Les Écrits de Maria Valtorta

83. Le 30 avril

1944-04-30

Journée désolante de souffrance. La communion me laisse sèche comme une pierre et, plus que jamais, sans aucun réconfort. Le ciel est fermé. Toute la journée, je pleure sur ma misère. Dieu m’a abandonnée et les hommes augmentent mon malheur en se révélant, à cette occasion, mordants, indifférents, incompréhensifs. Mais surtout mordants. Hier soir, j’ai eu l’impression que le ciel s’approchait de moi car j’ai vu, de la vue de l’esprit, la Vierge m’apparaître, vivante, en haut d’un arbre qui m’a paru être un orme. Mais ce fut d’un instant. Puis l’obscurité d’avant et le silence qui me persécute depuis vingt jours recommencèrent. Est-ce moi qui ai entendu tant de paroles et vu tant de choses? Est-ce donc que j’étais folle, à cette époque? Suis-je possédée, maintenant que je ne mérite plus rien? Je ne prétends pas obtenir des grâces spéciales. Je les ai toujours repoussées par peur. Mais au moins le réconfort de l’union à Dieu dont je bénéficiais jusqu’au 23 avril 1943. Et pourtant, je prie. Sans plus ressentir de joie, mais je prie. Lorsque je vois dans mon miroir ce clocher[1] ou que j’en entends sonner les cloches, j’adore la croix ou je récite le Regina Coeli. Toutefois, comme une blessure à la gorge, l’eau de la prière ne descend pas me désaltérer le cœur. Elle fuit bien que moi, qui suis mourante, je me tienne tout contre cette fontaine.


Notes

  1. le clocher de l’église paroissiale de S. Andrea di Còmpito, qui se reflétait dans le miroir placé dans la pièce qui abritait l’écrivain malade. Voir la note 139. ↩