Os Escritos de Maria Valtorta

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30. Le 8 février

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30. Capítulo 30

PT Tradução a caminho

1944-02-08

Jésus dit:

«Viens, mon petit Jean. Après avoir joui de la vision de ton Jésus qui aime les enfants – et toi avec eux –, allons ensemble lire mon et ton Daniel, dans le passage où il parle des trois enfants qui ont plu à Dieu pour avoir fait preuve de cette foi, de cette fidélité et de cette confiance propres aux enfants. Ils ont cru avec ténacité, sans hésitation, ils ont cru jusque dans une épreuve terrifiante parce qu’ils aimaient “le Seigneur Dieu de tout leur esprit, de tout leur cœur, de toutes leurs forces, de tout leur être”.

Il y a toujours eu des tyrans. Dans leur tyrannie – dont Satan se sert pour les pervertir et pour effrayer leurs sujets en les amenant, plus que tout, à se défier de Dieu –, ils trouvent leurs délices dans des lois iniques promulguées sous l’emprise de l’orgueil et soutenues par la force de l’épée.

C’est là une force pitoyable que je réprouve et que je maudis. Une force qui, en réalité, est faiblesse. La force d’un despote qui se re­tourne contre lui comme une arme. Une force qui en suscite d’au­tres: soit celles-ci résolvent humainement la situation par un crime qui est la conséquence de tous les crimes précédents, soit, surnaturellement, elles attirent l’aide divine, bien plus puissante que toutes les armes et que toutes les paroles, qui abat l’orgueil du tyran et le change en bonté, libérant ainsi ses sujets de sa tyrannie sacrilège.

Nabuchodonosor, grisé par son pouvoir, crut licite de dépasser la mesure, même à l’égard de Dieu, en introduisant l’idolâtrie par l’édification d’une statue d’or, symbole de sa puissance qu’il croyait di­vine, et cela jusqu’auprès de ceux qui adoraient le vrai Dieu.

Seul Dieu est divin. Il n’est de vraie puissance que celle de Dieu. Les autres sont des missions qui supposent un ordre, car il faut bien quelqu’un à la tête d’un groupe ethnique, mais ce ne sont pas des superpuissances, et encore moins de caractère divin. J’ai déjà expliqué[1] qu’elles n’existent qu’aussi longtemps que Dieu le permet. Elles existent pour leur action d’aide ou de punition des hommes qui méritent ou non l’aide de la protection céleste. Elles cessent d’être lorsqu’elles dépassent la mesure et rendent trop rude leur joug punitif sur les hommes arrogants. Dieu ne permet pas que, pour punir une faute, on en commette une plus grande: dans un tel cas, il frappe celui qui n’est plus administrateur de justice, mais d’une puissance coupable.

L’homme plie l’échine devant les tyrans, – mieux: devant les puissants – et cela d’autant plus que ces derniers les oppriment de leur puissance mal comprise et mal exercée. C’est alors que survient l’idolâtrie des foules – comme j’en ai déjà parlé plusieurs fois[2] – à l’égard de l’un de ses membres, qui est devenu le chef du peuple plus ou moins légalement et saintement, et qui exerce sa mission avec plus ou moins de justice.

Or, d’une part Satan est l’éternel créateur de tromperies, celui qui ne cesse d’engendrer de nouvelles “bêtes” apocalyptiques pour attirer l’homme en son pouvoir, des “bêtes” qu’il dote de tous les pouvoirs pour séduire; d’autre part les hommes sont plus portés à faire le mal que le bien, car ils sont plus enclins au mal (Satan) qu’au Bien (Dieu), et ils ne contrebalancent pas ni ne neutralisent ce penchant maléfique par l’amour et l’union au Christ, vainqueur de Satan. Il en résulte qu’ils sont d’autant plus idolâtres que ces triomphateurs d’un moment le méritent moins.

Dans le royaume de Babylone, les sujets, séduits par l’éclat de la statue d’or (quelle profonde signification!) et par les voix des hérauts tonitruants de la volonté du roi, se hâtèrent d’adorer l’idole. L’idole! Non pas Dieu, mais l’idole! L’or, cet éternel fascinateur!

Or Dieu n’est pas une idole d’or. Dieu est, au ciel, un esprit infini, éternel, parfait. Il est, sur la terre, un corps très saint qui pend d’une croix ou vit dans le sacrement de l’autel eucharistique. Au ciel, les neuf chœurs angéliques chantent autour de son trône. Autour de sa croix, du Golgotha à aujourd’hui et jusqu’à la fin du monde, s’élèvent les voix de ceux qui prient et aiment (mais qu’ils sont rares!) tout comme les hurlements des blasphémateurs (et ils sont nombreux!). Autour de son tabernacle se tiennent, tels des lampes, les cœurs qui l’adorent et attendent de lui vie et réconfort.

