Le 26 mai au soir, la Vierge de Fatima m’est réapparue, de la manière suivante : on aurait dit qu’un grand arc-en-ciel, mais peu arqué, était suspendu entre terre et ciel. Au centre se trouvait Marie, appuyée sur un petit nuage argenté, douce et souriante. De ses mains jointes pendait un long chapelet. Sous ses pieds nus, de nombreux éclairs étaient retenus.
Je me suis dit : « Ouf ! Cette fois, c’est la paix. L’arc-en-ciel est là. Les foudres des châtiments de Dieu sont sous les pieds de Marie… » et je me mis à remercier notre Mère.
Mais elle écarta les mains et me montra, de la main gauche — autrement dit à l’est par rapport à elle —, une sorte de feu, ou d’astre, ou encore de joyau : cela ressemblait à tout cela… Il rayonnait très haut dans l’azur limpide d’un ciel sans nuage, dans une atmosphère très pure comme cela arrive après un grand orage qui lave l’air de toute impureté.
Ce feu, joyau ou astre avait la forme, l’aspect et le contenu suivants :
Sa forme :
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Sa couleur : la lumière de la flamme la plus étincelante et la plus claire qu’on puisse libérer. Ou encore : un topaze aux reflets d’or, ou de l’or embrasé. C’était superbe.
Son contenu : des dessins de feu, ou de pierre précieuse et d’or plus clair étaient tracés dans (non pas sur, mais dans) ce merveilleux joyau. Ils se trouvaient dans les triangles supérieur et inférieur, tandis que l’espace central était occupé par une étoile très vive, couleur sur couleur. Son éclat était doux, mais très fort, de sorte que presque toute la lumière des triangles du haut et du bas convergeait sur l’étoile et la rendait encore plus étincelante.
Les dessins étaient entrelacés dans le triangle supérieur, divisés en trois dessins plus petits dans le triangle inférieur. J’ai pensé qu’il s’agissait de lettres alphabétiques, mais je ne me souvenais pas en avoir déjà vu de telles.
Je comprenais que Marie voulait que je vénère ce signe, mais je ne voyais pas de quoi il pouvait s’agir. Je ne me rappelais pas avoir jamais rien vu de semblable dans le symbolisme chrétien.
Je suis restée dans l’incertitude jusqu’à ce matin, parce que c’est seulement en ce dernier jour de mai que la Vierge me donne l’explication de ce symbole. Elle dit :
« Ce n’est pas moi seule que tu dois remercier, mais toutes les sources de la miséricorde : la sainte Trinité, et la trinité terrestre (autrefois) qui, aujourd’hui dans la gloire, vous aime et vous protège, vous les membres du Corps mystique.
Le signe veut te dire ceci : en haut, la sainte Trinité dont le Nom est écrit en caractères de feu sur feu, en anciennes lettres hébraïques.
En bas, la trinité mineure — la sainte Famille, représentée elle aussi par les anciennes initiales hébraïques de Jésus Messie, entrelacées avec celles de la Servante de Dieu et du Patron du Christ lui-même comme homme sur terre, et dans l’Eglise, son Corps mystique.
Entre les deux triangles se trouve le signe de Celui qui vient de la sainte Trinité et qui a grandi en sagesse, en âge et en grâce auprès de Joseph et de moi, le signe du Fils de Dieu, conçu par l’opération du Saint-Esprit, et qui a pris chair et est né de la Vierge, réunissant ainsi les deux natures en un Etre unique dont le nom connu jusqu’ici est : Jésus-Sauveur, mais dont le nom véritable est “connu de lui seul” [Ap 19, 12] et vous sera révélé dans la lumière triomphale de la Jérusalem céleste et achevée.
Et ce nom véritable, actuellement inconnu, est occulté par l’étoile lumineuse dans l’inscription flamboyante. Des personnes inspirées l’ont désignée sous le titre d’Etoile de Jacob, ou du Matin, Orient, Lumière.
Son Père se plie à sa volonté, et il accueille toutes mes prières, parce que je suis sa Mère. Sans lui, il ne me serait pas donné de retenir les châtiments de la colère divine. Mais toute miséricorde est obtenue parce qu’il est l’Amour miséricordieux, ainsi que le résumé de tout amour divin et humain.
Mais quand tu l’adores, lui qui a d’avance imploré, par un sacrifice démesuré, toutes sortes de bienfaits pour vous et toute miséricorde, adore la sainte Unité et Trinité d’où le Verbe est venu pour être Rédempteur, et ne me prie pas moi seule, mais aussi le Père, le Fils, l’Esprit Saint, Jésus, Joseph, moi-même, votre Dieu et vos amis miséricordieux. »