1953-07-25
« Tu vois ? Des églises profanées, des évêques et des prêtres agressés… Déjà excommuniés en tant que communistes, ils tombent sous l’excommunication supplémentaire qui vise ceux qui lèvent la main sur des prêtres ou profanent les églises.
Le mal grandit et se propage toujours plus. Après un éphémère triomphe, les colosses aux pieds d’argile, les prophètes de mensonge, tombent, s’écroulent, se brisent, s’émiettent, meurent, chaque fois. Mais la leçon ne sert à rien. Si cela m’était permis, je retournerais sur terre pour subir de nouveau ma passion, même plus atroce si cela me permettait de les sauver. Mais le Père, dont je suis le sujet en plus du Fils très obéissant, ne m’y autorise pas. Je ne reviendrai qu’à l’heure extrême du monde, en tant que Christ Juge et Roi des rois, pour le jugement dernier, le jugement suprême. Ce sera rapide comme l’éclair dans un ciel serein. Cette heure sera puissante pour les bons, mais terrible pour les mauvais !
Si tu ne m’étais pas nécessaire encore, je te dirais : “Donne-moi ta vie pour leur conversion” : je suis sûr que tu y consentirais aussitôt, car tu es une âme héroïquement sainte, toute tendue vers le salut des âmes, toute donnée dans ce but. Mais je ne peux te le demander, parce que tu m’es encore utile.
Pour eux, je te dicte la poésie suivante :
“Une pauvre feuille que le vent transporte voilà ce qu’est une âme morte.
Avec une plainte sourde il l’emporte jusqu’aux terribles tourments éternels.
En un tourbillon fatal il l’emporte jusqu’à l’horrible étang infernal, où pour toujours elle périt et subit le châtiment, de sa propre volonté.
N’ont-elles pas choisi toutes seules leur sort ?
Elles l’expient maintenant par l’éternelle mort.”
(A ces mots, Jésus pleure. Puis il reprend :)
Je lis ta demande intime. Tu sais que je fus et que je suis l’Homme des paroles infinies et des profonds silences. Je pourrais donc te confier ce que tu désires savoir. Au lieu de cela, je te dis : “Tout est conditionné à la manière dont on se comportera envers toi et envers l’Œuvre. Mais surtout tu m’es utile, et c’est pour cette raison que je veux te garder en vie, comme âme victime pour la rédemption des pécheurs.” »