Les Écrits de Maria Valtorta

39. Préparatifs pour la majorité de Jésus et départ de Nazareth.

39.1

J’ai obtenu de lui une promesse. Je lui disais :

« Jésus, comme il me plairait de voir la cérémonie de ta majorité ! »

Il m’a répondu :

« Je te la ferai voir dès que nous pourrons être “ entre nous ” sans que le mystère en soit troublé. Tu placeras cette vision après la scène de ma Mère, ma maîtresse d’école et celle de Jude et de Jacques que je t’ai donnée récemment (le 29 octobre). Tu la mettras entre cette scène et la discussion au Temple. »

[…]

Le 19 décembre 1944.

1944-02-21

Comme vous l’aurez compris, en même temps que Jésus commentait la vision de sa rencontre avec sa Mère après la résurrection, il me faisait voir sa résurrection au sépulcre et sa rencontre avec Marie-Madeleine.[1] J’en suis tout heureuse, plongée dans la lumière du Christ ressuscité – quelle lumière joyeuse, paisible! –.

Je pourrais vous donner le cahier car, à vue humaine, “tout est accompli”. Mais le Maître me dit qu’il y a encore une chose à y join­dre. Alors j’attends.

Un peu plus tard, je dis à Jésus: «Quelle joie, Seigneur, de ne plus te voir souffrir ainsi et de voir ta Mère sourire!»

Alors lui:

«Ne t’abandonne pas à cette douceur. Ce n’est pas de ce pain-là que tu dois manger, mais de celui de la souffrance de Dieu et des larmes de Marie. Il m’a fallu anticiper cette vision pour te faire le cadeau promis. Mais c’est un temps de douleur et tu dois contempler la Douleur. Le P. M.[2] a désiré tout avoir pour Pâques. Mais je veux que ce soit une préparation à Pâques pour lui et pour beaucoup. Dis-lui par conséquent que, lorsque j’aurai complété ce don par le dernier point, il doit laisser en plan tout autre travail et de consacrer à celui-ci, afin qu’il soit distribué à temps. C’est ma volonté.»

J’obéis à son désir d’avoir illustré la vision de la résurrection. Humainement parlant, j’aurais préféré m’éviter cet effort, étant donné que Jésus en avait parlé. Mais l’obéissance est une vertu et j’obéis dans discuter.

Voici donc: [3]j’avais l’impression d’être portée par la volonté de Dieu dans le frais jardin où se trouve le Sépulcre. La lourde pierre a été scellée sur lui et les sceaux apposés sur le mortier – on aurait dit de larges rosaces imprimées dans l’enduit et il aurait été impossible de les retirer sans que l’effraction n’apparaisse –. Au devant se tenaient les gardes du Temple, à demi-somnolents, les uns assis, les autres debout appuyés au rocher du Sépulcre.

Le ciel commence à peine à s’éclaircir, de sorte que l’on se voit dans une lumière vert pâle et incertaine qui semble frissonner sous le vent frais de l’aube. Tout n’est que silence. Les oiseaux ne se sont pas encore éveillés.

Le ciel garde encore le souvenir de quelques étoiles, c’est un ciel qui paraît être fait de soie bleue, plus claire à l’orient, plus sombre à l’occident; il en provient une sorte de dard de feu semblable à une flèche qui se termine dans un globe de lumière resplendissante. Fendant l’air, il descend à toute vitesse en sillonnant les espaces sereins.

En tombant, ce météore éclatant déclenche un grondement semblable à celui d’un tremblement de terre. Toutefois, loin d’être un grondement discordant, il ressemble à ce que les grands tuyaux d’orgues gigantesques peuvent susciter sous les voûtes d’une cathédrale à un “Gloria” solennel. Il est puissant, harmonieux, et emplit de sa voix l’air matinal.

Epouvantés, les gardes se lèvent et regardent autour d’eux. Mais la foudre éclatante est déjà sur eux et s’abat sur la lourde pierre, dont la fermeture est renforcée par le contrefort de mortier qui a servi à la fixer, puis ce rocher s’abat et se renverse sur le sol comme s’il s’agissait d’un fragile écran de papier de soie, avec un bruit et un secousse de tremblement de terre qui renverse les gardes, les uns en avant, les autres en arrière; ils gisent sur le sol comme s’ils étaient évanouis, absents. Ils ne reviennent pas à eux. Ils restent là comme un groupe de marionnettes dont on aurait brisé les fils qui les tenaient debout. Ils sont ridicules.

La flèche de feu, bien plus rapide que je ne puis le décrire – de son apparition dans le ciel à son arrivée au Sépulcre elle a mis quelques instants, pas même des minutes mais une fraction de minute: un clin d’œil – pénètre dans le tombeau obscur et l’illumine d’une lumière fantasmagorique qui paraît orner de mille joyaux la pierre des parois, de la voûte et du sol. Tandis que son éclat de­meure suspendu en l’air comme s’il était l’essence de cette lu­mière, cette dernière pénètre dans le Corps étendu sous ses bandelettes funèbres.

La forme immobile pousse un long soupir. Je vois les linges de lin se soulever sur sa poitrine puis retomber. Une minute de pause puis, d’un mouvement soudain, le Christ ressuscite. Il desserre, il doit desserrer sous les linges ses mains croisées sur le bas-ventre, ouvrir les bras, se mettre assis puis debout, car le linceul, les toiles de lin et le suaire se défont avec violence et de façon désordonnée: les premiers tombent sur le sol et le suaire glisse sur la pierre de l’onction puis reste là, pendant à moitié, comme une coquille dégonflée et vide.

Jésus est déjà revêtu de son vêtement resplendissant de blancheur, qui ne porte plus aucune trace de sang ni de blessure, sa tête divine est toute recoiffée et radieuse, sans autre signe de sa terrible Passion que les rayons qui sortent de ses blessures et qui, tels cinq feux, reflètent leur lumière sur la Personne divine et l’auréolent d’un halo de rayons croisés qui montent, descendent des mains et des pieds, et irradient en cercle à partir du centre de la poitrine. On ne voit pas la blessure au côté, car le vêtement la couvre. Mais la lumière la plus vive provient de sa poitrine et ressemble à un soleil dissimulé derrière un voile de soie.

Moins lumineux, et pourtant très beaux, deux êtres angéliques – qui sont certainement entrés dans le sépulcre en même temps que la lumière mais que, absorbée comme je l’étais par la contemplation de Jésus, je n’ai pas vus plus tôt –, sont agenouillés des deux côtés de l’ouverture arrachée et adorent. Ce sont des êtres incorporels, dont la forme humaine est faite de lumière, de cette “lumière” bienheureuse que, en contemplant le paradis[4], j’ai vu être la propriété de ses habitants spirituels.

Après l’adoration des anges, Jésus sort du sépulcre, passe entre les gardes aveuglés par leur évanouissement, traverse le jardin. Au fur et à mesure qu’il avance, sa splendeur divine émane sur les choses : les herbes couvertes de rosée s’allument sous un Soleil plus beau que le soleil qui vient de se lever dans le ciel et, sous le baiser d’une brise tiède et parfumée, elles s’inclinent et se relèvent doucement comme pour vénérer le Sauveur qui passe en souriant et en bénissant; les pommiers, que quelques rares fleurs saupoudraient de blancheur, ouvrent leurs myriades de corolles, si bien qu’un léger nuage se forme au-dessus de la tête de Jésus, parfumé, mousseux, composé de milliers de fleurs écloses, d’un blanc à peine rosé, et auquel fait écho, dans le ciel bleu, un petit nuage qui semble être de gaze rose; quant aux oiseaux, réveillés par une telle lumière, ils chantent de tous leurs trilles dans le jardin en fleurs.

