Os Escritos de Maria Valtorta

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123. Le 21 juin

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123. Capítulo 123

PT Tradução a caminho

1944-06-21

Jésus dit:

«Non. Ne te lamente pas et ne te désole pas comme si mon amour pour toi avait changé. Loin d’être une diminution, c’est une augmentation. Je te parle à toi et à toutes les âmes qui se sont consacrées entièrement à moi et qui se trouvent dans la même situation que toi. Ce sont celles sur qui mon regard se repose et se console de toutes les infamies que je vois commettre sur la terre.

Quand on a accompli un dur labeur, accablant, répugnant même, ne trouve-t-on pas une grande joie à respirer de l’air pur et à regarder un beau pré vert et fleuri? Les poumons se dilatent, les yeux se reposent, l’esprit se délasse. On a l’impression de renaître.

C’est ce qui arrive à votre Jésus. Il est si affligé, si dégoûté! Et par tant de monde! Pensez: je suis la Bonté et l’Amour, mais je reçois des offenses, de la haine continuelle, et il me faut faire preuve de sévérité pour punir les coupables. Cela me fatigue plus que de porter la croix. Non que j’aie ignoré, à l’époque, que je mourais inutilement pour beaucoup. Je ne l’ignorais pas, mais je parle de la fatigue matérielle du moment. Mais celle-ci est une fatigue permanente et de mon esprit. Les coupables fatiguent l’esprit de Dieu. Méditez là-dessus et vous comprendrez la gravité de la faute, si elle est capable de fatiguer un esprit parfait comme l’esprit divin. Eh bien vous, mes bien-aimés, vous me reposez.

Maintenant, écoute cette parabole qui vous est adressée.

Un homme aime une femme. Il l’a trouvée belle, on lui a dit qu’elle était bonne, pure et modeste, et il a senti de l’affection monter dans son cœur, et avec elle l’espoir de pouvoir prendre cette femme pour épouse et faire d’elle la perle de sa maison.

Il se fait présenter à ses parents et leur demande la jeune fille. Ils lui accordent sa main. Il fait alors preuve de mille attentions pour tenter de conquérir son affection, car la sienne est déjà devenue un immense amour, et il veut amener sa bien-aimée à le partager. Chaque fois qu’il va chez elle, il lui apporte quelque chose dont il sait qu’elle l’apprécie, lorsqu’il est loin d’elle il réfléchit à ce qu’il peut lui ramener, s’il est loin de la ville il lui écrit pour lui exprimer ce qu’il ne peut lui dire de vive voix, et à peine est-il de retour qu’il court chez elle. Il ne lui mentionne pas ses soucis personnels. Il les laisse au contraire devant la porte car il ne veut pas la faire souffrir et ce lui est déjà un réconfort de voir le visage souriant de sa bien-aimée.

C’est ainsi que se passe le temps que vous appelez “fiançailles” et nous, Hébreux, “épousailles”; ce n’était pas un mariage con­som­mé mais, au fond, des fiançailles officielles extrêmement rigoureuses, à telle enseigne que la femme était dite “veuve” si son époux mourait avant le mariage consommé, en la laissant vierge.

Puis vient le moment où la femme quitte la maison paternelle pour entrer dans la maison de son époux et faire “une seule chair avec lui”, selon le commandement qui dit: “Que l’homme ne sépare pas ce que Dieu a uni, pour quelque raison que ce soit.” En effet, séparer veut dire pousser à l’adultère et la personne coupable de péché d’adultère n’est pas seulement celui qui pèche matériellement, mais aussi celui qui crée les causes de la faute en mettant une créature dans les conditions du péché.

Cela doit être dit non seulement aux maris qui quittent leur femme et aux femmes qui se séparent de leur mari, mais aussi aux parents des deux parties qui sèment la zizanie entre les conjoints par leur animosité ou leur égoïsme personnels, ou encore à ces amis de la famille menteurs qui, par leurs tromperies ou simplement en excitant une brouille qui, sans cela, disparaîtrait, suscitent entre les deux époux des illusions capables de rendre la vie commune insupportable.

En vérité, je vous dis que si les époux savaient vivre de façon isolée dans le cercle de leur amour et de leur affection pour leurs enfants, 90% des séparations conjugales n’auraient pas lieu, car les motifs d’incompatibilité allégués pour obtenir une séparation entre époux se retrouvent dans toute vie commune: entre enfants et parents, au sein de la parenté, entre frères et sœurs, et même entre amis qui se sont rassemblés, mais vous ne leur donnez pas une telle importance qu’il faille en arriver à une séparation. Or ce lien indissoluble à tout point de vue, vous le brisez avec la plus grande facilité.

