Les Écrits de Maria Valtorta

187. Le 28 novembre

1943-11-28

Jésus dit:

“Le signe qui marqua ma naissance au monde fut la lumière.

Il arrive souvent que les faits soient caractérisés par des phénomènes que vous expliquez comme coïncidences fortuites et qui sont en fait des présages, les appels de Dieu pour attirer votre attention, détournée par mille choses plus ou moins nécessaires, sur un fait qui marquera une époque dans l’histoire du monde ou dans la vie d’un individu.

J’étais la ‘Lumière’ et la lumière me précéda, m’entoura, m’annonça, me conduisit et conduisit à moi les purs de cœur.

Je t’ai dit[1] qu’une lumière semblait émaner de Marie alors que, sur le moyen de transport des pauvres, elle passait toute recueillie sur les voies de la Palestine. Je t’ai dit d’autres fois[2] que celui qui a Dieu en lui-même dégage, et non seulement spirituellement, des vibrations de lumière et un parfum, puisque le trésor intérieur se répand de l’écrin vivant qui le renferme et devient perceptible aux autres. Vous dites alors: ‘Cette personne a quelque chose de spécial en dedans. Quel visage! Quelles manières! Celles d’un saint’.

Marie était la Toute Sainte et elle portait le saint des saints. Elle possédait donc la perfection de la sainteté humaine déjà tellement divinisée qu’elle était presque égale à celle de son Dieu. Elle possédait la Perfection divine qui avait revêtu la chair en lui demandant de la nourrir de son sang vierge, de la former, d’être son refuge pendant les neuf mois de son développement d’homme.

Dieu se nourrissait de Marie. L’Homme-Dieu est fait de Marie, et, de ma Mère très suave, j’ai pris les caractéristiques physiques et morales de douceur, de bonté, de patience. Le Père m’a laissé la perfection, mais, de la Femme bénie qui fut mon chaste nid, j’ai voulu assumer le vêtement physique et le plus précieux vêtement moral du caractère.

Marie étant la plus sainte des créatures qu’a portées la Terre, la sainteté émanait d’elle, non pas comme d’un vase clos dont filtrent des molécules de parfum, mais comme d’un astre en feu qui dégage des vapeurs et des rayons d’une puissance surnaturelle.

Si le Baptiste sursauta dans le sein de sa mère en recevant la vague de la Grâce qui émanait de Marie et en resta sanctifié, l’émanation ayant été si puissante qu’elle avait franchi la barrière de la chair au-delà de laquelle le fruit de Zacharie et d’Élisabeth se formait pour devenir mon évangélisateur (Évangile veut dire ‘bonne nouvelle’ et Jean donna aux humains la ‘bonne nouvelle’ de ma présence parmi les humains; je ne fais donc pas erreur en le nommant mon évangélisateur, et je le dis pour ceux qui ergotent sur le mot), ceux qui s’approchaient directement de Marie ne pouvaient ne pas en subir les conséquences.

Elle laissa derrière elle un sillage de sainteté opérante et, à con­dition de ne pas repousser la Grâce, les cœurs qui s’étaient approchés d’elle devinrent prédestinés à la sainteté. Quand on saura tout sur l’humain, vous verrez que, parmi les premiers disciples du Fils de Marie, il y en a beaucoup qui eurent avec elle quelque rapport, même fortuit, et en restèrent lavés et pénétrés par la Grâce qui émanait d’elle. Vous connaîtrez alors de nombreux prodiges qui furent opérés par ma toute Belle et toute Grâce.

Marie convertit maintenant les cœurs les plus durs et elle sauve les pécheurs les plus obstinés, mais le cycle de son pouvoir n’a pas commencé seulement le jour où – Étoile qui remonte aux Cieux – elle fut élevée à se reposer de nouveau sur mon cœur et à rendre le Paradis plus beau pour moi, à le rendre complet, puisque désormais elle y était, cette Maman que j’ai aimée infiniment et à qui je dois tout, en tant qu’homme, en retour de tout ce que j’ai eu d’elle. La sanctification des peuples à travers Marie commença au moment où l’Esprit fit d’elle une mère et le Fils de Dieu prit chair dans son sein bienheureux.