Jésus s’arrête pour me parler sous un pommier qui est une vraie boule de fleurs dont quelques pétales, plus amoureux que les autres, descendent caresser les joues du Seigneur et se poser à ses pieds, fleurs parmi les fleurs du sol.

Je n’aperçois pas Marie-Madeleine avant que Jésus ne me la désigne. De même, absorbée par lui comme je le suis, je ne vois pas ce qui arrive aux gardes et je ne me rends pas compte du moment où ils s’éclipsent. Je ne vois même plus les anges, mais je comprends que je me trouve dans le sépulcre puisque son obscurité est rendue blanche par la lumière des anges.

Marie-Madeleine pleure, inconsolable. Je ne sais comment elle peut ne pas reconnaître Jésus. Peut-être lui obscurcit-il la vue pour pouvoir l’appeler en premier. Mais lorsqu’il la hèle elle le “voit” pour ce qu’il est et comme il est: triomphant. Elle pousse alors un cri d’amour infini, d’adoration, qui remplit le jardin fleuri et se prosterne dans l’herbe couverte de rosée aux pieds de Jésus.

Ma vision s’arrête là.

1945-07-23

Les martyrs Flore et Marie de Cordoue.

Peut-être pour me consoler de la vision perdue34 et faire disparaître l’inquiétude qui demeure en moi quand tant de choses humaines m’empêchent de m’occuper de mon travail, une vision nette mais étrange se présente à moi: un souterrain, certainement une geôle de quelque château; c’est un château musulman, parce que je vois un individu laid à la face patibulaire vêtu comme un turc ou un arabe – plutôt un turc de l’époque antique, à ce qu’il me semble –: il porte un long cafetan marron dont sort un jupon en une étoffe brillante comme de la soie, rouge foncé, et un pantalon ample serré à la malléole. Ses pieds sont chaussés de babouches sans talon en cuir rouge. Il porte sur la tête un chapeau en forme de cône tronqué marron, entouré d’un cercle d’étoffe vert émeraude enroulée en forme de turban. La prison, ou le souterrain, comme on voudra – car les fenêtres sont au niveau du sol – est agencée de la manière suivante: par un couloir bas dans lequel débouche une échelle raide, on entre par une ouverture voûtée dans une salle basse et sombre comme une cave. Au milieu de celle-ci se trouve un bloc de pierre carré portant en son centre un gros anneau en fer. Le sol est en terre battue. Voilà l’endroit, que je ne réussis absolument pas à représenter par un dessin.

On y conduit une adolescente, très belle, les mains liées dans le dos, et on la jette presque en bas des cinq marches qui relient cette triste pièce au couloir précédent. L’individu décrit ci-dessus l’attend en faisant les cent pas d’un air agité. J’ai d’ailleurs oublié de dire qu’il porte, à la haute ceinture qui maintient son vêtement, un long cimeterre recourbé dont la garde est ornée de pierres précieuses et le fourreau damasquiné en or.

«Je te le demande pour la dernière fois: veux-tu abandonner la religion de ces chiens de juifs et revenir à la sainte foi du Prophète?

– Non.

– Fais attention. Tu sais que, sur la terre des Maures on vé­nère seulement Mahomet, le vrai prophète d’Allah! Et tu sais quel sort attend les apostats.

– je le sais. Mais vous restez fidèles à votre foi, et moi à la mienne. Vous, à la vôtre qui est fausse, moi à la mienne, qui est la vraie.

– je te ferai ôter la vie sous les tortures.

– Mais tu ne m’ôteras pas le ciel et ses joies.

– Tu perdras la santé, la vie, la joie, tout.

– Mais je retrouverai Dieu et sa Mère la Vierge Marie, ainsi que ma mère qui m’a engendrée à Dieu.»

L’homme tape du pied rageusement et ordonne de la fouetter avec des verges en fer.

On arrache les vêtements du corps de la jeune fille qui est dénudée jusqu’à la ceinture, on les lui retourne sur les hanches sans lui détacher les mains qui sont ainsi recouvertes par les vêtements. On lui passe une corde au cou comme s’il s’agissait d’un collier et on l’assure, après l’avoir fait agenouiller près du bloc carré, à l’anneau, de sorte qu’elle touche du menton cette pierre dure. Deux bourreaux musclés pris dans l’escorte qui l’a traînée là commencent alors à la frapper sur ses jeunes épaules, sur le cou, sur la tête, férocement. Chaque coup crée une ampoule pleine de sang sur sa chair tendre et blanche. Quand la tête est frappée, son menton bat durement sur la pierre et se blesse, les dents s’entrechoquent sûrement, provoquant la douleur. Comme elle est agenouillée loin du bloc de pierre, qu’elle a les mains liées dans le dos et qu’elle est obligée de se pencher à angle droit, elle ne peut trouver aucun soulagement et, s’ajoutant aux coups, sa position même est torture.

Le juge n’était pas encore satisfait; il surveille cette torture les bras croisés comme s’il assistait à un paisible spectacle et ordonne d’intensifier les coups sur la tête “pour qu’elle ressemble davantage à son maudit Christ”, ricane-t-il.

Et les bourreaux frappent, frappent, avec des fines verges, presque flexibles – je pense qu’elles doivent être en acier –, qui pleuvent en gerbes sur sa pauvre tête après avoir sifflé dans l’air. Les cheveux se prennent dans les verges et sont arrachés à foison; ceux qui restent deviennent rouges de sang parce que la peau se déchire et que l’os crânien se découvre, tandis que le sang coule le long du cou, derrière les oreilles et descend sur la poitrine nue, s’arrêtant à la ceinture où il est absorbé par les vêtements.

«Assez!», ordonne le juge.

Ils la détachent, la rhabillent et, comme elle est presque évanouie, ils l’étendent sur le sol.

Le juge lui donne des coups de pied et, lorsque la jeune fille ouvre les yeux (un regard doux et douloureux d’agneau torturé), il lui demande:

«Tu apostasies?

– Non.» Ce n’est plus le “non” triomphal d’avant, mais malgré sa faiblesse, il est assuré.

«Ton frère s’en occupera. Et il sera pire que moi. Qu’on l’appelle et qu’on la lui donne!» Puis, sur un dernier coup de pied, le juge s’en va…

… et la vision s’achève dans un nouvel endroit, certainement encore une prison car il y a des cours avec des fenêtres aux grilles solides, et on entend des voix qui blasphèment et disent des choses triviales se mêler à des chants chrétiens qui en proviennent.

La jeune fille se trouve maintenant en compagnie d’une autre de son âge, et elles sont conduites dans une salle pompeuse où je revois le juge d’avant, entouré d’autres musulmans, des serviteurs ou des juges d’un rang inférieur.

«Il me faut donc encore vous interroger! C’est la dernière fois. Mais que voulez-vous donc?

