Les Écrits de Maria Valtorta

23. Nuit du 20 au 21 février 1948

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« Mon âme, on te dira que, pour faire approuver l’Œuvre, il faut éviter d’attirer l’attention des examinateurs sur son origine surnaturelle. Laisse-les dire. Cela servira à les faire parler. Cette provenance est l’unique obstacle que l’Œuvre peut rencontrer avant d’être donnée aux âmes. Le seul qui puisse être considéré comme valide. Mais la divine Providence a dicté et illuminé cette Œuvre pour les âmes ; elle veut qu’elle parvienne aux âmes, le plus tôt possible. Car s’ils tardent davantage, ils ne pourront plus (la diffuser), et ils devront rendre compte à Dieu de leur tiédeur.

Les foules dépérissent. La Miséricorde incarnée a pitié d’elles. C’est pourquoi elle a accompli cette troisième multiplication des pains de sa Sagesse.

L’aspect humain est tenace, même chez ceux qui portent le nom de “Pasteurs”, alors qu’ils devraient n’être qu’esprit, et reconnaître le Seigneur comme Auteur divin de l’Œuvre. Il leur est par conséquent difficile d’avouer qu’il ne s’agit pas là d’une œuvre humaine, et qu’elle doit être tenue pour surnaturelle, même par ceux qui ont reçu la plénitude de mes dons et ceux du sacerdoce pour pouvoir distinguer sans erreur le vrai du faux, le style de Dieu de celui d’une créature.

Nous permettons donc que l’Œuvre soit, pour le moment, proposée telle qu’elle est. Telle qu’elle est signifie sans que les présentateurs l’imposent à l’examinateur et juge de ces pages en y mêlant un jugement personnel et une indication précise. Mais cela veut surtout dire : sans altérer la moindre syllabe de ce que tu as écrit, ils devraient reconnaître le caractère extraordinaire de ce que tu as vu et entendu, de tes descriptions de scènes et de lieux que tu n’as pas imaginés mais vus, et de ta transcription de paroles que tu n’as pas pensées, mais qui t’ont été dictées. Veille à ce qu’une telle altération n’arrive jamais, car une correction humaine serait sacrilège. La Sagesse ne t’avait jamais demandé d’écrire le mot “dictée” en tête des dictées, et celui de “vision” en tête des visions. C’est un homme qui l’a écrit. Or une œuvre humaine est toujours défectueuse et douteuse.

Il faut revenir à la manière dont la Sagesse t’a enseignée : l’Œuvre doit être présentée avec une exactitude chronologique selon le temps de Jésus, et non pas celui de ta réception, sans autre spécification. Les titres des chapitres, sans date et sans préciser qu’il s’agit d’une “dictée” ou d’une “vision”. Après les titres, que l’on mette ce que tu as écrit, intégralement, sans en modifier une syllabe. Et que chacun juge et pense ce que sa formation spirituelle, plus ou moins imparfaite, lui permet de penser et de juger.

Tout comme l’Œuvre ne doit pas subir de modifications, elle ne doit pas porter de nom d’auteur humain.

Quand bien même on mettrait l’Œuvre sous le nom de Sa Sainteté le Vicaire de Jésus, ce serait du vol et un mensonge. Dieu seul en est l’auteur.

Que le titre soit : “La Parole qui donne la vie éternelle”, ou : “La Bonne Nouvelle adressée aux petits du troupeau de Jésus”, ou encore : “A la suite de Jésus et de Marie dans les lumières de la Sagesse.” Que l’Œuvre porte ce titre, et rien de plus.

Par justice, je veux cependant que l’on fasse un acte en deux exemplaires qui indique très clairement que l’Œuvre a été révélée par une source surnaturelle à Maria Valtorta, tertiaire de l’ordre des Servites de Marie. C’est un document d’une grande importance, plus pour ceux qui viendront après vous, que pour vous. On en conservera précieusement une copie dans les dossiers des Archives de l’ordre, et une dans tes papiers secrets. Après ta mort, elle devra être donnée à la personne que je t’ai indiquée.

Cette concession n’est pas une victoire. Ni pour eux, ni pour la haute hiérarchie ecclésiastique. C’est seulement une preuve de pitié pour toi et pour les âmes. Elle est accordée pour te donner la paix, à toi, en alimentant d’une nouvelle huile d’espérance ta lampe qui meurt sous le vent de la déception. C’est aussi une nourriture pour les âmes.

Pour les autres, c’est seulement la preuve que Dieu connaît bien leur humanité, qui contrôle leur esprit au point de les empêcher de le reconnaître comme l’Auteur de l’Œuvre et d’un nouveau prodige : l’élévation d’une humble âme au rang de porte-parole de Dieu.

Garde ces paroles dans tes papiers les plus précieux, et sois sûre que, quel que soit le jugement actuel des hommes, Dieu ne change pas le tien à son égard ; un jour viendra où la vérité sera parfaitement connue.

Mieux, Dieu vous a déjà jugés, toi comme eux. Mes indications en sont la preuve. L’Œuvre vous crible, toi et tous, depuis les pasteurs de la hiérarchie de l’Eglise jusqu’aux prêtres, et de ces derniers aux fidèles. [Lc 22,31] [Jn 10,14] Il est dit : “Satan a demandé de vous passer au crible.” Et aussi : “Mes brebis me connaissent, et elles reconnaissent ma voix.” Ou encore : “Qui me méprise et n’accueille pas mes paroles a déjà son juge.”

Je suis celui-là : l’Esprit Saint qui, un jour, convaincra de péché ceux qui, en dépit de leur aspect extérieur, sont “monde”. Il les convaincra de leur péché envers le Maître de toute vérité.

Quand ils te diront ce dont je t’ai parlé au début, rappelle ce que je te dis maintenant. Dis que tu sais comment veiller à ta paix de manière définitive. Incite-les à parler. Et une fois qu’ils auront reconnu ce que la Sagesse te révèle depuis un an déjà, prends la parole.

Repose dans l’effusion de l’Amour en toi. »

Il ajoute :

« Souviens-toi que la moindre modification, le moindre ajout, doit être soumis à ton jugement, car c’est moi qui te guide. »