Voilà qui est Dieu: esprit et chair, et non pas or. L’or est un métal auquel vous accordez une grande valeur car, en éternels sauvages que vous êtes, vous vous êtes laissé séduire par son éclat, mais il est en réalité moins précieux que le fer grisâtre qui vous équipe en socs de charrue, en faux, en bêches: ce sont là les uniques armes utiles et saintes, car elles défrichent le sol, l’ouvrent à la semence, fauchent les épis, ce grand don de Dieu à l’homme, les épis qui forment votre pain quotidien.

Les sujets de Nabuchodonosor ont adoré l’idole en partie en raison de la séduction qu’exerce l’or – les plus nombreux –, et en partie par peur des châtiments du roi. Tous, excepté les trois jeunes gens qui, par les soins du prophète de Dieu, ne s’étaient pas contaminés par des aliments impurs.

Observez bien ce grand enseignement. Très fréquemment, l’aiguillon du péché entre par le biais de la gloutonnerie. Dans un corps nourri avec avidité, les autres appétits apparaissent également. Vient alors la concupiscence sous son triple aspect, car les vapeurs de l’excès de nourriture éveillent la sensualité, excitent l’orgueil et, par suite, incitent l’homme à devenir avide d’argent, puisque la possession de la femme et du pouvoir exige beaucoup d’argent. Ce bouillonnement des passions fait mourir la foi, si bien que l’âme se détache de Dieu et se prépare à adorer la première idole venue.

Shadrak, Méshak et Abed Négo avaient vécu chastement même en ce qui concerne la gourmandise. Ils furent fidèles à Dieu, à leur Dieu, même en cela. Et Dieu avait grandi en eux au fur et à mesure de leur propre croissance. Dieu régnait dans leur cœur, ce pur autel auquel ils prodiguaient tous leurs soins puisqu’il est le trône de leur Seigneur.

Comme Dieu vivait en eux et était le maître de toutes leurs forces, ils surent résister à toutes les menaces, sans peur, sans peur, Maria. Ils n’ont pas même trouvé utile de discuter avec le tyran. C’est une bonne règle que de ne pas entrer en discussion avec les mauvais mais de prier Dieu qui, lui, discute au sein de leur cœur pour nous, mieux que nous ne pourrions le faire.

Vois comment j’ai agi, moi, qui pourtant était Dieu, à l’égard de mes accusateurs, inquisiteurs et juges. J’ai toujours coupé court ou bien je n’ai pas répondu du tout.[3] Je suis d’abord monté sur la croix, en priant et en souffrant, puis, du ciel, j’ai agi. C’est ainsi que l’on fait, petit Jean, pour ceux que l’on veut convertir. La première conversion s’obtient par la prière et la souffrance. Ensuite la lu­mière de Dieu descend en l’âme prête à la recevoir, et se fait Parole et Vie.

Les trois jeunes gens ne discutent pas. Ils savent que toute discussion serait vaine et qu’il faut un miracle pour éclairer le cœur du roi. Un miracle obtenu par un acte de foi absolue et d’héroïsme intré­pide. Foi et héroïsme sont les deux fleurs de l’amour.

Et l’Amour répond à l’amour. Dieu ne déçoit jamais. Dieu qui, dans sa perfection, sait d’avance comment les trois jeunes gens allaient agir, les fait précéder de son ange dans la fournaise: ainsi, quand les cruels les auront précipités dans les flammes, il aura déjà préparé un lieu frais comme un pré couvert de la rosée du matin, aéré par l’aile angélique du souffle d’air le plus doux, en comparaison duquel la douce brise d’avril n’est qu’une haleine putride. Il les en fait précéder afin que les flammes ne puissent pas même effleurer le moindre de leurs cheveux sur leurs têtes innocentes, mais qu’elles ne soient qu’une vivante tente de chaleur – combien, oh! combien moins forte que celle de leur amour! – étendue entre le monde païen et la demeure préparée par Dieu.

Dieu est Père, Maria. Dieu précède toujours les besoins de ses enfants. Quand vous l’appelez à votre aide, il a déjà pourvu. Cependant, il faut avoir foi. Une grande foi. Et une grande reconnaissance.

Qu’il est beau, le cri qui, de la terre, s’élève du cœur d’un homme reconnaissant vers le trône de Dieu! Il sonne comme un arpège de harpe au paradis et toutes les harmonies célestes se taisent un instant, car l’Empyrée tout entier se penche pour écouter ce cri de remerciement qu’un bon fils adresse à son bon Père. Ensuite, ce cri est recueilli, répété et amplifié par tous les chœurs des anges et des bienheureux; il devient alors le chant du jour au paradis, la Trinité resplendit de bonheur et Marie rit de son rire de Mère et de Reine.

