Os Escritos de Maria Valtorta

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92. Le 20 février 1946

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92. Capítulo 92

PT Tradução a caminho

1946-02-20

L’archange Raphaël et Tobie.

L’archange Raphaël, tout seul, m’apparaît au moment de la communion. Il est d’une douce beauté, et je me sens aussitôt envahie de la joie sereine que me communique le “bon compagnon”. Il reste présent jusqu’à 14 h 30, en souriant continuellement et sans faire d’autre geste qu’acquiescer de la tête, comme s’il voulait approuver silencieusement quelque chose que je fais. J’ignore de quoi il s’agit, car je suis en train d’écrire aux Belfanti une banale lettre familiale.

Finalement, à ma dernière sollicitation: «Mais dis-moi ce que tu veux, puisque tu me regardes, tu me souris mais tu te tais», il se met à parler: «Tu as obéi rapidement et tu as bien fait. Toujours comme ça. Tu m’as aidé et j’ai demandé à mon Seigneur de te prendre avec moi pour refaire avec toi le voyage de Tobie, du moins aux endroits qui me sont les plus chers. Tu aimes tellement voir! Tu apprécies tellement ce qui est beau! Or comme ils étaient beaux, les bords du Tigre fendant les campagnes assyriennes! Viens avec moi.»

Je l’accompagne donc. Oh, il ne me fait pas peur! Je mets ma main fiévreuse dans la sienne, qui est forte et fraîche, et je pars; de temps en temps, je jette un coup d’œil sur mon “bon compagnon”, qui sourit avec une grande douceur en me montrant les beautés de la nature qui nous environne. Une plaine verte, très fertile, s’étend autour de nous à perte de vue. La saison est bonne et, je pense, printanière si l’on en juge à l’état de l’avoine, à moins que, ici, ils ne fassent deux semailles. Voici le fleuve, large, bien plus large que le Jourdain; ses eaux, beaucoup plus abondantes, coulent solennellement vers la mer lointaine. C’est une très belle région qui repose l’œil et apaise le cœur. Raphaël me regarde et me dit en souriant: «Regarde, regarde bien: pas moi seulement, mais tout. Ici je suis Azarias, le compagnon.» je détourne difficilement les yeux du visage radieux de l’archange, et je deviens spectatrice…

Voici l’archange, qui, sous l’apparence d’un homme banal, marche en devisant avec Tobie; celui-ci l’écoute avec déférence et obéit à chacun de ses gestes. Azarias lui conseille de faire une pause, et Tobie obéit sans répliquer. Azarias conseille au jeune homme de se baigner dans le fleuve pour se rafraîchir. Et Tobie obéit avec empressement. Pendant qu’il est dans le fleuve, les eaux calmes s’agitent et un poisson gros comme un enfant en sort, qui cherche à atteindre le corps nu de Tobie pour le mordre, et peut-être même, qui sait, pour l’emporter au fond et le dévorer. On dirait un énorme brochet, un gros saumon ou un esturgeon; il a une grande bouche munie de trois files de dents comme des aiguilles, le dos sombre, le ventre blanc que son frétillement fait briller sous le voile des eaux.

Tobie le voit, tout près de lui, s’interposer entre la rive et le jeune garçon et il hurle, terrifié: «Oh! mon Seigneur, un monstre m’attaque!» Azarias, assis sur la rive herbeuse, se lève brusquement et crie: «N’aie pas peur! Agrippe-le par les branchies en te tenant derrière lui, et tire-le à toi. Voilà! Maintenant qu’il s’est tourné!» Effectivement, au bruit d’une autre voix et au bruissement des roseaux remués par Azarias – qui, après s’être déchaussé, descend au bord du fleuve pour venir au secours de son compagnon –, le poisson se retourne en roulant ses yeux ronds, froids, impénétrables et cruels de poisson. Tobie l’attrape alors par les branchies et le tire, en résistant aux coups de queue et aux secousses par lesquelles il essaie de se libérer. Tobie marche à reculons; il tire, il tire en arc-boutant ses pieds sur la grève du fleuve qui est toujours plus bas, recouvre déjà les premières herbes aquatiques, puis se change en vase glissante. Quel effort demandent ces derniers mètres!