Joseph était saturé de cette émanation au point d’en devenir pres­que semblable à la Pleine de Grâce. Le juste pleurait des larmes bienheureuses à la joie qui l’inondait, joie mystique de celui qui con­tem­ple, penché sur un miracle de manifestation divine. Adoration et silence furent les caractéristiques de saint Joseph. Vénération respectueuse de la bienheureuse dont il était le protecteur naturel. Et amour.

Le premier amour chaste entre époux, l’amour tel que devait être celui des humains selon la pensée du Créateur, était un amour sans l’aiguillon des sens et sans boue de malice. Un amour naturel et angélique à la fois puisque, selon la pensée créatrice, il devait y avoir dans l’âme d’Adam et de ses enfants la pureté angélique de l’esprit mêlée à la tendresse humaine et, telle une fleur qui s’épanouit sans péché de la tige qui la porte, l’amour devait naître chez les époux libre du vers de la luxure, et donner des enfants à de chastes couches conjugales.

Être chaste ne signifie pas s’interdire l’union conjugale. Cela signifie l’accomplir en pensant à Dieu qui fait de deux animaux pensants deux créateurs mineurs et, tout comme Dieu créa le mâle et la femelle sans mettre la pensée du mal en eux et il ne mit pas dans leur pupille la lumière de la chair pour dévoiler la chair aux innocents, ainsi les époux devraient faire du mariage une sainte création, égayée par des berceaux, mais point souillée par la luxure.

L’époux honnête et saintement amoureux cherche à devenir semblable à l’autre époux, puisque celui qui aime tend à assumer la ressemblance de l’être aimé, de sorte que le mariage bien compris est une élévation réciproque, car personne n’est complètement perfide et il suffit que chacun des deux s’améliore sur un point, prenant pour exemple ce qu’il y a de bon dans l’autre pour monter l’escalier de la sainteté en compétition l’un avec l’autre. La sainteté conjugale et individuelle est comme une plante qui pousse une branche plus haute que la précédente et monte, monte vers l’azur. Aujourd’hui, c’est une vertu; demain, il en bourgeonne une autre, plus haute, et à partir des vertus humaines de tolérance réciproque, on monte aux sommets de l’héroïsme surnaturel.

Joseph, époux chaste et saint de la Chaste et Sainte, apprenait de jour en jour, tel un enfant avec sa maîtresse d’école, la science d’être semblable à Dieu, et puisque dans son cœur de juste rien n’entravait la Grâce, il assumait de jour en jour la ressemblance de sa Maîtresse bien-aimée, ressemblant ainsi à Dieu dont Marie était la plus parfaite copie.

Au cours de la sainte nuit, Joseph, alors qu’il priait avec une telle intensité qu’il était parvenu à s’entourer d’une mystique barrière qui isolait l’âme de l’extérieur, fut tiré de son oraison par la lumière.

Dans la grotte, éclairée au début uniquement par un petit feu de brindilles qui déjà languissait par manque d’alimentation, s’était diffusée une lumière paisible, laquelle augmentait graduellement comme un clair de lune quand l’astre, d’abord voilé par des nuages, s’en libère et descend directement argenter la Terre.

Marie se tenait dans cette luminosité, encore agenouillée – puisque je naquis pendant qu’elle priait – mais appuyée sur ses talons. C’était Marie qui, avec des larmes et des sourires, embrassait ma chair, ma chair de nouveau-né.

Même en ce moment-là, elle eut peu de mots: ‘Joseph’, comme d’habitude, et la présentation à son époux du Fruit de ses entrailles saintes.

La Famille était la première à être rachetée par Dieu. Reconstruite telle que Dieu l’avait conçue: deux personnes qui s’aiment saintement et qui saintement se retrouvent penchées sur le berceau d’un nouveau-né, et dans le baiser qu’elles échangent au-dessus de ce berceau, il n’y a aucune saveur de luxure, mais une gratitude mutuelle et la mutuelle promesse de s’aimer d’un amour réciproque qui aide et réconforte.

Quand les premiers bergers entrèrent, ils trouvèrent les deux saints ainsi unis par l’amour et l’adoration, et Joseph, homme d’âge mûr, semblait être le père de la Vierge et du petit Enfant, tant était apparente en lui cette tendresse dénuée de désir charnel, qu’on ne voit malheureusement que dans le regard d’un père.

