1944-04-09
Jésus parle, et il me parle avec une telle douleur, et c’est un sujet si triste, que je l’écris à part.[1]
Jésus dit:
«Je t’ai dit l’an dernier[2] – c’était la première dictée – ceci: “Le Père est fatigué et pour faire périr la race humaine il laissera se déchaîner les châtiments de l’enfer.” J’ai ajouté – c’était le vendredi saint –: “Je serais bien venu une seconde fois mourir pour vous sauver d’une mort plus atroce encore… Mais le Père ne le permet pas… Il sait que ce serait inutile… Oh! si les hommes savaient encore se tourner vers moi, qui suis le salut!”
Je vous renvoie à toutes mes dictées qui précèdent celles de ces derniers temps. J’ai parlé en me servant des prophéties du Livre saint, en vous les expliquant, en les appliquant à l’époque actuelle. Si je me suis tu, ensuite, sur ce ton, c’est parce que j’ai compris que cela ne servait pas aux fins du Bien et que c’était même dangereux: ces paroles divines peuvent en effet devenir des armes de torture diabolique contre mes serviteurs qui les entendent, les répètent, les répandent et les accueillent. Néanmoins, ma Pensée, même non exprimée en mots, est celle-là et ne change pas.
Maria, je t’ai dit, à la fin du mois de mai de l’an dernier: “En ce qui concerne l’avenir… Que veux-tu savoir, pauvre âme?” (dictée du 31 mai 1943). “Remercie ma Miséricorde qui, pour le moment, te cache en bonne partie la vérité sur l’avenir.”[3] Pauvre, pauvre âme!
Je t’ai dit, une autre fois: “Tu voudrais que j’apparaisse et que je me montre? Mais, même si je me montrais, où se trouve, dans les cœurs, ce petit reste de foi et de respect qui les ferait s’incliner face contre terre pour me demander pardon et pitié?” (dictée du 5 juin 1943[4]).
Aujourd’hui aussi vous me demandez un signe de puissance qui, en qualité de Puissance d’un saint – du Saint des saints –, devrait constituer la punition inexorable, terrifiante, d’un nombre incalculable de personnes car – je répète ce que j’ai dit des milliers de fois[5] – les grands coupables existent parce que la masse est plus ou moins coupable des mêmes péchés que les grands.
Or, je te le dis, ma pauvre âme à qui j’ai accordé de me voir triomphant[6] pour infuser de la force à ton être accablé à la fois dans sa chair, qui meurt, et dans son esprit désolé par l’épreuve que tu subis et les erreurs qui t’entourent: je ne peux pas donner ce signe, ce signe de ma Puissance. Il m’est impossible de le faire. Non pas que Dieu ait perdu la faculté d’en faire, car rien n’est impossible à Dieu. Mais c’est l’heure du pouvoir des Ténèbres. Les hommes l’ont voulue de leur plein gré. Le règne du Mal est déjà instauré. Quoi que je fasse, ce serait annihilé par la volonté de l’homme. Tout bien serait détruit par le Mal.
J’assiste, impuissant, à cette course vers la mort spirituelle de toute l’humanité. Aucun don de ma part, aucun bienfait, aucun rappel, aucun châtiment ne pourrait entraver ce naufrage spontané en Satan de l’humanité, sauvée par moi. Telle un taureau en furie, l’humanité démolit tout, raison, morale et foi, et va s’écraser contre ce qui la tue. La main profanatrice de l’homme se lève pour accomplir un nouveau crime qui ne mérite aucun pardon. Le Père ne veut pas pardonner. Il vous laisse périr comme vous l’avez voulu.
L’unique chose que je puisse faire et que je fais – par pitié pour les saints, rares comme fleurs au désert, qui prient encore, prient vraiment, et ne font pas preuve d’habitude et d’hypocrisie –, c’est de retenir la colère du Père. Car le Père, las des crimes d’une génération pour laquelle mon Sang a été répandu inutilement, veut à tout prix exercer sa Justice contre vous. Or, comme vous êtes coupables, la justice signifierait d’effroyables châtiments que ma Miséricorde se refuse à voir s’ajouter à ceux que vous vous créez vous-mêmes.
Maria, je sais que je te blesse et que je t’accable. Tu espérais goûter à la joie de ma Pâque, aux roses après les épines, aux sourires après les larmes. Tu es victime. Les épines comme les larmes demeurent même pendant le temps pascal, parce qu’il faut rester sur la croix pour cette humanité perverse.
Je te demande de rester sur la croix pour moi. Sauver le monde a été mon rêve, sauver les âmes, ma joie. Le monde est perdu pour Dieu, mais les âmes peuvent encore être sauvées: ceux qui ont encore une âme, malade mais vivante. Je te demande de l’amour pour elles. C’est Jésus, mendiant d’amour dans son vêtement de Ressuscité glorieux, qui te demande cette obole d’âmes afin que son Royaume compte encore des sujets.
Va en paix.»
L’Esprit Saint dit:
«Je suis le Consolateur. Je console ceux que la consternation accable et que l’époque actuelle torture. Je suis celui qui soigne et adoucit l’amertume de la Parole qui dit la vérité, laquelle est aujourd’hui bien amère.
Je viens te dire d’avoir encore confiance, en ce jour qui marque le triomphe de l’Amour comme Noël en est la plus haute manifestation; en effet, Noël est le début de la Rédemption qui est Charité active, tandis que Pâques est la Rédemption accomplie, la victoire de la Vie sur la Mort par l’Amour élevé à l’holocauste volontaire pour vous donner la Vie, l’acte qui a rendu possible ma descente en vous, qui êtes redevenus sanctifiés par le Sang de Dieu le Fils, pour vous réunir à Dieu le Père par l’amour sans lequel Dieu ne peut être en vous ni vous en Dieu. Même si tout semble perdu, aie confiance. Même si l’abîme du Mal vomit ses démons pour tourmenter la terre et la féconder pour qu’elle engendre l’Antéchrist, même si l’abîme des cieux paraît se fermer par ordre du Père de qui nous procédons, nous, le Verbe et l’Esprit, nous sommes encore à l’œuvre et vous aimons pour vous sauver et vous défendre. Le Verbe en tant qu’Amour et moi également en tant qu’Amour, le Verbe en tant que Rédemption et moi en tant que Sanctification, nous ne cessons pas de répandre, l’un de les mérites de son Sang, l’autre les charismes de sa puissance pour votre bien.
Aie confiance. L’Amour a toujours été victorieux.»
Ma passion nue…