Os Escritos de Maria Valtorta

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158. Le 6 août

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158. Capítulo 158

PT Tradução a caminho

1944-08-06

1 Corinthiens 12, 3.

Jésus dit:

«Tu m’as dit: “Seigneur, je préfère ceci à ce que j’étais auparavant.” Tu as donc compris combien il est plus grand de servir et aimer Dieu qu’un homme. Te voilà donc parvenue à ce degré d’intelligence que l’on devrait trouver en tout être, mais qui est si rarement possédé.

Tel un maître sévère, j’ai dû te faire parcourir un difficile et long chemin d’enseignement pour t’amener à cette connaissance.

Un maître sévère n’autorise pas ses écoliers à apporter des jouets ou d’autres objets susceptibles de détourner son attention des études en lui rappelant l’affection de ses parents ou de ses amis. Ce maître semblera à l’enfant trop sévère, si ce n’est même cruel, et il peut en venir à le détester. Mais, une fois adulte et ayant atteint une culture supérieure qui lui permet d’être quelqu’un dans la société, il bénit son professeur rigoureux et comprend qu’il doit la virilité actuelle de sa pensée, son bien-être présent et son caractère bien trempé à la constante sévérité de son maître.

En y réfléchissant, d’ailleurs, il se rend compte que celle-ci était bien plus rigide au début, alors qu’elle n’a cessé de s’adoucir vers la fin. Il s’interroge donc: “Pourquoi? N’aurait-il pas été mieux d’être doux quand je n’étais encore qu’un enfant et que je sentais trop durement la différence entre la douceur de ma mère et la sévérité de l’école? N’aurait-il pas été plus juste de serrer les boulons quand l’adolescence et la première jeunesse m’avaient rendu moins assoiffé de caresses?” Mais ensuite, – parce qu’il a été éduqué avec sagesse –, l’écolier devenu homme reconnaît que c’est en cela précisément que se trouve tout le mérite d’une telle éducation et qu’il lui doit d’être fort dans la vie.

Fort. Ils sont bien pauvres, ces hommes qui ont été éduqués avec mollesse et se trouvent, une fois adultes, en butte aux combats de la vie. celle-ci est loin, en effet, d’avoir la tendresse d’un cœur de mère, elle n’est pas bienveillante comme l’environnement familial, mais elle est pleine de rudesses, d’inimitiés, de luttes, d’efforts. Ce sont ceux-là qui finissent par être emportés – quand, pour l’éviter, ils ne deviennent pas malhonnêtes – et obtiennent par de mauvais moyens ce qu’ils sont incapables de se procurer par leur mérite.

Je me suis montré à ton égard un maître très sévère parce que je te voulais forte spirituellement. Tu étais si faible! Telle un fin petit liseron, tu avais besoin d’enlacer d’autres personnes pour leur apporter la joie de tes fleurs d’amour, et à toi-même celle qu’ils soient soutenus, sans les voir tomber sous le pied de l’indifférence et mourir ainsi, après avoir fleuri en vain. J’ai fait le vide intérieur en toi et n’ai laissé sur ta lande qu’un arbre rugueux et immense, trop rugueux pour la pauvre et frêle campanule, qui en avait peur.

Tu es donc restée par terre, ne connaissant que la canicule, la poussière et le goût si peu agréable de la poussière sèche. Si tu pleurais d’être foulée aux pieds ou heurtée par quelque passant qui ne t’avait même pas vue alors que, toi, tu l’avais joyeusement salué de loin et avais tenté de relever tes petites tiges que la joie avait couvertes de fleurs – la joie et l’espérance –, tes larmes se mêlaient à la poussière du sol et souillaient la soie de tes fleurs de la boue encore plus dégoûtante de la poussière. Pauvres fleurs qui se tachaient de terre alors que leur mission, pour laquelle je les avais créées, étaient de se remplir de ciel!

Lasse d’être seule, foulée aux pieds et salie par ce qui ne pouvait te rassasier – l’humanité, avec sa dureté, ses égoïsmes et ses pauvres affections humaines, fausses, égoïstes et sensuelles, qui ne te comprenait pas et ne pouvait pas te suffire –, tu as commencé à penser à l’arbre. Lui, il restait fidèlement à sa place, à côté de toi, alors que les autres plantes – des roseaux pliés par le vent, rien de plus que des roseaux – étaient secouées par une force, mystérieuse pour ton ignorance d’alors, mais qui avait pour nom l’Amour divin.

Que d’efforts, ma pauvre Maria, pour te diriger vers cette voûte, pour t’élever jusqu’à pouvoir jeter ton premier anneau autour de ce tronc si rugueux, si rugueux pour ta faiblesse, si difficile à enlacer. Les larmes que t’arrachaient la souffrance de cette dureté et ton effort ont dû servir à te laver de toute poussière d’humanité, afin d’être plus habile et plus légère. En effet, la poussière et la boue s’incrustent et pèsent. Mais quelle joie quand tu as vu que ta première fleur à s’épanouir contre ce tronc rêche n’a pas été heurtée par la dureté humaine, ne s’est pas fanée sous la poussière, n’a pas été souillée de boue; au contraire, elle a pu embaumer, en caressant son support, puis se perler de rosée et seulement de rosée, fraîche et purificatrice, ainsi que de joyaux ressemblant à des rubis qui pleuvaient du haut de l’arbre pour rendre ta corolle plus belle et plus forte, ta première corolle à être comblée de ciel.

