The Writings of Maria Valtorta

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175. Le 12 septembre

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175. Chapter 175

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1944-09-12

Jésus dit:

«La fin de la vision[1] pourrait être la dictée donnée pour tout le monde. Aujourd’hui comme il y a vingt siècles, c’est effectivement à tous que j’adresse ces paroles. Mais les pharisiens qui refusent de les accueillir sont trop nombreux.

Le monde marche vers sa paix, qui n’est pas la mienne. En effet, ma paix est une paix de sainteté et de justice. Celle du monde se fonde sur des abus de pouvoir et de la corruption. Les événements passés et présents sont horribles, n’est-ce pas?

Je vous renvoie à mes premières dictées. J’ai toujours dit[2] que cette guerre n’était pas une guerre entre des peuples, mais celle de Satan contre Dieu. C’est l’une des guerres qui prépare l’avènement de l’Antéchrist, auquel elles servent de précurseurs. J’ai toujours dit que Satan combattait les âmes par les horreurs infligées aux corps et que beaucoup allaient céder parce que les âmes des hommes, quand elles ne sont plus alimentées par la grâce et la foi, sont extrêmement faibles contre le mal. J’ai dit que, grâce au sacrifice des bons, mes anges allaient lutter pour empêcher une destruction générale de la race humaine par les démons.

Dans le cas particulier des Italiens, j’ai dit que s’ils n’avaient pas su utiliser avec droiture leur grâce première et si, après avoir adoré comme dieu quelqu’un qui valait moins qu’une idole et l’avoir servi avec une servilité bestiale, ils en étaient venus à utiliser ses cruelles méthodes personnelles, la punition serait descendue sur eux. Car une grâce mérite, de la part de l’homme, un effort vers la bonté et non vers l’iniquité. Or vous avez profité, maudit, haï, vous êtes devenus des Judas de votre petit maître et de ceux qui lui étaient le plus intime. Hier, hier seulement vous étiez prostrés comme des esclaves, et aujourd’hui déjà vous tendez le poing, vous médisez et vous êtes rapaces pour soutirer ce qu’il vous déplaisait auparavant de voir en d’autres mains. J’ai dit que cette punition serait que le pays tout entier allait connaître l’horreur, une horreur telle que sa seule pensée vous paraîtrait un cauchemar provoqué par la fièvre. Vous avez bien vu que c’était vrai? Mais vous corrigerez-vous?

Les pharisiens, les scribes, les sadducéens de mon temps touchaient de la main la conséquence de leurs péchés répétés. Israël avili, persécuté, dominé, dispersé, disait avec des larmes dans la voix: “C’est ainsi que nous sommes punis pour n’être plus de vrais fils de Dieu.” Pourtant, aucun de leurs dirigeants – sinon, très rarement, un seul d’entre eux – ne se convertissait à moi. J’ai tout essayé pour les ébranler et les convaincre: invitations et réprimandes, douceur et sévérité, indulgence et intransigeance, sourires et tristesse, promptitude à faire des miracles ou insensibilité devant un désir de miracle. Je n’ai obtenu d’eux qu’un commerce avec Satan plus profond, plus total, jusqu’à en arriver à fouler aux pieds les prophètes, à refuser de reconnaître en moi le Christ alors que les faits confirmaient les prophéties, et à tuer le Christ, le Verbe de Dieu.

Il se passe la même chose aujourd’hui. Socialement ou individuellement, 90 % de la population vit comme les pharisiens d’antan et agit avec les mêmes méthodes. Intérêt, orgueil, dureté de cœur, luxure, avarice, envie et tous les égoïsmes forment la base de votre vie et le code de vos actions. Ne soyez pas saisis d’horreur à la vue de la dureté d’Ismaël.[3] Vous en faites autant à l’égard de ceux qui ne vous sont plus d’aucune utilité. La Charité et la charité sont mortes en vous. Vous n’aimez que vous-mêmes.