Jamais vous ne devriez être infidèles, jamais. Non pas à mon avis mais au vôtre, le seul mobile d’une séparation pourrait être le suivant: le point de vue naturel. Car le surnaturel dit: “Si l’un des deux a déjà fauté, le second doit deux fois plus rester fidèle pour ne pas priver les enfants d’affection et de respect. Affection des parents pour leurs enfants, respect de ces derniers envers leurs parents. Et celui ou celle qui, ne sachant pas pardonner, éloigne le coupable et reste seul, sait ensuite difficilement rester seul et passe à son tour aux amours illicites, dont les conséquences retombent sur le présent immédiat des enfants comme sur leur moralité future.” C’est pourquoi je dis: “Il n’est pas permis à l’homme, pour aucune raison, il n’est pas permis au chrétien de séparer ce qu’un sacrement a uni au nom du Christ.”

Mais ce n’est pas de cela que je veux te parler. Je veux te parler, à toi, mon âme qui t’es unie non pas à un homme mais à Dieu par une offrande d’amour qu’il a accueillie. Je veux parler aux âmes qui sont tes sœurs dans l’amour absolu pour moi.

Quand l’épouse quitte donc la maison paternelle pour devenir la femme de celui qui l’aime, elle atteint un degré d’amour plus élevé. Ce ne sont plus deux personnes qui s’aiment, ils sont un qui s’aime dans son double. Chacun s’aime lui-même reflété en l’autre, car l’amour les enlace en un nœud si serré que la joie efface la personnalité, si bien que les deux individus jouissent d’une unique joie.

Ils correspondent aux deux premières périodes des noces mystiques. Au début, vous êtes aimées et vous devenez amoureuses de Dieu, qui vous aime. Ensuite, vous atteignez un amour plus élevé et vous jouissez de ses joies, qui deviennent vos propres joies. Mais ce n’est pas là la perfection de l’épouse. Je te l’ai déjà dit[1], mais je te le répète pour répondre à ta question: “Pourquoi ne dis-tu plus ces mots d’une paix si sûre, d’une promesse si affirmative que tu m’aurais ainsi épargné certaines souffrances?”, as-tu dit il y a peu à la relecture des pages d’octobre.[2]

Oh! Maria! Pourquoi? parce que je t’ai menée plus haut.

Les hommes m’accusent de me répéter. Mais s’il me faut me répéter, à toi qui es tout attentive à m’écouter et qui ressemble à un petit oiseau dans son nid, la bouche grande ouverte dans l’attente de la nourriture que son père lui tend – or ta nourriture, c’est ma parole –, comment ne me répéterais-je pas quand je parle à ceux qui ne sont pas attentifs? Ce n’est pas une fois, mais deux, cent sinon mille fois que je dois redire les mêmes vérités pour obtenir qu’une part minuscule pénètre leur cœur et y suscite une lumière. Si, par la suite, cette lumière s’éteint, ce n’est pas ma faute, et ils ne pourront pas m’accuser de leur propre cécité.

Maintenant, je te le dis. Une fois passée la période enthousiasmante de l’amour, celui-ci mûrit pour prendre une digne virilité; il fait alors de l’homme comme de la femme – qui n’étaient auparavant rien de plus que deux habitants de la terre, puis sont devenus une seule chair –, un père et une mère qui s’aiment [en se penchant] sur un berceau et se regardent en redisant ce que le Dieu Créateur avait dit en observant l’homme: “Nous avons fait un être éternel, qui appartient aux cieux, à Dieu.” Voyez, vous les parents, quelle est votre puissance! Tel est le destin de l’homme et telle est sa destinée glorieuse, à moins que sa malveillance ne le pervertisse. Mais quand ils en arrivent à une union si parfaite, l’épouse ne devient-elle pas aussi mère, sœur et amie de l’époux?

Oh! Quel doux réconfort pour un homme qu’une femme qui sait l’aimer si parfaitement qu’il pourra lui partager toutes ses préoccupations en étant sûr qu’elles seront comprises et qu’il y trouvera consolation!

Comme elle est bénie, cette maison où la sainteté du sacrement vit au vrai sens du terme et produit une inépuisable floraison d’actes d’amour! Cet amour n’est plus charnel seulement, mais plutôt spirituel. Cet amour dure, et même grandit au fur et à mesure que les années passent et que les soucis augmentent. C’est un amour vrai. En effet, il ne se borne pas à aimer pour jouir, mais embrasse les peines du conjoint et les prend sur lui pour en alléger le poids.