La Lumière était désormais sur la Terre et, des Cieux ouverts, la lumière descendait par vagues d’anges, annulant de sa splendeur paradisiaque la luminosité des astres dans la nuit sereine. Elle ne fut point perçue par les savants, les riches, les rassasiés de plaisirs, mais elle fut comme une diane pour les humbles travailleurs qui accomplissaient leur devoir.

Le devoir est toujours sacré, quel qu’il soit. Le devoir du roi qui signe les décrets n’est pas plus noble que celui du paysan qui laboure la terre ou du madrier qui veille sur son troupeau. C’est le Devoir. C’est la Volonté de Dieu. Il est donc toujours noble. Il obtient donc la même récompense ou le même châtiment surnaturel. Et ce ne sera pas le fait de porter une couronne ou de tenir la houlette qui vous sauvera du châtiment ou vous empêchera d’obtenir la récompense. À celui qui accomplit son devoir, faisant ainsi la Volonté très sainte, Dieu se manifeste et il le prend comme témoin de ses prodiges.

Et Dieu se manifesta aux bergers et ils furent appelés à témoigner du prodige de Dieu. Dans la lumière devenue resplendissante, car le Ciel entier était sur et dans la grotte, l’Emmanuel fut visible aux deu­xièmes rachetés de la Terre: les travailleurs. Car Dieu est venu sanctifier le travail après la famille. Le travail, imposé comme une malé­diction à l’homme après la faute d’Adam, devenait bénédiction du moment où le Fils de Dieu voulut devenir travailleur parmi les humains.

La Lumière était venue dans le monde. Et l’humble grotte, la campagne limitée de Bethléem ne suffisaient pas à la contenir. La Lumière se répandit à l’est et à l’ouest, au nord et au sud. Son apparition ne parla pas aux fêtards, sa vibration ne dit mot aux jouisseurs. Elle parla à ceux qui, purs dans leur cœur et aspirant ardemment à la Vérité, abaissaient leur esprit très cultivé au pied de Dieu et se sentaient comme des atomes devant sa Sainteté.

La Lumière se montra aux puissants qui se servaient de leur puissance comme instrument de conquêtes spirituelles, et elle les appela à l’adorer d’un étincellement qui remplit les quatre coins du firmament. Elle se montra aux puissants, car Dieu est venu sanctifier les puissants après les travailleurs et la famille, et avec les puissants, la science. Mais Dieu ne se manifeste pas aux puissants mauvais et aux savants athées pour les couvrir de bénédictions, mais à ceux qui font du don de la puissance et de la science un moyen d’élévation surnaturelle, et non d’abus de pouvoir et de négation.

Dieu est aussi Roi des rois et Dieu est aussi Maître des maîtres. La Lumière trouva de nombreux maîtres sur terre, mais la Lumière devint un appel seulement pour les maîtres désireux de Dieu. C’est toujours comme ça. La Grâce opère là où se trouve le désir de la posséder et, plus le désir est vif de la posséder et d’être possédé et plus elle opère, jusqu’à devenir Parole et Présence.

Guidés par la seule chose qui est digne d’indiquer le chemin vers Dieu, la lumière, les puissants vinrent de contrées éloignées devant le Roi des rois, le premier groupe du nombre infini de ceux qui, au cours des siècles, entreprendraient la marche mystique pour aller vers Dieu. Non pas les puissants de Palestine, ceux qui se croyaient les dépositaires des secrets et des décrets de Dieu – et ces décrets et secrets leur étaient incompréhensibles, car il n’y avait pas de sainteté en eux, et les signes du ciel et les paroles du Livre n’étaient que de simples météores et de simples paroles sans plus de signification surnaturelle – non pas les puissants de Palestine, mais ceux venus de loin.

J’étais venu comme Lumière dans le monde. Lumière pour le mon­de. Lumière au monde. J’appelais le monde à la Lumière. Le monde en­tier.

Et je l’appelle. Je l’appelle sans cesse depuis vingt siècles. Sur vos ténèbres, je n’arrête pas de faire resplendir ma Lumière. Si vous saviez vous élever outre la barrière de brouillard que vous avez répandu sur le monde, vous verriez le soleil divin toujours resplendissant et bienveillant pour les humains, tous les humains.

