1953-07-15
Je regrette que le Père Migliorini (décédé le 10 juillet 1953) soit mort sans voir la publication de l’Œuvre pour le triomphe de laquelle il avait tant travaillé et souffert. Jésus me dit :
« C’est vrai. Il a travaillé pour elle, cependant d’une manière qui n’était pas juste, mais contraire à mes ordres, répétés et tout à fait clairs. Il n’a donc pas mérité de voir son dessein accompli.
En tout homme il y a deux personnalités, ou du moins en beaucoup d’hommes. Lui, il avait toute une part de bien, qui lui a permis d’être un prêtre modèle, mais, plus profondément, il avait des tendances qui le portaient à s’obstiner et à se rebeller contre les volontés et les ordres de Dieu. En tant que prêtre, il était fait d’or pur, mais en tant qu’homme il s’y amalgamait beaucoup d’impuretés. Je l’ai testé, je l’ai mis à l’épreuve, tout comme je te teste et je te mets à l’épreuve. Après un travail long, pénible et douloureux, c’est une œuvre parfaitement ciselée qui verra le jour en toi. Mais pas en lui, car il ne s’est pas plié à mon travail. Il a voulu agir tout seul, en restant sourd à la réalité qui venait de son mode d’action, opposé au mien. Et il est décédé avant de voir sa tâche accomplie, précisément pour cette raison.
Je ne supporte pas l’orgueil, la rébellion, la désobéissance. Je lui donnerai la récompense due à sa vie de prêtre, mais aussi la peine méritée par sa volonté obstinément contraire à la mienne. Il y avait en lui à la fois le masque et le vrai visage. Le masque est désormais tombé devant moi, dans le jugement particulier, et son visage ne se remodèlera pas en grâce de vie à ton égard qui l’a poussé à t’accuser de mes justes reproches — c’étaient les miens, pas les tiens — contre sa manière d’agir ; et tu sais combien de fois j’en ai parlé !
Mais je te dis, à toi qui lui as toujours pardonné, bien que tu aies énormément souffert de ses paroles injustes et de ses actes contraires à mes volontés, à toi qui pries pour lui et offres tes communions pour son âme en peine, afin que celle-ci s’abrège : “Que ma bénédiction vienne sur ceux qui aiment et pardonnent.” Il obtiendra la paix et la joie, mais en temps voulu, lorsqu’il aura expié sa faute de nouvel Adam qui a refusé, comme le premier Adam, d’obéir au commandement de Dieu. En raison de sa désobéissance, Adam a perdu le paradis terrestre, en raison de la sienne, le Père Migliorini a perdu la grâce de voir l’Œuvre publiée. Il faut savoir mériter les grâces pour les obtenir. Quand j’étais sur terre, à qui en accordais-je ? A ceux qui croyaient et obéissaient à ma Parole. Dans le cas contraire, si je sentais de la rébellion, du doute, un manque de foi dans ce cœur, je passais outre sans écouter les supplications ni en octroyer. Ce n’était pas de la dureté de cœur, seulement de la justice. Comme dans le cas du Père Migliorini. »
“Je désire qu’une grande armée d’âmes victimes s’unisse à mon apostolat dans ma Vie eucharistique.”
Jésus Christ à sœur Marie de la Trinité, moniale clarisse[1].