Os Escritos de Maria Valtorta

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50. Le 7 mars

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50. Capítulo 50

PT Tradução a caminho

1944-03-07

A qui puis-je dire ce que je souffre? A personne sur cette terre, car ce n’est pas une souffrance de la terre et elle ne serait pas comprise.

C’est une souffrance qui est douceur, et une douceur qui est souffrance. Je voudrais souffrir dix fois, cent fois plus. Pour rien au monde je voudrais ne plus endurer cela. Mais cela n’empêche pas que je souffre comme quelqu’un qui est pris à la gorge, saisi par une morsure, en train de brûler dans un feu et transpercé jusqu’au cœur.

S’il m’était permis de me déplacer, de m’isoler de tout et de pouvoir, par les mouvements et le chant, donner libre cours à mes sentiments – puisqu’il s’agit d’une douleur de sentiment –, j’en éprouverais quelque soulagement. Mais ni les mouvements ni l’isolement ne me sont permis et je dois serrer les lèvres pour ne pas jeter ma douce agonie en pâture aux curieux.

Serrer les lèvres, ce n’est pas une manière de parler! Je dois faire un grand effort pour dominer l’impulsion qui me pousse à crier de joie ou de peine surnaturelles; cette impulsion bouillonne en moi et monte avec l’impétuosité d’une flamme ou d’un jet.

Les yeux voilés de douleur de Jésus – Ecce Homo – m’attirent comme un aimant. Il me fait face et me regarde, debout sur les marches du Prétoire, la tête couronnée [d’épines], les mains liées sur son vêtement blanc de fou par lequel ils ont voulu se moquer de lui, alors que, en fait, ils l’ont revêtu de blanc comme cela est digne de l’Innocent.

Il ne parle pas, mais tout en lui parle, m’appelle et demande. Que demande-t-il? Que je l’aime. Cela, je le sais et je le lui donne jusqu’à me sentir mourir comme si une lame me perçait le cœur. Mais il me demande encore quelque chose que je ne comprends pas. Je voudrais le comprendre, c’est là ma torture. Je voudrais lui donner tout ce qu’il peut désirer, quitte à mourir de douleur. Mais je n’y arrive pas.

Son visage douloureux m’attire et me fascine. Il est beau quand il est le Maître ou le Christ ressuscité. Mais le voir ainsi me donne uniquement de la joie, un amour profond que ne peut dépasser celui d’une mère pour son enfant qui souffre.

Oui, je le comprends. L’amour de compassion[1], c’est la crucifixion de l’homme qui suit le Maître jusqu’au supplice final. C’est un amour despotique qui nous empêche de penser à autre chose qu’à sa douleur. Nous ne nous appartenons plus. Nous vivons pour consoler sa torture, et sa torture fait notre tourment au point de nous tuer – et ce n’est pas une simple métaphore! –. Néanmoins, chaque larme que la souffrance nous arrache nous est plus chère qu’une perle, et chaque douleur dont nous comprenons qu’elle ressemble à la sienne est plus désirée, plus aimée qu’un trésor.

Mon Père, je me suis efforcée de vous exprimer ce que j’éprouve. Mais c’est inutile. De toutes les extases que Dieu peut m’accorder, celle de sa souffrance sera toujours celle qui me portera au septième ciel. Mourir d’amour en regardant mon Jésus souffrir, voilà, je trou­­ve, la plus belle des morts.

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Notes

  1. Voir déjà dans la dictée du 13 février. ↩