Les Écrits de Maria Valtorta

36. Leçon n° 36 — Rm 8, 28-30.

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25 avril 1950.

Rm 8, 28-30.

«Tout concourt au bien de celui qui aime Dieu, car Dieu organise tout pour que les justes aient la possibilité d’en tirer le plus grand profit. Ceci est vrai même pour les situations que des esprits superficiels pourraient considérer comme des moyens de souffrance ou dangers du mal, puisque par leur impact, elles peuvent porter au découragement, au doute, ou à la rébellion.

Mais les effets susdits ne sont pas provoqués par les choses en tant que telles. Ce qui cause ces effets, c’est le manque d’entraînement du caractère dans la loi morale, même naturelle, et c’est le manque d’entraînement de l’âme dans la loi divine. C’est cela qui empêche les âmes de servir Dieu avec bonne volonté dans tout ce qu’il propose. C’est cela qui peut rendre les situations que Dieu a prévues pour le bien, des occasions d’imperfections, ou de chutes plus ou moins graves. Si on pensait le contraire, par exemple, si on se laissait aller à penser que Dieu prédispose des choses dans un but mauvais, cela reviendrait à dire que la prédestination à la grâce elle aussi est un mal, puisqu’il arrive souvent qu’elle devient comme le talent non productif de la parabole. C’est à cause du jugementinjuste du paresseux à l’égard de son maître, que le maître enlève son talent au paresseux, et le donne à d’autres qui seront capables de le faire fructifier.

Est-ce Dieu qui interdit aux hommes, à tous les hommes prédestinés à la grâce, d’utiliser ce trésor de façon convenable, au meilleur de leurs possibilités? Non. Tellement que même à ceux qui ne connaissent pas le vrai Dieu il met dans le cœur une loi naturelle et une conscience, de sorte qu’ils puissent faire partie, si non du Corps mystique, au moins de l’âme de ce Corps, et ainsi jouir des bénéfices de la Grâce.

De toute éternité Dieu connaît les êtres qui dans le passé, le présent et l’avenir ont profité, profitent et profiteront des secours mystérieux qu’il donne pour aider les hommes à atteindre leur fin. Et il connaît aussi ceux qui, dans le passé, le présent et l’avenir, – de manière plus ou moins complète – se transforment ou se sont transformés ou se transformeront en l’image et à la ressemblance de l’Homme-Dieu, par amour, par obéissance à la voix de la conscience et aux préceptes de la loi morale.

Il est sûr et certain qu’au dernier jour, le jour du Grand Jugement, à la droite du Fils de l’Homme on verra beaucoup d’individus que les hommes considéraient comme exclus du Royaume, du fait qu’ils n’étaient pas membres de l’Eglise. Tandis qu’à sa gauche – Dieu seul connaît la vérité des choses – il y en aura plusieurs que les hommes considéraient comme des co-héritiers assurés du Royaume, puisqu’en apparence ils étaient membres vivants du Corps mystique. Et grande sera la stupeur de toutes ces catégories de jugés.

Ceux qui par ces mystérieuses opérations de Dieu se retrouveront parmi les élus, diront selon leur droiture: “Nousne t’avons jamais connu ou servi, comme Tu dis, en désaltérant ta soif ou en rassasiant ta faim, en te recevant ou en te visitant. Comment se fait-il que sommes-nous ici?”.

Et le juste Juge, mort sur la croix pour donner la Vie éternelle à tous les gens de bonne volonté, répondra: “C’est parce que vous m’avez connu sans le savoir. Vous m’avez servi par la charité que vous avez prodiguée à votre prochain. Vous m’avez secouru, parce que même une gorgée d’eau donnée par amour à un assoiffé, était de l’amour donné à moi”.

Les réprouvés demanderont: “Comment peux-tu nous fermer ton Royaume, puisque nous avons été des tiens?”.