– Mourir pour Jésus Christ.

– Mourir pour Jésus Christ! Mais toi, Flore, tu sais ce que veut dire la torture!

– je sais ce que veut dire Jésus.

– vous savez bien que je pourrais vous garder pendant votre vie entière chez les… (je dis: les femmes de mauvaise vie, mais il a employé un vilain mot) comme vous l’avez été ces jours derniers? Dans ce cas, qu’emporterez-vous au ciel? Boue et ordure.»

L’autre jeune fille parle: «Tu te trompes. Cela reste ici, avec toi. Je crois fermement que, par grâce de notre Seigneur Jésus-Christ, de Marie sa Mère dont je porte le nom, de tous les saints du paradis parmi lesquels, dernièrement, mon frère diacre martyrisé par toi, une fois montées au ciel nous pourrons faire éclore la semence jetée en tant de pauvres cœurs enfermés en une chair infâme, et sauver ainsi les malheureuses sœurs au nombre desquelles tu nous as mises dans l’espoir qu’elles nous corrompent et qu’elles brisent en nous la fermeté de la foi; mais, sache-le, nous en sommes sorties encore plus pures et plus fermes, plus désireuses que jamais de mourir pour ajouter notre sang à celui du Christ et sauver nos malheureuses compagnes.

– Appelez les bourreaux. Qu’elles soient décapitées!

– Que le vrai Dieu te récompense de nous ouvrir le ciel et qu’il touche ton cœur. Viens, Flore! Allons-y en chantant.»

Et elles sortent en chantant le magnificat…

Jésus me dit: «Tu as appris l’histoire des vierges et martyres Flore et Marie de Cordoue, à l’époque où l’Espagne était aux mains des Maures, au neuvième siècle. Ce sont de saintes martyres, quasiment ignorées, mais comme elles sont bienheureuses au ciel!»

1946-11-10

Azarias dit:

«Personne ne trouverait grâce auprès du Seigneur s’il exigeait, pour la donner, que l’esprit soit immaculé. Mais les chrétiens savent qu’un temps de miséricorde a commencé avec l’ouverture des cieux qui laissèrent pleuvoir le Juste, et se réou­vrirent pour accueillir le Triomphateur qui règne et qui a instauré son temps, c’est-à-dire le temps de la miséricorde.

Celle-ci est auprès du Dieu d’Israël, le Dieu éternel et immense, qui a pour nom Jésus Christ, votre divin frère, le Fils bien-aimé en qui le Père se complaît et auquel il ne refuse rien.

Il y a eu un temps où l’homme criait vraiment “des profondeurs”. C’était le temps de la rigueur. L’homme tremblait devant ce Dieu immense en tous ses attributs, d’une majesté et perfection si sublimes que les pauvres hommes, conscients de leur coupable misère, tremblaient et n’osaient pas même l’appeler par son vrai nom, ni lever les yeux vers son trône. Ecrasés par une telle infinité, ils gémissaient au plus profond de leur abîme. Comme la terre était alors séparée et éloignée du ciel!

Maintenant, en ce temps qui a déjà vingt siècles, ce n’est plus des profondeurs mais du sommet de l’autel du Christ que l’homme peut crier vers celui qu’il sait être son Père. L’autel, c’est la croix du Christ.

Celle-ci était bien haute, au sommet d’une colline, en ce vendredi. Mais bien plus haute, et sur une montagne qui touche le ciel, la croix renferme tout un poids de miséricorde qui parle pour vous. tous les péchés des hommes ont été placés sur la croix du divin Martyr pour qu’ils soient expiés. Tous les besoins des hommes y sont réunis, et Jésus les a déjà payés pour vous. Tout ce que vous obtenez, il l’a payé de son amour et de sa souffrance. Vous avez tout par ses mérites. Et par crainte que vous ne sachiez parler au Père de façon parfaite, il vous a enseigné la prière qui résume toutes les vraies nécessités des hommes, aussi bien celles de la chair que celles de l’esprit. Pas encore satisfait, il a prié sur la croix, et il y prie encore, en indiquant son terrible gibet à son Père: “A cause de ce que j’ai souffert, donne-moi les grâces pour eux.”

Maria, âme victime, c’est toujours par la croix que vous obtenez des grâces, par la croix de Jésus et par votre croix de vic­time. Elles gardent ouvertes les portes des cieux. Elles sou­tiennent le monde et élèvent les souffrances de vos frères en les présentant à l’Eternel. C’est la messe perpétuelle de l’amour. La patène, c’est votre douleur unie à celle du Christ, c’est votre immolation; sur la patène se trouvent les besoins du monde et de vos frères, besoin d’un continuel pardon, de continuelle miséricorde, de lumière, de guide, de santé spirituelle et corporelle, de nourriture, de vêtements, de tout.

Combien de souffrance y a-t-il dans le monde par sa propre faute! Combien de douleurs les hommes se donnent-ils à eux-mêmes! Ensuite, ils pleurent et désespèrent, et ne savent pas chercher la source de la paix, au moins de la paix et de la résignation, pour subir avec mérites les fruits amers de leurs fleurs du mal.

Ames mortes à vous-mêmes et à vos propres besoins, vous êtes actives, vives, très vives pour les frères; vous qui êtes éprises par l’amour compatissant pour ceux qui, innocents ou coupables, souffrent autour de vous et ne savent pas souffrir, vous êtes leur secours.

Ne cesse jamais de remercier le Seigneur qui t’a fait le don d’aimer la douleur. C’est le don le plus grand que Dieu t’ait fait. Bénissons-le ensemble.

Maintenant donc, les hommes ne crient plus des profondeurs. Je parle de ceux qui sont les membres vivants du Corps du Christ. Mais ils crient du haut de son calvaire. Comment craindre que le Père n’écoute pas la voix qui crie vers lui depuis la croix de son Bien-aimé? Sachez prier de ce lieu, vous les chrétiens, et prier avec foi, et vous obtiendrez ce qui vous est utile.

Tu entends Paul qui reprend pratiquement ce que je te disais tout à l’heure? L’Apôtre est confiant dans le salut de ses frères. Pourquoi? Parce qu’il les aime avec les mêmes entrailles que le Christ, avec son amour, avec son cœur, avec sa douleur. Il les aime dans les chaînes reçues pour avoir évangélisé, dans le martyre qui s’approche, il les aime, avec le Christ, jusqu’à la fin.

“Et, les ayant aimé…, il les aima jusqu’à la fin.”

Persévère, mon âme, dans cet amour glorieux. Aime, aime-les tous, jusqu’à la fin. Perfectionne sans arrêt ton amour. Ainsi, pour la plus petite chose que tu obtiens, tu auras la paix en toi, c’est-à-dire Dieu, un minimum qui est un maximum absolu et bienheureux. Même si Dieu, à cause de la justice, ne peut donner ce que tu demandes à ceux pour lesquels tu pries et souffres, même s’ils repoussent les grâces que Dieu leur accorde à la suite de ta prière, ou s’ils en font un mauvais usage, la paix de l’amour sera en toi. Tout est doux en cette paix. Sens-tu combien il est doux d’y vivre! C’est déjà vivre dans l’atmosphère du ciel. avance sereinement en espérant dans le Christ, en suppliant pour tes frères que “la charité ne cesse de croître de plus en plus en pénétration et parfaite clairvoyance pour qu’ils puissent discerner ce qui est le mieux, et qu’ils soient purs et sans reproches pour le jour du Christ”.