Deux personnes qui pleurent ensemble s’aiment-ils donc moins que deux autres qui s’embrassent et sourient? Non, Maria. Ils s’aiment davantage. L’homme montre qu’il a une grande estime de sa femme s’il se confie tout entier à elle pour en obtenir conseils et réconfort. La femme montre qu’elle aime profondément son mari si elle sait comprendre ses soucis et l’aide bien volontiers à supporter ses tracas. Ils n’en seront plus aux baisers enflammés et aux mots poétiques. Mais il s’agira de caresses d’âme à âme et de ces mots secrets que les esprits se murmurent, en se donnant l’un à l’autre la paix de l’amour véritable, du mariage vrai.

Eh bien, mon âme, tu en es à ce stade. Par ton amour totalement uni au mien, tu m’as enfanté des enfants. Tous ceux qui m’ont connu ou mieux connu grâce à ton amour agissant sont les enfants que tu m’as donnés. Tu les connaîtras un jour et tu t’en réjouiras.

Aujourd’hui que je t’aime mille fois plus pour chaque enfant que tu m’as donné, aujourd’hui que je sais que tu m’aimes au point de vouloir prendre sur toi la croix de ce qui me concerne puisque la gloire de ton Seigneur te tient plus à cœur que ta propre vie, j’agis envers toi en Epoux sûr de sa femme. Je ne te montre plus simplement mon sourire, mais aussi mes larmes. Je ne te caresse plus avec des roses, mais je t’imprime des roses de sang sur le cœur en y appuyant mon front couronné d’épines; je ne t’embrasse plus en ayant les lèvres trempées de miel et de vin, mais avec la bouche rendue amère par le vinaigre et le fiel qui fut mon ultime breuvage, auquel se mêle le goût âcre du sang remontant des poumons brisés au moment de mon dernier râle. Si je te traite de cette manière, c’est parce que je juge que tu es une “femme forte” au sens biblique du terme.

Oh! Quel repos est-ce pour moi d’avoir des cœurs comme ceux-ci! Vous, les personnes généreuses qui savez aimer, procurez ce repos au Médecin éternel qui demande de l’amour et ne reçoit qu’indifférence et offenses. Procure-le-moi, Maria. Et ne crains pas d’être descendue. Si tu possédais des ailes d’anges, tu t’élèverais toujours moins rapidement que tu ne le fais avec les ailes de l’amour généreux.»

Pour votre information, ma phrase qui a provoqué le réconfort de Jésus était venue de la manière suivante.

J’étais en train de relire les pages brûlantes du mois d’octobre dernier[3], quand il me promettait de venir bientôt prendre sa colombe. «Quand le printemps arrive dans nos contrées et que l’on entend la voix de la tourterelle, je viendrai», disait-il. Je l’espérais donc vraiment, car je n’ai aucune répulsion pour la mort. Au con­trai­re, je ne désire que mourir.

«Mais pourquoi, lui disais-je, ne m’as-tu pas emportée avant ce 10 avril[4], que je ne peux éviter de qualifier de… bien maudit? Avec mille tortures, mais avant ce jour-là. Le corps rongé par un cancer, comme je l’avais demandé, mais pas ainsi… et ce n’est pas encore fini. Se peut-il que toi, qui m’as toujours écoutée quand il s’agissait d’autres que moi, de tous les autres, grands ou petits, bons ou mauvais, croyants ou athées, tu n’aies pas voulu m’écouter quand il s’agissait de moi? pourquoi?» Voilà ce que je lui disais ce matin en pensant à sa promesse et alors que je sentais la vie me fuir d’heure en heure comme l’eau d’un vase brisé, et fuir dans une telle désolation, une telle solitude qu’elle serait moins cruelle si je me trouvais dans un désert, fuir avec ma raison qui se consume encore plus rapidement que l’organisme, qui va lui aussi à la dérive - et je suis la seule à savoir à quel point –, dans ce climat qui me rend folle à cause de la pression barométrique nuisible à tout malade souffrant de mes maux et à cause de la faiblesse de mon corps toujours plus sous-alimenté, puisque je ne peux plus assimiler la nourriture et dois donc l’interrompre…

Cette question me torture le cœur et l’esprit. Elle ne reçoit pas de réponse qui puisse me donner une telle paix que je ne me la pose plus. Pourquoi? Pourquoi? C’est pour moi un étonnement toujours renouvelé que ce refus par Dieu de cette grâce que je lui avais demandée, la seule qui soit pour moi, après lui avoir tout donné. Une seule grâce! Une seule pour moi!