Tu as voulu connaître de nouveau cette joie, et tu es montée encore. Deux, trois, dix anneaux toujours plus haut sur le tronc rugueux, pour toujours davantage de force et de parfum, toujours davantage de rosée, de ciel et de rubis sur des fleurs sans cesse plus nombreuses. Lorsque tu es arrivée à mi-chemin, tu as connu le nom de cet arbre: c’était ma croix. Et elle t’a parlé de sa voix de souffrance[1] et d’amour. sur son bois, tu as lu les vérités, écrites avec le Sang de ton Dieu, qui sont vie, tu les as embrassées et en as goûté la saveur, et tu as désiré monter tout en haut, là où un Visage douloureux te souriait en laissant couler des larmes et des gouttes de sang, c’est-à-dire ta rosée et tes rubis. Dès cet instant, tu n’as plus rien désiré d’autre.

Alors ton Maître et Rédempteur a rendu le tronc de son trône plus lisse, toujours plus lisse et doux pour t’aider à t’élever. Car l’amour obtient en retour de l’amour et le mien, qui t’aimait déjà jusqu’à te vouloir entièrement à lui, t’aima avec prédilection maintenant que tu l’aimais de tout ton être.

Ma petite voix, te voici parvenue à la connaissance de ton Bien. Du haut de notre échafaud de rédempteurs aimants, tu observes, non pas avec désir mais avec miséricorde, la terre lointaine, ces pauvres plantes qui ne savent pas venir à la croix; puis tu tournes les yeux vers le ciel pour prier en leur faveur car, étant unie au Christ, tu partages sa soif divine d’aimer et de sauver les âmes. Du haut de la croix, tu apprends la science la plus élevée et, telle un oiseau au sommet d’un très haut cèdre, tu chantes ses enseignements pour que ces pauvres plantes les entendent et viennent à la Lumière.

Tu as reçu de plus grands dons. Mais le don des dons, ce fut l’amour. Et je t’apprends à progresser sans cesse sur cette voie su­blime: celle de l’amour. Si tu passais de l’amour véritable à l’amour mesquin pour en revenir à t’aimer toi-même dans les créatures – médite cette grande vérité, qui est la clé de toute affection humaine –, tes racines se détacheraient du tronc sublime et tu connaîtrais à nouveau la boue amère qui remplit mais ne rassasie pas.

Aime-moi plus que tout, pour tout le bien que je t’ai fait. Aime ton prochain en moi, sans rien en attendre en retour, sans prétendre à rien. Aime-le précisément parce qu’il est tellement incapable d’aimer, et donc tellement malheureux de ne pas savoir aimer. Aime-le en pensant que chacun d’eux est l’œuvre de Dieu et que je suis mort pour chacun. Aime-le en pensant à mes souffrances de Gethsémani, au moment où chaque sanglot répondait au nom d’une personne pour qui ma mort allait être inutile. Aime-le surnaturellement en pardonnant, en compatissant, en enseignant, en patientant et en souffrant pour lui.

Tu es pauvre? peu importe. Le moyen d’expansion de l’amour n’est pas l’argent, mais l’amour surnaturel. Tu es malade, impuissante? Peu importe. Il n’utilise pas non plus la santé physique et la force, mais l’amour surnaturel. Tu es recluse et le monde t’ignore? Peu importe. Ce ne sont pas la liberté et la notoriété dans le monde qui lui servent à s’étendre, mais l’amour surnaturel.

Ma Mère était pauvre et ignorée, recluse tout d’abord dans le Temple puis dans sa discrète virginité. Elle vous a néanmoins apporté le Trésor. Elle a apporté la Parole aux hommes. Elle était silencieuse, impuissante en tant que femme, considérée par le judaïsme comme une “moins que rien”. Cependant, aucune créature, moi excepté, n’a parlé et agi comme elle.

L’amour surnaturel, parfait chez ma Mère, a accompli ce prodige de parvenir au ciel, d’en ouvrir les portes, d’en retirer le Trésor, d’apporter au milieu des silences du monde coupable et de ses ignorances la Parole qui est connaissance, de distribuer la Vie par le Sang qui, comme un fleuve, prend sa source dans la roche de diamant très pur de son sein virginal. Elle a su vous donner la grâce, le don des dons, ô pauvres hommes que la faute faisait ressembler aux animaux, en offrant son Jésus, dans le silence et l’amour, dès qu’il a pris chair et jusqu’à ce qu’il porte sa chair au ciel… Oh, séparation! Martyre de ma Mère! Martyre d’attente, l’attente de monter à son trône!

“Qu’il me soit fait selon ta parole”, a-t-elle dit à l’ange, dans la grotte de Bethléem, au Temple, à Nazareth, sur le Golgotha et sur le mont des Oliviers, chaque fois que le Père lui demandait un sacri­fice – toujours plus grand – de sa volonté et de son amour. Elle a été et elle est toujours sublime, moins parce qu’elle est la Mère de Dieu que pour avoir connu la Charité – or la prompte obéissance à la volonté éternelle est l’eau royale qui éprouve l’or de la charité–.

Les dons viennent de Dieu. Mais l’amour est votre mérite. Aux yeux de Dieu, votre mérite réside donc dans l’amour que vous avez.

Moi, le Maître, je t’apprends la Connaissance sublime, sévèrement d’abord tout puis avec douceur maintenant, afin qu’elle te serve à avancer en toute sécurité, pour parvenir très haut. Que l’A­mour te fortifie par sa bénédiction afin que tu progresses toujours plus avant sur ses voies.»

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Notes

  1. L’allusion à la vision du 22 avril 1943 semble claire. Voir “Les cahiers de 1943”. ↩