Os Escritos de Maria Valtorta

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126. Le 24 juin

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126. Capítulo 126

PT Tradução a caminho

1944-06-24

La marée monte. Je ne sais plus que faire pour tenir bon face à une telle souffrance physique comme morale. Si les forces spirituelles venaient à me manquer, ce serait la ruine absolue et irréparable.

Pour l’instant, celles-ci sont toujours intactes. Mais résisteront-elles? Je ne suis pas sûre de moi. Si Dieu m’aide beaucoup, énormément même, je tiendrai bon. Sinon je céderai. Je pourrais aussi me relever ensuite. Mais je trouve que cette expérience est toujours périlleuse, car on n’arrive pas toujours à se relever à temps, et je ne voudrais pas mourir à un moment où je t’aimerais moins. T’offenser, mon Dieu, c’est t’aimer moins. Aie pitié de moi!

Tu as bien pitié de moi, mais donne-moi aussi la “grande miséricorde”[1]. Tu sais quelle est cette “grande miséricorde” que je te demande. Ramène-moi dans mon nid d’amour, dans mon nid de paix, dans mon nid de ciel.[2] Même si tu fais descendre du ciel des parfums paradisiaques, comme hier soir, ils ne peuvent durer ici, où il y a trop de conflits dus à l’humanité et à la bestialité. Certes, je te remercie d’avoir atténué mes souffrances par ces arômes célestes. Mais ils ne suffisent pas. Ils ne suffisent pas pour que ta petite “voix” ne meure pas, et surtout pour qu’elle ne meure pas mal. Aie pitié.

Plus tard, Jésus me fait l’observation suivante:

«Quand tu fais l’Heure de la désolation de Marie, je veux que tu en considères les trois temps.[3] Pour ta gouverne dans la souffrance et pour te faire connaître la Justice qui vous jugera selon votre façon de souffrir.

Le premier temps est la femme, la mère, celle qui hurle son déchirement. Dieu permet que, au moment le plus atroce de sa douleur, la créature délire et tienne des propos durs à l’égard de ceux qui sont la cause de sa souffrance. Marie, la Sainte, ne peut s’empêcher de traiter les hommes de “bêtes, chacals et hyènes”, les juifs de “ses parâtres”, de proclamer qu’elle doit se faire violence pour les supporter, ou encore de les qualifier de Caïn de Dieu et d’opprobre de la race humaine. Marie, la Sainte, ne peut se retenir de traiter Jérusalem de “marâtre, assassine, pillarde, vampire et vautour”. Sur le Calvaire, elle n’avait su que hurler: “Je n’ai plus de fils!” C’était la femme.

Dans le second temps, c’est la croyante qui veut être fidèle à sa foi, même si les faits semblent démentir toutes les promesses de la foi. Son cœur de mère et de femme lutte contre son esprit de croyante. Mais c’est l’esprit qui triomphe, parce qu’il est réellement nourri de foi. La femme est dominée. La croyante reste.

Dans le troisième temps, la croyante, toujours plus affermie dans la foi, s’élève, par le biais de la résignation, pour s’unir de nouveau à Dieu dont la douleur l’avait séparée. Oh! La souffrance, je le sais, ressemble au coup d’un mauvais enfant sur les ailes délicates d’un papillon multicolore. Il le terrasse au sol. Il semble mort. Mais, peu à peu, il reprend des forces et peut remuer. Il commence par marcher, puis grimpe, essaie de bouger les ailes, fait un premier vol timide, enfin se lance et reconquiert le ciel…

Je lis ta pensée: “Mais si les coups continuent, si le papillon est abattu chaque fois qu’il recommence à voler, il finit par mourir à terre.” Humainement, oui. Il ne peut en être autrement. Mais c’est la raison de ma présence. Pour recueillir les victimes de la brutalité terrestre. Il me suffit qu’elles ne se défient pas de moi et ne m’ac­cusent pas, avec haine, d’être leur bourreau.

Rendez à Dieu ce qui est à Dieu et à l’homme ce qui est à l’homme. Rendez un juste jugement à chacun. Méditez honnêtement sur vos tourments, vous qui souffrez, toi qui souffres à en mourir. Tu t’apercevras que chaque tourment porte le nom d’un homme, jamais celui de Dieu. Oh! Tu es encore une créature et il ne t’est pas permis de connaître les secrets du surnaturel. Mais lorsque tu les connaîtras, tu comprendras bien des choses.

