Os Escritos de Maria Valtorta

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160. Le 8 août

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160. Capítulo 160

PT Tradução a caminho

1944-08-08

Jésus dit:

«L’on peut dire que ma vie terrestre fut une continuelle épiphanie, puisque épiphanie veut dire manifestation. Or je me suis manifesté aux hommes pendant mes trente-trois ans, sans arrêt.

Même quand – et là où – cette manifestation ne s’accompagnait pas de ce “quelque chose” de miraculeux capable de rappeler vigoureusement l’attention des hommes, toujours déviée vers ce qui est moins bon, il y avait cependant un signe de manifestation surnatu- relle: c’était la Vertu pratiquée parfaitement et sous toutes ses formes par le Fils de Joseph et de Marie de Nazareth, par le Fils de Joseph le charpentier et de Marie, cette humble femme, pauvre et silencieuse, qui vivait pratiquement inconnue de ses concitoyens en raison de la réserve de sa vie à la maison. Par ses humbles vertus quotidiennes d’amour et de respect envers ses parents, d’activité, d’honnêteté dans le travail et l’argent gagné, de respect de lui-même, d’obéissance aux lois et à ses supérieurs, de charité envers le prochain, de justice, de tempérance et, plus encore, dans les sens, le Fils de Joseph le charpentier était sage, et chacun de ses actes manifestait une âme dans laquelle vivaient Dieu et ses perfections.

Mais le monde, et jusqu’au petit monde de Nazareth, ne remarque jamais les manifestations d’une vertu qui, parce qu’elle est quotidienne et liée aux événements de tous les jours, avance humblement sur son chemin fleuri d’épines; ces dernières deviennent des roses à la seule condition qu’elles soient piétinées, blessées et que du sang et des larmes coulent, pour progresser fidèlement en vertu. Laissons donc de côté cette manifestation quotidienne, pendant trente ans, de celui qui croissait et se fortifiait non seulement physiquement, mais dans la partie supérieure [de son être]; comme, par nature, il possédait la plénitude de la Sagesse et de la Grâce, il avait, par amour des hommes, posé des limites à ces perfections incarnées dans votre misère en même temps que son esprit, si bien qu’il leur permettait de croître selon les règles liées à l’âge humain: il progressait donc avec mesure en croissant en sagesse et en grâce, comme Fils de l’homme devant la face de Dieu son Père, et devant les hommes ses fils, et désormais ses frères en raison de son incarnation.

Quels horizons de science divine peuvent s’ouvrir à vous par un seul mot de mon Evangile! Quel mystère d’amour et de justice parfaits renferment ces expressions: “il se fortifiait” et “il croissait”! Vous lisez sans faire attention. Ou bien vous lisez et méditez, mais en donnant à ce qui est transcendant la couleur de l’humain. La force de votre chair est telle qu’elle domine en vous les forces intellectuelles de l’esprit. Voilà ce qui s’ensuit: des connaissances sont accordées à ceux-là seuls qui ont tué la chair en eux, ses voix et ses violences, et fondé sur ces ruines le trône de l’esprit-roi. Elles leur sont accordées tant par la Parole divine que par l’infusion divine d’une intelligence qui n’est pas loin de la perfection: elle procède en effet du Paraclet qui, par le biais d’une incarnation spirituelle du Verbe en vous, âmes vierges dont le seul désir est celui des noces éternelles, se communique lui-même et engendre en vous la Parole, faisant ainsi de vous des “porteurs du Christ”, à l’instar de l’Epouse virginale qui a porté ses ardeurs septiformes.

J’ai dit: “Qui n’est pas loin de la perfection.” Elle est parfaite, puisqu’elle vient de Dieu. Mais une créature humaine ne pourrait posséder la perfection telle quelle. Elle se dissoudrait en elle. Elle s’y dissoudrait parce que le cœur et l’intelligence d’un être qui vit sur terre ne peuvent contenir la connaissance totale de ce qu’est Dieu. L’Infini ne tient pas dans le fini.

