Os Escritos de Maria Valtorta

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77. Le 9 janvier 1946

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77. Capítulo 77

PT Tradução a caminho

1946-01-09

La voix immatérielle de mon conseiller intérieur me réveille à 5 h 45 et me salue de cette manière: «Que le Seigneur se manifeste toujours plus à ton âme et qu’il t’instruise.» Il attend que j’aie bien savouré ce salut et que je sois bien éveillée, puis il ajoute: «Ecris.» Je m’assieds, et je prends cahier et plume. Il me dicte alors:

«Tout acte de l’homme, même secret, a des témoins: l’œil de Dieu et l’ange que chacun a pour gardien. Mais, chez les hommes aussi, certains actes d’une catégorie particulière requièrent des témoins. Ce sont précisément ceux dont la “simplicité” est difficile à accepter en raison de leur aspect extraordinaire. Ils sont simples comme tout ce qui vient de Dieu car, dans sa grandeur, c’est l’Etre le plus simple qui soit: il n’est en effet composé que de lui-même et il accomplit des actions pures, droites, des actions simples en ce sens qu’elles ne sont ni tortueuses ni corrompues par des intentions secondes. Les actions extraordinaires et celles de la grâce sont simples comme leur Origine. Mais la plupart des gens, en châtiment de leur matérialisme volontaire, ne peuvent plus comprendre cette sublime simplicité, de sorte qu’ils la nient, la tournent en dérision ou encore l’accusent de fraude pour la déprécier et rabaisser ainsi Dieu dans les manifestations de sa grâce.

La présence de témoins choisis parmi les hommes est alors exigée auprès de l’instrument de Dieu, par prudence divine. Chaque instrument de Dieu a des témoins qui lui permettent de témoigner de la vérité et de la manière dont elle s’accomplit devant les tribunaux compétents. Ce fut le cas des grandes voix comme des petites, des grands saints aux actes retentissants comme des saints les plus inconnus en raison de leur vie cloîtrée ou secrète à leur domicile. Ce fut aussi le cas de ceux qui furent appelés à voir des apparitions ou à inaugurer une dévotion voulue par le Seigneur. C’est donc aussi ton cas, toi qui es une âme choisie pour porter la sainte Voix aux hommes qui, pour “vivre”, ont besoin de “croire, connaître et aimer”.

Tes témoins, ce sont le Père qui te réconforte et t’aide, Marta qui t’assiste et tes cousins sauvés grâce à toi. Quels témoins de ton action dans le Seigneur ne sont-ils pas! Satan n’agit pas contre lui-même. Ils appartenaient à Satan, et sont maintenant à Dieu. C’est un témoignage mille fois supérieur à celui que cons­titue la façon dont tu vis, te nourris et te reposes. Et tu écris sans l’aide de livres ou d’autres éléments scientifiques capables d’expliquer la doctrine comme si c’était la tienne, alors qu’elle t’est donnée par la sagesse infinie. Cela, le monde ne peut l’admettre. Il veut tout expliquer d’un seul mot: “l’aide de sciences acquises”. Non. Dieu – le Très-Haut que j’adore – est celui qui parle et communique son enseignement lumineux. Gloire au Seigneur! D’autres témoins sont ceux que les amitiés, les circonstances et le hasard t’apportent. Qu’ils sachent, doutent ou ignorent complètement qui tu es – le porte-parole – ils voient néanmoins tant de choses à ton contact qu’ils pourront en témoigner plus tard. Or il en faut! Ils sont nécessaires, mon âme!

