Matthieu 23, 19.
Hier vendredi, silence. Seulement de la souffrance, que j’ai reçue comme un don et offert comme un don.
Aujourd’hui, Jésus dit ceci:
«L’une des déviations de votre pensée de catholiques, et même de chrétiens en général, réside en cela: vous confondez l’offrande et l’autel. Vous croyez que l’offrande est plus grande que l’autel. Cela arrive même à ceux d’entre vous qui sont de bons enfants du Seigneur. Je vous en parle pour vous en corriger.
Vos offrandes de prières et de sacrifices me sont très chères et ce n’est qu’au paradis que vous verrez comment je m’en suis servi, et tout le bien que j’ai fait grâce à elles.
Vous me donnez vos pauvres choses toujours pétries d’humanité, toujours souillées d’imperfections. Vous n’avez rien de plus beau à m’offrir. Le meilleur des hommes est toujours l’objet d’imperfections, du fait de sa nature. Quand vous serez ici avec moi, vous ne serez plus ainsi.
Toutes vos actions sont imparfaites à mes yeux. Mais je prends en considération votre effort, votre affection et votre rectitude quand vous les offrez. Et je ne les méprise pas, bien au contraire! Je les prends avec amour et je les sanctifie, je les purifie à mon contact et, une fois que toutes sont devenues saintes et pures, je m’en sers pour le bien du monde, et pour votre bien.
Oh! Je suis un banquier honnête et bon. Je ne laisse pas votre épargne improductive. Je ne les utilise pas pour moi ou pour d’autres en vous laissant privés de fruits. Au contraire, je les thésaurise pour vous et, même si je dépense votre petite monnaie pour les besoins du monde, j’en accumule les fruits avec amour pour que vous les trouviez à l’heure de votre mort et qu’elle constitue votre dot pour entrer dans mon Royaume.
Vous me donnez donc vos pauvres choses toujours imparfaites, mais qui me sont si chères. Vous me les donnez, à moi. Je vous l’ai dit, en effet, toutes les bonnes œuvres que vous accomplissez pour votre prochain, c’est à moi que vous les faites. Or offrir à votre prochain le pain, l’eau, l’hospitalité, les vêtements, l’enseignement, l’exemple vaut autant que leur donner la vie en me l’offrant pour le salut d’un homme ou de beaucoup, et pour le triomphe du bien – de mon Bien – dans le monde.
Cependant, quoi que vous me donniez, pensez toujours que ce n’est pas grâce à cela que vous obtenez ce que vous demandez, mais grâce à votre Dieu. C’est moi, autrement dit l’autel – puisque l’autel représente le trône de Dieu –, qui vous fais grâce. C’est moi qui sanctifie votre offrande, et non l’offrande qui me sanctifie, moi. C’est moi qui veux et qui peux, et non pas vous qui pouvez et voulez.
Par conséquent, quand vous dites dans le Notre-Père: “Que ta volonté soit faite”, vous devez penser que, jusque dans vos demandes, il vous faut accepter ma volonté de vous écouter et de vous accorder ce que vous demandez. Ne dites pas: “Mais moi, j’ai donné, donc je dois obtenir.” Vous avez donné; et le fait que vous ayez une foi et une confiance en moi telles qu’il vous paraît impossible que je n’intervienne pas pour vous exaucer, voilà qui m’est plus doux que la caresse d’un enfant. Mais si, pour quelque raison que vous ne pouvez comprendre, je ne vous exauce pas, ce n’est pas une caresse que vous devez me donner mais un baiser, qui est une forme d’amour plus profonde que la caresse, le baiser de votre prompte, joyeuse, humble, sainte obéissance et résignation à ma volonté.
L’autel est bien plus important que l’offrande qui y est déposée, et c’est l’autel qui parle. Ne confondez donc pas la chose avec celui à qui la chose est offerte.
Je me refuse à vous qualifier de pharisiens, car c’est justement vous qui tombez dans cette légère faute, vous qui êtes les plus généreux, les plus désireux de m’aimer d’un cœur droit. Les pharisiens commettent des erreurs de toutes sortes, alors que votre attitude envers Dieu n’en comprend pas d’autre que celle-ci. Mais puisque je vous ai dit: “Soyez parfaits”, ôtez-la, elle aussi, de votre cœur.
Quand vous avez déposé votre don sur l’autel, quand vous m’avez remis vos offrandes, à moi votre Dieu, laissez l’autel les élever, laissez Dieu les consacrer. Rappelez-vous quand je faisais descendre le feu divin sur de pauvres offrandes pour les consumer en sacrifice d’agréable odeur. Aucun prêtre, aucun feu n’est plus grand que moi, qui prends votre don, le consacre, le consume et l’utilise pour ce que je trouve utile, même si cela ne vous semble pas l’être, et aucun don ne devient plus beau que celui qui est offert non seulement matériellement, mais aussi en pensée. Offert. Une fois l’offrande faite, ne la rappelez pas avec superbe à celui qui l’a reçu. Mon intelligence me suffit pour me souvenir de vous. Votre sourire, vos appels “Jésus!”, “Père!” suffisent pour que je garde votre offrande en mémoire, comme si votre ange l’élevait à la hauteur de mon regard.
Courage, mes enfants! Le monde est féroce. Mais c’est une chose qui passe et ne revient plus. Moi, je reste avec ma bonté, ainsi que mon monde paradisiaque où vous êtes attendus pour y oublier, dans une joie éternelle, toutes les horreurs de la terre.»