1945-11-21
Une joie étrange m’envahit. Je ressens un bien-être insolite. Je chante, et j’y parviens aisément, comme un canari au printemps. Cela a duré toute la matinée. L’après-midi, pendant que je suis seule, je repense à mille choses, entre autres et avec insistance à la dernière lettre de Giuseppe, dans laquelle il me promet de se réconcilier et me fait part de son admiration pour les missionnaires, à qui il me compare.
Je dis :
« Seigneur, et dire que je souhaitais être missionnaire ! Je voulais au moins entrer dans la Compagnie de Saint-Paul. Et voilà, c’est tout le contraire… »
Jésus me répond :
« Mais tu l’es ! Tu moissonnes des récoltes plus abondantes que si tu étais missionnaire dans le monde et en bonne santé. Je ne t’ai rien refusé de ce que tu désirais spirituellement. Mieux, j’ai sublimé ton désir. Tu es “missionnaire”, “paulinienne”, “évangélisatrice”, ma petite Maria Jean de la Croix. Et aujourd’hui, tu as engrangé dans mon grenier une grande conquête : ton Tuldo. »
Giuseppe a été appelé Tuldo par sainte Catherine de Sienne le 9 novembre 1944[1]. S’est-il uni à Jésus comme il l’a promis ?