L’étonnement. Car je sais comme il est bon. J’en ai fait l’expérience pour tous comme pour moi-même. Pour tous, car il a toujours dit oui quand je lui ai demandé des grâces pour les autres. Pour moi, parce qu’il a tant de caresses pour mon âme… Mais, en cela, il n’a pas voulu m’écouter. Mon douloureux étonnement ne meurt pas, il ne peut pas mourir, il crie plus fort que jamais; plus le temps passe, plus je sens la mort sur moi, et je pense qu’il me faudra très probablement rendre le dernier soupir loin de chez moi.

Voici neuf ans que Jésus m’a demandé mon père[5] et il est le seul à savoir avec quel déchirement je lui ai répondu oui, à lui qui voit mes larmes quotidiennes et entend mes cris qui appellent “Papa, Papa!” sans trêve. En outre, ici, mes larmes sont encore plus amè­res. Voici un an qu’il m’a demandé ma mère[6], le 3 juin 1943. Lui seul sait avec quelles larmes je la lui ai donnée. Pas les autres, car je pleure quand les autres dorment ou mangent, et croient que j’en fais autant. Mais là-bas je pleurais en paix, pas ici. Je n’ai aucun réconfort, non.

Non, mes chers. Si ma charité envers mes proches vous épargne la vue de ma douleur, sachez tous, qui êtes proches ou lointains, qu’elle est vive comme lorsque j’ai appris que maman était condamnée; j’ai souffert l’agonie de l’orpheline bien avant, quatre mois avant que je ne le sois, et elle est toujours fraîche et ardente comme une blessure à peine reçue. Et ici, cette douleur est plus ardente que jamais.

C’est là-bas, là-bas, que je voulais mourir, là où ils sont morts et où ils m’ont aimée comme ils l’ont pu, là où je les ai aimés bien plus que moi-même, oui, beaucoup plus. Je voulais mourir là où j’avais au moins trouvé en vous un guide, Père, et où j’avais vécu tant de choses avec Jésus. Ici, je suis un roseau plié par le vent et il n’y a rien pour me soutenir, pas même le souvenir et l’écho de Jésus, car il n’est pas comme là-bas. J’en entends la voix, j’en sens les caresses (très rarement alors que, là-bas, elles étaient continuelles), mais je ne l’ai vu pour moi qu’une seule fois (lire le 7 juin), et je ne peux m’en rappeler l’aspect. Vraiment, Dieu mis à part, tout le reste est le vent qui plie et rompt le pauvre roseau…

Mais c’est aussi parce que tu es le seul à ne pas me torturer que je te dis: «Aie pitié. Ne me laisse pas connaître la boue. Ne m’en fais plus sentir le goût nauséabond. C’est toi que je veux, toi seul. Je veux continuer à dire sans relâche: Dieu est bon. Je veux pouvoir continuer à le dire, ce que je ne pourrais plus faire si un coup trop cruel venait à détruire cette intelligence que tu m’as donnée et qui souhaite rester intacte pour te comprendre et répéter ce que tu lui dis.»

Nous sommes aujourd’hui mercredi. C’est le jour de la semaine consacré aux désespérés.[7] Je souffre peut-être pour eux, pour les soulager de leur torture… S’il en est ainsi… Il suffit que demain ne ressemble pas à aujourd’hui. C’est comme un serpent qui s’enroule et étouffe entre ses anneaux visqueux et froids.

O espérance, espérance, ne t’éteins jamais dans le cœur des hom­mes! Ne laisse pas les hommes devenir des brutes en leur enlevant ta lumière, qui est intelligence, foi, paix et chemin qui mène à la maison de Dieu, au Royaume de Dieu.

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Notes

  1. Voir par exemple la dictée du 13 février. ↩
  2. Voir la note suivante. ↩
  3. En particulier celles du 13 octobre, dans “Les cahiers de 1943”. ↩
  4. C’est ce jour-là qu’elle apprit que les citoyens de Viareggio se verraient contraints d’évacuer la ville. ↩
  5. Il s’agit de Giuseppe Valtorta, sous-officier de cavalerie, né à Mantoue en 1862 et mort à Viareggio le 30 juin 1935. ↩
  6. Il s’agit de Iside Fioravanzi, professeur de français, née à Crémone en 1861 et morte à Viareggio le 4 octobre 1943. ↩
  7. Comme dans les dictées du 15 mai et du 29 mai. ↩