Le poisson fait des efforts surhumains pour se libérer, pour se sauver. Le jeune homme fait des efforts surhumains pour bien le tenir. Tobie est sur le point de perdre force! De fatigue, sa main glisse sur la branchie gauche, son pied glisse dans la vase. Le poisson devine la fatigue de celui qui l’a capturé et il donne un coup de queue si désespéré que Tobie en perd l’équilibre et tombe;

mais il cherche encore à s’accrocher au poisson qui, bien qu’il soit à sec, tente des prodiges pour parachever sa victoire. Mais Azarias l’attrape par sa queue fourchue et le retient jusqu’à ce que Tobie se relève et puisse le reprendre et le traîner, sûr de soi désormais, sur le sable – loin de la vase – où le pied peut prendre appui et résister. Le poisson s’essouffle, il palpite encore… et meurt.

«Prends le couteau et ouvre-le. Enlève le cœur, le foie et le fiel, et mets-les dans cette petite outre. Nous trouverons toujours de l’eau pour boire sans en porter sur nous. Le cœur, le foie et le fiel sont utiles. Ce sont de bons médicaments. Je te dirai comment les utiliser. Mais maintenant, faisons cuire le poisson. Il nous servira de viatique sur notre chemin.» Un feu de brindilles rôtit la chair du poisson découpé en grosses tranches; les deux hommes mangent de bon appétit, puis remettent dans leurs besaces ce qui reste, en prenant soin de séparer les tranches par de larges feuilles parsemées de sel.

Ils reprennent alors leur route, en bonne amitié, et Azarias enseigne et explique une foule de choses parmi lesquelles – sur la demande de Tobie qui voudrait savoir à quoi peuvent bien servir les viscères du poisson – celles rapportées par la Bible.

«Réellement? demande Tobie, tout étonné. Oh, si c’était vrai! Rendre la vue à mon père, qui l’a perdue!

– Oui, c’est vrai. Mais il se peut que tu reçoives auparavant d’autres dons de richesses et d’amours, le taquine Azarias pour tester l’esprit de son compagnon.

– Oh non! Oh non! Je suis impatient pour mon père! Moi… je vais toujours bien. Dépêchons-nous de faire ce que nous devons parce que, si l’envie de faire demi-tour me taraudait déjà auparavant, elle n’en est que plus forte maintenant. Car ce n’est pas seulement la joie d’embrasser mon père qui m’attend, mais celle de rendre la lumière à ses yeux éteints.

– Tu me crois sur parole. Et si ce que je t’affirme n’était pas vrai, mon enfant? dit Azarias pour le tenter.

– Oh non! Ton visage est limpide et serein. Tu parles de Dieu avec une grande paix. Seul un saint peut être comme toi, or les saints ne mentent pas. J’ai foi en toi.»

Azarias a un sourire lumineux.

«Où allons-nous loger?», demande Tobie.

§ L’archange lui parle alors de Sarra, la fille de Ragouël, dans les mêmes termes que la Bible… en lui conseillant de l’épouser et de la délivrer, sans crainte, de tous les démons. Je vois alors leur entrée dans la maison de Ragouël, la reconnaissance et le mariage de la veuve vierge avec le bon Tobie. Et si douce est la nuit – mieux, les nuits nuptiales – après que le démon a été vaincu et envoyé ailleurs, quand les époux vierges s’unissent à Dieu par la prière avant de devenir une seule chair…# C’est sur cette douceur que ma vision s’achève, et je me trouve de nouveau en compagnie de Raphaël, qui me dit:

«Tobie a reçu plus qu’il ne désirait parce qu’il fut obéissant et fidèle. Mais je suis celui qui guérit et apprend à guérir des pièges sataniques. Par conséquent, j’ai été proposé pour soigner cette âme tourmentée plus qu’on ne saurait le dire par un démon qui la hait. Elle a besoin d’être grandement aidée pour être délivrée de l’ennemi qui la persécute. Je suis très peiné de ne pas trouver en elle une parfaite soumission, semblable à celle du jeune Tobie. Lui, il a remporté la victoire parce qu’il fut docile et obéissant, agréable à Dieu dont il célébra la bonté d’une âme humble et sincère. Car s’il est bon de garder le secret du roi caché et de ne pas en tirer vanité, il est très bon de publier les œuvres de Dieu non par les mots mais par une sainteté toujours plus manifeste que les misères humaines ne corrompent pas. La tentation est épreuve et non damnation, si l’on sait tenir bon. Ensuite, nous sommes agréables à Dieu. Mais il convient d’être vigilant et de persévérer jusqu’à la dernière heure avec une grande circonspection, en toutes choses.

