Os Escritos de Maria Valtorta

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206. Le 31 décembre 1947

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206. Capítulo 206

PT Tradução a caminho

1947-12-31

Je veux terminer cette année 1947 en parlant de Marie. J’emploie cependant mes propres mots.

La Vierge m’avait promis “un grand cadeau” pour Noël. J’en ai reçu beaucoup, et de toutes sortes. Certains bien amers, d’autres remplis de sagesse, et l’un… très doux. Mais celui-là est secret. Pourtant, je ne considère pas qu’il s’agisse du “grand cadeau”. J’affirme que ce “grand cadeau” est en fait le premier (voir le 25 décembre), comme je l’ai pensé dès le premier instant où j’ai fait l’inventaire des dons surnaturels ou naturels reçus le 25 décembre. Oui, le premier et le deuxième, c’est-à-dire les deux qui m’ont le plus forgée à l’image du Christ… Ils sont aussi amers que sa coupe et, espérons-le, méritoires comme ses souffrances. C’est la Passion complexe du Christ qui est complétée en moi. Merci, mon Seigneur.

Mais je veux aujourd’hui commenter le livret sur “Notre- Dame de Tre-Fontane” que l’on m’a apporté à lire à Noël et que je dois rendre demain à son propriétaire. Ce livret est écrit par Giulio Loccatelli, Editions Unitas, et a pour titre: “La Vierge est apparue et a parlé dans la grotte de Tre-Fontane.” Il a été imprimé par la s.a. “Il Giornale d’Italia”, Rome, via dell’Umiltà 48, octobre 1947. Je le précise afin que ceux qui liront un jour ce cahier comprennent bien ce que j’ai lu, ce que j’ai commenté, et quand.

Je ne trouve absolument pas étrange que Marie soit apparue à un grand pécheur, à un homme qui, parce qu’il est homme et en raison de son hostilité envers l’Eglise et envers la Vierge, ne peut certes pas être tenu pour un… hystérique, un homme atteint d’hallucinations spirituelles, un… obsédé religieux. Non, on ne pourra pas le dire de ce monsieur Cornacchiola. On le prétend de moi, comme on l’a dit de Bernadette, de Lucie, de François et de Jacinthe, et aussi de Thérèse Neumann. Des enfants et des femmes: voilà des êtres anormaux pour les… soi-disant savants; à mon avis, ceux-ci ne sont en réalité que les vrais incrédules et athées, même s’ils s’habillent de soutanes, des athées parce qu’ils nient que Dieu puisse se manifester miraculeusement en per­sonne ou par les apparitions de sa Vierge, fille, épouse et Mère de Dieu, ou encore des saints et des anges.

On peut supposer les enfants… influencés par des récits… Raison commode que se donnent ceux qui ne savent pas croire à la puissance et à la miséricorde divines. On peut aussi croire les femmes… hallucinées, car sujettes à… des imperfections ou des lois de la nature féminine qui les portent à… délirer pour compenser ce qu’elles n’ont pas eu: un mari. Autre raison commode que se donnent les mêmes personnes qui ne savent pas croire à la puissance et à la miséricorde de Dieu. Comme elles sont incapables d’y correspondre de manière à réduire la séparation en matière de vision et de compréhension entre les créatures et Dieu, au point de pouvoir “voir et entendre” des révélations célestes, elles appellent “maladie physique” ce qui est perfection psychique et spirituelle accordée par la bonté divine à ceux qui brûlent et se consument en un unique amour et désir: l’amour pour Dieu et le désir de lui.

Or Cornacchiola n’est pas un enfant, ni une femme. Il n’était pas même l’un de ces hommes doux au cœur d’enfant ou de femme douce. C’était un violent. Même si ce n’était pas écrit dans le livret, il suffirait de regarder sa photo pour comprendre qu’il l’était: un visage dur, agressif, de subversif, décharné par la rage qui le dévorait, brûlé par la flamme de sa passion anticatholique, des yeux… – que l’on me pardonne – plus de délinquant que d’homme normal. Un magnifique exemple d’agitateur révolutionnaire, capable de prêcher aux foules la haine et le soulèvement… Et de fait… il prêchait la haine et le soulèvement contre l’Eglise du Christ, le troupeau du Christ, contre Dieu, contre la Vierge…

Je ne sais quand cette photographie du livret fut prise, avant ou après l’apparition. Mais même si elle lui est postérieure, je dois dire que son visage n’est toujours pas pacifié. Cela ne m’é­tonne pas, car je sais combien de temps requièrent les convalescences spirituelles après des intoxications infernales pour que le visage reprenne une expression non plus diabolique, mais se­reine d’homme ami de Dieu et l’aimant. Certes, cette photo montre qu’il porte encore sur la figure l’image que la Haine lui avait ciselée, cette image qu’il levait avec arrogance contre son Créateur, contre la Vierge et Mère très douce, pour leur crier sa haine…

