Os Escritos de Maria Valtorta

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93. Le 10 mai

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93. Capítulo 93

PT Tradução a caminho

1944-05-10

Hier, j’ai dit un rosaire entier et le chapelet des joies et des souffrances. J’ai médité sur les quinze mystères, en plus des prières du jour. J’ai eu deux assoupissements au lieu d’un seul, je n’ai pas cessé d’aller mal et, le soir, j’ai subi un nouvel assaut… de qui? Je n’hésite pas à répondre: “du démon”.

J’avais l’impression d’être revenue à ces journées atroces du 10 avril au 3 mai et qui, à partir du jour où la Vierge m’a parlé (le 4 mai), s’étaient changés en une triste résignation, parfois mêlée d’ombres de joie. Depuis hier, c’est de nouveau l’enfer. Mais qui me dira, d’une manière que je puisse croire, que je ne suis pas damnée?

Et pourtant je prie… et pourtant je prie… et pourtant j’aime. Mais c’est l’abandon le plus absolu de ce qui fait mon désir: Dieu. Qui plus est, avec lui ce sont les personnes par lesquelles la parole de Dieu peut venir à moi qui sont absentes. Même les paroles que j’ai entendues ne me paraissent pas vraies.

Pitié, Seigneur, car je me sens devenir folle! Je ne vois pas, je ne comprends plus rien. J’éprouve seulement cette douleur. J’ouvre les livres pour y trouver une parole qui m’éclaire; cela m’est arrivé une fois, il y a un mois seulement. Rien. Je cherche quelque réconfort dans la prière: rien. Chez les gens: rien. Dans les choses: rien. Qui me comprend? Et pourquoi suis-je venue ici? J’ai l’impression que, si j’étais allée ailleurs, là où je le voulais et non là où je suis venue après avoir cédé[1] aux nombreuses pressions de ceux qui espéraient je ne sais quoi de cet endroit – car pour ceux dont le but de la vie est le bien-être physique, il y a peut-être quelque raison de se réjouir d’être ici –, j’ai donc l’impression que, si je me trouvais là où je voulais aller, j’aurais été moins abandonnée.

Mon amie Gina[2], qui est comme une sœur pour moi, m’écrit. Je suis touchée par sa bonté. Mais j’en souffre aussi. Si du moins j’étais près de cette vraie chrétienne et non au milieu de cette compagnie frivole qui ne me comprend pas tout comme je ne la comprends pas! Si j’étais auprès de mes Sœurs… Mais ici, sans personne pour m’élever vers le ciel et accablée comme je le suis par l’abandon de Dieu et la férocité de Satan, je me perds. Je le sens bien. Je me perds spirituellement et physiquement. Je deviens folle, et ce serait le moins grave. Le pire, c’est que je détruis ce que j’ai fait pour mon éternité.

Pitié, Seigneur! Marie, pitié!

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Notes

  1. A Camaiore, au lieu de S. Andrea di Còmpito. Voir la note 139. ↩
  2. Il s’agit de Gina Ferrari, sa camarade de collège. ↩