Les Écrits de Maria Valtorta

189. Le 30 novembre

1943-11-30

Jésus dit[1]:

“La raison t’a été donnée[2] pour laquelle Bethléem fut prédestinée parmi toutes les villes de Judée à être celle qui recevrait le Sauveur. Grande, non pas tant pour la mort de Rachel et le sceptre qui lui vint avec la lignée de Juda[3], que pour avoir accueilli le vrai roi vers qui se tourneront tous les peuples, jusqu’à la fin des temps, ou avec un amour sans bornes ou avec une haine tout aussi infinie.

L’Attendu des peuples, celui dont le sceptre est une croix, dont la loi est l’amour et le pardon, dont l’œuvre est la rédemption, devait naître là où Rachel était morte en mettant au monde le fils de sa douleur et en donnant à Jacob le fils qui est aussi cher à un homme que sa main droite, de Celle, bien plus grande que Rachel dans les mérites et la douleur, laquelle devint mère, non par œuvre charnelle, mais par l’œuvre de l’Esprit Saint et accoucha, par la volonté de l’Éternel, de son Fils Unique, à l’encontre de sa pensée humaine.

À la Vierge qui pensait ne jamais connaître la maternité, le Fils fut donné. Marie rompit le pain de l’obéissance avant qu’il ne fût rompu par Jésus, lequel, comme le Père, ne force pas les siens à l’o­béir, mais leur demande l’adhésion de l’amour pour se donner à eux. Marie donna le jour au Messie, le Maître du monde, qui restera dans sa Palestine jusqu’à ce que la terre coupable le rejette de son sein, teignant ses vêtements, non du sang du raisin, mais de son Sang divin.

Le Fils de l’Homme remontera ensuite au Ciel en sortant de son sépulcre comme une pierre lancée d’une fronde. Mais malheur à ce lieu qui l’aura rejeté, et malheur à ces cœurs homicides! Ils subiront la désolation pour toutes les désolations qu’ils auront infligées au Saint et, au cours des siècles, ils passeront à l’histoire comme déicides.

Engendré comme Fils de Dieu de toute éternité, engendré comme fils de l’homme au moment marqué par Dieu, il ne régnera pas avec l’habit et la couronne d’une domination humaine. Mais s’il n’a pas régné sur la terre de Juda et si la terre de Juda l’a traité comme un malfaiteur, son règne, je vous le jure, viendra même sur elle.

Je réunirai dans sa main droite toutes les lignées, que mon Fils a toutes rachetées, et je choisirai parmi elles celles qui ont soif de vérité. Roi dont le règne n’aura pas de fin, il dominera dans l’éternité et sur tout ce qui est – que j’ai placé comme un tabouret à ses pieds transpercés – avec la force de son amour.

Et bienheureux ceux qui se convertiront à son amour ou qui lui resteront fidèles jusqu’à la fin. Ils hériteront de la Terre avec lui, et la Paix dont il est l’Auteur sera leur héritage dans les siècles des siè­cles.”

Je me rends compte, en relisant le texte, qu’ici aussi, c’est Notre Père qui parle.

Il est 9 heures du matin. L’autre passage, celui du 29, je l’ai écrit le soir, au milieu d’atroces souffrances qui m’ont torturée toute la journée jusqu’à provoquer une crise d’asphyxie à 18 heures.

Jésus me tenait en son pouvoir depuis les premières heures de la nuit: depuis le moment où il m’avait dit: ‘Cherche le point à propos des soixante-dix semaines’. Et je vous[4] assure que j’avais souffert aussi à cause de ça pendant la journée. J’étais comme perdue dans mes rêves. Les autres s’en sont aperçus aussi. Et j’avais hâte que la nuit arrive, car je sentais que Jésus attendait la nuit pour parler. Mais j’étais si fatiguée que je vous avoue comme en confession que j’ai écrit uniquement grâce à la force que Jésus m’a donnée, un mot à la fois. Je dormais debout, mes yeux se fermaient. Aussitôt que ce fut fini, j’ai fermé le cahier sans m’occuper d’autre chose et ce n’est que ce matin que j’ai compris le sens de ce que j’avais écrit machinalement.

Bon Jésus! Quelle secrétaire abrutie je devais être! Mais si lui est content...

Cependant, vous remarquerez qu’il n’y a ni ratures, ni omissions, sauf une à la page 2 et une aux pages 3 et 4. Signe que si tout était épuisé, y compris l’esprit, au point de ne pas jouir des paroles de Jésus, sa force guidait ma main.


Notes

  1. Mais, comme l’auteur précise dans une note à la fin de la dictée, ce sont en fait les paroles de l’Éternel. ↩
  2. Dans la dictée du 26 novembre. ↩
  3. Le mot Juda est à peine lisible, superposée à un autre mot qui semble être David. ↩
  4. L’auteur s’adresse au père Migliorini. ↩