Connaître Dieu par l’esprit désincarné est source de vie et de joie. Pour la créature en exil, connaître Dieu reviendrait à être frappée par la foudre. Une extase trop sublime détruirait l’intelligence et la vie par l’éclair de son étincelle venant de la Vérité. La Vérité, qui est bonne, se revêt toujours d’un voile de chair pour se rendre supportable à votre faiblesse, pour permettre à votre finitude de connaître Dieu et de vivre dans sa connaissance, en portant en vous le ciel sans en mourir avant que votre heure ne soit venue.

Mais revenons à notre sujet initial.

Pour moi, le Maître, qui vous aime, c’est une si grande joie de par­ler avec vous – qui, tels des enfants aimants, êtes avides de m’entendre et vous tenez autour de moi, qui vous aime, avec les yeux purs des nouveaux-nés spirituels et le sourire de l’amour –, que je ne saurais réfréner ma joie à vous instruire, vous qui êtes chers à mon cœur, vous les bénis qui me permettez d’être encore le “Maître” au milieu de ses apôtres bien-aimés. Pour moi, l’amour a l’aspect d’une rivière en crue qui rompt ses rives pour se répandre – et ces rives, ce sont les thèmes et les limites que je mets à ma leçon par compassion pour votre faiblesse qui se fatigue à écouter, à retenir ou à écrire –. C’est pourquoi j’insère dans le sujet initial d’autres thèmes destinés à vous porter toujours plus haut avec moi et à vous garder serrés contre moi plus longtemps, en élèves et enfants bien-aimés en qui je me complais, et le Père avec moi.

Laissons donc de côté les manifestations quotidiennes de ma vie et venons-en aux grandes manifestations. La Nativité, la présentation au Temple, l’adoration des mages venus d’orient, le débat parmi les docteurs, le baptême au Jourdain, la Transfiguration, la résurrection, l’Ascension au ciel. Cette dernière mise à part, tu as eu la vision de chacune d’elles ainsi que le commentaire de ton Dieu ou de sa Mère. Tu as pu voir, grâce à mon commentaire ou par les lumières de ton intelligence – ce miroir tourné vers la Lumière et qui augmente sa luminosité en concentrant sur soi la Lumière qui réfléchit par soif d’amour et qui, en réponse d’amour, se reflète en lui – que, à chaque manifestation, correspond la sanctification de ceux qui, parmi les présents, ont la “bonne volonté” demandée aux hommes pour leur permettre de posséder la Paix, autrement dit Dieu.

Les bergers, les premiers à qui le Verbe incarné fut manifesté, en furent sanctifiés. La grâce a travaillé en eux comme la semence dans la terre: les yeux de l’homme ne voient pas son activité hivernale, mais elle fleurit en herbe et monte en épi quand l’heure est venue; alors seulement l’homme la voit et se réjouit à la pensée du pain à venir. Il en fut de même des bergers: la grâce a travaillé en eux pendant les trente années de ma vie cachée, puis a fleuri en un saint épi quand vint le temps où les bons se sont séparés des mauvais pour suivre le Fils de Dieu, qui parcourait les chemins du monde en lançant son cri d’amour pour battre le rappel des brebis du troupeau éternel, dispersées et égarées par Satan.

Tu les aurais vus, si tu avais été présente, au milieu des foules qui me suivaient. Plus encore: tu les aurais vus être mes messagers car, par leurs récits simples et convaincus, ils proclamaient le Christ en disant: “C’est lui. Nous le reconnaissons. Les berceuses des anges sont descendues sur ses premiers vagissements. C’est à nous qu’il a été dit que les hommes de bonne volonté possèderaient la paix. La bonne volonté, c’est le désir du bien et de la Vérité. Suivons-le, suivez-le, et nous aurons la paix promise par le Seigneur.”

