Os Escritos de Maria Valtorta

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39. Le 21 février

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39. Capítulo 39

PT Tradução a caminho

1944-02-21

Comme vous l’aurez compris, en même temps que Jésus commentait la vision de sa rencontre avec sa Mère après la résurrection, il me faisait voir sa résurrection au sépulcre et sa rencontre avec Marie-Madeleine.[1] J’en suis tout heureuse, plongée dans la lumière du Christ ressuscité – quelle lumière joyeuse, paisible! –.

Je pourrais vous donner le cahier car, à vue humaine, “tout est accompli”. Mais le Maître me dit qu’il y a encore une chose à y join­dre. Alors j’attends.

Un peu plus tard, je dis à Jésus: «Quelle joie, Seigneur, de ne plus te voir souffrir ainsi et de voir ta Mère sourire!»

Alors lui:

«Ne t’abandonne pas à cette douceur. Ce n’est pas de ce pain-là que tu dois manger, mais de celui de la souffrance de Dieu et des larmes de Marie. Il m’a fallu anticiper cette vision pour te faire le cadeau promis. Mais c’est un temps de douleur et tu dois contempler la Douleur. Le P. M.[2] a désiré tout avoir pour Pâques. Mais je veux que ce soit une préparation à Pâques pour lui et pour beaucoup. Dis-lui par conséquent que, lorsque j’aurai complété ce don par le dernier point, il doit laisser en plan tout autre travail et de consacrer à celui-ci, afin qu’il soit distribué à temps. C’est ma volonté.»

J’obéis à son désir d’avoir illustré la vision de la résurrection. Humainement parlant, j’aurais préféré m’éviter cet effort, étant donné que Jésus en avait parlé. Mais l’obéissance est une vertu et j’obéis dans discuter.

Voici donc: [3]j’avais l’impression d’être portée par la volonté de Dieu dans le frais jardin où se trouve le Sépulcre. La lourde pierre a été scellée sur lui et les sceaux apposés sur le mortier – on aurait dit de larges rosaces imprimées dans l’enduit et il aurait été impossible de les retirer sans que l’effraction n’apparaisse –. Au devant se tenaient les gardes du Temple, à demi-somnolents, les uns assis, les autres debout appuyés au rocher du Sépulcre.

Le ciel commence à peine à s’éclaircir, de sorte que l’on se voit dans une lumière vert pâle et incertaine qui semble frissonner sous le vent frais de l’aube. Tout n’est que silence. Les oiseaux ne se sont pas encore éveillés.

Le ciel garde encore le souvenir de quelques étoiles, c’est un ciel qui paraît être fait de soie bleue, plus claire à l’orient, plus sombre à l’occident; il en provient une sorte de dard de feu semblable à une flèche qui se termine dans un globe de lumière resplendissante. Fendant l’air, il descend à toute vitesse en sillonnant les espaces sereins.

En tombant, ce météore éclatant déclenche un grondement semblable à celui d’un tremblement de terre. Toutefois, loin d’être un grondement discordant, il ressemble à ce que les grands tuyaux d’orgues gigantesques peuvent susciter sous les voûtes d’une cathédrale à un “Gloria” solennel. Il est puissant, harmonieux, et emplit de sa voix l’air matinal.

Epouvantés, les gardes se lèvent et regardent autour d’eux. Mais la foudre éclatante est déjà sur eux et s’abat sur la lourde pierre, dont la fermeture est renforcée par le contrefort de mortier qui a servi à la fixer, puis ce rocher s’abat et se renverse sur le sol comme s’il s’agissait d’un fragile écran de papier de soie, avec un bruit et un secousse de tremblement de terre qui renverse les gardes, les uns en avant, les autres en arrière; ils gisent sur le sol comme s’ils étaient évanouis, absents. Ils ne reviennent pas à eux. Ils restent là comme un groupe de marionnettes dont on aurait brisé les fils qui les tenaient debout. Ils sont ridicules.

La flèche de feu, bien plus rapide que je ne puis le décrire – de son apparition dans le ciel à son arrivée au Sépulcre elle a mis quelques instants, pas même des minutes mais une fraction de minute: un clin d’œil – pénètre dans le tombeau obscur et l’illumine d’une lumière fantasmagorique qui paraît orner de mille joyaux la pierre des parois, de la voûte et du sol. Tandis que son éclat de­meure suspendu en l’air comme s’il était l’essence de cette lu­mière, cette dernière pénètre dans le Corps étendu sous ses bandelettes funèbres.