J’affirme donc: je ne suis pas surprise qu’elle soit apparue à un pécheur, à un protestant. Je dis au contraire que cela pouvait fort bien se produire. Avant tout parce qu’une âme, plusieurs âmes (celles de la famille Cornacchiola tout entière) se sont sauvées. Ensuite parce que les négateurs habituels de nous autres, voyants, ne pourront agiter les raisons coutumières… d’infantilisme influencé et d’hystérie hallucinée. Je souhaiterais que Dieu et la Vierge apparaissent à une foule de pécheurs et d’ennemis de Dieu et de l’Eglise, à la fois pour les convertir, comme ce fut le cas de Saul sur la route de Damas, et pour que le monde incrédule soit convaincu que Dieu peut tout et que ses manifestations aux âmes sont vraies.

Allons plus loin: je lis à la page 6, à la 6e ligne du chapitre: “Le facteur voyant (les quatre apparitions)”, “… très versé dans l’étude de la Bible et des évangiles”.

Tant mieux pour lui! Moi, j’y suis si peu versée que, depuis que l’Œuvre est achevée et que je n’ai donc plus besoin de vérifier comment les paroles entendues dans les dictées y sont rapportées et d’ajouter les numéros de chapitres et de versets – cela fait maintenant huit mois et trois jours –, je n’ouvre plus la Bible. Si je la touche, c’est pour en enlever la poussière. Oui! pourquoi l’ouvrirais-je? Je ne comprends rien à la doctrine, aux symboles, etc., ce qui précède le Christ historiquement ne m’intéresse guère, quant à ce qui se trouve dans les évangiles… je le connais en tant que chroniqueur. Je laisse donc tout fermé… et je lis les souvenirs que j’ai en moi: ils forment ma seule lecture spirituelle…

Mais ceux qui prétendent que j’écris des paroles inspirées “parce que je suis instruite, et ainsi de suite” – ce qui n’est pas vrai –, pourquoi n’infirment-ils pas la dictée de Cornacchiola, “qui est bien versé, etc.”, comme étant écrit par lui-même? Pour couvrir de boue (ou, du moins, essayer de le faire) Marie Immaculée, les dogmes, l’Eglise, etc., il doit avoir bien lu, décortiqué, cherché la petite bête, autrement dit les… pseudo contradictions que, à force de scruter au microscope de la haine athée, l’on pourrait peut-être trouver dans la tradition et même dans quelque chose de plus élevé que la tradition!

Pour ma part, rien de tout cela. J’ai toujours cru, simplement, à ce que l’Eglise m’a proposé de croire. Cru. Comme ça. Sans raisonner pour m’expliquer ce qui appartient au mystère. J’ai cru, comme dit Jésus, “avec la béatitude d’une foi absolue”. Bien- heureux ceux qui savent croire sans avoir vu. Je n’aurais jamais pensé, jusqu’au vendredi-saint 23 avril 1943, que le Maître divin puisse vouloir, en Ami divin qui me guidait depuis des dizaines années, devenir mon Maître et me révéler tant de mystères et d’événements. Jamais je n’aurais pensé pouvoir comprendre des choses si élevées pendant que la lumière de son Rayon me rendait capable de comprendre. Je connais maintenant la substance des vérités les plus profondes, mais la beauté de la leçon a disparu. Pour la retrouver, il me faut rechercher la dictée, et malgré cela je la comprends mal, car hors de la Lumière divine je comprends peu, même ce que j’ai compris tel ou tel jour… Mais cela m’importe peu. Je continue à croire, simplement. Un jour viendra où je comprendrai tout. Tout, c’est-à-dire Dieu. Lorsque je connaîtrai et possèderai Dieu, je comprendrai tout, tous les mystères, toutes les vérités, toutes les leçons, éternellement!

Allons plus loin. Venons-en à la description de l’apparition. Je trouve authentique que ni les petits ni Cornacchiola n’aient été effrayés à la vue de Marie. Le surnaturel céleste n’effraie jamais, il peut tout au plus étonner.

