Les Écrits de Maria Valtorta

22. Le 24 novembre 1947, à 11 h 30

1947-11-24

Marie dit :

« Ce que je t’ai dit le jour de la Présentation te permet de comprendre pourquoi je suis apparue en portant les trois couleurs des vertus théologales. Certains, qui se perdent dans les habituelles inepties humaines, même face aux plus grandes et les plus claires réalités surnaturelles, font obstacle à la croyance en ma venue à Tre Fontane en raison de ces couleurs… Là où je suis, il n’y a pas de limitations. Et en toute chose il y a un symbole.

Reine de la Révélation, j’ai revêtu les couleurs des trois vertus que la Révélation contient et propose : la foi, l’espérance et la charité.

Toute la Révélation est foi. Sans la foi, on ne pourrait accepter la Révélation. L’Evangile est foi parfaite, puisque c’est la Révélation directe des vérités divines et des moyens nécessaires pour tendre vers le Royaume des Cieux, autrement dit ce qui renforce l’espérance, vertu par laquelle les croyants attendent avec assurance la vie éternelle, obtenue par la charité, cet amour pour Dieu et pour le prochain qui est contenu dans le commandement de mon Fils.

Je suis venue auprès du siège de Pierre, au cœur de la catholicité, à un moment effroyable de naissance des ténèbres. Or les ténèbres naissent du mépris déclaré ouvertement, de la négligence somnolente, de la tiédeur envers l’Evangile, détestée par Dieu. Je cherchais, par ma venue, à faire fuir les ténèbres devant la Lumière, qui est le Verbe. J’ai donc rappelé par le symbole de mon vêtement qu’il n’y a pas d’intelligence et de salut si l’on ne se revêt pas l’âme de foi, d’espérance et de charité pour comprendre la Parole ; qu’il n’y a pas de vie et de paix sans foi, espérance et charité pour vivre réellement la Parole et rechercher la vie et la paix éternelles.

Sans la foi, la Révélation devient une accumulation de paroles vaines et incompréhensibles. Pour les incroyants, elle forme un objet de mépris envers le Très-Haut, dont les vérités sont tournées en dérision, et un objet de ruine individuelle et collective, terrestre et dans l’autre monde.

Sans l’espérance, la Révélation devient une accumulation de paroles vaines que les hérésies assaillent et pulvérisent. Qu’est-ce que la vie éternelle, la possession de Dieu, le paradis, pour ceux qui n’ont pas la sainte espérance, pour les personnes stérilisées par le matérialisme, corrompues par les doctrines de Satan, aveuglées par le positivisme, rendues folles par une science athée qui veut soutenir les évolutions de la matière en opposition aux créations de Dieu pour expliquer l’existence du monde sensible, tuées par l’athéisme qui nie le Tout en qui se trouve la clé de tout ? Quel frein reste-t-il aux hommes qui n’espèrent pas dans les promesses de Dieu, et n’agissent pas pour en faire une réalité pour eux-mêmes ? Quel aiguillon a-t-il pour s’opposer aux tentations et faire face aux malheurs ?

Sans la charité, la Révélation devient une accumulation de paroles vaines. Quand on n’aime pas, comment pourrait-on croire en Dieu, à Dieu, à sa loi, au bien que l’on recherche en croyant et en espérant dans les vertus éternelles, dans les promesses divines, et selon l’Evangile ?

Trop de personnes, de toute classe sociale, je dis bien de toute classe sociale — que le lecteur comprenne —, ont affaibli ou même perdu les vertus théologales ! En tant que Mère de l’Eglise et des catholiques, c’est la cause de mes larmes. Et je suis venue pour rappeler qu’il n’y a pas de Vie pour ceux qui ne savent pas vivre l’Evangile, et qu’on ne comprend pas la Révélation si l’on ne garde pas les trois vertus théologales bien vivantes au fond du cœur.

Que ceux qui s’étonnent du manteau vert et de la ceinture rouge sur mon vêtement blanc se souviennent que je suis apparue à un homme qui avait perdu la foi, l’espérance et la charité, et à qui j’ai imposé le retour à la foi par l’abjuration de l’erreur qu’il avait accueillie à la place des vérités qu’il avait d’abord aimées ; un retour à l’espérance pour tendre de nouveau, et par le bon chemin, vers cette vie éternelle que Dieu a promise à ses fidèles, en suppliant humblement le Père de l’aider à la rechercher, et en piétinant l’orgueil qui l’avait coupé de la Vigne qui a pour nom Jésus ; un retour à la charité en revenant dans le Corps mystique de l’Eglise une, sainte, catholique, apostolique et romaine.

Veuille la bonne volonté des hommes obtenir que mon apparition n’ait pas revivifié la foi, l’espérance et la charité en Bruno seulement. Car, sans ces vertus, il ne sert à rien de connaître à la lettre les paroles de la grande Révélation ancienne, et il est tout aussi inutile de lire celles de la dernière révélation donnée, par une grande grâce, par la Miséricorde éternelle. Puisse mon apparition avoir permis de faire refleurir ces vertus fortement chez beaucoup, en particulier chez ceux qui doivent les posséder pleinement pour leur ministère, afin de nourrir les âmes. On ne nourrit pas au sein si l’on n’a pas un lait sain, abondant et nourrissant. Veuille la bonne volonté des hommes… (La Vierge pleure).

Je t’épargne beaucoup de vérités. Rappelle-toi la dictée que tu as dû brûler sur l’ordre de l’archange Gabriel. Et aime, crois, agis pour beaucoup, pour tous, ma fille que nous bénissons. »

(Mentalement, je demande à Marie pourquoi elle s’est montrée brune à cet homme, et non pas blonde.)

Elle me répond :

« C’est dû à l’obscurité de la grotte et au reflet du manteau. Mais je suis bien la Mère de Jésus, qui a donné aux cheveux de son Fils un or plus cuivré que le sien, et le bleu de ses yeux. Celle que tu vois. Celle dont l’apparition comme Reine de la Révélation à Rome a un rapport avec l’Œuvre et avec l’ordre des Servites de Marie, ô Maria, petite servante de Marie que j’ai si souvent serrée sous le manteau noir des Servites de Marie, ordre auquel mon Fils a lié et confié l’Œuvre… s’ils en avaient connu l’Auteur. »