Gli Scritti di Maria Valtorta

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54. Le 4 octobre 1945

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54. Capitolo 54

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1945-10-04

Comme l’an dernier, Jésus me montre à cette occasion49 une “petite vieille qui ne fuit pas Jésus”…

Savez-vous quelle souffrance cela représente pour moi? Elle seule, elle seule, maman, n’a pas accueilli Jésus… C’est toujours une souffrance, vous savez? Une souffrance plus forte que sa mort, celle que je ressens chaque fois que je vois une âme qui repousse le Seigneur, qui s’en détourne. Mais, dans le cas de maman, elle s’intensifie d’autant plus car, à cause de l’amour que j’éprouve pour elle, j’aurais souhaité son union complète avec mon Jésus… Larmes donc, cette année encore… Et je ne de­mande pas, comme l’an dernier: «pourquoi n’a-t-elle pas voulu de toi?» Jésus m’a déjà répondu l’année passée…50 Et je pleure.

Une parole me vient cependant, j’ignore de quelle profondeur du ciel, qui l’a prononcée, qui l’a manifestée – précisément parce qu’elle est si immatérielle qu’elle est bien plus incorporelle que les “voix” habituelles, au point d’être seulement “pensée qui s’éclaire et apaise” – mais je pense que ce doit être mon ange gardien qui me l’apporte: «Tes parents sont en bonne main. Ton père a reposé sa tête sur le sein de l’apôtre à qui tout pouvoir d’absolution a été conféré, et dont tu connais la franche et affectueuse bonté d’homme du peuple. C’est Pierre qui est venu chercher Pietro, ton père, parce qu’il pouvait bien, lui, comprendre la justice de ton père. Saint Joseph, saint Pierre… Et tu trembles pour lui? Non! Quant à ta mère, c’est François, le Séraphique, qui est venu recueillir son âme entre ses paumes blessées, lui, l’aimé de Jésus, celui à qui rien n’est refusé au ciel et par le ciel. Au fond de son cœur, ta mère éprouvait de la vénération pour lui, et c’est lui qui est venu. As-tu oublié qu’on dit qu’il sauve ceux qui font preuve de dévotion pour lui?»

C’est vrai. Mon espérance devient plus vive… Et moi, qui m’accueillera? Moi qui vais tellement mal et qui suis rongée par les tourments de Satan comme par un ver? Il ne me laisse aucun répit. Puisqu’il ne peut pas m’attraper autrement, il insinue que je suis moi-même l’auteur de ce que j’écris, et que ce n’est pas Jésus qui fait voir et dicte. Il sait que, s’il parvenait à m’en con­vaincre, je me replierais dans la désolation et la terreur d’avoir péché et que j’aurais peur de la mort et du Jugement. Oh, qu’il me torture! Il m’é­tourdit tellement, sans se taire un instant, que, dès que Jésus ter­mine visions et paroles, je perds toute faculté à profiter de ce qu’est ma vie, en d’autres termes de tout ce surnaturel qui m’entoure et fait de moi un porte-parole.

Est-ce que ces épisodes vous paraissent si beaux, à vous qui les lisez? Moi aussi, autrefois, j’avais la même impression. Mais actuellement, le côté artistique mis à part, je n’en éprouve rien. C’est en vain que je cherche encore et toujours les phrases qui, au moment où elles étaient dites, m’emportaient dans les hauteurs, dans la béatitude. C’est en vain que je pense et repense à des attitudes dont la douceur m’avait tellement touchée quand je les voyais… Une fois que tout est éteint, tout est cendres… Le paradis – car c’est bien le paradis – a perdu sa splendeur ou, mieux: il est ouvert tant que dure mon ser­vice quotidien de porte-parole et m’inonde alors de toute sa lumière, de ses chants, de sa douceur, de sa joie; puis, le travail fini, il se ferme hermétiquement et me voilà entourée, submergée de nuages et d’obscurité, sans autres voix que celles du Doute et de la Négation qui agace et raille. N’est-ce pas là une grande douleur? Néanmoins, je ne veux ni désespérer ni dire: «J’arrête, car cette œuvre est la mienne.» Non, ce ne l’est pas! Personnellement, je ne pourrais le faire, surtout en ce moment où je suis épuisée et accablée par tant de choses, et ignorante de tant d’autres; dans mon état de faiblesse physique et de tristesse morale, cela me donnerait la nausée, et je n’écrirais rien. Je suis matériellement dans l’impossibilité de penser et, moralement, cela me répugne…

J’allume par hasard la radio et je la mets sur radio-Florence à 17 h 30, ce que je ne fais jamais parce que je recherche de la musique et non des paroles, et à cette heure-ci Florence ne transmet que des “paroles”. J’entends l’animatrice dire: «Dans peu de temps nous transmettrons la cérémonie de la basilique d’Assise qui s’achèvera par la bénédiction donnée par son éminence le car­dinal Canali selon la relique de la bénédiction écrite par saint François.» J’écoute: c’est la paix qui arrive. C’est mon François, celui qui a été le premier à me consoler à Còmpito51, qui vient me donner la paix…

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Notes