Personnellement, j’ai toujours eu une grande peur des apparitions, depuis mon enfance. Même au collège, quand les sœurs disaient: «Pensez donc! Quelle joie si Jésus apparaissait!», je répondais: «Non, pour l’amour de Dieu! Si je ne pouvais pas ouvrir la porte, je sauterais par la fenêtre.»165 je me souviens de ma terreur, un soir où je restai enfermée par erreur dans la chapelle du collège. C’était en juin. Le Sacré Cœur était sur l’autel principal. J’avais demandé de pouvoir le saluer pendant que la récréation se terminait. On m’y avait autorisé… je ne sais comment, je n’ai pas entendu la sœur converse fermer les portes. Je devrais vraiment prier intensément… Quand… je revins à moi et me dirigeai vers les sorties (trois portes), je les trouvai toutes fermées. Je revins à l’autel et tentai de passer par la sacristie… Par malheur, je levai les yeux vers l’image… et, par un jeu de lumière de la lune, il me parut bouger et s’incliner vers moi… je fus prise d’une terreur folle. J’ai tellement hurlé, je me suis tellement débattue que, bien que la chapelle soit isolée, ils m’entendirent et vinrent me secourir… Si on ne m’avait entendue, on m’aurait trouvée morte de peur le matin.

Cela pour dire combien j’ai peur de tout ce qui sort du naturel. Et pourtant, lorsque l’amour de Jésus passa de paroles intérieures en visions intérieures – qu’elles soient brèves, suaves ou tristes – puis lorsqu’il s’intensifia et devint étreinte, manifestations de voix, de présence, contact – ce qu’il est actuellement, depuis quatre ans et huit mois –, je n’ai ressenti aucune peur. Au con­traire! Mains fortes et douces de mon sauveur, vous ne me faites pas peur, mains qui me caressez et me soignez en vous posant sur mes organes les plus malades et dans les plus dangereuses des crises, pour me donner la vie nécessaire pour servir encore mon Seigneur, mains transpercées, abandonnées à mon examen, petites mains tendres et tièdes de l’Enfant-Jésus déposé par Marie sur mon lit, vous ne me faites pas peur; petits pieds roses, glacés, offerts pour me réchauffer, pieds du ressuscité rendus lumineux par le charbon rayonnant de la blessure qui me sont donnés à baiser, vous ne me faites pas peur; doux cheveux du Christ qui chatouillent mon visage dans l’étreinte, chaleur de la chair du Christ, épaule forte et pleine d’amour, Sang bu au Cœur ouvert, au milieu des flammes qui, au lieu de faire souffrir de brûlures, procurent un repos indescriptible, vous ne me faites pas peur; doux sein de Marie, mains royales et maternelles si légères et pures, et encore sourire de Jean, bonté inexprimable de Joseph le patriarche, et vous tous qui venez à moi et êtes si bons, si bons, si amicaux et beaux, joie de ma vie de victime, non, vous ne me faites pas peur. Le surnaturel céleste est paix et joie. Et seulement cela.

Ce que raconte Cornacchiola à la page 8, 8e ligne, est tout aussi vrai: «je me sens tout léger, presque libéré de ma chair et entouré d’une lumière éthérée.» bravo! Il trouve vraiment les bons mots! Moi qui… passe depuis des années par des agonies physiques et qui, quand j’en suis à la dernière extrémité, sens déjà cette délivrance de l’âme hors de la chair, je ressens la même libération quand le surnaturel survient. La seule différence est que, dans la liberté de l’âme lors des manifestations du surnaturel, il manque la souffrance, et tout n’est qu’extase joyeuse…

Ce qu’il ajoute est également vrai: «Une femme paradisiaque qu’il m’est impossible de décrire.» C’est en effet impossible, même pour qui l’a vue plusieurs centaines de fois. Que cela soit impossible à Cornacchiola, qui l’a vue quatre fois, cela apparaît clairement dans la description qu’il en fait…

Il parle de cheveux noirs… Marie m’a expliqué dans la dictée du 24 décembre la raison pour laquelle ils lui ont paru foncés. Personnellement, je puis dire que la lumière qui émane de Marie quand elle se manifeste dans toute sa gloire est telle que toute couleur semble foncée en comparaison de la lumière de Marie quand elle apparaît enveloppée d’une lumière paradisiaque.

«Un visage d’une beauté digne…» Plus encore: «d’une beauté parfaite»! Un type oriental? Je dirais: sémitique plus qu’o­ri­ental. Le type oriental a généralement de grosses lèvres sensuelles, des yeux plutôt dilatés et foncés. Marie n’a en rien ces lèvres sensuelles ni ces yeux orientaux, comme chez la plupart. Pas d’yeux arabes, ni indiens ou asiatiques. Vraiment pas. Mais un doux regard que j’ai parfois remarqué chez de jeunes juives, ainsi que des iris clairs, bleu ciel.