Là où se trouve la charité, là où elle fleurit avec luxu­riance, Satan ne peut rien posséder ni dominer. Sois donc tranquille. notre Seigneur l’a dit: “C’est à son fruit que l’on reconnaît l’arbre.”

Une plante satanique ne pourrait pas donner des fruits d’amour. Regarde en arrière. Tu as toujours été amoureuse de la charité. Mais, si cela suffisait pour que tu sois aimée d’un amour de prédilection, comme ton amour restait cependant mesquin, imparfait, humain par rapport à celui qui t’est venu depuis que tu es l’élève du Maître! Ton amour pour Dieu était robuste, mais l’amour du prochain était encore faible. Il était trop humain, cet amour, pour être parfait! Et cela même quand tu t’es offerte en victime[5] pour le salut de tes frères, car tu n’arrivais pas à tout pardonner. Tu donnais ta vie pour eux, mais tu ne savais pas pardonner complètement. Tu n’avais pas compris qu’il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses ennemis: amour qui, au-delà de la vie matérielle, sacrifie jusqu’aux forces de la vie mentale et affective, les plus douloureuses à sacrifier.

Comme, à la dernière Cène, le Seigneur Jésus avait pour convives des hommes encore très humains, il ne leur a pas parlé de ce parfait amour. Ils n’auraient pas compris. Ils comprenaient déjà difficilement l’amour du sacrifice pour ses amis. Il laissa donc à l’Esprit Paraclet la tâche de faire comprendre cette perfection de l’amour, lui qui allait compléter l’enseignement du Verbe en communiquant dans le même temps la capacité de comprendre et d’assimiler. Pour son compte, Jésus s’est borné à en donner une esquisse qu’aucun des Onze ne comprit – l’apôtre meurtrier de l’Amour, ne méritant pas d’entendre les derniers enseignements du Maître, était déjà parti –. Or personne ne la comprend maintenant encore, excepté de rares âmes auxquelles toujours le même Esprit d’amour le rend compréhensible. Cette esquisse trop peu méditée se trouve dans ces mots: “Voici mon commandement: aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés”, c’est-à-dire en mourant vous aussi pour vos propres ennemis afin qu’ils aient la vie.

En s’adressant aux Onze, Jésus parlait en réalité au monde entier présent et futur, à ceux qui l’aimaient comme à ceux qui le haïssaient, à ceux qui allaient l’aimer comme à ceux qui allaient le haïr et s’emparer de ses paroles pour les tourner en dérision et les détruire dans de nombreux cœurs. Il s’adressait même davantage aux tièdes et aux adversaires qu’à ceux qui étaient à lui, parce que la rédemption des tièdes et des coupables le préoccupait bien plus.

Jésus avait également fait allusion à la tâche qui revenait à l’Esprit Saint de compléter son enseignement: “J’ai encore bien des choses à vous dire mais, actuellement, vous n’êtes pas encore à même de les supporter; lorsque viendra l’Esprit de vérité, il vous fera accéder à la vérité tout entière.”

L’enseignement direct que tu as reçu par ton travail de porte-parole t’a aussi donné celui qui perfectionne toute affection, et ton amour s’est formé jusqu’à atteindre la mesure complète qui est de savoir mourir même à ses justes ressentiments, et tout sacrifier, même ses jugements et une juste sévérité envers les autres, pour le plus parfait amour.

Comme il est beau et doux que les frères demeurent ensemble! Oui, ce serait beau s’ils étaient réellement des frères. Mais bien souvent ce sont des demi-frères, parfois des Caïn, et ils blessent. Alors, la charité qui pardonne, en pensant à son Seigneur crucifié, descend comme une huile pour consoler le cœur blessé. Je veux aviver ces sentiments en toi afin qu’ils s’épanouissent dans ton cœur et sur tes lèvres par les mots adéquats pour te faire toujours bénéficier de la faveur de ton Pasteur.

Ne crains pas. L’Esprit consolateur t’aidera à parler quand tu seras interrogée. C’est ton Jésus qui l’a promis: “Ne soyez pas inquiets à l’avance de ce que vous direz; mais ce qui vous sera donné à cette heure-là, dites-le; car ce n’est pas vous qui parlerez, mais l’Esprit Saint.”

Sois donc en paix. Le Père, le Fils, et l’Esprit Saint sont avec toi.

Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit.»

39

16 juin 1950. Fête du Sacré Cœur.

Rm 9, 14-18.

«Personne ne peut s’arroger d’imposer à Dieu quoi faire ou comment, même s’il a l’impression que Dieu est injuste dans sa façon d’agir envers des individus, des nations, ou envers l’humanité entière. Ce serait ou un acte sacrilège, ou un comportement d’incrédule.

Ceux qui ne croient pas, à moins de voir un miracle, qu’une chose peut venir de Dieu, ceux-là, en plus de répéter la faute de l’apôtre Thomas – faute d’un homme non encore confirmédans sa foi au Christ, mais plutôt ébranlé dans cette foi par la capture et la mort ignominieuse du Christ – renouvellent le péché impardonnable et jamais pardonné des Pharisiens, des chefs des Prêtres, des Scribes. Péché de ceux qui, pour croire au moment de la consommation du plus grand sacrifice d’amour venant de Dieu, Charité infinie, auraient voulu que le Christ soit descendu de la croix et se soit sauvé lui-même. Dureste même avec cela ils n’auraient pas été satisfaits, et ils auraient fini par dire: “Il l’a fait parce qu’il est Satan, et Beelzebub l’a aidé”.

Personne n’a le droit de critiquer Dieu, ou de lui dire quoi faire. Dieu est Dieu, et tout ce qui existe, les personnes et les choses du passé, du présent et du futur, ne sont rien a côté de Lui. Un et Trine, Immense, il est Parfait en ses Trois Personnes et dans sa merveilleuse Unité, de même que dans ses Attributs et dans ses Œuvres.

Il n’y a pas d’autre Dieu en dehors de lui: Dieu le Père, Créateur et Seigneur du Ciel et de la Terre, première Personne de la Triade Sacrée, qui n’a été engendrée par personne, puisqu’il est éternel, et qui par lui-même, par génération divine, a engendré le Verbe. La Deuxième Personne, c’est lui, le Verbe, par qui tout a été fait. Il est Dieu éternel, immense, parfait. En tout égal à la Première persone qui en lui se complaît, comme lui se complaît dans le Père qui l’a engendré et l’engendre. Cette double complaisance donne origine à l’Esprit Saint, qui procède du Père et du Fils. L’Esprit est le nœud qui les serre, l’étreinte qui les unit, le feu qui les fusionne sans confondre les Personnes. Il est la paix dans laquelle ils opèrent sans arrêt et se reposent à la fois dans l’Amour, pour l’Amour et avec l’Amour. Et celui-ci procède des deux, il est leur attribut majeur: l’essence même de Dieu.

