The Writings of Maria Valtorta

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206. Le 12 novembre

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206. Chapter 206

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1944-11-12

A partir de deux heures du matin cette nuit encore, comme la nuit dernière, j’étais avec Jésus.

Il m’a dit: «Me voici auprès de mon petit Jean, pour qu’il ne pleure pas.» Mais je ne pleurais pas. Je n’ai plus pleuré depuis la nuit dernière. On ne peut pleurer lorsqu’il console. Et il le sait. Avec un sourire, il m’a dit cette nuit: «J’ai fait de nouveau ce miracle de transformer les larmes en sourire, les épines en roses, l’agitation en paix. Comme lorsque Giacomino est mort[1] et que je t’ai caressée pour la première fois afin que tu ne pleures plus.»

Appuyée sur sa poitrine – j’aime tant sentir battre son cœur! –, j’ai demandé: «Tu ne vas pas parler aujourd’hui encore, Jésus?»

Et lui: «Mais si je parle, tu dois écrire et il te faut donc abandonner cet oreiller. Le préfères-tu?

- Non, Jésus. Je préfère ceci. Bien que tes paroles, elles aussi, me rendent heureuses. Mais c’est pour les âmes que je disais cela.

– Mon pauvre petit Jean, tu as trop mal pour me permettre de te demander d’écrire. Tu sais pertinemment que je suis aussi Médecin, ton plus grand Médecin, jusque pour ton pauvre corps qui me sert d’instrument et ne doit pas être brisé. Il s’ensuit que je suis sévère à l’égard de ceux qui ne te traitent pas comme l’on doit traiter une personne dans ton état, à savoir comme un bébé. Tu es mon bébé. Actuellement, c’est ce que tu es. Quand tu iras mieux, tu redeviendras mon petit Jean. Maintenant, reste ici. Tu as vu comme je suis expert pour bercer les enfants. Je semble être un parfait papa. Mais ne le suis-je pas? N’ai-je pas engendré tous mes saints? Ne vous ai-je pas aimés parfaitement, au point de mourir pour vous donner la vie?

– Si, Jésus. Donc, rien pour les âmes ?

– chère mendiante! Le veux-tu, ou veux-tu donner?

– Je le veux, et je veux donner.

– Donne-moi ta souffrance.

– C’est trop peu et c’est une chose trop habituelle. Je veux donner davantage. Et puis je veux quelque chose pour moi.

– Un cadeau ou un souvenir?

– Ce que tu veux, mais que cela me parle de toi.»

Jésus m’a serrée très fort et a dit: «Je vais te donner une chose qui était à moi et que tu me donneras pour les âmes.» Jésus me tenait toujours contre sa poitrine de manière à laisser libre toute la partie gauche de mon thorax. Je me suis soudain sentie atteinte par deux coups de fouet. Deux seulement. Mais quel mal cela m’a fait! En chaque point où les petits marteaux des lanières avaient pénétré, c’est-à-dire à une dizaine d’endroits, je souffrais comme si des projectiles m’étaient entrés dans l’os et dans les organes, et la peau me brûlait là où les lanières avaient provoqué des cloques.

Deux coups seulement! Jésus m’explique: «Pas davantage parce qu’ils font trop mal, ils font trop mal! D’ailleurs, tu es malade. Donne-moi la douleur de ce supplice qui fut mien, qui fut atroce; donne-la-moi pour les âmes. Et maintenant sois tranquille, ici avec moi.»

Je suis donc restée ainsi: heureuse et torturée. Heureuse dans mon âme, torturée dans mon corps. Mais quel bonheur!

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Notes

  1. Dans “Les cahiers de 1943”, p. 25. ↩