Jésus vient et m’attire sur sa poitrine, son manteau blanc me recouvrant complètement. Il me soutient du bras gauche et pose sa main droite sur ma tête. Il me console. Il veut me consoler, au lieu de quoi sa tendresse extraordinaire me met les larmes aux yeux… car je sens que, si Jésus agit ainsi, c’est qu’il sait que les hommes sont en train de me préparer de nouvelles croix… celles que je connais…
Ce sera donc toujours comme ça! Toujours plus de souffrances! Seul Dieu, seule Marie, seul le ciel nous aiment, nous qui sommes leurs pauvres instruments. Mais les autres arrivent même à mêler du fiel et du vinaigre aux douceurs que le ciel nous accorde…
Comment un même cœur peut-il contenir à la fois autant de joie et autant de peine? C’est pourtant le cas. On dirait deux courants qui se heurtent dans un golfe en soulevant des lames. Et l’âme est au milieu, soulevée, abattue, vers le ciel, vers l’abîme, de la béatitude au tourment…
C’est là un martyre qui épuise davantage qu’une maladie et que tous devraient éprouver pour le comprendre, en particulier ceux qui se montrent si sévères à l’égard des instruments, même plus que sévères… alors qu’ils devraient nous aider par leur charité…