La forme immobile pousse un long soupir. Je vois les linges de lin se soulever sur sa poitrine puis retomber. Une minute de pause puis, d’un mouvement soudain, le Christ ressuscite. Il desserre, il doit desserrer sous les linges ses mains croisées sur le bas-ventre, ouvrir les bras, se mettre assis puis debout, car le linceul, les toiles de lin et le suaire se défont avec violence et de façon désordonnée: les premiers tombent sur le sol et le suaire glisse sur la pierre de l’onction puis reste là, pendant à moitié, comme une coquille dégonflée et vide.

Jésus est déjà revêtu de son vêtement resplendissant de blancheur, qui ne porte plus aucune trace de sang ni de blessure, sa tête divine est toute recoiffée et radieuse, sans autre signe de sa terrible Passion que les rayons qui sortent de ses blessures et qui, tels cinq feux, reflètent leur lumière sur la Personne divine et l’auréolent d’un halo de rayons croisés qui montent, descendent des mains et des pieds, et irradient en cercle à partir du centre de la poitrine. On ne voit pas la blessure au côté, car le vêtement la couvre. Mais la lumière la plus vive provient de sa poitrine et ressemble à un soleil dissimulé derrière un voile de soie.

Moins lumineux, et pourtant très beaux, deux êtres angéliques – qui sont certainement entrés dans le sépulcre en même temps que la lumière mais que, absorbée comme je l’étais par la contemplation de Jésus, je n’ai pas vus plus tôt –, sont agenouillés des deux côtés de l’ouverture arrachée et adorent. Ce sont des êtres incorporels, dont la forme humaine est faite de lumière, de cette “lumière” bienheureuse que, en contemplant le paradis[4], j’ai vu être la propriété de ses habitants spirituels.

Après l’adoration des anges, Jésus sort du sépulcre, passe entre les gardes aveuglés par leur évanouissement, traverse le jardin. Au fur et à mesure qu’il avance, sa splendeur divine émane sur les choses : les herbes couvertes de rosée s’allument sous un Soleil plus beau que le soleil qui vient de se lever dans le ciel et, sous le baiser d’une brise tiède et parfumée, elles s’inclinent et se relèvent doucement comme pour vénérer le Sauveur qui passe en souriant et en bénissant; les pommiers, que quelques rares fleurs saupoudraient de blancheur, ouvrent leurs myriades de corolles, si bien qu’un léger nuage se forme au-dessus de la tête de Jésus, parfumé, mousseux, composé de milliers de fleurs écloses, d’un blanc à peine rosé, et auquel fait écho, dans le ciel bleu, un petit nuage qui semble être de gaze rose; quant aux oiseaux, réveillés par une telle lumière, ils chantent de tous leurs trilles dans le jardin en fleurs.

Jésus s’arrête pour me parler sous un pommier qui est une vraie boule de fleurs dont quelques pétales, plus amoureux que les autres, descendent caresser les joues du Seigneur et se poser à ses pieds, fleurs parmi les fleurs du sol.

Je n’aperçois pas Marie-Madeleine avant que Jésus ne me la désigne. De même, absorbée par lui comme je le suis, je ne vois pas ce qui arrive aux gardes et je ne me rends pas compte du moment où ils s’éclipsent. Je ne vois même plus les anges, mais je comprends que je me trouve dans le sépulcre puisque son obscurité est rendue blanche par la lumière des anges.

Marie-Madeleine pleure, inconsolable. Je ne sais comment elle peut ne pas reconnaître Jésus. Peut-être lui obscurcit-il la vue pour pouvoir l’appeler en premier. Mais lorsqu’il la hèle elle le “voit” pour ce qu’il est et comme il est: triomphant. Elle pousse alors un cri d’amour infini, d’adoration, qui remplit le jardin fleuri et se prosterne dans l’herbe couverte de rosée aux pieds de Jésus.

Ma vision s’arrête là.

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Notes

  1. Ces épisodes sont rapportés dans “L’Evangile tel qu’il m’a été révélé”. ↩
  2. Il s’agit du P. Migliorini. Voir la note 1. En ce qui concerne la tâche dont il est question juste après, voir la note 57. ↩
  3. Voir la note 65. ↩
  4. Le 10 janvier. ↩