Marie, au troisième moment de sa désolation, n’est plus la croyante: elle est la Fille de Dieu, la Sainte qui parle au Père, au Roi, avec la solennelle assurance de celle qui sait pouvoir parler pour avoir conquis le droit d’être exaucée. Finie l’obscurité de la désolation humaine, finie l’anxiété de la croyante qui veut et ne peut trouver la paix dans la douleur. Voici la joie de la souffrance: une joie de l’âme sous les larmes de la chair, qui est la dernière à mourir mais se laisse pleurer puisque – comme tu l’as dit toi-même – à un certain point, la chair et les sentiments sont de simples vêtements jetés sur l’être spirituel, l’être véritable. Alors la créature, sanctifiée par son héroïsme, peut en arriver à dire: “En considération du ‘oui’ que j’ai dit, écoute-moi!”

Dis-le toi aussi, Maria. Dis: “Je t’ai dit oui tant de fois, écoute-moi en considération de ces oui.” Et espère. Ne mets pas de nom sur ton espérance. Tu ne pourrais lui donner que des noms terrestres. Espère en moi, en moi seul, et laisse-moi faire.»

Note personnelle.

En attendant, voici deux mois que je suis en galère, en hôpital psychiatrique, en enfer. Je m’y enfonce de plus en plus. Deux mois! Deux mois que j’ai été arrachée de l’endroit où se trouvait ma vraie vie. On m’a arraché le cœur car tu sais, toi, ce que signifiait pour moi cette maison. Or plus le temps passe, plus cette blessure me fait souffrir. En outre, il n’y a aucun médicament là-contre.

Plus la moindre parole éclairée… Et je ne crois pas – je ne peux pas croire humainement parlant – que j’entends ta voix. J’en suis trop indigne.

Plus une seule communion bien faite. Je l’appelle bien faite quand, non seulement celui qui la reçoit mais aussi celui qui l’administre, le fait avec le respect que ce sacrement mérite et qui sert à rendre sensible le mystère. Ici… il est précédé et suivi de bavardages comme on en tient avec n’importe qui. De la blanchisseuse à l’amie qui vient me rendre visite, tous pourraient dire les mêmes mots et faire les mêmes gestes que je vois lors des pauvres matins de communion. Oh, quelle misère! Ressentiments, commérages, intérêts particuliers…

Où sont passés les moments solennels des communions de Viareggio? C’étaient des moments où je te voyais, toi, car, oui, je le dis aujourd’hui puisque je vais peut-être bientôt mourir ou devenir folle, et je dois le dire: quand je recevais la communion des mains du P. Migliorini, il disparaissait et c’était Jésus qui m’apparaissait pour me la donner, presque toujours. Sinon, il était à côté du Père et nous bénissait. Cela m’a assurée de quelle trempe sacerdotale était mon directeur spirituel. Le P. Giosuè[4] venait également. c’était différent, mais toujours un paradis par rapport à maintenant: un paradis terrestre dans lequel je sentais Dieu, mais sans le voir. Avec le P. Migliorini, c’était le vrai paradis. Or je ne l’ai plus.

J’ai plus que jamais besoin de lui, et je n’ai plus rien de ce qui faisait cette atmosphère nécessaire à mon âme pour pouvoir entendre la Parole qui fait ma vie. Comprenez-vous, vous qui me lisez, ce qui m’a été enlevé? Deux mois d’enfer…

Tout comme la question habituelle du 24 mai[5]: «Mais pourquoi ne m’as-tu pas fait mourir avant que je ne doive quitter ma maison?»

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Notes

  1. Le mot italien “pietà” signifie aussi bien pitié que miséricorde. ↩
  2. A la maison de Viareggio. Voir la note 139. ↩
  3. Vision du 19 février, dans la dictée et la vision du 3 juin, et dans la vision du 23 juin, ainsi que dans les épisodes de la Passion qui se trouvent dans “L’Evangile tel qu’il m’a été révélé”. ↩
  4. Il s’agit du frère Giosuè Bagatti, frère mineur, aumônier de l’hôpital de Viareggio. ↩
  5. Rapportée le 24 juin. ↩