Mais je ne m’étonne pas que Cornacchiola l’ait décrite de cette manière… Elle possède une beauté dont les détails échappent dès la disparition de l’apparition. On garde à l’intérieur un poème de beauté, mais les détails fuient. Dans les premiers temps et jusqu’à une grâce particulière de Dieu accordée pour me rendre capable de décrire convenablement, avec exactitude, jusqu’à l’aspect des personnages décrits dans l’Œuvre, j’étais toujours incertaine, une fois la vision finie, des nuances des cheveux, des yeux, de la peau, tant de Jésus que de Marie. Car dire “ils sont blonds”, c’est peu. Dans la couleur des cheveux blonds, il y a bien des nuances: du blond presque blanc des albinos au blond vénitien presque cuivré. Il en va de même des yeux. Dire “bleu ciel”, c’est n’avoir rien dit. On peut trouver un bleu très clair, presque opalin et un bleu vif, un bleu pervenche, un bleu violacé, un bleu saphir, un bleu vert, ou encore un bleu turquoise. Il est difficile, bien diffi­cile de le décrire, surtout quand l’émotion spirituelle et naturelle nous absorbe tout entiers, et non pas dans les détails!

Quant à la coiffure… Je l’ai toujours vue les mèches partagées au sommet de la tête. Mais cela n’a guère d’importance. Comme on change d’habit, on peut changer de coiffure.

En ce qui concerne les couleurs, Marie les a reprises le 24 décembre: un vêtement blanc, une ceinture rose, un manteau vert. Ils sont justes. Cornacchiola est un des rares hommes qui sachent bien décrire les couleurs de vêtement.

La taille de Marie: si je la compare à Jésus, à côté de qui je l’ai souvent vue, je lui donnerais 1 m 65 tout au plus, car le haut de la tête de marie atteint les épaules de Jésus. Mais elle nous paraît, à nous hommes modernes, plus grande qu’elle ne l’est en réalité, à cause de ses vêtements qui descendent jusqu’à terre. On sait que les longs vêtements font paraître plus grands.

Son expression… Eh oui! Marie est légèrement mélancolique, ou plutôt elle est toujours pensive, même quand elle sourit. Par ailleurs, si elle parle des fautes humaines et de la douleur qu’en éprouve son Fils, elle devient vraiment triste.

“Sa voix très douce”: oh, c’est cela! C’est plus facile à retenir, parce que c’est une note d’une douceur telle, qu’elle nous pénètre et demeure en nous. “Elle ne ressemble à rien.” Réellement! C’est une voix qui fait fondre de joie. Nous arrivons donc à nous en souvenir mieux que des autres choses matérielles comme la couleur des cheveux, des yeux ou de la peau. Sa voix est immatérielle. Or, en ces instants de vision, nous percevons avec la partie immatérielle de notre être.

Oui. Quand le surnaturel nous dit: «Viens!», nous nous précipitons pour répondre à l’appel. L’esprit s’élance. Car notre esprit, même s’il est esclave d’une raison qui l’opprime et veut le couper de son Origine, la désire toujours et à l’appel puissant du Bien il se retourne et s’élance quand arrive pour lui l’heure de la grâce, obtenue par la volonté des personnes célestes ou grâce à l’intercession d’âmes qui prient pour le pécheur. Dans le cas de Cornacchiola: les neuf vendredis du Sacré Cœur. Je suis émue à l’idée que Marie, en apparaissant à Tre-Fontane et en plus des autres choses admirables qu’elle accomplit et enseigne, est venue rafraîchir – pour ainsi dire – la promesse de Jésus à sainte Marguerite-Marie. Certains ne la croient pas. Certains font les neuf vendredis comme ça, par habitude, sans la ferme confiance qu’ils sont les arrhes du salut. Et voici que Marie, la Mère qui a formé le Cœur de Jésus, vient montrer de manière tangible que les neuf vendredis du Sacré Cœur sont salut éternel.

Mais je disais que, quand le surnaturel l’appelle, l’âme se retourne et accourt… Par nature, elle gagne le lieu de la rencontre et comprend; mais la matière, à cause de sa pesanteur, peine à la suivre. L’âme est habile comme un ange. La chair est lente comme un animal lent. Elle est lente à suivre, à percevoir, à voir, à retenir, elle se souvient imparfaitement et oublie facilement. C’est notre tourment, à nous les voyants, quand nous sortons de l’action de Dieu: ne plus savoir voir, comprendre, nous rappeler avec la même perfection que lorsque nous voyions, comprenions, nous rappelions au moment de l’union. Nous désirerions pouvoir retrouver en nous cette joie parfaite, par le simple pouvoir de la mémoire. Malheureusement, nous ne trouvons que des fragments du tableau, de la musique qui a fait notre joie… Alors nous souffrons, en cherchant sans cesse… pareilles à des personnes qui ont perdu la vue, ou qui ont été nourries d’une nourriture céleste de douceur que, maintenant que nous en sommes affamés et dégoûtés de toute autre chose, nous recherchons partout sans trouver exactement la même.