Ceux qui remercient sont trop rares, Maria. Or Dieu seul sait com­bien il ne cesse de vous combler de dons! Vous ne vous en rendez pas même compte. Pour ne pas vous offenser comme par une obole, sa Paternité vous les offre si délicatement que vous vous en croyez l’auteur. Non. Du matin au soir et du soir au matin, Dieu vous comble de bienfaits. Or vous, vous ne l’en remerciez pas. Vous ne le remerciez pas même pour les “grandes” grâces que vous obtenez.

Mais toi, tu n’es plus un homme: tu es le petit Jean. Sais-tu ce que le nom de Jean signifie? Cela veut dire: “Dieu fait grâces.” En vérité, rares sont ceux à qui j’ai fait et à qui je fais autant de grâces qu’à toi. Et, vois: tu portes les deux noms qui me sont les plus chers: Maria et Jean. Le premier t’a été donné par tes parents. L’autre, en revanche, c’est moi, ton Roi et ton Epoux, qui te l’ai donné. Tu étais la Perle amère, la Mer amère. Mais j’ai voulu te rendre douce: une petite perle de mon Cœur, qui est douceur divine. Je t’ai donc rebaptisée “Jean”, car je suis le Dieu qui te fait grâce.

Mais, quant à toi, dis-moi “merci” continuellement, continuellement, de l’aube au crépuscule, de la nuit au jour. Que ton “merci” emplisse le ciel sans relâche, pour toi comme pour cette foule infinie de personnes qui vivent et meurent sans adresser le moindre remerciement à leur Sauveur. Donne plus d’ampleur à ton “merci”, à l’exemple des trois jeunes gens, en appelant toutes les choses créées à s’unir à ton chant: les choses qui, dans leur langage propre, savent louer Dieu mieux que les hommes.

Unis-toi aux saints du ciel et à ceux de la terre pour rendre grâce. Unis-toi à moi en tant qu’eucharistie et, de tes lèvres rendues douces et parfumées par le Pain de vie, prie et rends grâce à Dieu le Père avec le Christ lui-même qui vit en toi. Alors le prodige se produira tout comme il s’est produit pour les trois enfants et pour le roi cruel. Les hommes “verront” Dieu par l’intermédiaire de ton oraison. Non pas tous, certes, mais même s’il n’y en avait qu’un seul, je te bénirais une fois de plus.

Nabuchodonosor voit Dieu dans son ange et comprends qu’on ne peut lutter contre un tel Dieu. Il comprend que son idole n’est que de la matière inerte devenue péché par la faute de l’homme, et qu’il y a un seul vrai Dieu: celui de Shadrak, Méshak et Abed Négo. Alors, touché par la Lumière, il reconnaît son erreur, l’avoue, et rend culte et honneur au Dieu saint, Seigneur du ciel et de la terre.

Vois-tu, petit Jean, ce que peut obtenir la foi de trois enfants?

Maintenant, reconnais-le, toi qui disais hier ne plus vouloir être mon petit disciple jusqu’à ce que je t’entende, car tu étais trop blessée par ce qui se trouve dans le monde et autour de toi. Est-ce que tout n’est pas passé: la douleur, le dégoût, le découragement d’hier? Tout cela n’est-il pas effacé par l’onde de joie que j’ai déversée sur toi? Que deviendrais-tu sans moi, pauvre âme qui vit de ce pain qu’est ma Parole, plus que du pain de froment dont tu te rassasies? Ignores-tu que, quand on est pris dans mon tourbillon d’amour, on ne peut plus en sortir, on ne veut plus en sortir? Mais tu le sais bien. Et, si des nuages apparaissent comme dans un ciel d’avril, ils ne sont que de l’eau lustrale qui rend le soleil plus resplendissant et la terre plus belle.

Viens, viens comme les petits enfants d’hier. Viens poser ta tête sur mes genoux. C’est la pause des bébés et des amoureux. Celle adoptée par Marie quand elle fut sauvée, quand elle buvait la Vie en m’écoutant. Viens, et n’aie jamais peur. Je suis avec toi.»

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Notes

  1. Le 30 juin et les 23 et 30 octobre 1943, dans “Les cahiers de 1943”. ↩
  2. Les 21 et 28 juin, les 5 et 10 novembre et le 29 novembre, dans “Les cahiers de 1943”. ↩
  3. Par exemple en Mt 27, 14; Mc 15, 4-5; Lc 23, 9. ↩