Mais je le dis maintenant: la Charité dont vous ne voulez pas se déverse précisément sur ceux que vous méprisez, abandonnez, raillez après les avoir peut-être exploités. Eux, ils ne vivent que pour la Charité et, en aimant Dieu plus qu’eux-mêmes, c’est vous aus­si qu’ils aiment plus qu’eux-mêmes. Ils vous aiment comme Dieu aime et viennent à votre aide tant spirituellement que matériellement. Quant à vous, vous ne savez rien, ne comprenez rien, ne vous posez aucune question. Mais Dieu sait, voit et comprend sans poser de question. Il sait parce que la miséricorde suprême est encore sur vous, grâce à ces personnes charitables qui m’aiment et vous aiment, et qui font de l’amour le but de leur vie. Non que ce soit pour vous particulièrement, mais pour m’être agréable.

Savez-vous combien de larmes, de souffrances, de pénitences, de sacrifices sont le prix de votre existence? Vous vous imaginez tenir votre vie de la mère qui vous a engendrés et du père qui vous a donné du pain. Oui, certes. Si vous calculez à la mesure des animaux, c’est à eux que vous devez la vie. Mais si la Vie, la vraie Vie dure, c’est grâce à ces personnes, pour vous laisser le temps de vous convertir. Parmi vous, il en est beaucoup qui ne meurent pas pour l’éternité grâce à ces héros que vous ne connaissez pas: ceux-ci s’interposent entre Dieu et vous, les bras levés, détournent les châtiments divins et vous transfusent un peu de ce sang spirituel – à vous que les maladies morales ont saignés – qui circule dans le grand Corps mystique et qui est un sang de grâce. Mais cela se passe par le crible de leur être sacrifié qui filtre ce bien vers vous, qui êtes mauvais.

Voici une dictée bien sévère. Cela me peine pour mon petit Jean. Je le réconforte par cette caresse: même si tous t’abandonnaient, moi je resterais auprès de toi. Même si tous t’oubliaient, moi je me souviendrais de toi. Même si tous te haïssaient, moi je t’aimerais. Vois-tu comme je viens à ton aide, jusque matériellement par des forces physiques quand il le faut? Tu es un instrument aimé et précieux entre mes mains. N’aie donc pas peur.

Vis dans et pour ta mission. Fais comme ces enfants à qui l’on donne un kaléidoscope qui montre des vues merveilleuses s’il tient les yeux rivés aux lentilles, mais qui n’est plus qu’une boîte noire s’il les en détache. Toi, garde les yeux fixés sur moi et sur ta mission. Le monde est autour de toi. Il doit y rester. Mais qu’il ne soit pas en toi, non. Transmets au monde, à ce pauvre monde ignorant et aveugle, les leçons et les lumières qui te viennent de mon monde. Si tu pouvais voir comme le ciel entoure ta tâche!

Ah, comme tu seras heureuse lorsque tu réaliseras que tu es dans mon monde pour toujours et que tu y seras venue de ce pauvre monde sans même t’en apercevoir, en passant d’une vision à la réalité, comme un petit enfant qui rêve à sa maman et s’éveille alors qu’elle le serre sur son cœur. C’est ainsi que j’agirai à ton égard.[4]

Sois bonne, patiente, charitable, et ne crains rien. Je te donne ma paix, je te la donne à flots en ce jour de la fête du Nom de Marie,[5] et que ce soit le don de grâce accordé au petit Jean.»

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Notes

  1. Vision qui concerne l’épisode d’Ismaël Ben Fabi qui se trouve dans “L’Evangile tel qu’il m’a été révélé”. ↩
  2. Elle le dit en particulier le 16 mai. ↩
  3. Voir la note 323. ↩
  4. Ces mots revêtent une valeur prophétique émouvante si l’on se rappelle que Maria Valtorta est morte (le 12 octobre 1961) après quelques années d’isolement psychologique graduel et croissant, qui l’a portée à s’éloigner irrémédiablement du monde extérieur comme si elle était complètement absorbée par sa vie intérieure. Sa mort l’a ainsi faite passer d’une vision contemplée à une réalité qu’elle allait vivre pour toujours. ↩
  5. Le 12 septembre était le jour de sa fête liturgique. ↩