Au demeurant, il est juste qu’il en soit ainsi. Nous avons eu la joie suprasensible de l’union et de la connaissance de Dieu et de Marie, de ce que sera le paradis si nous savons rester justes jusqu’à la mort. Il est juste, après le don gratuit qui anticipe notre part de joie éternelle, que nous autres mortels, encore en exil et dans l’épreuve, mangions le pain de cendres des fils d’Adam.

L’élection de Dieu envers nous n’est pas un privilège absolu, ce n’est pas – et ne doit pas devenir en nous – une prétention à nous mettre pour toujours au-dessus de la condition des fils d’Adam le pécheur. Il s’est privé et nous a privés pour toujours de cette vie bienheureuse que Dieu voulait pour ses créatures et, tant que nous serons sur terre, nous devrons en subir le châtiment et transformer les malheurs venus par la faute en moyen de victoire éternelle. Notre élection nous oblige à une vie plus sainte, à un sacrifice plus total. Car nous avons reçu “une bonne mesure tassée, secouée, débordante” de sagesse et c’est sans aucun mérite de notre part que nous avons reçu le don sublime d’amour. C’est pourquoi nous entendons les voix célestes nous dire: «nous ne te promettons pas de joies terrestres. Tu ne seras pas exempt de souffrances humaines, au contraire, tu subiras des persécutions. Car c’est au ciel que tu obtiendras le don promis, si tu es fidèle.» Et puisque la miséricorde et la charité sont plus grandes encore que la justice, voilà que, pour nous réconforter dans nos souffrances, dans la persécution que nous subirons toujours comme créatures et qui nous sera donnée comme “voyants”, voilà que Dieu laisse au plus profond de notre âme le lumineux souvenir de “cette heure-là”, ou de “ces heures-là”. Même si nous n’arrivons pas à faire revivre en nous la merveil­leuse vision dans ses moindres détails matériels, le précieux joyau de la leçon demeure…

«Mon premier mouvement fut de parler, de crier», dit Cornacchiola. C’est bien vrai! C’est toujours comme ça, la première fois. Mais l’agitation humaine est surmontée par la joie et la paix qui proviennent de la vision. Et l’on ne bouge plus… Après, peut-être, une fois terminé cet instant de ciel, une vitalité nouvelle apparaît. Une envie d’agir, d’exprimer, de chanter notre joie, d’en faire part aux autres, de leur dire: «venez aux sources de la paix, de la joie!» Mais… une pudeur spirituelle nous retient. Du moins c’est mon cas… Et il en coûte de lever le voile sur le mystère qui vient de s’accomplir… on obéit, si Dieu nous en a donné l’ordre, …mais on préfèrerait dissimuler notre trésor… Cornacchiola a… donné libre cours à l’exubérance qui naît de ces moments-là par des mots gravés dans le tuf et inscrits sur le panneau posé dans la grotte. Moi… je l’exprime par le chant… C’est la seule chose que, malade comme je le suis, je puisse encore faire!

«Le vêtement noir par terre et une croix brisée.» depuis 1943 (en décembre ou en novembre), j’ai vu moi aussi ces deux objets piétinés, violés, et Marie me les a indiqués. Le Maître divin m’a parlé d’eux et de ce qu’ils voulaient exprimer. Mais je ne puis révéler cette leçon terrible, que je garde sans cesse à l’esprit. J’ignore si, dans la partie du message secret reçu par Cornacchiola, la signification de ce vêtement noir (sacerdotal) et de la croix brisée lui est indiquée. Si c’est le cas, Dieu, qui m’a fait détruire cette dictée pour m’éviter d’être encore plus mal vue d’un certain groupe de personnes, a pris Cornacchiola pour la faire connaître de son Vicaire… il est en effet plus fort que moi (matériellement) pour faire face aux réactions de ces gens.

«je n’ai pas perdu un traître mot de ce colloque par cet étrange phénomène que, tant que je ne l’avais pas encore fidèlement retranscrit, il ne cessait de me tourner dans la tête, du premier mot (“Je suis”) au dernier (“Amour”) sur un rythme lent comme un discours gravé sur un disque qui se répète sans interruption.» c’est exactement ça! Lorsque la Sagesse veut que nous nous souvenions, et que nous ne sommes pas en mesure d’écrire pendant qu’elle parle, ses paroles se répètent exactement comme si elles étaient gravées sur un disque, et ne se taisent pas avant que l’on ait pu les mettre par écrit.

