Os Escritos de Maria Valtorta

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34. Le 9 juin 1948

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34. Capítulo 34

PT Tradução a caminho

1948-06-09

Hier, la proximitié du surnaturel fut toujours plus sensible à mon esprit.

Je sentais que se précipitaient en moi ces vagues d’amour que désormais je reconnais si bien dès qu’elles affleurent. Je sentais que tout l’amour, donc tout le Ciel (s’approchait), car, pour nous les vivants, le Ciel que nous pouvons déjà savourer pendant que nous sommes encore dans le purgatoire de la séparation de Dieu, c’est l’amour, la venue, l’union, la fusion, l’anéantissement de nous-mêmes en l’Amour qui nous possède ; c’est être élevés à des hauteurs infinies, être brûlés d’un feu, qui ne peut nous provenir que de Dieu : car il entre en nous avec un don de force qui nous permet de le supporter, un don que l’Amour nous fait.

C’est une sensation difficile à exprimer convenablement.

Nous sommes comme attirés par un cri qui nous appelle, par une force qui nous aspire, et c’est déjà une joie indicible que cet état préliminaire, ce prologue de la rencontre d’une créature avec le surnaturel.

Nous nous sentons au seuil de ce monde de l’au-delà, si mystérieux mais si doux, qui fait oublier celui-ci quand il nous accueille.

Prologue lucide et conscient de l’étreinte de la créature terrestre avec la créature céleste, ou avec la Divinité qui veut nous donner une heure de Ciel.

On vaque à ses occupations ordinaires, rien ne montre aux personnes présentes que nous sommes déjà si éloignés de la sphère humaine, entourés d’une atmosphère qui n’est plus terrestre, et recueillis sous la tente de l’amour qui nous entoure d’un cercle de flammes, qui isole des bruits et des distractions notre esprit en adoration.

Je sentais tout cela.

Je pressentais cette joie de voir et de savourer le surnaturel que mon âme connaît bien désormais. Tressaillant de joie par avance, elle se recueille en une attente que Dieu ne force pas et qui ne le force pas surtout, car l’âme est déjà paisible, satisfaite, déjà satisfaite de cette joie préliminaire. Elle ne demanderait rien de plus. C’est comme la Vierge quand elle attendait la naissance de Jésus : elle était paisible, satisfaite, sans hâte égoïste de serrer Jésus dans ses bras… elle savait que ce moment allait venir et qu’il lui suffisait d’attendre, et d’aimer pendant l’attente, en s’abandonnant à Dieu dans la certitude qu’à l’heure voulue par Dieu, à l’endroit et dans les circonstances qu’il voudrait, Jésus allait voir le jour, et que tout ne serait que joie infinie.

Il en est vraiment ainsi ! Nous ignorons quand la rencontre se produira, mais nous savons qu’elle aura lieu. C’est donc avec une grande joie au fond du cœur qu’on accomplit toutes les petites tâches matérielles de la journée, écrire, travailler, lire, parler avec les visiteurs, manger… mais le corps qui fait tout cela semble être un corps emprunté, tant notre moi moral et spirituel, à genoux sous les vagues d’amour toujours plus fortes qui nous submergent, sont étrangers à l’action du corps.

Comme tout ce qui est sensible est loin ! En revanche, le suprasensible est sur nous, il nous entoure, nous nous y noyons.

Doux naufrage qui n’est pas une mort, mais une vitalité qui reçoit sa puissance de forces surhumaines, une virilité — que l’on me pardonne d’emprunter ce vocabulaire, moi qui suis une femme — une virilité de l’esprit qui atteint, à ces moments-là, une sage maturité, un accroissement de spiritualité et de capacité à aimer, et de joie, oh ! de tant de joie !

J’ai vécu tout cela hier pendant des heures.

Puis, à l’improviste, je suis passée de “l’appel” à la “rencontre” avec le surnaturel.

Et ce surnaturel était encore une fois Marie, ma Vierge de Fatima.

Mais si belle, si belle, si proche, si… comment dire ? S’offrant tellement à mon amour, et m’offrant tellement son amour que je n’ai pas su, pas pu me maîtriser : des larmes de bonheur provoquées par la joie débordante d’hier soir ont jailli pour tempérer mon ardeur et soulager la douce souffrance de l’amour.

Marta ne m’a pas comprise. Elle était sortie un instant plus tôt pour vaquer à quelque occupation, et à son retour m’a trouvée le visage baigné de larmes, ce qui lui était inexplicable.

Elle a compris plus tard. Elle a compris lorsqu’elle a vu que je devenais plus blanche que le marbre, jusqu’aux lèvres, m’a-t-elle dit par la suite. Elle m’a raconté que j’étais gelée et loin de tout et de tous.