Dieu, étant Amour, ne peut ne pas être aussi Justice. Seulement celui qui n’aime pas devient injuste envers ses semblables, ou envers ses fils et ses frères. Mais celui qui aime est toujours juste, et quand il reconnaît que les œuvres de quelqu’un sont injustes, ne pas reconnaître qu’elles sont injustes, si elles le sont vraiment, ne serait pas bonté mais bêtise. Il est juste aussi dans la façon de punir, n’excédant ni en sévérité ni en indulgence, mais en agissant dans la mesure exigée par le péché.

Dieu aime. Il aime comme un Père aime ses enfants, ou comme Jésus, Dieu-Homme, aime ses frères. Donc il est toujours juste, autant dans ses punitions que dans ses récompenses. Quand, des lèvres de la Sagesse incarnée sortaient les conseils évangéliques tels que: Faites ce que je fais, et comme je le fais. “Soyez parfaits comme le Père qui est aux Cieux”,c’est vers cette perfection de justice affectueuse que le Verbe incitait: la Justice parfaite du Père, et celle du Fils devenu Homme. Vers cette justice qui ne se vend à aucune des parties, ni sous la pression, ni par des cadeaux, ni par amitié, ni par lien de parenté, mais juge, absout ou condamne selon qu’il convient, avec un esprit qui dépasse ce qui est matériel et terrestre.

Etre justes avec son prochain est encore plus difficile que d’aimer Dieu. Parce que Dieu est bon, et qu’il est facile d’aimer quelqu’un qui est bon. Dieu est pardon, et il est facile d’aimer quelqu’un qui pardonne. Dieu est consolation, et il est facile d’aimer quelqu’un qui console. Dieu est soutient, et il est facile d’aimer quelqu’un qui supporte et soutient. Mais le voisin est souvent mauvais, injuste, prêt à vous faire de la peine, à augmenter celle que déjà vous avez, l’augmenter à travers ses incompréhensions, son obstination, ses dérisions, et sa sévérité. Il vous abandonne vite si vous êtes opprimés ou malheureux, lorsqu’il ne devient pas lui-même le complice de ceux qui déjà vous oppriment, et ainsi vous chagrine encore plus. Il est lent à pardonner, même s’il s’est trompé en vous considérant coupable de l’avoir offensé, alors que vous étiez innocent. Et si par malheur vous êtes prouvé vraiment coupable, il est très dur à vous pardonner. L’aimer est donc bien difficile.

Mais il est dit: “Aimez ceux qui vous haïssent, et vous serez fils du Très-Haut”. Pourquoi? Parce que vous aurez l’amour parfait. Vous aurez en commun avec Dieu la plus grande ressemblance. Vraiment. Chaque fils hérite de son père la vie que celui-ci lui transmet par sa semence, si bien que les traits héréditaires du père sont indélébiles, et dans le sang, et dans l’apparence, et dans la personnalité, sans compter le nom de famille. De même vous, si vous assimilez le principal attribut de Dieu, ce qui constitue son essence, vous assumez la Vie divine elle-même, vous vivez par lui et en lui, et de cette façon vous devenez ses vrais fils. Pas des fils égaux à lui en nature et substance, mais égaux à lui par adoption, une adoption qui divinise la créature à travers la participation relative aux actions de Dieu, Unique et Trinitaire, et à travers la ressemblance que vous acquérez en faisant vous-mêmes ce qu’il fait, lui, depuis toujours: aimer.

Voilà ce que Dieu dit à Moïse: “J’aurai de la pitié… J’auraide la compassion…”. Mais la pitié et la compassion divinesne commencent pas à ce moment-là. Bien qu’associées à la divine justice, elles sont déjà présentes et à l’œuvre au jardin d’Eden, à l’égard des deux prévaricateurs, condamnés dans letemps, à s’exiler, à travailler, à souffrir, et à mourir, mais pardonnés pour l’éternité, avec la promesse de la Rédemption et la réalisation de cette Rédemption.

Plus que cela encore: pitié et compassion étaient à l’œuvre même avant que l’homme, dont le futur péché n’était pas inconnu au Créateur, ne fût créé. Et Dieu l’a créé malgré tout. Il l’a créé tout en sachant que par sa propre volonté il serait devenu pécheur, rebelle, transgresseur, voleur, assassin, violent, menteur, lascif, sacrilège, idolâtre. (On sait que par la complaisance de l’homme en lui-même, toutes ces mauvaises tendances sont présentes en lui, qui pourtant aurait dû être saint). Comme si cela n’était pas déjà grave, Dieu a créé l’être humain sachant que cet être aurait tué son Fils-Verbe, fait Chair pour servir l’humanité; qu’il l’aurait tué une fois, et qu’il l’aurait blessé un nombre incalculable de fois avec ses péchés, aussi nombreux que les grains de sable qui recouvrent le fond de la mer, à partir du temps de sa Rédemption jusqu’à la fin de âges. Le fait d’avoir créé l’homme malgré cela, le fait de lui avoir offert le Ciel, la ressemblance divine, les droitsrattachés à l’adoption filiale, tout cela vous donne la mesure de l’infinie miséricorde de Dieu, et de son amoureuse compassion.

De toute éternité Dieu regardait son Verbe, et sa Pensée éternelle pensait à toutes les choses qu’il aurait créées par son Verbe. Dans ses pensées, il admirait les innombrables merveilles de la Création, qui auraient été faites pour le Verbe au juste moment. Mais au même moment le Père des lumières a vu ce poème créatif, tout splendeur et bonté, se salir d’une tache défigurante, empoisonnée, origine de tout péché et de tout malheur.

Comme quelqu’un qui s’arrête pour contempler ravi un endroit de délices rempli de parfums et de fleurs, d’eaux pures et de chants d’oiseaux, et puis frémit d’horreur en voyant sortir d’un trou un serpent venimeux et agressif, qui brise, mord, tue les plantes et les animaux, gâte l’eau et les fleurs, ainsi le Père du Verbe et de l’homme, tandis qu’il contemplait depuis son éternité la future Création, où tout serait créé “bon”, vit leserpent attaquer, corrompre, empoisonner toutes choses, et vous apporter l’affliction. Il vit l’homme déchu. Il vit Caïn,l’assassin d’Abel, préfiguration d’un autre Caïn (Israël), quituerait le nouvel Abel (le Verbe).

Même le plus saint des hommes, ayant une telle connaissance, aurait, si non haï, au moins ressenti de la tiédeur pour l’ingrat, le prodigue des biens reçu, vainement obligé.

Dieu non. Dieu sait tout, mais sa pitié et sa compassion ne meurent pas, ne s’épuisent pas. Au contraire, c’est précisément de cette connaissance éternelle qu’elles naissent. De toute éternité elle a décrété que puisque l’homme (Adam) et les hommes seront pécheurs, assassins de leur partie éternelle et de leurs frères, pour les rendre à nouveau “vivants”, “fils adoptifs”, “co-héritiers”, il faut sacrifier le Fils.

Il sera le Fils de l’Homme, l’Adam fidèle et très saint, l’Abel et l’Agneau immolé par les Caïns déicides. Et du premier Péché, et du deuxième Péché – celui de l’Eden et celui duTemple – viendra la Rédemption.

Et Dieu sera compatissant et miséricordieux avec qui il voudra, c’est-à-dire avec tous ceux qui avec bonne volonté voudront bien à leur tour être des “fils de Dieu”, ayant accueilli le Christ avec amour, et suivi, et pratiqué les commandements et les enseignements de la Parole divine.