Cela m’est arrivé bien souvent, des dizaines de fois, en particulier quand les dictées sont des ordres à transmettre, des messages reçus pour les faire connaître à quelqu’un ou pour qu’ils restent en mémoire. Par exemple, voici maintenant quatre ans et une quarantaine de jours que j’ai reçu cette fameuse et terrible dictée, qu’il m’a fallu mettre immédiatement sous enveloppe scellée afin qu’elle soit remise au pape régnant au moment de ma mort et que l’on a fait détruire (brûler) par la suite, le 24 mars 1946, – pour les raisons que beaucoup connaissent – sur l’ordre de l’archange Gabriel; je l’ai brûlée sans rouvrir l’enveloppe, c’est-à-dire sans relire ce que j’avais écrit le 19 novembre 1943 (à ce qu’il me semble), et je ne m’en souvenais plus (notez-le bien). Or les paroles de cette dictée me sont revenues à l’esprit au moment même où j’ai brûlé la dictée, et je les entends chaque jour – bien que je fasse tout pour l’éviter, car je suis trop peureuse –, exactement comme si un disque me les répétait, ou bien quelque infatigable répétiteur. Et il en est de même de certaines leçons secrètes dont Dieu désire que je me souvienne sans avoir à les écrire, parce qu’il ne veut pas que d’autres en profitent après m’avoir tellement tourmentée en refusant de se rendre à l’évidence du surnaturel qui se passe en moi. Mon directeur spirituel est seul à les connaître.

Je reconnais parfaitement que la leçon reçue par Cornacchiola vient du ciel sur la base des mots “prudence, sois prudent… la science reniera Dieu”. Combien de fois ne les ai-je pas entendues, et encore actuellement! Et j’ai eu la preuve de leur véra­cité. La science ne combat-elle pas l’Œuvre, dans laquelle brille la Sagesse qui l’a dictée?

Le parfum… Voilà. Nombre de mes témoins ont remarqué le parfum qui demeure après la venue de Marie auprès de moi. D’autres aussi l’ont senti mais, dans l’ignorance de sa prove­nance, ils ont cru que je répandais des parfums… Je n’ai aucun parfum à la maison, de sorte que je ne peux répandre ce que je possède pas. Le plus beau est que, parfois, si des effluves de parfum annonçant Marie remplissent la pièce, ou restent après sa venue, certains le sentent et d’autres pas.

Le Père Mariano est venu pour Noël. Lui parlait… et moi je contemplais. J’ignore absolument ce qu’il a bien pu me dire ce jour-là, et je ne sais quel effet auront eu sur lui ma distraction et mon silence… Marta entra et s’exclama: «Quel parfum! On dirait de l’encens. Cela ressemble à… je ne sais quoi.» Cette exclamation me fit sursauter et je regardai le Père Mariano qui, très calmement, répondait: «Quel parfum? Moi, je ne sens rien.» Entre alors madame Panigadi qui s’écrie à son tour: «Quel parfum!» Donc Marta, madame Panigadi et moi le sentions, mais pas le Père Mariano. Cette même odeur est qualifiée par certains d’odeur de violette, par d’autres de rose, ou de lys, ou encore d’encens… Personnellement, je l’appelle “odeur de fleurs blanches” parce que j’y trouve des fragrances de lys, de muguet, de tubéreuses, de magnolia, de jasmin, avec des traces de violette… un parfum particulier, impossible à analyser, mais pénétrant et très suave.

Puisque j’ai abordé ce sujet, il me faut ajouter quelque chose. Quand Marie est présente, je la prie avec encore plus d’intensité pour ceux qui se recommandent à mes prières, ou dont je connais le besoin de miséricorde céleste… je dis à Marie: «Ma Mère et ma reine, je t’en prie, va auprès de X ou de Y. Console-le – ou console-la –, porte-lui la grâce, touche son cœur, illumine son esprit, etc.», selon la personne. Je fais volontiers le sacrifice de perdre la vision de Marie pourvu que d’autres âmes reçoivent quelque réconfort ou se repentent. Or plus d’un de mes sept témoins, même à des kilomètres, m’ont parlé «d’effluves particuliers d’un mystérieux parfum, à certains moments de souffrances ou de doute sur ce qu’il convient de faire, sinon même… de méchanceté.» Mes témoins, effectivement, sont loin d’être tous des saints! Deux le sont assurément. Mais les cinq autres! Ce sont des créatures, avec leurs égoïsmes, leurs défauts, leurs tiédeurs spirituelles, et ainsi de suite. L’un est cette personne qui, à Noël, a mis en doute la virginité de Marie et son intégrité physique avant comme après son accouchement.166

Mais c’est Jésus qui les a choisis, tels qu’ils sont. Cela évite qu’on ne dise que, étant tous religieux (si ce n’est bigots), ils sont faciles à influencer… Non, ce sont des personnes aux caractères différents. Certains sont de bons pratiquants, d’autres des pratiquants occasionnels, d’autres enfin des âmes justes (deux seules). Une seule vit avec moi: Marta, et ce n’est certes pas un modèle de mysticisme! C’est moi qui dois insister pour qu’elle accomplisse ses pratiques religieuses et… elle le fait avec bien des distractions!