Ici, la Sagesse éternelle m’a ordonné de te donner un conseil: si le Père Romualdo rencontre des supérieurs de l’ordre ou d’autres personnes de foi sûre et éprouvée – une foi non seulement en Dieu mais aussi en l’œuvre de Dieu en toi –, qu’il ne leur interdise pas de te connaître et de t’interroger. C’est pénible. Mais les hommes les meilleurs sont d’éternels saint Thomas. Il leur faut voir pour être convaincus. Voir quoi? Mais l’instrument qui est simple et équilibré à tout moment et en toute chose. Et voici cet autre conseil: dans le cas d’une âme juste de l’Ordinaire du lieu qui aurait soin d’examiner les écrits et demanderait des explications et des connaissances sur toi – alors que tu ne peux ni bouger ni te déplacer –, que l’on apporte comme preuve principale celle des Belfanti et, si nécessaire, qu’on les mette en relation avec la personne qui examine [ton cas]. La déposition de Giuseppe B. est d’une importance capitale. Il y en a déjà une? Peu importe. La réitérer après un certain temps ne peut que lui donner plus de valeur.

Ma chère âme, je t’ai répété ce que le Seigneur t’a déjà dit et je l’ai développé sur son ordre. Comportez-vous, le Père et toi, selon cet enseignement. Car tout instrument doit avoir ses témoins – et il les a effectivement –. Que la grâce du Seigneur soit toujours avec toi.»

(La phrase de Satan qui écoute en cachette se trouve dans la dictée sur Satan).73

Hier, je n’ai pas pu écrire la réponse de Jésus à mes questions: «pourquoi Dora a-t-elle donc besoin de témoins? Est-ce parce que, une fois sortie de son sommeil spirituel, elle oublie ce qu’elle reçoit pendant ce temps?»

Bien que je me sois posé cette question à moi-même, Jésus m’avait répondu ceci: «Mais toi aussi, tu as besoin de témoins! Tout instrument de Dieu a ses témoins. Bernadette elle-même eut ses compagnes, bergères comme elle. Pour Thérèse Neumann, ce furent ses parents et son curé, et ainsi de suite. Il en faut dans chaque cas, pour manifester la vérité.» Il avait encore parlé d’autres choses, mais comme je ne l’ai pas écrit sur-le-champ parce que j’en ai été empêchée, je n’aurais pu dire que cela pour ne pas risquer d’y ajouter quelque énormité de mon crû…

Jésus, qui désire que cette explication soit claire et bien connue, a chargé mon conseiller intérieur de me la répéter et de la compléter par les deux conseils qui n’avaient pas été dictés avant-hier, j’en suis sûre. Avec l’Ange, je dis moi aussi: «Gloire au Seigneur.»

Une “voix” parle. Elle ne se révèle pas plus précisément, mais elle est toute grâce et paix. Elle est pourtant forte et nette, avec un fort accent toscan, si bien que, à mon avis, il doit s’agir de sainte Catherine de Sienne:

«L’amour est à la perfection que l’on veut atteindre ce qu’est le souffle sur la braise: il la ranime, en dilate la chaleur, la rend très active et splendide. La perfection que l’on désire atteindre dans le seul but d’obtenir paix et gloire – ce n’est donc qu’un égoïsme spirituel – ressemble à de la braise éteinte. Elle est noire, froide, inutile. La perfection qu’anime un amour tiède est comparable à un tas de braises noires dont seule une infime partie est allumée: un petit morceau de charbon. Il faiblit, sommeille, risque de mourir. Mais si notre amour – un amour pur, dont le seul but est la gloire de Dieu – souffle sur elles, alors toute la perfection s’allume et purifie notre âme, la rend belle, disponible, prête à servir la volonté divine comme une parfaite servante et, qui plus est, digne de brûler devant le trône où resplendit l’Agneau. Les actes des saints – sont saints ceux qui accomplissent la Volonté de Dieu – resplendissent en même temps que leurs prières dans les encensoirs célestes. Plus l’amour par amour s’accroît, plus la perfection augmente. Aime totalement et tu seras tout à fait parfaite, à la mesure de ce que la sainte Trinité attend de toi.

Qui suis-je? L’une des nombreuses inconnues. Et pourtant je suis ta sœur puisque l’amour a fait de nous des recluses de par notre désir d’être victimes en faveur des hommes et à l’exemple de Jésus Christ. Je suis Julie. Julie Della Rena, de Certaldo, vierge et recluse de Saint-Augustin, au 14e siècle. Grâce à la bonté de l’Amour, je suis bienheureuse au ciel. On fait aujour­d’hui mémoire de moi en plusieurs lieux, mais pas assez. Je ne m’en afflige pas pour moi-même, car je possède tout en possédant Dieu. Je m’en afflige parce que je pourrais, si l’on faisait mémoire de moi, annoncer au monde une parole de salut: con­seiller de revenir à l’amour dans lequel toute autre vertu se ré­sume et où se cachent toute paix et toute gloire.