Mais je n’étais pas loin de tous, même si j’étais séparée de tous, prise comme je l’étais dans le tourbillon de l’amour contemplatif. J’aurais voulu, à trois reprises, appeler Marta, serrer ses mains comme en un dernier adieu, car je sentais vraiment — et pas seulement spirituellement — mon cœur sur le seuil de sa fin. Au fur et à mesure que Marie s’offrait plus vivement à moi, se communiquait à moi, j’avais la sensation matérielle que mon cœur dilaté se soulevait dans ma poitrine pour s’en échapper ; ce n’était pas dû à la souffrance ou à l’altération du rythme cardiaque, mais à la puissance de l’amour que Marie me communiquait et à l’intensité de ma réponse d’amour.

J’aurais voulu demander à la Vierge si c’était la communion d’amour avec elle qu’une grande âme qui témoigne de moi désire que je lui explique. Mais on ne saurait rien expliquer dans de tels moments, on ne peut qu’aimer…

J’ai vraiment eu la sensation que mon âme quittait mon corps et se jetait dans les bras de Marie. Et cela à trois reprises, chaque fois qu’elle se donnait à moi en m’invitant à venir à elle sans retenue respectueuse.

La Vierge se tenait devant mon lit, à droite, à 50 cm au-dessus de la terre, et elle était séparée du sol par le nuage de lumière qui sert toujours d’appui à ses pieds, petits et très beaux, d’éternelle jeune fille.

Son vêtement, à la fois simple et royal, d’une couleur de perle très pure, resplendissait comme un pétale de lys à peine éclos et couvert de rosée que le soleil illumine. Son manteau, fait d’une étoffe plus rigide et plus lourde, tendait davantage vers une couleur d’un blanc laiteux, mais était plus solennel qu’un manteau pontifical.

L’expression de Marie était sereinement pensive, excepté dans les moments où son visage resplendissait en invitant à l’amour, mais parfois elle se montrait doucement attristée tandis qu’un profond soupir lui gonflait la poitrine.

Comme elle était belle !

Lorsque les plus ardentes effusions d’amour se furent calmées, je pensai à la remercier et à l’honorer par un nouveau rosaire, le second de la journée. Et comme, ce mardi soir, nous approchions de minuit, je choisis de dire les mystères glorieux. Elle rayonnait d’une telle gloire, dans sa douce beauté pleine d’amour !

Mais Marie leva les yeux vers le ciel, ouvrit les mains — qu’elle tenait jointes jusque là — puis elle les réunit comme si elle avait étreint, recueilli quelque chose, avant de les élever vers le ciel comme pour offrir. Enfin, baissant des yeux brillants de larmes, elle me dit avec un grand soupir angoissé :

« Non, pas les glorieux. Encore les douloureux : parce qu’on a frappé aujourd’hui le tombeau de mon Fils. En frappant ses frères, on le tue de nouveau. »

Et son visage devint tout triste.

Je récitai donc les mystères douloureux. Et, mystère après mystère — exception faite du premier —, j’ai revu les scènes atroces de la flagellation, du couronnement d’épines, du chemin de croix, de la crucifixion et de la mort…

C’en était trop pour la créature déjà épuisée par l’amour que j’étais, d’autant plus que la force surnaturelle accordée par Dieu pour l’heure d’extase commençait à se retirer.

Je m’abandonnai sur mes oreillers, à bout de forces, et c’est dans cette position que j’ai fini les litanies de la sainte Vierge.

C’est ainsi que la rencontre s’est terminée… précédée et suivie d’ondes de merveilleux parfums.

Lorsque je suis revenue dans ma… peau d’être humain et que j’ai pu me voir et me sentir, je me suis rendu compte que j’étais blanche comme la neige, gelée, et que j’avais les joues creuses comme si l’amour avait mangé ma chair. Mais comme j’étais heureuse !

Marta l’était beaucoup moins ! Elle avait eu une peur bleue que je meure. Elle ne m’avait jamais vue comme cela, et aussi longtemps.

Ce n’est qu’aujourd’hui que j’ai pu lui raconter ce qui m’était arrivé… mais de manière très concise. Car certaines choses sont difficiles à expliquer. Et puis, j’étais encore épuisée. Non, je m’exprime mal : en ce qui concerne mon cœur et mes douleurs, la journée a été bonne, comme rarement. Mais j’ai un grand désir de me taire pour faire mémoire.

J’ai appris aujourd’hui que, hier, le dôme du Saint-Sépulcre a été touché, juste au-dessus de la pierre de l’Onction…

Qu’aura donc voulu dire Marie par ces mots : « En frappant ses frères, on le tue de nouveau. » Quels frères ? Les juifs ou les hommes en général ? Je l’ignore. La Vierge ne m’a rien dit de plus.

J’ai tellement désiré avoir un prêtre à mes côtés. Hier soir, l’amour était trop fort…

C’est vrai : depuis que mes rencontres avec le surnaturel se font si fortes, c’est-à-dire depuis décembre 1947, j’éprouve un puissant désir de la présence d’un prêtre à ces moments-là. Parce que, ainsi, quoi qu’il advienne, j’aurais une défense, une aide et un témoin.

Une défense aussi, oui. Car Satan me hait toujours plus.

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