Los Escritos de Maria Valtorta

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35. Le 8 juillet 1945

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35. Capítulo 35

ES Traducción en camino

1945-07-08

Oh, les ennemis du Christ vont-ils encore et toujours le traiter ainsi? Est-ce que la science et l’hérésie, la haine et l’envie, les ennemis de l’humanité nés de l’humanité elle-même comme les branches empoisonnées d’un arbre bon, font tout cela pour que l’humanité meure? Ils la haïssent encore plus que le Christ, car leur haine est active et ils la privent de sa joie en la déchristianisant, alors qu’ils ne peuvent rien enlever à Jésus, puisqu’il est Dieu et eux poussière. Oui, c’est bien ce qu’ils font. Mais le Christ se réfugie dans les cœurs fidèles, et c’est de là qu’il regarde, qu’il parle, qu’il bénit l’humanité, et puis… et puis il se donne à ces cœurs, et eux… et eux touchent le ciel et sa béatitude tout en restant ici-bas, mais en brûlant jusqu’à en ressentir un délicieux tourment dans tout leur être: sens, organes, sentiments et pensées, et enfin dans l’âme…

Larmes et sourires, gémissements et chant, épuisement et pourtant nécessité de vivre sont nos compagnons, mieux, ils sont notre être même: en effet, tout comme les os sont dans la chair et les veines et les nerfs sous l’épiderme et que le tout forme un seul homme, de même toutes ces réalités brûlantes, nées de ce que Jésus s’est donné à nous, sont en nous, dans notre pauvre humanité. Et que som­mes-nous en ces moments-là – qui ne pourraient durer éternellement car, s’ils duraient plus qu’un instant nous mourrions brûlés et brisés –? Nous ne sommes plus des hommes. Nous ne sommes plus les animaux doués de raison vivant sur la terre. Nous sommes, nous sommes, oh! Seigneur! Laisse-moi le dire une fois, non pas par orgueil mais pour chanter tes gloires, parce que ton regard me brûle et me fait délirer… Nous sommes, en ces instants, des séraphins. Et je m’étonne que des flammes et du feu ne jaillissent pas de nous avec des effets sensibles sur les personnes et la matière, comme dans les apparitions des damnés. Car s’il est vrai que le feu de l’enfer est tel qu’un simple reflet émanant d’un damné peut brûler le bois et faire ruisseler le métal, qu’est donc ton feu, ô Dieu, toi qui possèdes tout infiniment et parfaitement?

On ne meurt pas de fièvre, non, on n’en brûle pas, on n’est pas consumé de fièvre par des maladies physiques. C’est toi, l’Amour, qui es notre fièvre! Et, oui, on en brûle, on en meurt, on s’en con­sume, et il déchire les fibres de notre cœur, qui ne peut résister à autant. Mais je me suis mal exprimée, parce que l’amour est dé­lire, l’amour est cascade qui rompt les digues et dévale en renversant tout ce qui n’est pas elle, l’amour est une foule de sensations dans l’esprit, toutes vraies, toutes présentes, mais que la main est incapable de retranscrire tant l’esprit est rapide à traduire en pensée le sentiment qu’éprouve le cœur. Ce n’est pas vrai qu’on meurt. On vit, d’une vie multipliée par dix, d’une double vie, en tant qu’homme et en tant que bienheureux: la vie de la terre et la vie du ciel. On atteint et on surpasse – j’en suis certaine – la vie sans défaut, sans handicap ni limites que toi, Père, Fils et Esprit Saint, toi, le Dieu créateur un et trine, tu avais donnée à Adam en prélude à la Vie après l’assomption vers toi, cette vie dont il devait jouir au ciel après un paisible passage du paradis terrestre à celui du ciel, un passage effectué dans les bras pleins d’amour des anges, à l’instar de ce que fut le doux sommeil et la douce assomption de marie au ciel, pour venir à toi, à toi, à toi!

On vit de la vraie Vie. Et puis on se retrouve ici, comme je le fais actuellement, on s’étonne, on a honte d’être allé aussi loin, et l’on se dit: «Seigneur, je ne suis pas digne de tout cela. Pardonne- moi, Seigneur.» On se frappe alors la poitrine car on est terrifié à l’idée d’avoir commis un acte d’orgueil, et un voile plus épais descend sur l’éclat qui, s’il ne continue pas à flamboyer avec une ardeur parfaite, par pitié pour nos limites, se recueille pourtant au centre de notre cœur, prêt à se réenflammer puissamment pour un nouveau moment de béatitude voulu par Dieu. Le voile descend sur le sacrarium où Dieu brûle de ses feux, de ses lumières, de ses amours… puis, exténués mais régénérés, nous reprenons notre voyage comme… ivres d’un vin fort et suave, qui n’obscurcit pas la raison mais nous empêche de diriger nos regards et nos pensées vers ce qui n’est pas le Seigneur, toi, mon Jésus, qui es lieu de rencontre entre notre misère et la divinité, moyen de rédemption pour notre faute, créateur de béatitude pour notre âme, toi le Fils qui, de tes mains transpercées, remets les nôtres entre celles, toutes spirituelles, du Père et de l’Esprit afin que nous soyons en vous, maintenant et à jamais. Amen.

Mais où suis-je allée pendant que Jésus me brûle en brûlant les habitants de Jutta de son regard d’amour? Vous aurez remarqué que je ne parle plus de moi, ou bien rarement. J’aurais tant de choses à dire! mais la fatigue et la faiblesse physique qui m’accablent aussitôt les dictées terminées, ainsi qu’une pudeur spirituelle, toujours plus forte au fur et à mesure que j’avance, me persuadent de me taire, m’y obligent même. Mais aujour­d’hui… je suis montée trop haut et, c’est connu, l’air de la stratosphère fait perdre tout contrôle… Je suis allée beaucoup plus haut que la stratosphère… et je n’ai pas pu me contrôler… Et puis je crois que si nous gardions toujours le silence, nous qui sommes pris par ces tourbillons d’amour, nous finirions par exploser comme des projectiles, ou plutôt comme des chaudrons chauffés à blanc et fermés.

Pardonnez-moi, mon Père. Et maintenant, avançons.

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Notes