En ce qui te concerne, n’aie pas peur, car si j’ai été avec toi, si je suis encore là, c’est parce que Dieu m’envoie t’apporter la lumière et la paix des cieux. Je retourne maintenant là où mon Seigneur m’envoie, et que la paix que je te souhaite soit toujours avec toi.»

De l’endroit signalé par § à celui-ci #, il m’a fallu abréger, car l’avocat est venu me rendre visite: j’étais donc prise entre deux feux et je ne pouvais comprendre l’homme ni me souvenir à la lettre de ce que disait l’ange pour illustrer le rôle de l’obéissance et de la prière pour vaincre Satan, présent dans les maladies, les pièges, les malheurs, pour troubler et pousser au désespoir. Il est même présent dans les circonstances de grâces extraordinaires dans l’intention de déchaîner l’orgueil, la complaisance, qui pourraient troubler le cœur et l’éloigner de Dieu. Car je garde le fruit et je laisse tomber le reste. Je me souviens de tout cela, mais je le dirais avec mes mots. Je me rappelle la phrase: «Si tu avais ressenti de l’autosatisfaction, je t’aurais abandonnée. Mais parce que tu es humble, je t’ai protégée jusqu’au bout.» Les autres… sont parties. Et j’en souffre beaucoup quand cela m’arrive.

Je me rappelle distinctement que l’archange m’a dit ceci, au début de son discours final: «Cette vision est pour toi, entièrement pour toi. Elle ne doit pas être communiquée à Dora; telle est la volonté du Seigneur. Elle doit ignorer ce que tu vois. Elle le verra si elle le mérite. Mais elle ne doit pas posséder de canevas tout fait sur lequel elle n’aurait plus qu’à tisser ses fils. A chacun le sien.» En ce qui me concerne, elle n’obtiendra jamais rien, et Dieu veuille que personne ne le lui fournisse et contrevienne plus ou moins sciemment à la prudence et à l’ordre de Dieu.

Il est minuit et quart, je voudrais rester tranquille et me reposer. Mais voilà Azarias, mon ange gardien. Il me faut prendre le premier bout de papier que j’ai sous la main et écrire comme je le peux, en me promettant de le recopier sur mon cahier le matin venu, ce que je fais en ce moment.

Azarias me dit:

«Transmets ceci au Père: Dis à Dora de ne plus jamais recommencer – pour quelque raison que ce soit – un subterfuge comme celui auquel elle a eu recours récemment. Qu’elle laisse les malheureux agir de cette manière. Elle doit être sincère si elle veut recevoir la Vérité. Le Seigneur Jésus a été dégoûté au plus haut point par cette fourberie et pour sa désobéissance à l’évêque qui est à la tête du diocèse. Si Dora est sûre de ne rien faire de mal de son plein gré, pourquoi redoute-t-elle que la lumière se fasse? L’évêque était dans son droit de s’assurer de ce qu’il en est, et elle avait le devoir d’obéir. Pourquoi ne pas obéir simplement, sans chercher à embellir ou à broder pour occulter l’essentiel, en ayant recours au mensonge? Il n’était pas nécessaire de parler beaucoup. Il suffisait de dire: “Rendez-moi visite, car j’en ai besoin.” Elle aurait reçu un meilleur certificat humainement et surnaturellement et, surtout, elle n’aurait pas dégoûté le Seigneur par son mensonge et sa fourberie.

Ce n’est pas bien. Il faut employer son intelligence pour la justice, pas pour le mal. Le trouble auquel elle a été soumise ces jours-ci provient de son erreur. Satan en tire profit, et il rit. Et la Vérité s’éloigne, puisqu’elle ne peut coexister avec la puanteur du Mensonge. Ceux qui sont appelés à des amitiés particulières doivent être des miroirs bien nets, sans la plus légère buée volontaire.

Que le Père le lui fasse savoir. Qu’il n’y aille pas, mais qu’il l’envoie. Il n’y a rien d’autre à dire. Récitons ensemble le Gloire au Père, au Fils et à l’Esprit Saint, puis repose en paix.»

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