A partir de toutes choses, Dieu tire toujours le bien.

De la faute d’Adam il a tiré le bien de la Rédemption, mesure de la Charité divine, laquelle est infinie et très parfaite.

Dieu a tiré la preuve de sa puissance, sa justice, et sa bonté infinies de l’obstination du Pharaon contre les ordres divins que le serviteur de Dieu, Moïse, transmettait à ce roi d’Egypte. Par les fléaux qui ont frappé l’Egypte, par l’extermination des premiers-nés, et les Egyptiens dans la Mer Rouge, le roi Pharaon a appris que Dieu est Seigneur. Le Peuple de Dieu l’a appris, lui aussi, et par ces mêmes prodiges, il a été confirmé dans sa foi en Dieu Unique, son Dieu.

Du péché d’Israël, coupable d’avoir crucifié son Verbe incarné, Dieu a tiré (pour vous) la bienheureuse certitude de la Résurrection de la chair, ainsi que de la Jérusalem éternelle, où montent les esprits des justes, et où, ensuite, les corps des justes se réuniront avec leurs esprits, pour une vie éternelle de joie.

C’est ainsi que le Très-Bon tire des bonnes choses à partir de tout. Seulement il est nécessaire que l’homme, avec sa volonté qui doit être bonne, sache, lui aussi, tirer son bien de tout ce que Dieu fait. Comment? Par l’humble soumission qui exclut la révolte, et en demeurant près du Père Céleste, même quand sa main est lourde et son calice amer.

Vous êtes des pécheurs. Tous. Même les meilleurs d’entre vous sont imparfaits. Jésus était innocent, saint, parfait.

Néanmoins le Père l’a accablé de tous les péchés des hommes, pour qu’il les consume au Golgotha. Il lui a présenté le calicele plus amer qui soit, un calice rempli de toutes les amertumes et de tous les dégoûts possibles: de l’abandon du Pèreaux souffrances de la Mère, de la trahison de l’ami et apôtre àla lâcheté des autres apôtres, de la dénégation de son Cephasà l’ingratitude du peuple. Personne au monde n’a jamais porté ni ne portera un fardeau aussi écrasant que celui qui a torturé le Christ: l’Innocent. Personne au monde ne boira jamais de calice comme le sien.

Sachez donc l’imiter. Sachez l’imiter dans sa parfaite bonne volonté et dans sa très sainte obéissance. Ainsi, à partir de tout ce que Dieu permettra qu’il vous arrive comme épreuve, vous tirerez votre bien et votre récompense».

1948-07-25

25 juillet 1948

Le 25 juillet 1948, après la dictée sur le chapitre 1 de saint Jean.

L’Esprit Saint est le très-saint Esprit de l’Esprit incréé et très pur, qui est le Seigneur. L’essence de Dieu, son principal attribut, c’est l’amour. Le Saint-Esprit de Dieu est le feu de l’amour divin, l’immense et très parfait feu de l’Amour divin, qui engendre le Fils, et par le Fils toutes les créatures, tant mortelles ou périssables qu’immortelles (notre esprit et les anges) ; il les voit toutes dans l’amour divin et pourvoit à toutes.

De même que l’âme, en nous, est notre esprit, l’âme de Dieu (que l’on me pardonne cette comparaison) est l’amour ; c’est l’amour qui anime Dieu dans toutes ses actions, tout comme, en nous, c’est l’esprit qui anime notre chair et nous rend semblables à Dieu.

Sans son Esprit Saint, Dieu ne serait plus Dieu parce qu’il ne serait plus amour.

(Voilà ce que la lumière divine m’a fait comprendre).

[Nous abandonnons l’ordre chronologique pour laisser les annotations suivantes, qui portent des dates diverses, groupées comme elles le sont sur le manuscrit originel.]

Le 25 juillet (la grande dictée sur le chapitre 1 de saint Jean) :

« Et ils sont sûrs qu’il est enterré sur le mont Vatican. »

Le 29 juillet :

« Les âmes qui aiment, et les cygnes. »

Le 1er août :

« Souviens-toi que, pour les martyrs, il y avait [le cimetière de] l’Ostrianum. »

Le 4 août 1948 :

Aux évêques… (!)

Le (?) août 1948 :

«Ecris à Mgr Barneschi. »

« Saint Pierre annonçait l’Evangile à l’Ostrianum. »

Le 27 août, à 16, 19 et 22 heures :

Vision de saint Pierre, et paroles angéliques à l’endroit où il fut porté après sa mort.

Le 29 août :

« De quelle façon Marie a-t-elle été éprouvée [?], et est-ce qu’elle l’a été ? »

1943-06-26

Jésus dit:

“Dépouillez-vous, non seulement de ce qui constitue un poids d’humanité, mais aussi de ce qui est l’inquiétude spirituelle. Je vais t’expliquer ce que j’entends par cela pour que tu n’interprètes pas mal mon expression.

L’inquiétude spirituelle n’est pas le fait de tendre à Dieu sainement, de toutes ses forces intellectuelles. L’inquiétude spirituelle, c’est cette anxiété qui envahit parfois même les âmes les plus avancées en sainteté et qui consiste en la peur de ne pas arriver à faire tout ce qu’on voudrait accomplir, spirituellement parlant, tout ce que Dieu semble vouloir de l’âme; peur de se détacher de l’oraison de crainte de ne pas pouvoir goûter le flot limpide de douceur que je vous envoie, peur de ne plus pouvoir le retrouver. Ces craintes sont un reste d’humanité qui continue de s’infiltrer dans la spiritualité et lui nuit.

Il faut suivre la voie de l’esprit avec fermeté et calme. Sans aucune anxiété, aucune crainte. C’est moi qui crée le temps. N’en aurai-je donc pas autant qu’il en faut pour chaque âme qui se confie à moi? C’est moi qui fais couler en vous les flots de la grâce; je sais donc en régler le flux et vous envoyer mes lumières aux moments les plus propices.

Si quelque chose vous dérange pendant l’oraison, ce n’est pas une raison pour vous faire du souci. En autant que ce n’est pas vous qui vous en détachez volontairement, pour des motifs humains. Dans ce cas, il est certain que la source se tarit ou est détournée vers d’autres âmes ouvertes à l’oraison. Mais si vous devez vous en détacher pour la charité envers le prochain, cela ne tarit pas la source de lumière ni la détourne, mais au contraire l’augmente et l’attire, car qui a la charité a Dieu, et qui a Dieu a ses lumières.

Ne sois donc jamais anxieuse. Prie, écoute, médite, souffre, travaille, repose-toi calmement, me faisant confiance. Je suis un Hôte parfait. Je sais faire la conversation et je sais me taire selon que je vois celui qui me reçoit en mesure de m’écouter ou non. Que dirais-tu d’un invité qui ne te quitterait pas d’une semelle, t’empêchant de penser aux nécessités de la maison, surtout un jour de réception? Tu dirais qu’il ne connaît pas les premières règles de la bienséance et les obligations ordinaires d’une maîtresse de maison. Mais je suis Jésus; je sais donc tout.