Adieu, ma sœur. Demeure dans la paix du Seigneur.»

Mon Seigneur dit, au sujet de A. R.74:

«Satan œuvre beaucoup, il résiste, il persiste et prend pied en se servant d’appuis déjà existants, car il travaille sur un terrain de caprice et d’orgueil. Ses larmes ne manifestent pas le repentir du mal qu’il a fait, mais le découragement de voir qu’il fait mauvaise figure. C’est donc de l’orgueil, et de la froideur de cœur. S’il aimait, il lutterait, il réagirait devant la tentation et celle-ci ne prendrait pas le dessus aussi puissamment. Mais il ne montre aucune charité envers sa mère et ses sœurs. Là où manquent l’amour et l’humilité, l’“autre” prospère, et les aides ne sont guère utiles. Sans faire preuve d’une compassion qui serait déplacée, que l’on s’emploie à se battre à sa place par toutes sortes de moyens humains et surnaturels, puisqu’il ne veut pas le faire. Médecin et prêtre. Et si son orgueil en souffre, c’est autant de gagné. Je voudrais voir cet orgueil brisé en lui. Je préfèrerais le voir lui-même brisé, plutôt que de le voir devenir mon ennemi. Et dire qu’il reçoit encore tellement de la Providence! or il la maudit! Il la maudit à l’incitation de Satan. Son subconscient blasphème jusque pendant les heures de pseudo calme. Cela se produit parce que sa conscience est malade, et il prend plaisir à cette habitude. Cela ne va pas. Je suis bon, mais je ne suis pas sans justice. En outre, l’orgueil d’autres membres de sa famille ainsi que leur ingratitude à l’égard de Dieu contribuent à cet état de A. Vraiment, Satan trouve un climat favorable dans certaines maisons. Détruisez son orgueil, et il sera plus facile de le libérer.»

Je demande: «Je voudrais savoir en quoi il diffère de Dora.» Jésus répond:

«Dora est tourmentée parce que Satan voudrait la terroriser, la détacher de moi, se servir d’elle contre moi. Mais, pour l’instant, elle est bonne. Elle m’aime, bien que cet amour la fasse souffrir. C’est un instrument pris entre deux forces opposées. Mais elle a actuellement la volonté de n’appartenir qu’à une seule de ces forces. Si elle persévère, elle deviendra un instrument utile.

Chez Ant., qui pourrait se trouver dans les mêmes conditions de double emploi, il manque la volonté d’appartenir à la Force bonne, et cela parce qu’il manque d’amour pour moi. Il s’ensuit que l’autre se sert de lui à sa guise. Dans les moments de possession, il me hait carrément. Et dans les pauses, s’il ne m’accuse pas, il est tout à fait indifférent. Dans ses meilleurs moments, les plus rares, il fait des efforts vers le Bien sous l’influence de quelques réminiscences de l’âme. C’est une bien triste situation! Il faudrait pouvoir l’arrêter avant que l’âme n’y consente pleinement. Te souviens-tu de cette leçon sur les damnés qui cherchent à s’approcher de Dieu par l’intermédiaire des justes?75 Ils ressentent pour Dieu attrait et horreur. C’est là leur tourment. Or il se trouve largement dans cette situation. Il sent que la paix est en moi, et que seul Dieu peut le délivrer de sa torture. Mais il ne sait pas aimer Dieu. L’enfer n’est pas seulement dans les profondeurs!

Ces deux points doivent vous servir de guide, à Romualdo et à toi. Epargnez sa mère, déjà blessée, qui n’est en rien coupable de la chute de son fils. Exhortez-la seulement à prier beaucoup, beaucoup, beaucoup…»

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Notes