Humbles, ignorants et pauvres, mes premiers ambassadeurs parmi les hommes se sont tenus comme des sentinelles tout au long du chemin du Roi d’Israël, du Roi du monde. Ils avaient des yeux fidèles, des bouches honnêtes, des cœurs aimants. C’étaient des encensoirs répandant l’odeur de leurs vertus pour rendre l’air de la terre moins putride autour de la Personne divine qui s’était incarnée pour eux. Je les ai trouvés jusqu’au pied de la croix, après les avoir bénis du regard en parcourant le sanglant chemin du Golgotha; dans la foule déchaînée, ce sont les seuls à ne pas m’avoir maudit, mais à avoir aimé, cru, et espéré encore. Ils portaient sur moi un regard de compassion tout en repensant à la nuit lointaine et en pleurant sur l’Innocent dont le premier sommeil avait eu lieu sur du bois dur, et le dernier sur un bois encore plus douloureux. Et cela parce que mon épiphanie à eux, à ces âmes droites, les avait sanctifiés.

Il en alla de même des trois sages d’orient, de Syméon et d’Anne, d’André et de Jean, à la manifestation du Jourdain; il en fut autant de la plénitude de sainteté devant Pierre, Jacques et Jean au Thabor, et pour Marie de Magdala dans le jardin de Joseph d’Arimathie le dimanche de Pâques; et encore de la perfection de sainteté sur le mont des Oliviers pour les Onze, auxquels leur instant d’égarement avait été pardonné et qui étaient redevenus fidèles grâce à l’amour qui brûlait en eux.

Gamaliel, et Hillel avec lui,[1] n’étaient ni des hommes simples comme les bergers, ni des saints comme Syméon, ni des ascètes comme les trois sages. Il y avait en lui, comme en son maître et parent, tout l’enchevêtrement des lianes pharisaïques qui étouffent la Lumière et la libre expansion de la plante de la foi. Mais, dans leur état de pharisiens, ils faisaient preuve de pureté d’intention. Ils pensaient avoir raison et désiraient être justes. Ils le désiraient d’instinct parce qu’ils étaient justes, et du fait de leurs études, parce que leur âme, mécontente, s’écriait: “Ce pain est mêlé à trop de cendres. Donnez-moi le pain de la Vérité vraie!”

Comme [Gamaliel n’était] pas assez fort pour avoir le courage de briser ces lianes, l’humanité le tenait encore trop esclave, et avec elle les considérations de l’estime humaine, du danger personnel et du bien-être de sa famille. Il n’a pas su “comprendre que Dieu passait” et utiliser “cette intelligence et cette liberté que Dieu a données à l’homme”, selon ses propres mots,[2] pour le reconnaître et changer d’avis, ce qui lui aurait permis de passer de l’état de docteur de l’erreur – puisque les hommes ont corrompu la Vérité en erreur, à leur profit – à celui de disciple de la Vérité.

Ce n’était pas le seul. Nicodème aussi et, avec lui, Joseph d’Arimathie n’arrivaient pas à passer par-dessus les formules et les habitudes pour embrasser ouvertement la nouvelle Doctrine, de sorte qu’ils y venaient “en secret par peur des Juifs”. Ces deux derniers étaient déjà plus avancés dans le bien, à telle enseigne qu’ils osèrent agir avec compassion le vendredi-saint. Rabbi Gamaliel l’était moins. Toutefois – observe la puissance d’une intention droite! – sa justice humaine se teinte de surnaturel, alors que celle de Saul se souille d’influence démoniaque à l’heure où le déchaînement du Mal les place devant ce carrefour qu’est le choix entre le bien et le mal, le juste et l’injuste.

L’arbre du Bien et du Mal se dresse devant tout homme et lui présente les fruits du Mal sous leur aspect le plus appétissant; sous son feuillage, la Tentation siffle en prenant la voix trompeuse d’un rossignol. Il revient à l’homme, qui est une créature douée de raison, de savoir discerner et de ne vouloir que le bon fruit, même si sa cueillette est épineuse, son goût amer et sa vue déplaisante. Sa métamorphose en délicatesse, douceur et beauté advient après avoir choisi cette sainte amertume et s’en être nourri l’âme.

