Os Escritos de Maria Valtorta

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226. Le 30 décembre

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226. Capítulo 226

PT Tradução a caminho

1944-12-30

Pendant que j’attends une lumière du Seigneur, j’obéis à son com­mandement, que je n’ai pas encore pu accomplir.

Voici désormais cinq jours que je bénis extraordinairement le Seigneur de la grâce qu’il m’a accordée de pouvoir rentrer chez moi.[1]

A partir du 11 octobre, l’impatiente que je suis avait tué l’impatience qui ne plaît pas à Jésus et, bien que je n’aie aspiré qu’au retour, j’avais complètement abdiqué toute action qui puisse l’accélérer. J’avais pensé: «Jésus dit: “Ne soyez pas impatients. Consultez-moi pour savoir quand le moment viendra.” Par conséquent, je ne ferai plus preuve d’impatience et j’attendrai tout de lui.» Je paraissais même indifférente au retour, et peut-être m’aura-t-on cru inconstante puisqu’on me voyait si calme. Beaucoup doivent avoir pensé que, après avoir dit le pire contre S. Andrea, j’avais fini par m’y attacher au point de ne plus être pressée de le quitter. Pour l’amour de Dieu! J’en serais partie en glissant par terre comme un serpent! Mais Jésus avait parlé de la sorte, et j’attendais. Je me sen­tais mourir dans cette glace, cette solitude et cette confusion… Cela paraît contradictoire. Mais c’était comme ça: solitude car mon âme était seule. Confusion parce que je n’avais plus l’occasion de prier en paix, d’écrire, d’être avec Jésus, si ce n’est la nuit. Je me taisais – bien plus, je calmais la hâte d’autres personnes –. Et je chantais… pour ne pas pleurer, pour ne pas tomber dans la désolation, pour ne pas la laisser m’agripper de toute part, car elle me guettait de tous côtés et en toutes choses.

Puis, le vendredi 22 au matin, survint un fléchissement soudain de mes forces morales accompagné d’un découragement profond comme je n’en avais pas connu depuis des mois. Que j’ai pleuré, ce vendredi matin! J’ai pleuré et supplié Jésus, Marie, tous mes saints… J’étais réellement désolée. Pour passer ce moment terrible, je me suis mise à corriger le fascicule de la naissance et de l’enfance de la Mère. Mes larmes se sont alors séchées devant son sourire d’enfant.

Puis, à 11 h 30, vint le Père Fantoni[2]… et la joie du retour! Cela m’a donné un choc. Je n’ai pas pu manger. La fièvre est montée plus haut que d’habitude. J’ai plus travaillé à faire mes valises que si j’étais en bonne santé, j’ai parlé, écrit jusqu’à minuit, et mon âme chantait: «Merci Jésus, merci Marie, merci mes saints, merci, merci!» Ce “merci”, je ne cesse encore de le répéter, peut-être même pendant mon sommeil car je me réveille en disant: «Merci, mon Dieu.»

Le moment du départ arriva ensuite… et celui de l’arrivée. Revoir ma maison… je prévoyais que j’en aurais les nerfs brisés. Je l’ai toujours prévu. Et je ne me suis pas trompée. Ils étaient dans un tel état que, comme un fleuve amer dans un lac de miel, des vagues et des vagues de douleur [sont tombées sur moi]: toute la douleur vécue dans cette maison, toute la souffrance subie pour en avoir été arrachée, la souffrance de ce terrible exil, et encore les souvenirs des jours d’antan, maman et papa morts… et tant d’autres choses…; tout cela m’est arrivé en même temps sur le cœur, ce cœur déjà épuisé par une joie trop vive, et j’ai pleuré, pleuré, pleuré pendant vingt-quatre heures sans pouvoir m’arrêter.

Il n’en reste aujourd’hui qu’une grande paix d’être ici. C’est comme si la maison m’embrassait… et, avec elle, mes morts; je retrouve en eux “mon” petit paradis perdu en avril, et tous reviennent, tous, comme autrefois. Tous reviennent pour moi.

Je l’appelle la maison de mon amour, et c’est bien ce qu’elle est. Ici j’ai aimé Dieu, je l’ai connu toujours mieux, jusqu’à la connaissance actuelle que j’ai de lui en tant que son porte-parole. Ici, j’ai reçu les premières caresses qui m’ont marquée, je crois, même organiquement. Ici, j’ai appris à aimer la Mère comme elle doit l’être. Ici, je suis devenue le petit Jean.[3] Et voici maintenant que Jésus me l’a consacrée en l’appelant “maison de Nazareth”.

Oh, mon Dieu! Cette joie est trop grande, et je ne sais que te donner en échange! En outre, qu’offrir à ceux qui, en ton nom et par amour pour toi tout comme par bonté à mon égard, m’ont procuré une telle joie? Je ne sais donner qu’amour, obéissance et prière. Fais le reste toi-même, puisque tu es le Roi.

Ce qui ajoute encore une saveur spéciale à tout cela, c’est ta bonté qui m’avait annoncé dix jours avant: «Dans dix jours tu seras…» J’aurais été bien heureuse, grâce à ta bonté à celle de mon Père tellement désiré, et à celle de cette âme douce et fraternelle qu’est sœur Gabriella…[4]

Ma sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus a écrit: «Bien des choses de cette vie ne seront pas lues sur terre.» Je le dis moi aussi: bien des choses seront écrites au ciel et connues là-haut. La charité de ces deux bonnes personnes sera inscrite dans le cœur de Dieu, là où elle ne s’effacera pas et où elle recevra sa récompense. Qu’ils soient bénis, et que soit béni celui qui les a formés: Dieu, notre Seigneur.

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Notes

  1. De l’évacuation.Voir la note 139. ↩
  2. Prêtre de l’ordre des servites de Marie qui assurait la liaison entre l’écrivain et le Père Migliorini pendant la période de l’évacuation. ↩
  3. Voir la note 32. ↩
  4. Sœur stigmatine de Camaiore, déjà rencontrée le 22 juin. ↩