Les Écrits de Maria Valtorta

25. Le 7 mars 1948

1948-03-07

Le divin Auteur me dit : « Ne m’appelle pas ainsi. Appelle-moi “le doux Hôte.” Car je suis réellement le doux Hôte de ton âme, et j’y trouve une douce hospitalité. »

Je lui dis en pensée : « Je ne sais pas comment cela peut se produire. Je suis misérable et pécheresse, alors que toi, tu es la Perfection de Dieu, l’Esprit de l’Esprit de Dieu. »

Il me répond :

« Je la trouve parce que tu m’aimes. Tu m’as toujours aimé. Des trois Personnes divines, je suis celle que tu as aimée en premier, et sans interruption. Plus tard, tu as compris le Verbe avec sagesse. Plus tard encore, le Père. Mais tu as aimé l’Esprit Saint dès les premiers rayons de ton intelligence, et moi, je t’ai aimée. C’est pourquoi je t’ai rendue aussitôt capable d’aimer passionnément Jésus le passionné. Tu as cru l’aimer, lui. Mais tu m’aimais en lui. Et c’est de moi que tu tirais la lumière et la flamme qui te permettaient de l’aimer.

Dans tes conditions familiales, aurais-tu été capable de t’élever aussi rapidement à la mystique pure, toute seule, si je ne t’avais pas habitée afin que tu m’aimes de toutes les forces de ton âme ? J’ai été pour toi un catéchiste et un maître, pour désaltérer ta soif spirituelle de “connaître Dieu”, que rien n’apaisait. Et au jour de nos noces, ta confirmation, je t’ai visiblement désignée comme mon signe de feu.

Personne n’a compris. Les hommes sont toujours superficiels. Mais il faudrait relater dans ton petit Légendaire ce feu inexplicable qui a brûlé toutes les vanités de tes compagnes au moment du rite, mais t’a laissée exempte dans un cercle de flammes.[1] Tu étais si recueillie en m’attendant que tu ne t’es même pas aperçue de ce qui se passait, et que tu n’as pas eu peur.

Ton âme sentait qu’une épouse du Feu divin ne peut être brûlée que par lui, et que la Flamme céleste repousse toute autre flamme. Cette vérité est l’explication de toute ta vie spirituelle et de sa ferveur en dépit des plus violentes épreuves. C’est pourquoi je suis maintenant venu compléter le Maître Jésus et parfaire ton moi spirituel, tout comme je suis venu le commencer au début de tes jours.

Appelle-moi donc “le doux Hôte”, car c’est ce que je suis, pour ma joie et la tienne. “Divin Auteur” met trop de distance entre l’Un et l’autre qui s’aiment. Hôte. Et doux Hôte, cela oui. Pas autrement. Car je trouve mon repos dans la personne qui m’aime et qui m’accueille, et tu trouves ton repos en moi, qui t’aime et qui demeure en toi. »


Notes

  1. feu inexplicable qui a brûlé : cet événement est relaté dans l’Autobiographie, vers la fin du chapitre “Ma Pentecôte”, dans la première partie. ↩