Quand ton prochain te détourne de l’oraison et de ta conversation avec moi, je ne m’en offusque pas et tu ne dois pas t’énerver. Sois patiente et charitable. Je serai patient et silencieux. Puis, une fois ton ac­te de charité terminé, je te parlerai de façon plus lumineuse qu’a­vant. Si au contraire tu t’inquiètes et t’énerves, la lumière s’assombrit comme si un nuage venait s’interposer entre ton Soleil et ton âme.

Aie confiance, aie confiance, aie confiance en ton Jésus. Quelque grand que puisse être ton amour, il est infiniment petit comparé à mon amour pour toi. Aie donc confiance. Mon Pain, qui n’est pas seulement Eucharistie qui nourrit, mais aussi Parole qui instruit, ne te manquera jamais si tu restes bonne et confiante.”

“Il est d’une importance suprême pour qui veut avancer dans la voie du Ciel de savoir maintenir les pouvoirs de l’âme fermement en Dieu. Quand cela se produit, l’âme est en sécurité.

Que sont les puissances de l’âme? Je vais faire une comparaison humaine. Comment est faite la roue? D’un cercle, de nombreux rayons fixés au cercle, d’un anneau qui réunit les rayons et les fait tourner autour d’un moyeu. De cette façon, la roue est fonctionnelle. Si une des parties est brisée, elle le sera moins, mais si l’anneau est brisé, elle ne le sera plus du tout.

Et maintenant, fais bien attention, ma petite Maria qui écoutes ton Maître. Le cercle, c’est l’humanité qui rassemble tous les pouvoirs moraux, physiques et spirituels qui sont dans un être créé. C’est une bande qui réunit tout d’un être humain. Les rayons sont les sentiments qui se concentrent en un anneau mystique – l’esprit – lequel les recueille et les diffuse, puisqu’il s’agit d’une double opération. Le moyeu est Dieu. Si votre humanité est abîmée par des caries charnelles, les sentiments restent détachés et finissent par s’éparpiller dans la poussière. Mais si l’esprit est ruiné ou même tout simplement détaché de son moyeu, alors l’admirable mouvement de l’être créé par Dieu s’arrête et la mort s’ensuit.

Il est donc absolument nécessaire, pour l’âme qui veut mériter le Ciel, de ne jamais se détacher du pivot divin. Ton humanité peut bien se prêter à aider le prochain, se donner de la peine pour le servir. Ça, c’est la charité. Mais que tes pensées ne cessent jamais de converger vers l’esprit et de rayonner de lui. Ainsi, elles se nourriront de Dieu et, même dans les humbles besognes, elles porteront son empreinte, car ton esprit est, et doit rester, axé sur Dieu, pivot divin de toute la création, pivot très suave de ton âme qui a trouvé sa Voie.

Lorsque les pouvoirs de l’esprit sont rivés en Dieu, tu peux croire qu’aucune force ne peut les arracher. Le mouvement devient de plus en plus vertigineux, et tu sais qu’il y a une force, qu’on appelle justement centripète, qui attire les choses d’autant plus vers le centre que le mouvement est plus vertigineux.

C’est l’amour qui imprime le mouvement. L’esprit rivé en Dieu aime Dieu, son pivot; Dieu aime l’esprit axé sur lui, et ce double amour augmente le mouvement vertigineux, la course ailée dont le terme est la rencontre dans mon Royaume de l’esprit aimant avec son Créateur.”

39.2

Je vois Marie, penchée sur un baquet ou plutôt une cuvette de terre cuite. Elle mélange quelque chose qui fume dans l’air froid et sec du jardin de Nazareth.

Ce doit être en plein hiver. A part les oliviers, tous les arbres sont dépouillés, de vrais squelettes. Là-haut, un ciel très pur et même un beau soleil, mais qui ne suffit pas à tempérer la bise qui secoue et fait battre les branches dénudées et onduler la frondaison gris-vert des oliviers.

La Vierge est entièrement couverte d’un lourd vêtement marron très foncé. Elle s’est attaché par-devant une toile grossière, une sorte de tablier pour protéger ses habits. Elle retire du baquet le bâton avec lequel elle brassait le contenu et j’en vois tomber une goutte d’une belle couleur rouge. Marie observe, se mouille un doigt avec les gouttes qui tombent, essaye la couleur sur le tablier. Elle paraît satisfaite.

Elle entre à la maison et en ressort avec plusieurs écheveaux d’une laine très blanche. Elle les plonge un par un dans le baquet avec patience et adresse.

39.3

Pendant ce travail, entre, venant de l’atelier de Joseph, sa belle-sœur Marie, femme d’Alphée. Elles se saluent et parlent.

« La couleur prend ? demande la femme d’Alphée.

– Je l’espère.

– La femme païenne[6] m’a assuré que c’est exactement la teinte et la méthode que l’on emploie à Rome. On me l’a donnée parce que c’est toi, et parce que tu as fait ces broderies. On dit même qu’à Rome il n’y a personne comme toi pour les travaux d’aiguille. Tu dois te crever les yeux à les faire… »

Marie sourit et fait un mouvement de la tête comme pour dire : « Ce n’est rien ! »

Sa belle-sœur regarde les derniers écheveaux de laine, avant de les montrer à Marie.

« Comme tu les as filés ! On dirait des cheveux tant ils sont fins et réguliers. Tu fais tout à la perfection… et si rapidement ! Ces derniers seront plus clairs ?

– Oui, pour le vêtement. Le manteau est plus sombre. »

Les deux femmes travaillent ensemble au baquet. Puis elles sortent les écheveaux qui sont d’une belle couleur pourpre et elles courent rapidement les plonger dans une eau glacée qui remplit une cuvette sous la petite source qui tombe en faisant un petit bruit de rires contenus. Elles rincent longuement, puis étendent les écheveaux sur des roseaux qu’elles accrochent entre deux branches d’arbre.

« Avec ce vent, ils vont sécher vite et bien, dit la belle-sœur.

– Allons auprès de Joseph. Il y a du feu. Tu dois être gelée, dit Marie. Tu as été gentille de m’aider. J’ai fait vite et avec moins de fatigue. Je t’en remercie.

– Oh ! Marie, que ne ferais-je pas pour toi ! Etre auprès de toi, c’est une fête. Et puis… c’est pour Jésus, tout ce travail. Et il m’est si cher, ton Fils !… J’aurai moi aussi l’impression d’être sa mère, si je t’aide pour la fête de sa majorité. »

Les deux femmes entrent dans l’atelier, rempli de cette odeur de bois raboté, propre aux ateliers de menuisiers.

39.4

La vision marque un arrêt…

…Elle reprend au départ pour Jérusalem de Jésus à douze ans.

Il est très beau et bien développé, au point qu’on pourrait le prendre pour un frère cadet de sa jeune Mère. Il lui arrive déjà aux épaules, avec sa chevelure blonde et frisée qui n’est plus courte comme pendant les premières années de sa vie, mais lui descend au-dessous des oreilles. On dirait un petit casque d’or entièrement ciselé de boucles lumineuses.

Il est vêtu de rouge, un beau rouge de rubis clair. C’est un long vêtement qui lui descend jusqu’aux chevilles et ne découvre que les pieds chaussés de sandales. Il lui laisse les mouvements libres, avec des manches longues et larges. Au cou, au bout des manches, aux volants, il y a une grecque tissée, ton sur ton, très belle…

Le 20 décembre 1944.

