Les Écrits de Maria Valtorta

236. Le 15 août 1949

1949-08-15

Jésus me dit:

«Ma Mère est la seule à avoir tout su de moi, aussi bien durant mes années de Fils à Nazareth que lorsque j’étais le Maître et le Rédempteur, puis le Ressuscité glorieux. Car, aussi bien par ma parole que par disposition divine, Marie savait tout de moi et partageait tout avec moi: les fatigues comme les souffrances, les joies comme les triomphes. Marie seule. Les évangélistes et les apôtres connurent partiellement telle ou telle partie de ma vie. Mais ils ne surent pas grand-chose – presque rien – de ma mère.

En revanche, toi seule, ma petite Maria, mon petit Jean, toi seule connais tout sur Marie et sur moi. Tu as vécu notre vie, à nos côtés. Tu as respiré l’air de notre maison, de la maison de Joachim puis de Marie, de notre Nazareth, de toute notre Palestine. Tu as senti l’odeur du pain sorti du four par Marie, du linge qu’elle lavait, de son corps virginal et du mien. Tu as humé l’odeur des baumes de Marie-Madeleine, de la pourriture de Lazare ressuscité, l’odeur de l’agneau et du vin de la cène pascale comme aussi celle de mon sang répandu pendant la Passion. Tu as compté nos respirations, nos voix et nos regards, nos gestes, nos enseignements, nos miracles.

Tu en sais davantage que le grand Jean. Mon adoratrice crucifiée, j’ai voulu te donner cela par le biais de ta longue souffrance: une connaissance parfaite et complète de nous, comme aucun saint et docteur ne la posséda jamais.

Mais les temps pressent. Seule une connaissance étendue de moi peut sauver. Et j’ai tout donné à ceux qui m’ont tout donné afin que, grâce à ton sacrifice qui a tout obtenu de mon amour, un grand nombre obtienne la vie. Ni les hommes ni l’enfer ne pourront arracher de ton esprit le trésor que je t’ai accordé. Il t’aidera à vivre, à mourir et à anticiper la joie du ciel.

Mon âme, ferme tes yeux corporels au monde qui t’entoure et t’afflige, mais ouvre ceux de ton âme, garde-les toujours ouverts sur le monde que je t’ai représenté: mon monde.

Exulte et trouve ta joie en moi enfant. Admire et écoute le petit garçon déjà Maître. Ma disciple, écoute le Verbe s’adressant aux foules.

Repose-toi sur mon cœur, mon nouveau Jean. Rougis de mon sang.

Pleure sur le tourment de ma Mère, qui éclate finalement après sa souffrance héroïque sur le Calvaire. Toi, du moins, tu dois comprendre ce double supplice de mère et de première et parfaite croyante. Personne ne le comprend, excepté toi, qui l’as vu et t’en souviens, qui entends les voix, vois les larmes et les sanglots.

Répare par ton amour compréhensif ce manque de considération pour la souffrance de Marie, corrédemptice. C’est là ce que je te demande: que tu répares la superficialité avec laquelle trop de personnes considèrent la passion de ma Mère.

Je te le demande aujourd’hui, en cette fête de l’Assomption, en ce jour de joie mariale. Toutefois, Marie dut boire une coupe aussi amère que la mienne pour avoir cette joie-là… Marie fut une mer de douleur, avant de devenir la Reine du ciel.

Vous êtes lavés par mon sang et par la mer de larmes de Marie. Or personne n’y pense… Quant à toi, répare pour tous ces indif­férents.»