un instant au-dessus de la tête de Marie comme un météore éclatant de lumière, avant de se scinder, de se partager et de descendre sous forme de langues de flamme embrasser le front de chaque personne pré­sente.

Mais la flamme qui descend sur Marie!… Longue et vibrante comme un ruban de feu, elle ne se borne pas à se poser sur son front, mais le lui enlace, le lui étreint, le lui embrasse, le lui caresse, et se pose comme un cercle d’or autour de sa tête virginale; celle-ci est maintenant découverte car, à la vue du Feu Paraclet, Marie a levé les bras comme pour l’embrasser, en poussant un cri de joie, si bien que son manteau et son voile ont glissé et lui sont tombés de la tête puis des épaules. Elle se tient donc là, tête nue, soudain rajeunie, avec ses tresses blondes sans le moindre cheveu blanc pour y porter atteinte, rendue belle, toute belle par la couronne qui vibre de la flamme fi­nale sur son front après l’avoir ceinte de son dia­dème de Reine cé­leste, belle aussi de par la joie qui la transfigure… Oh, il est impossible de décrire la beauté que prend le visage de Marie sous l’effet de l’étreinte de son Epoux divin!

Le Feu reste ainsi un moment puis s’estompe en laissant derrière lui un parfum qui n’a rien de terrestre. Ma vision s’évanouit en même temps.

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Notes

  1. Voir la note 65. ↩
  2. Dans la vision du 17 février, précédée par la “Description du Cénacle”. ↩
  3. Le 23 juin 1943, dans “Les cahiers de 1943”. ↩
  4. Dans la vision du 29 février. Expression araméenne qui signifie : «Le Seigneur vient» ou «Viens, Seigneur !» ↩