Je vois Jésus entrer avec sa Maman dans la pièce – comment l’appeler ? – la salle à manger de Nazareth.

Jésus est un bel enfant de douze ans, grand, bien formé, robuste sans être gros. Il semble plus âgé qu’il ne l’est, à cause de sa complexion. Il est déjà assez grand pour atteindre l’épaule de sa Mère. Il a encore le visage rond et rose de Jésus enfant, visage qui, avec la puberté et l’âge adulte, s’amincira par la suite et prendra une couleur sans couleur, comme certains albâtres délicats qui tendent à peine vers le jaune rose.

Quant à ses yeux, ce sont eux aussi des yeux d’enfant, de grands yeux, bien ouverts, avec une étincelle de gaieté dans le sérieux du regard. Plus tard, ils ne seront plus aussi grands ouverts… Les paupières les fermeront à demi, pour voiler la trop grande perversité du monde au Pur, au Saint. Ce ne sera qu’au moment des miracles, qu’ils s’ouvriront, étincelants, plus encore que maintenant… pour chasser les démons et la mort, pour guérir les maladies et les péchés. Encore n’auront-ils plus désormais cette étincelle de gaieté mêlée au sérieux du regard… La mort et le péché lui seront toujours plus présents et proches, et avec eux la connaissance ­ humaine aussi ­ de l’inutilité de son sacrifice à cause des oppositions volontaires de l’homme. Ce n’est que dans de très rares moments de joie et parce qu’il se trouvera avec des âmes rachetées, spécialement avec des êtres purs, des enfants le plus souvent, que cette ambiance fera briller de joie son saint regard plein de bonté.

Mais en ce moment il se trouve avec sa Maman, dans sa maison, et en face de lui se tient saint Joseph qui lui sourit avec amour. Il y a également ses cousins qui l’admirent, et sa tante Marie, femme d’Alphée, qui le caresse… Il est heureux. Il a besoin d’amour, mon Jésus, pour être heureux. Et en ce moment, il en a.

Il porte un vêtement souple de laine rouge clair, doux, parfaitement tissé d’une étoffe fine et serrée. Une grecque court au cou, par-devant, au bout des manches longues et amples et en bas de l’habit qui descend jusqu’à terre. Elle n’est pas brodée, mais tissée en couleur plus foncée sur le rouge clair du vêtement. C’est à peine s’il laisse dégagés les pieds chaussés de sandales neuves et bien confectionnées : ce ne sont plus les semelles habituelles fixées par deux courroies croisées. Le vêtement doit être l’œuvre de sa Mère, parce que sa belle-sœur l’admire et en fait l’éloge.

Les beaux cheveux blonds de Jésus ont déjà pris une teinte plus foncée que lorsque Jésus était un tout jeune garçon, avec des reflets de cuivre dans les volutes que font les boucles en descendant jusqu’au-dessous des oreilles. Ce ne sont plus les cheveux frisés courts et légers de son enfance. Ce n’est pas encore la longue chevelure ondulée de l’âge adulte, descendant jusqu’aux épaules où elle se termine en souples rouleaux, mais les cheveux ont tendance à s’orienter vers cette couleur et cette forme.

39.5

« Voilà notre Fils » dit Marie, en levant sa main droite qui tient la gauche de Jésus. Elle semble le présenter à tous et confirmer la paternité du Juste, qui sourit. Et elle ajoute :

« Bénis-le, Joseph, avant de partir pour Jérusalem. La bénédiction rituelle n’a pas été nécessaire pour aller à l’école, premier pas de la vie. Mais maintenant qu’il va au Temple pour être déclaré majeur, fais-le et bénis-moi avec lui. Ta bénédiction… (Marie étouffe un sanglot) lui donnera de la force et à moi le courage de m’en séparer un peu plus…

– Marie, Jésus sera toujours à toi. La formule ne changera pas nos relations. Je ne te le disputerai pas, ce Fils qui nous est si cher. Personne ne mérite comme toi de le guider dans la vie, ô ma Sainte. »

Marie se penche, prend la main de Joseph et l’embrasse. C’est l’Epouse, et combien affectueuse et respectueuse pour son compagnon !

Joseph accueille avec dignité ce signe de respect et d’amour, puis il lève cette main qu’elle vient d’embrasser, la pose sur la tête de son épouse et lui dit :

« Oui, je te bénis, toi qui es la Bénie, et Jésus avec toi. Venez, mes seules joies, mon honneur et le but de ma vie. »

Joseph est solennel. Etendant les bras, les paumes tournées vers la terre, sur les deux têtes inclinées, également blondes et saintes, il pro­nonce la bénédiction :

« Que le Seigneur vous garde et vous bénisse ! Qu’il vous prenne en pitié et vous donne sa paix ! Que le Seigneur vous donne sa bénédiction ».

Puis il ajoute :

« Il est temps, partons. C’est la bonne heure pour voyager. »

39.6

Marie prend un ample manteau de couleur grenat foncé et le drape sur le corps de son Fils. Comme elle le caresse, en le faisant !

Ils sortent, ferment, et se mettent en route. D’autres pèlerins vont dans la même direction. Hors de la ville, les femmes se sé­parent des hommes. Les enfants vont avec qui ils veulent. Jésus reste avec sa Mère.

Les pèlerins marchent, en psalmodiant le plus souvent, à travers les campagnes toutes belles aux plus joyeux jours du printemps. Fraîcheur des prairies, des blés, des frondaisons sur les arbres où viennent d’éclore les fleurs. Cantiques des hommes à travers champs et chemins. Chants d’amour des oiseaux dans les feuillages. Ruisseaux limpides où se mirent les fleurs des rives. Agneaux bondissants auprès de leurs mères… Paix et joie sous le plus beau ciel d’avril.

C’est ainsi que la vision prend fin.


Notes

  1. Ces épisodes sont rapportés dans “L’Evangile tel qu’il m’a été révélé”.
  2. Il s’agit du P. Migliorini. Voir la note 1. En ce qui concerne la tâche dont il est question juste après, voir la note 57.
  3. Voir la note 65.
  4. Le 10 janvier.
  5. Maria Valtorta s’offrit en victime à l’Amour divin le 28 janvier 1925, et à la Justice divine le 1er juillet 1931.
  6. La femme païenne est sûrement romaine, donc païenne. Jésus devra adapter pour les païens (ou “ gentils ”) son enseignement de la vérité pour qu’ils puissent comprendre (voir note de 154.7, texte de 272.5, note de 406.10). Il peut compter sur eux plus que sur les juifs, comme cela est souvent mis en évidence et en donne une base biblique en 635.17. De nombreux épisodes de l’œuvre de Maria Valtorta montrent (en particulier dans le chap. 155) que les juifs se considéraient comme contaminés par le contact des païens. Cette impureté légale se fonde sur : Jr 10, 25 ; Ez 4, 13 ; Os 9, 3. Elle est réaffirmée dans certains passages néotestamentaires comme Jn 18, 28 ; Ac 10, 28 ; 11, 1-3 ; 21, 27-28. En 116.2 et 121.7, Jésus traite du véritable paganisme.