Je rapporte ici un passage de la lettre d’un témoin, une personne sérieuse, équilibrée et pieuse: «Ces derniers temps, un parfum particulier, pareil à celui des chapelets du Rosaire (bénis par Marie) vient me rappeler plus vivement les deux Marie: la petite Vierge de Nazareth qui me donne le Verbe incarné et la Maria crucifiée, secrétaire du Verbe. Ce parfum m’arrive quelquefois dans ma chambre, quelquefois quand je dis l’office, il est certaines fois puissant, d’autres léger et délicat, et il me donne un sentiment de proximité qui m’assure une communion d’esprit et la protection céleste. C’est un doux réconfort dans ma soli­tude, une délicatesse divine qui vient alléger ce sacrifice qu’est ma crucifixion (de ne pouvoir être auprès de vous), etc.» (Lettre du 12 décembre 1947).

Je suis un peu sortie de mon sujet (l’apparition), mais c’est mon ange gardien qui m’a suggéré d’écrire ces notes particulières sur mes phénomènes en me disant: «Elles ne sont pas inutiles. Ecris-les.» Mais revenons au livret de Loccatelli.

«Je suis la Vierge de la Révélation. Je suis celle qui est dans la trinité éternelle.» A moi, Marie a dit: «Je suis la Vierge Reine de la Révélation»; et elle m’a exhortée à ajouter, dans les litanies, Reine de la Révélation après Reine de la Paix. «Je suis celle qui se tient au sein de la Trinité éternelle.» Lorsque j’ai lu ces mots dans un court entrefilet de journal (à peine quelques lignes), j’ai sursauté car, en 1943 – autrement dit quatre ans avant que je ne les lise dans cet entrefilet de journal de mai ou juin 1947 –, Marie me les avait dites, à la lettre près… si ce n’est avec un “très sainte” avant le mot “Trinité”, et sans “éternelle”. Je suis trop ignorante en matière religieuse pour être en mesure de commenter le chapitre sur “Le nouvel attribut de la Vierge” (p. 12 et 13) du livret. Mais il me semble que, dans l’Œuvre comme dans les dictées, une bonne part de la révélation vient de la bouche de Marie, même si on ne veut pas aller jusque dire que la révélation tout entière de l’ouvrage est venue par Marie qui nous a donné le Verbe incarné, ce Jésus Maître qui m’a dicté tant de leçons.

Combien d’avertissements sur l’avenir plus ou moins proche ne se trouvent-ils pas dans les dictées du 23 avril 1943 à aujourd’hui! Et sur la pause entre guerre et guerre (1943-44-45), et sur l’époque des précurseurs de l’Antéchrist, sur l’Antéchrist, sur les armes (atomiques et autres) fournies par Satan aux hommes pour tuer corps et âmes dans un désespoir qui en vient à mau­dire Dieu, ou encore sur la persécution contre l’Eglise et la chute du tiers des étoiles emportées par la queue du Dragon… les étoiles… les prêtres… hélas! je voudrais oublier tant de choses! Mais la révélation, par essence, ne s’oublie pas. Pourquoi savoir, mon dieu? Je préfèrerais ne pas savoir!

«Prier pour l’unité des chrétiens.» En 1931 – c’est loin, désormais! –, mon Seigneur m’ordonna, non pas avec l’autorité impérieuse de Dieu mais avec l’amour de l’Epoux, d’offrir à nouveau ma vie, solennellement, ce qu’il me suggéra de faire pour l’unité des églises dans une même bergerie. Et dès le 1er juillet 1931, fête du très précieux Sang, je fis cette offrande solennelle de moi-même, pour l’unité des églises également. Jusqu’à ce jour, je n’ai pas versé mon sang, je ne l’ai pas mêlé au Sang divin répandu pour la rémission de beaucoup: de tous, voudrait le Cœur de Jésus… mais si ma mort n’est pas sanglante, ce n’en est pas moins une effusion de ma vitalité que cette mort lente au milieu des tortures de tant de maladies qui me tiennent alitée depuis quinze ans après m’avoir mise au supplice debout quatre années auparavant, et rendue souffrante dès 1920. Mais c’est bien volontiers que je souffre pour mes “frères séparés”. Je voudrais obtenir leur retour à l’église de Rome.

Même dans l’Œuvre et les dictées, Jésus a fait allusion à plusieurs reprises à ces pauvres frères séparés de leur véritable Bergerie, et je nourris un vrai et profond amour pour eux, le sacrifice ne me pèse pas, car je voudrais les voir dans la Vie, le Chemin et la Vérité.