Saul tend des mains avides vers le fruit du mal, de la haine, de la faute. Gamaliel, lui, tend les mains vers le fruit du bien après avoir dominé les lianes tenaces de l’humanité et de l’habitude, pour obtenir la floraison de la lointaine semence de lumière que ma quatrième épiphanie lui avait mise dans le cœur – dans un cœur à l’inten­- tion droite –, et qu’il avait accueillie et défendue avec une affection honnête et la noble soif de la voir poindre. Sa volonté et mon Sang brisent la dure écorce de cette semence qu’il a sauvegardée, et les paroles apostoliques ainsi que la foi d’Etienne font naître la plante nouvelle de son christianisme et de sa sainteté à mes yeux. Gamaliel une fois pardonné de ne pas avoir compris plus tôt, son désir de devenir mon disciple est béni par le Très-Haut, et se change en réalité sans avoir besoin de la fulguration du chemin de Damas qui fut nécessaire à l’arrogant, lui qu’aucun autre moyen n’aurait pu con­quérir à la Lumière.

Je ne fais pas d’autre commentaire, car cela n’est pas nécessaire. Petit Jean, petit juste qui aime les justes et désire savoir s’ils sont saints, tu as appris que rabbi Gamaliel est saint à mes yeux, parce qu’il fut juste. Toi aussi, deviens-le toujours davantage.

Le Christ s’est manifesté à toi également, et non pas une fois seulement, mais plusieurs, pas seulement en apparence, mais avec sa sagesse. Que ta justice croisse donc dans la même proportion que sa révélation. Je me manifesterai à toi encore souvent et encore plus longtemps. Si tu le mérites, je serai avec toi par la parole aussi longtemps que je le voudrai, par ma présence toujours, jusqu’au moment où tu seras avec moi. Je suis maintenant ton hôte comme dans une nouvelle Béthanie. Plus tard, tu seras mon hôte, et même plus qu’un hôte: mon épouse. Une fois montée au trône de ton Roi comme une nouvelle petite Esther, devenue belle et parfumée non plus grâce à des ornements féminins mais tenant ton éclat de l’huile de myrrhe du sacrifice, comme tes parfums et fragrances de l’amour, de la fidélité, de la pureté ainsi que de toute vertu qui est mienne, tu recevras tout de moi. J’ai donné l’ordre à mon ange – qui est aussi le tien – de te parer, de te procurer ce qu’il te faut, et je t’ai attribué sept plus sept servantes: mes dons et mes sacrements, car tout ce qui appartient à l’Esprit-Amour est aussi à moi. Tu seras aimée plus que bien d’autres qui croient être en faveur mais ne diffèrent en rien d’Aman le hargneux: comme ce dernier, leur orgueil les pousse à haïr les sages et les fidèles du Christ. tu trouveras grâce et faveur auprès de ton Roi, ainsi que paix et bénédictions pour ceux pour qui tu pries, car ta prière sera exaucée par Dieu.

Va maintenant en paix. La main du Seigneur repose sur ta tête.»

Le soir, Jésus ajoute:

«Petit Jean, maintenant que tu t’es reposée, ajoute ceci:

L’Eglise, divinement inspirée, unit sa mémoire de Gamaliel à l’histoire de celui dont le martyre fut la pluie d’avril qui fait éclater les tiges en épis. C’est aussi en ces journées du mois d’août que les annales de l’Eglise rappellent le recouvrement du corps d’Etienne et celui qui a trouvé la voie de Dieu qu’il avait cherchée toute sa vie sous l’effet de la nostalgie de ma voix d’enfant, cette voix que lui indiquait le regard ravi en extase de mon premier martyr.

Cela suffit maintenant. Demain, je viendrai te rendre heureuse.»

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Notes

  1. Voir la note 285. ↩
  2. Dans la vision du 7 août. ↩