Os Escritos de Maria Valtorta

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95. Le 12 mai

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95. Capítulo 95

PT Tradução a caminho

1944-05-12

Jésus dit:

«Lazare, sors! Je te donne le même ordre qu’autrefois. Je te le donne à toi aussi, qui n’es pas morte mais seulement endormie. Tu es endormie pour montrer aux hommes que, de toi-même, sans moi, tu es un pauvre néant ignorant, faible, à la merci de ton humanité.

Ce n’est pas un sommeil de mort. Est mort celui qui vit hors de moi. Mais toi, tu es plus ancrée en moi qu’une huître perlière à son rocher. Tu es plus enracinée en moi que du gui qui naît entre deux branches et plonge ses racines jusqu’à la moelle de l’arbre qui le porte. Tu m’es plus unie – plus unie, dis-je – qu’un enfant dans le sein de sa mère. Car, après un certain temps, celle-ci l’expulse. Mais toi, plus le temps passe, plus tu t’identifies à moi; quand le temps n’existera plus pour toi, alors tu ne te distingueras plus de moi, et personne ne pourra distinguer où Maria cesse et où Jésus commence, car tu seras absorbée pour l’éternité en ton Dieu.

Le paradis! Comme tu le savoureras alors, ton paradis, toi qui passes par l’enfer pour une raison d’amour sans en être détruite puisque le feu de l’amour est plus puissant que celui de l’enfer, mais qui en es terrorisée… En effet, si l’amour te protège, il ne t’empêche pas de voir. Or le royaume de Satan est une horreur telle qu’il pourrait donner des cheveux blancs à un jeune, d’autant plus qu’aucun souvenir de Dieu n’y brille. “Souvenir”: si l’on pouvait ne serait-ce que se souvenir de lui, l’enfer ne serait plus l’enfer. Pour qui vit en adorant la Face de Dieu, c’est déjà un supplice que de ne pas la voir, cette très sainte Face. Alors ne pas pouvoir s’en souvenir constitue une torture en comparaison de laquelle toutes les tortures et tous les sévices des hommes ne sont qu’enfantillages. En un mot, c’est l’enfer.

Je te dis: “Sors!” Si je ne t’appelais pas ainsi, pour des pauses de béatitude brèves comme un chant d’oiseau mais douces comme un instant de ciel, tu mourrais certainement. Tu ne peux résister. Tu avais raison. C’est trop dur pour toi. Il faut adoucir le décret.[1] Maria, ma Mère a “parlé en ta faveur” comme elle te l’avait promis.[2]

“Sors de ton tombeau. Respire. Regarde. Ecoute.” C’est ton Roi qui te l’ordonne.

Hier, tu n’étais plus en mesure de me suivre, ma pauvre Maria. Je reprends donc le sujet que je n’avais pas terminé.

Le lion, disais-je, connaît les habitudes de ceux qu’il veut dévorer; il les étudie pour les connaître. Il est extrêmement intelligent. Il comprend tout de suite. Satan, lui aussi, est extrêmement intelligent et comprend tout de suite. C’est toujours un ange. Il a beau être déchu, il l’est resté et utilise pour le mal l’esprit puissant que je lui avais donné pour faire le bien. Le lion sait pertinemment que ses proies vont se désaltérer, le soir venu, aux ruisseaux qui sillonnent les terres brûlées de soleil. Il sait à quels pâturages elles vont brouter l’herbe drue. Il sait quand l’homme rentre de son travail à sa maison. Il lui suffit de se poster le long de ces étapes.

Un désir de repos physique ou quelque imprudence humaine conduisent l’homme et les animaux vers ses crocs impitoyables. Les douces gazelles et les antilopes sveltes, qui sont si prudentes et craintives durant le jour, s’enhardissent le soir venu. La soif ou la faim les poussent. C’est ainsi qu’elles vont à la rencontre de la mort. L’homme, trop avide de s’enrichir, s’attarde à travailler un peu plus longtemps après le crépuscule. La mort l’arrête définitivement à son retour. Ou encore l’appétit de la chair pousse deux personnes à sortir de l’abri de leur habitation pour trouver un lieu susceptible d’accueillir leurs amours illicites. Le fauve dissout pour l’éternité ce que leur luxure avait noué. Mais, que ce soit en terre africaine ou dans les régions glaciaires, c’est toujours le même aiguillon composé de trois pointes qui pousse les hommes vers les griffes de Satan: c’est toujours la concupiscence de la chair, de l’argent et du pouvoir qui vous met à la portée de celui qui, inlassablement, “comme un lion rugissant rôde autour de vous”.

Rappelez-vous que, moi aussi, j’ai été tenté charnellement par la faim des entrailles et l’offrande de nourriture charnelle à mes sens, intellectuellement par le désir de puissance, et spirituellement par la suggestion de tenter Dieu. L’imprudence revient à tenter Dieu.

Sachez m’imiter. Mettez Satan en fuite en imitant Jésus, votre Maître. “Ce n’est pas de pain seul que vivra l’homme, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.” “Tu ne tenteras pas le Seigneur ton Dieu.” “C’est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras, et à lui seul tu rendras un culte.”

Recouvrez votre chair et votre esprit des bandes imbibées d’aromates de la Loi de Dieu. Celui qui vit en s’en enveloppant préserve sa chair et son esprit des germes qui apportent la putréfaction des maladies et de la mort.

Mais en voilà assez, Maria. Je te laisse aller. Retourne à ton poste de douleur. La miséricorde agit déjà fortement à ton égard en t’accordant ces répits en cette heure d’expiation. Vas-y: en paix.»

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Notes

  1. Cette expression sera expliquée dans la dictée suivante. ↩
  2. Le 4 mai. ↩