Lorsque, en 1942, j’appris ce que vivait sœur M. Gabriella, la trappistine de Grottaferrata, je n’ai eu qu’un seul regret, qui dure encore: que Dieu me garde si longtemps à me consumer alors que j’ai une telle hâte d’accomplir le sacrifice, pourvu que nos pauvres frères séparés reviennent dans le Corps mystique.

Page 21 du livret. Cornacchiola dit: «je suis né le 12 avril 1947», ce que le journaliste Loccatelli commente ainsi: «Le premier miracle indiscutable.» Oui. Et j’ajoute: c’est aussi la preuve indiscutable que c’est vraiment la Vierge Mère qui est apparue. Car seul le ciel peut nous convertir de cette manière: totalement, soit subitement soit lentement, mais pour toujours.

A une époque, le Père Migliorini, alors mon père et directeur spirituel, me disait pour me rassurer sur ce qui m’arrivait: «je suis certain qu’il s’agit de surnaturel céleste parce que j’ai vu s’opérer en vous des changements spirituels et s’accomplir des actions de la grâce subites. Et vous devriez le croire, vous aussi.» Je possède encore ces lettres… Ensuite… je ne sais ce qui s’est passé en lui. Je ne veux pas le savoir. Mais j’ai moi aussi une preuve indiscutable que les paroles qui me sont dites viennent bien de Dieu, de Marie, des saints habitants du ciel. C’est la preuve de la conversion à Dieu de la famille Belfanti, anticléricale, adonnée au spiritisme, etc., son abjuration des pratiques spirites, sa fidélité aux sacrements.

Et plus que tout, pour juger de l’origine de l’Œuvre et me juger moi-même, qui suis plus combattue que Cornacchiola – bien que ma vie d’avant cet ouvrage permette d’accepter comme plus que possible un contact avec le divin entre moi, la petite victime et la grande Victime, mon Amour –, je crois qu’on devrait tenir compte, pour moi, de la souffrance, ma fidèle compagne de ma petite enfance à… à ma mort, des souffrances de toutes sortes, physiques comme morales; c’est en effet la seule chose vraiment fidèle que j’aie eue au cours de ma vie, et je demeure fidèle à cette souffrance aimée… Quant à l’Œuvre, il faut considérer, pour la juger, les conversions obtenues grâce à elle. En effet le désir de rester cachée, la patience dans la souffrance, l’amour de la douleur sont des choses que Dieu a sûrement déposées en moi et que j’ai secondées par amour pour lui. Mais cela peut être accordé à d’autres personnes qu’à un porte-parole. En revanche, convertir les possédés, non, cela ne peut venir du démon. Sinon, il faudrait dire que Lucifer se combat lui-même, qu’il s’arrache sa propre proie pour l’ offrir à Dieu… C’est une absurdité impossible. Car Lucifer est avide, il dévore et ne rend pas, à moins que Dieu lui-même le combatte et le vainque, sauvant ainsi les malheureux.

Je termine moi aussi par les propres mots de Cornacchiola, si vraies, si justes! «Celui qui a eu la chance inespérée de poser les yeux sur une telle beauté céleste ne peut que désirer la mort pour revivre éternellement ce bonheur indicible.» Oui. C’est bien ce que j’espère pouvoir faire bientôt, quitter la terre où je n’ai eu pour tout soleil et toute fleur que Jésus et Marie, et adorer éternellement, sans plus aucune limite, les seuls Bons, les seuls Aimés de la pauvre Maria que j’aie connus depuis mon enfance.

Quant à la statue… pauvres de nous! Je ne sais quel effet cette image produit sur Cornacchiola. A moins que Marie, pour apporter quelque joie à son converti, ne transforme à ses yeux cet… épouvantail, je suppose que Cornacchiola ne pourra pas la regarder, pour ne pas souffrir. Moi, je ne le peux pas. Marie la très sainte, elle? J’aurais préféré que Ponzi, laissant de côté ce 20e siècle rigide, s’inspire de la statue sculptée dans le marbre faite par ce sculpteur français qui, sur les indications de Bernadette Soubirous, créa l’image de Lourdes ou bien de cette statue de Fatima qui ressemble tellement à Marie. Au demeurant la Vierge elle-même a porté un jugement sur cette œuvre le 28 décembre 1947, et je n’y ajouterai rien. Ou plutôt j’ajoute encore ceci: cette époque de colère et de ténèbres nous rend si aveugles, sourds, stupides pour ce qui a trait à la Beauté, que nous n’arrivons même plus à donner une pâle image de ce qu’est la Beauté éternelle: Jésus, la Vierge, les saints… et nous fabriquons… des monstres qui reflètent la dureté rigide de nos âmes mortes à l’Amour…

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Notes