Et il ne faut pas vous surprendre si désormais ceux qui sont les plus éloignés de la Rome catholique vous précèdent. Gaspar, Melchior, Balthazar, chevauchant leurs patients chameaux, vinrent de trois points de la terre vers la Lumière du monde que les compatriotes du Fils de Marie ne virent pas. De l’Afrique, de l’Asie, de l’hémisphère austral, des gens viennent à la Croix que vous avez rejetée. Et ils vous surpasseront. Au dernier jour, quand le temps et l’humanité seront illuminés sur chaque point et de tout côté, on verra le vide ingrat que vous, catholiques depuis des siècles, aurez laissé, alors que les autres, idolâtres et hérétiques, fascinés par le Christ, Seigneur saint, seront afflués avec leur âme faite vierge par la Grâce.

Que de mouvements ténébreux dans le monde civilisé! C’est votre honte et votre châtiment. Vous n’auriez jamais dû et vous ne devriez jamais permettre que la Lumière qui vous a été donnée en premier soit rejetée et reniée. Les ténèbres vous tuent et vous ne voulez pas les abandonner. C’est d’elles que viennent, comme les odieux animaux de la nuit, tous les maux qui vous tourmentent et qui se repaissent de votre sang, de votre tourment.

Vous ne me voulez plus. Vous ne me comprenez plus. Vous ne me connaissez plus. Même ceux de ‘ma maison’ ne me connaissent plus. Et j’ai du mal à les connaître, tellement les nombreuses maladies de la chair et de l’esprit les ont enlaidis.

Mais en ce premier dimanche de l’Avent qui annonce la venue de la Lumière dans le monde, je vous en prie, ô mes enfants, si vous n’osez plus regarder le Rédempteur et le Juge, parce que la douleur fait peur et la justice inspire la terreur à votre âme abattue, regardez le nouveau-né sur le sein de Marie. Un petit enfant ne peut avoir que des caresses et des sourires. Et je les ai pour vous.

Ayez pitié de ma nudité et de ma pauvreté. Il ne s’agit pas de vêtements ou d’argent, mais d’amour. De votre amour. Je ne veux pas d’or, pas d’encens. Je veux seulement votre amour. Je le veux car m’aimer et me connaître est vie et vérité. Tout comme Marie m’a engendré par l’œuvre de l’amour, ainsi je veux vous engendrer au moyen de l’amour. Le mien est vif et il opère, mais le vôtre est nécessaire aussi.

Venez à moi et accueillez-moi en vous. J’ouvrirai en vous des torrents de Lumière et de Grâce et je vous ferai devenir enfants de Dieu comme je le suis. Bénis soient ceux qui accueillent ma Lumière. Je serai en eux. J’habiterai en eux, en leur esprit. Car le Verbe n’a pas besoin de maisons d’argile, mais de demeures vivantes: il veut les esprits des humains pour son habitation.

La gloire de Dieu est révélée à ceux qui m’accueillent, puisque là où je suis, le Père et l’Esprit sont avec moi, et la gloire du Seigneur se dévoile à eux, pleine et réjouissante, et la Grâce est leur vie et, comme le soleil du haut des cieux, la Paternité, la Fraternité, la Charité divine sont sur eux et leur donnent un avant-goût de béatitude.

Dans sa luminosité extatique, Marie m’offre à votre amour. Inclinez le front devant l’Amour fait chair. Il a quitté les Cieux pour vous amener aux Cieux. Il est venu dans la guerre pour vous apporter la paix.”

Depuis trois jours se sont ouverts à mon âme les fleuves de l’extase et je jouis de la vision outre que de la parole. Mon âme est blancheur éclatante et lumière, car la blancheur de la Vierge Mère et la Lumière sont en moi.

Gloire à Dieu pour sa bonté qui accorde à sa servante de voir ce qu’ont vu les anges et qui inonde mon âme de sa paix.

La radio diffuse en ce moment l’Agnus Dei de la messe du dimanche. Mais moi, j’ai vu l’Agneau nouveau-né dormir sur les genoux de la Blancheur immaculée... et il est plus beau que la plus belle musique...


Notes

  1. Dans la dictée du 27 novembre. ↩
  2. Par exemple, dans les dictées du 10 juin et du 30 septembre. ↩