Et Il leur répondra: “Je vous ferme les portes du Royaume comme vous avez fermé votre cœur aux besoins de vos frères. Ce que vous n’avez pas fait pour le plus petit d’entre vous, vous ne l’avez pas fait pour moi. Votre faute a été d’autant plus grave que vous me connaissiez, et vous connaissiez mon Evangile et ma Loi. Mon frère est celui qui me ressemble, et vous, sous le masque de l’hypocrisie, vous ne me ressemblez pas. Ma nature, c’est l’Amour, et vous êtes sans Amour. Donc, partez loin de moi, ouvriers d’iniquité”.

Voilà en quoi consiste la ressemblance, elle consiste dans l’amour. L’Amour a été très parfait dans le Christ, Premier-né parmi les frères. Dans les frères du Christ selon la chair et selon la foi, l’amour a visé leur plus grande perfection. Celui qui ne vit pas dans l’amour et ne pratique pas des œuvres d’amour, n’est pas un frère pour le Christ. Le Christ a aimé ses frères au point de mourir pour eux, donc celui qui est sans amour n’est pas son co-héritier.

Les prédestinés à la gloire, Dieu les a appelés eux-aussi. Et ceux qui ont été appelés ne sont pas restés sourds, et ne restent pas sourds à l’appel. Ils ne se fatiguent pas à suivre le Christ, bien au contraire. Ils ont suivi son exemple sur la route escarpée de la perfection, et continuent de le suivre avec héroïsme. Quand l’amour de prédilection du Seigneur est devenu pour eux une chaîne de peines et de douleurs, ils ne se sont pas laissés prendre par le découragement ou le désenchantement. Si Dieu a permis que des hommes et des événements les attaquent furieusement, ils ne se sont pas considérés ni ne se considèrent moins aimés de Dieu. Ils ne se sont pas découragés, si la faiblesse du corps ou un fléchissement de l’esprit les ont faits basculer, ou les font tomber. Au contraire, connaissant Celui qui les a appelés, connaissant son Amour et sa Miséricorde, ils le perçoivent comme un Père et un Frère, même à l’heure des cruelles tempêtes. Grâce aux mérites infinis du Christ en qui ils ont mis leur foi la plus ferme, ils ont accompli, et accomplissent aujourd’hui encore, leur voyage vers le Ciel, d’où l’appel est parti.

Personne ne peut esquiver cette règle s’il veut rester au niveau de gloire auquel Dieu l’a prédestiné. Personne, si privilégié soit-il, n’a le droit de tomber dans le quiétisme en disant: “Dieu me veut là, donc c’est à lui d’y penser”. Chacun doit travailler pour faire fructifier les dons de Dieu et ne pas les laisser improductifs.

Adam et Eve étaient des êtres innocents, pleins de Grâce et d’autres dons. Alors un jugement insensé les a poussés à croire que l’amour que Dieu leur portait était tellement grand, que rien n’était à craindre et qu’il n’était pas nécessaire d’obéir avec rigueur. Par ce jugement insensé ils ont dilapidé ces trésors, et leur infidélité leur a coûté des siècles et des siècles de souffrances.

Jésus, Homme par la naissance d’une Femme, et Marie sa Mère, eux aussi étaient innocents comme le premier Adam et la première Eve. Eux aussi étaient comblés de dons, et très aimés par le Père. Mais eux, à la différence de vos Premiers Parents, ont tenu garde fidèle des dons reçus, et les ont rendus actifs en les utilisant avec sagesse. Et leur chair n’a pas connu la corruption. Ainsi qu’il en eût été pour tous les hommes s’ils fussent restés innocents et pleins de grâce, leur chair unie à leur âme sans tache, Jésus et Marie sont entrés dans le Royaume éternel pour recevoir une glorification entière. Ils n’ont pas été obligés d’attendre la fin des siècles pour jubiler, dans leur chair aussi, du parfait bonheur qui attend les ressuscités et les glorifiés après le dernier Jugement».